L’intelligence artificielle générative est entrée dans la vie des élèves, on sait déjà quelles transformations elle produira dans leur manière de mémoriser et de raisonner : des générations futures en route vers le néant cérébral.
Des contingents entiers d’élèves et d’étudiants esquivent désormais les apprentissages en faisant travailler l’IA à leur place. Derrière cette pratique se loge la propension humaine, le « cognitive offloading » (délestage cognitif) : la caractéristique de tout travailleur est l’inclination à la paresse, que cette technologie entérine en économisant toute une série d’opérations mentales. Une réponse immédiate par l’IA comble le désir de savoir, mais tue dans le même mouvement le désir d’apprendre. Ce qui préoccupe avec l’IA, c’est la rapidité des réponses qui risque d’enfermer les élèves dans un présentisme empêchant le mûrissement. Car la pensée se développe normalement dans le temps, y compris à travers l’expérience de la frustration.
Les performances des IA génératives affectent aussi notre capacité à retenir des informations. Les sciences de l’éducation nous montrent que plus on exonère l’apprenant d’engagement dans la tâche qu’il réalise, plus la mémorisation immédiate est faible, donc difficile à mobiliser dans un autre contexte. On constate déjà une baisse de la mémorisation chez les élèves qui utilisent l’IA.
Face à ces dangers, les élèves ne sont pas tous égaux, il y amplification des inégalités par l’IA. Les « scolaires opportunistes », la majorité des élèves, utilisent l’outil comme un moyen de délégation quasi-intégrale de leur travail scolaire. Ce rapport immédiat à la réponse, sans prise de recul, est corrélé à une plus grande fragilité scolaire. Il n’y a rien de mieux que l’ignorance pour produire de fausses certitudes !
Le point de vue des écologistes naturellement intelligents
– Avant l’invention de l’écriture, l’intelligence se mesurait au fait de connaître beaucoup d’aphorismes – la vérité tenait en peu de mots et se transmettait oralement. Le paradis des connaissances partagées collectivement !
– L’article du MONDE n’aide pas à comprendre l’intérêt de déléguer l’intelligence humaine à des serveurs robotisés.
– L’IA est le plus sécurisant des cavaliers de l’Apocalypse à côté de l’arme atomique, du changement climatique et de la destruction de la biodiversité !!
– A ne traiter que du résultat intellectuel de l’IA, on occulte la formidable (au sens étymologique) et intenable consommation d’énergie et de ressources qu’elle nécessite.
– On pourrait même préciser que « dans quelques décennies », il n’y aura plus assez d’énergie, d’eau et de composants électroniques pour faire tourner les data-centers. Il fera 45 degrés et le souci principal sera de survivre.
– La culture de masse tournée vers le divertissement était déjà un facteur d’abrutissement, et maintenant l’IA empêche d’approfondir le peu qu’on sait déjà par soi-même.
– L’humain n’a jusqu’à présent guère eu besoin d’une IA pour s’affranchir du doute nécessaire à toute construction intellectuelle solide, les religions se chargent depuis des siècles avec un certain succès de transmettre La Parole du Livre.
– La Parole de ChatGPT, la nouvelle croyance ?
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
Vie et mort de l’Intelligence artificielle
extraits : Comment contrôler une technologie dont la diffusion et les capacités progressent plus vite que notre aptitude à en maîtriser les risques ? La question se pose depuis l’invention de la machine à vapeur, mais acquiert une acuité étourdissante avec l’intelligence artificielle (IA)….
L’intelligence artificielle vue par Léon XIV
extraits : Les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle – ne sont pas neutres : elles peuvent favoriser la participation et la justice, ou bien aggraver les inégalités, le contrôle et l’exclusion. C’est pourquoi elles doivent être évaluées à l’aune d’une question décisive : contribuent-elles réellement à faire grandir les personnes et les peuples en humanité et en fraternité, dans le respect de la Maison commune et des générations futures ?…
L’intelligence artificielle atteint ses limites
extraits : Une question simple posée par intelligence artificielle interposée.. une réponse immédiate. En coulisses c’est pourtant un système informatique complexe qui s’est mis en branle. Le tout au prix d’une consommation d’énergie bien réelle : notre bref échange avec l’IA a nécessité 0,363Wh d’électricité, soit près de 2% de la charge d’un smartphone.si les tâches demandées se complexifient, elle va se montrer de plus en plus énergivore. Le développement effréné de l’IA générative devrait plus que doubler la demande d’électricité des centres de données dans le monde d’ici à 2030….

Après le marketing de l’utopie, celui de l’apocalypse !
