Il n’y a aucune technique valable pour sauver le climat

Le crime climatique est à la portée de chacun d’entre nous. Il suffit d’avoir un logement très grand et trop chauffé, une voiture trop lourde et sophistiquée, des tas de gadgets de dernière génération et une boulimie de déplacements en tous genres, le plus vite et le plus loin de préférence. Diminuons nos besoins et nos consommations, le climat se portera mieux. Car il n’y a aucun technique à notre disposition pour véritablement diminuer nos émissions de gaz à effet de serre.

Philippe Bihouix* le démontre : « Une lutte technologique contre le changement climatique serait désespérée. Ainsi dans les bâtiments, où le niveau de confort toujours plus exigeant nécessite l’emploi de matériaux rares (verres faiblement émissifs) et une électronicisation généralisée pour optimiser la consommation (gestion technique du bâtiment, capteurs, moteurs et automatismes, ventilation mécanique contrôlée). Ainsi dans les voitures, où le besoin de maintenir le confort, la performance et la sécurité nécessite des aciers alliés toujours plus précis pour gagner un peu de poids et réduire les émissions de CO2. Ce qui nous attend à court terme, c’est une accélération dévastatrice et mortifère, de la ponction de ressources, de la consommation électrique, de la production de déchets ingérables, avec le déploiement généralisé des nanotechnologies, des big data, des objets connectés. Le saccage de la planète ne fait que commencer. Il n’y aura pas de sortie par le haut à base d’innovation technologique – en tout cas si improbable qu’il serait périlleux de tout miser dessus. On ne peut se contenter des business models émergents, à base d’économie de partage ou de la fonctionnalité, peut-être formidables mais ni généralisables, ni suffisants. Nous devrons décroître, en valeur absolue, la quantité d’énergie et de matières consommées. Il faut travailler sur la baisse de la demande, non sur le remplacement de l’offre.

Il y a toute une gamme d’actions imaginables. Certaines devraient logiquement faire consensus, suppression de certains objets jetables, des supports publicitaires, de l’eau en bouteille… D’autres seront plus difficiles à faire passer, mais franchement nous n’y perdrions quasiment pas de « confort » (retour de la consigne, réutilisation des objets, compostage des déchets, limite de vitesse des véhicules…). D’autres enfin promettent quelques débats houleux (réduction drastique de la voiture au profit du vélo, adaptation des températures dans les bâtiments, urbanisme revisité pour inverser la tendance à l’hypermobilité…). Qui est liberticide ? Nos sociétés sont déjà liberticides. Il existe bien une limite, de puissance, de poids, fixée par la puissance publique, pour l’immatriculation des véhicules. Qui est liberticide ? Le conducteur de 4×4, l’utilisateur de jet privé, le propriétaire de yacht, ou celui qui propose d’interdire ces engins de mort différée ? »

* Philippe Bihouix dans le livre collectif « Crime climatique STOP !  »

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3 réflexions sur “Il n’y a aucune technique valable pour sauver le climat”

  1. Concernant la pollution par les voitures individuels, accorder aux travailleurs des jours de congés supplémentaires sans perte de revenu, afin qu’ils puissent réduire leurs déplacements et donc le CO2 rejeté, est indispensable.

    Mais pour cela, il faudra rompre avec ce sacro-saint système qui accorde à une infime minorité de la population la propriété exclusive sur quasiment toutes les richesses matériels du monde.

  2. Eh bien soit, regardons la pièce, avec le regret de ne pas en voir la fin puisque les scénaristes sont incapables d’en écrire une correcte. Ni Valhalla ni catastrophe, plutôt une déliquescence.

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