Hugues Stoeckel, décès d’un malthusien

Hugues Stoeckel est décédé il y a quelques jours. Il ne rentrera pas dans la rubrique « disparitions » des grands médias, c’est dommage. Il est vrai qu’il était malthusien, pour les natalistes qui ont pignon sur écran ce genre de personnage doit rester dans le placard.

Un extrait de sa pensée :

« Que faire aujourd’hui ? Le seul paramètre sur lequel nous ayons toute latitude pour agir efficacement et sans douleur est la natalité. Une excellente raison de tenter de la maîtriser, non pour effacer le problème – l’inertie démographique est bien trop grande – mais pour en atténuer les effets à terme. Entendons-nous bien : il n’est pas question de s’exonérer du devoir de réduire les consommations et les rejets évitables. Mais se borner à cela déboucherait exactement sur le même effet de rebond que la baisse des émissions de CO2 par voiture… alors que l’effet  rebond d’une dénatalité serait un bonus en espace et en agrément de vie pour chacun. A vrai dire, les limites de la planète ont été à ce point outrepassées que nous n’avons plus le choix. Aucune solution ne peut prétendre à résoudre seule le problème : ni le partage, ni la sobriété, ni la dénatalité. Même ensemble, ces solutions risquent de ne pas suffire. Nier le risque, c’est choisir délibérément la sortie de crise par la violence. »

Pour en savoir plus :

voir, https://www.youtube.com/watch?v=2aDwQn6s9aI

lire, Hugues Stoeckel, la question démographique

son livre de 2012, La faim du monde (l’humanité au bord d’une famine globale)

Partagez ...

8 réflexions sur “Hugues Stoeckel, décès d’un malthusien”

  1. Hugues Stoeckel

    Le journal de la Décroissance de juillet-août 2009 était accompagné du Cahier n°3 de l’IEESDS intitulé « La décroissance contre Malthus »… On était à l’exact opposé du malthusianisme, dont l’objet est précisément d’éviter à notre espèce d’être un jour décimée par la violence ou la faim. Le documentaire « Vers un crash alimentaire » (Arte, fin 2008) rappelle que le facteur déterminant sera la disponibilité énergétique.
    C’est en effet grâce à l’énergie et à la chimie tirées du pétrole (tracteurs, engrais…) que les rendements de riz chinois ont pu tripler en 40 ans et que la productivité d’un riziculteur camarguais ou américain (≈ 500 t/an) est aujourd’hui 1000 fois celle d’un paysan de Casamance !!

    1. Hugues Stoeckel

      A lui seul, et quel que soit par ailleurs notre niveau d’engagement collectif dans la décroissance, ce « 1000 fois » condamne implacablement toute la production mécanisée de riz à s’effondrer lorsque l’or noir fera vraiment défaut…
      Si vous, les rédacteurs de La décroissance, ne voyez aucune raison de brider la natalité, alors expliquez-moi, preuves en main ! Car si je souhaite moins de familles nombreuses, c’est pour leur éviter de vivre l’enfer sur Terre. Et croyez-moi ou non, j’en dirais autant même si mes trois petits-enfants que j’adore n’étaient pas dans le lot.
      https://reporterre.net/Population-et-limite-ecologique-en

  2. J’ai un reproche à faire au mensuel « La Décroissance », c’est sa manie récurrente de considérer la métaphore « l’Humanité est un cancer pour la planète » comme un blasphème anti-humaniste. On sent la plume de Vincent Cheynet, qui l’a longuement évoquée dans son bouquin. Mais l’humain que je suis ne se sent nullement insulté par cette image. Seule notre prolifération collective est ici en cause, car comme les cancers, elle risque de tuer notre substrat de vie. Et il va de soi qu’une entrée en décroissance démographique amorcerait la guérison du dit cancer.
    Mais peut-être Cheynet est-il chrétien et ne veut-il pas de cette décroissance-là ? 

    1. Mon message à la rédaction de La Décroissance est clair. Par pitié, arrêtez de faire ainsi le vide autour de vous !! Si vous tenez à dénoncer les écotartuffes, traitez-les de manière appropriée, dans la nuance, en dénonçant les idées plutôt que les personnes, et en cessant de confondre « égratigner », « étriller » et « anathématiser » !
      Bref, étalez un peu moins chichement votre « joie de vivre », votre convivialité, votre humour !! Nous sommes tous des humains, que diable !
      https://reporterre.net/Adresse-amicale-au-journal-La

      1. PS : Vincent Cheynet, dans son papier de l’IEESDS, ne nie pas être influencé par des tabous religieux. Il reproche seulement à Hugues Stoeckel d’évoquer cette hypothèse sans que lui-même ait jamais fait état de ses croyances dans son journal. Ce qui n’établit évidemment pas leur inexistence.

      2. Moi non plus je n’aime pas entendre que « l’Humanité est un cancer pour la planète ». Pour moi, le cancer de la planète c’est la connerie humaine, nuance ! On parle là de blasphème… ce qui nous renvoie à la religion. Pour moi le malthusianisme, comme le communisme, le capitalisme, l’écologisme etc. peuvent, à un moment donné, être assimilés à des religions. On retrouve alors tous les ingrédients, les dogmes, les dieux, les prophètes, les curés, les livres sacrés etc. Et avec tout ça, à un moment donné, on sombre dans l’intégrisme, la radicalité et la pensée binaire. D’un côté les bons, de l’autre les mauvais.
        (à suivre)

      3. Et on en crève, de toutes ces conneries ! Encore ces jours-ci à l’Assemblée, à cause de mots déplacés. C’est vrai qu’ «islamo-gauchiste» ça au moins ça veut dire quelque chose, misère misère !
        Vincent Cheynet n’est pas mon dieu, je n’en ai aucun. La Décroissance n’est pas ma bible, toutefois je trouve ce journal très intéressant. Et puis la joie de vivre c’est très important. Pour déconner, je dis parfois que ce journal devrait être remboursé par la Sécu. Maintenant c’est vrai, il décape. Tout le monde en prend pour son grade, et pas que les écotartufes.
        Maintenant c’est vrai… si on n’aime pas trop rigoler, si on se prend un peu trop au sérieux, si on est un peu trop susceptible, fier de sa réussite etc. etc. alors là je déconseille ce journal. Et ça m’est même arrivé de le faire, comme quoi le prosélytisme et moi ça fait deux. 🙂

  3. Paix à son âme

    – « Hugues Stoeckel, l’un des tout premiers militants écologistes alsaciens, est décédé mardi 26 juillet à l’âge de 75 ans. Né en 1947, cet ancien professeur de mathématiques était un écologiste militant depuis les années 1970, membre du parti Les Verts, d’Attac, d’Alsace Nature ou encore de la Ligue de protection des oiseaux. [etc.] » (Les Dernières Nouvelles d’Alsace – 29 juil. 2022)

    Comme quoi on en parle. Alors certes, les grands merdias n’en ont pas fait la une. Et alors ?
    Combien de célébrités nous ont quitté ce même jour ? ( Wikipédia : Décès en juillet 2022 )
    Déjà il y a James Lovelock. De lui on en a un peu parlé. Il y a aussi Anne-Marie Garat. Qui elle aussi a eu les honneurs de la Presse (Le Monde, Ouest-France, Sud-Ouest etc.)
    Par contre je n’ai pas entendu parler de Uri Orlev, ni du Vénérable Jingkong. Et c’est sûrement parce qu’ils étaient malthusiens. La bonne blague ! Mais c’est quoi une célébrité ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.