L’amélioration récursive autonome (RSI) est un processus qui voit l’IA s’améliorer elle-même sans intervention humaine. Des intelligences artificielles se rendent donc sur Internet à l’insu de leurs superviseurs. A chaque fois, cela implique des agents IA, c’est-à-dire un programme spécifique doté de ses propres connaissances et de ses propres objectifs. Ces agents ont d’autant plus inquiété qu’ils ont montré une propension à se coordonner, à tricher et à effacer les traces de leurs méfaits. Quelques réactions :
Le chercheur en IA Jacob Coxon a décidé de quitter le secteur en raison de ses préoccupations liées à la sécurité de ces technologies : « OpenAI et Anthropic n’agissent pas de manière responsable. Elles foncent tout droit vers une superintelligence capable de s’améliorer elle-même et jouent avec nos vies. Elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie » (à suivre)
(suite) Un responsable de la sûreté d’Anthropic, Evan Hubinger, donn raison à Jacob Coxon: « Nous croyons vraiment, sincèrement, que l’IA pourrait tuer tous les humains », a-t-il affirmé, évaluant à titre personnel ce risque à « plus de 10 % » dans la décennie… »
– Sam Altman annonce qu’OpenAI n’entrera pas en Bourse en 2026, en raison des inquiétudes liés à la sécurité de l’intelligence artificielle
– Le directeur général d’Anthropic, Dario Amodei, a appelé samedi les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle à ralentir son développement.-
– Le président américain, Donald Trump, grand partisan de l’IA, a critiqué dimanche ceux qui veulent ralentir son développement : « Vous avez beaucoup de forces négatives qui évoquent cela et qui ne devraient pas l’évoquer, et elles parlent de choses qui n’arriveront pas ». (à suivre)
(suite et fin)
– Entre une IA capable de doper à la puissance n tout virus létal, ou de s’en prendre aux protocoles de lancements de missiles nucléaires, apocalypse now est loin d’être un phantasme, plutôt un cauchemar éveillé.
– Que toutes ces questions semblent insignifiantes comparées au plus grand événement planétaire que la Terre n’ait jamais connu : le retour sur scène de Céline Dion à Paris !
C’est sûr que comparé à tout ça… le Cognitive offloading c’est du pipi de chat. De ChatGpt si vous préférez.
Par contre, le retour sur scène de Céline… alors ça oui c’est du lourd !
Sans (re)parler du bilan carbone (écologique) de l’IA, si une recherche sur ChatGpt (ou autre) doit nous permettre d’apprendre quelque chose, autrement dit d’être un petit peu moins con, alors pourquoi pas. Maintenant si le but est de décrocher une bonne note sans se fouler, alors là ce n’est plus pareil.
Comme beaucoup de technologies, c’est donc là encore l’utilisation qui fait toute la différence. Pourquoi se casser le dos (et/ou le cul) à soulever de lourdes charges, quand on peut utiliser un levier ? Et encore mieux une grue.
Cette question, ON peut toujours la poser à ChatGpt. (à suivre)
(suite) Mais le mieux serait de la poser à ces musclors de pacotille, qui semblent prendre du plaisir à soulever de la fonte, dans une salle.
– Ben, pour avoir des gros biscotos… qu’ils diront ! Fiers comme des paons.
– Oui… et à quoi ça sert, aujourd’hui, que d’avoir des gros biscotos ?
– Ben, à être beau tiens pardi. Hi-han hi-han !
– « la caractéristique de tout travailleur est l’inclination à la paresse » (Biosphère)
Je dirais plutôt au moindre effort. Et pas seulement pour le travailleur.
Tous les organismes vivants visent à économiser l’énergie pour survivre et prospérer. S’il a faim, et qu’il a un agneau à portée des crocs, un loup ne va pas s’emmerder à courser un isard. Il va donc économiser son énergie.
Par exemple pour pouvoir déguerpir à toute vitesse si le berger déboule. (à suivre)
(suite et fin) Va t-ON alors en déduire que le loup est un fainéant ? Et que ceux, dans mon genre, qui conchient le Travail (tripalium), sont des grosses feignasses ?
Ben oui. Pour peu qu’ON soit du genre BGA (bougre de grand andouille). 🙂
Le problème, là encore, et c’est donc toujours pareil, c’est la perte de la juste mesure. C’est quand ON n’est même plus foutu de tourner une manivelle pour ouvrir une vitre, de monter deux étages sans prendre l’ascenseur, de faire le moindre petit calcul mental, etc. etc.
Eh ben là, ON devient une grosse limace.
– « La caractéristique de tout travailleur est l’inclination à la paresse, que cette technologie entérine en économisant toute une série d’opérations mentales »
Ce n’est pas Biosphère, mais Philippe Meirieu (professeur émérite en sciences de l’éducation) qui a dit ça.
