Hulot/Joly au second tour

L’affrontement entre Nicolas Hulot et Eva Joly n’est pas seulement celui qui oppose une écologie consensuelle et ouverte (vendue aux multinationales, disent ses adversaires) et une écologie radicale et « de combat » (sectaire, disent ses adversaires). Il met face à face une écologie (celle d’Eva Joly et d’une partie de l’appareil vert) qui considère l’alliance à gauche comme naturelle et automatique, et une écologie (celle de Nicolas Hulot) qui, tout en prenant acte du partenariat actuel entre les Verts et le PS (notamment dans les régions), ne juge pas un tel accord comme inconditionnel et scellé pour l’éternité. Une démarche proche de celle des Verts allemands, qui n’excluent pas des alliances régionales avec les chrétiens-démocrates.

En d’autres termes, la démarche de Nicolas Hulot, loin d’être « naïve » comme le dénonce Eva Joly, est éminemment politique. Elle nous rappelle que l’écologie politique française, avant de s’allier à la gauche à partir de 1993, a longtemps refusé de s’inscrire dans le clivage droite-gauche, qu’à sa manière, Dany Cohn-Bendit a lui aussi tenté de dépasser.

A coup sûr, cette volonté de promouvoir une écologie indépendante, quoiqu’ouverte à des alliances programmatiques, dérange certains militants, et plus encore de nombreux élus soucieux sans doute de garder leurs sièges.

Un positionnement qui est en tout cas l’une des raisons qui poussent l’auteur de ce billet à soutenir la candidature de Nicolas Hulot et à voter pour lui dans ces primaires.

Laurent Samuel

 

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