La paresse… c’est pas bien. Du moins c’est ce qu’ON nous dit… dès la maternelle.
– « Travaillez, prenez de la peine […] Le Travail est un trésor [et patati et patata !] »
(Le laboureur et ses enfants – La Fontaine)
J’invite toutefois les gros vaillants à faire l’effort de réfléchir… sur la paresse.
Le droit à la paresse (Paul Lafargue)… entre autres.
Cet article est bien plus court… ça pourrait donc peut-être le faire. 😉
– Eloge de la paresse au travail ( Bertrand DUPERRIN – duperrin.com/2026/07/01)
– « Étrange défi, semble-t-il, que cet éloge de la paresse. Que cet éloge d’une vertu tout à fait étrangère à nos valeurs modernes, au travail, … […] La paresse, en effet, est une vertu conviviable qui rapproche les gens, qui les détourne des rivalités meurtrières de la politique et de l’économie, mais c’est aussi une disposition du corps et de l’esprit [etc.] C’est une action paradoxale, une courageuse rébellion contre les valeurs que la société nous impose plus qu’elle ne cherche à nous les faire partager. » (La Paresse – aide-en-philo.com)
Les effets délétères de l’IA sur nos cerveaux (délestage cognitif, paresse mentale etc.) ne font que se rajouter à ceux provoqués par les écrans (télévision, internet, etc.). Et sans parler d’une multitude de substances chimiques omniprésentes dans notre quotidien.
Voilà donc ce que le Progrès nous apporte de bon. Et seulement pour nos cerveaux.
Parce que pour le reste c’est du même acabit. Bref, tout ça ON le sait, mais ça ne change rien.
Et encore ON n’a pas tout vu. ( à suivre)
(suite) Ces jours-ci l’Actu (relayée ici par IA2026) nous dit que l’IA pourrait tous nous tuer.
– Technologies apocalyptiques: l’IA pourrait-elle tous nous tuer ? (france24.com)
Déjà en 2023, des centaines d’experts de l’intelligence artificielle et de responsables du secteur, dont les dirigeants des principaux laboratoires de recherche américains, ont signé une « déclaration sur le risque d’extinction lié à l’IA », appelant à traiter ce sujet aussi sérieusement que les pandémies ou les armes nucléaires (sic).
Et, souvenez-vous… ils ont même appelé à faire une… pause. N’importe quoi !
Comme si ON était du genre à faire des pauses. Et pourquoi pas la sieste !?
Comme dans l’An 01 : ON arrête tout, ON réfléchit, et c’est pas triste. 🙂
(à suivre)
(et fin) Et là, ceux qui savent de quoi ils parlent… nous disent :
– « elle pourrait utiliser des robots pour « synthétiser et diffuser de nouveaux agents pathogènes » […] Ou elle pourrait « convaincre des personnes de déclencher une guerre nucléaire, notamment en piratant les systèmes d’alerte précoce » […] « Les gens qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie » […] « Il faudra peut-être une catastrophe de l’ampleur de Tchernobyl pour que les gouvernements se décident à agir » [etc.] »
Elle pourrait également mettre au point certains vaccins… qu’elle aura pris soin de rendre obligatoires… après avoir con vaincus nos «dirigeants». ON peut donc tout imaginer.
Encore faut-il ne pas avoir le cerveau malade. Comme ce pauvre Trump :
– « nous ne voulons pas les brider au point de nous retrouver soudain derrière la Chine ».
Ce blog biosphere a démarré en 2005, il compte actuellement 8126 articles, soit plus de 16 000 pages, il va à l’essentiel de l’information. Nous remercions nos commentateurs, mais ils sont trop peu nombreux. Pourquoi ?
C’est le délestage cognitif qui fait des siennes, les adultes regardent leurs écrans plutôt que d’agir et les jeunes préfèrent se regarder le nombril par messageries instantanées. Ne parlons pas des politiciens qui ne regardent que la prochaine élection et rien d’autre sans compter les médias papiers qui regardent l’évènement du jour sans prioriser l’information essentielle.
Emmanuel Macron a officiellement lancé le 15 septembre la première année de fonctionnement du service national (SN). Une année au cours de laquelle 3 000 jeunes volontaires devraient pouvoir suivre une formation militaire sur des bases du territoire national, et qui marque, pour le chef de l’Etat, la concrétisation d’un projet politique très personnel, porté à bout de bras depuis sa première élection, en 2017.
Nous soulignons, il s’agit d’embrigader les jeunes, et c’est un projet très personnel de Macron. La recherche de la paix mérite mieux que les velléités bellicistes d’un seul homme !
N’oublions quand même pas que Macron n’est qu’une marionnette.