Interruption (in)volontaire de vieillesse

La société peut-elle faire le tri entre les mourants, les mourants peuvent-il décider de leur sort ? Deux points de vue s’entrechoquent !
Christophe Barret, Francis Navarro, Gaël Piton : « A ce stade de la pandémie de Covid-19, l’hypothèse d’un « tri nécessaire » des prises en charge hospitalières devient une éventualité. On devrait alors arbitrer entre les patients atteints de Covid-19 et les autres pathologies… Le principe de justice sociale n’exclut pas un traitement différencié si les situations individuelles sont différentes. La légitimité et le réalisme de moyens médicaux lourds (donc limités) ne sont pas les mêmes selon que le cas est désespéré ou laisse espérer une guérison. Pour l’accès à la réanimation, c’est l’approche globale du bénéfice d’une prise en charge thérapeutique possiblement lourde, avec l’espoir d’une survie avec une qualité de vie acceptable par le patient, qu’il soit atteint du Covid-19 ou d’une autre affection. L’âge et l’espérance de vie comptent, mais aussi la fragilité des patients ou les organes défaillants. Le respect de la volonté individuelle est aussi un principe fondateur… »

Rose-Marie Lagrave : « L’une des solutions-clés, pour désengorger les hôpitaux, calmer la culpabilité des soignants face à la contrainte de devoir trier, et associer les malades aux décisions qui les concernent au premier chef, consiste entre autres à associer les vieux et vieilles à la décision de continuer à vivre ou de choisir le moment de leur mort… La loi Léonetti-Claeys du 2 février 2016 ne reconnaît que « le droit au refus de l’obstination déraisonnable ». La raison suppose d’aller plus loin, l’épidémie rend légitime le droit à demander une aide médicale pour mourir dans la dignité. Le mouvement féministe a su lutter avec ténacité pour obtenir le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et concrétiser le slogan « faire naître si je veux, quand je veux ». On doit s’interroger sur les vertus de l’IVV : « Demander la mort si je veux et quand vivre devient indigne ». Et, bien sûr, nul n’est jamais obligé d’exercer son droit… »

– sur notre blog biosphere, la nécessité d’un triage médical (11 mars 2020)

Covid-19, nécessité d’un triage médical

– sur notre blog biosphere, le droit de mourir dans la dignité (7 avri 2020)

Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

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12 réflexions sur “Interruption (in)volontaire de vieillesse”

  1. Allons , allons, je vous sers cette phrase attribuée à Goebbels / Staline ? : 5000 morts , sont est une catastrophe, 5 millions de morts , sont est une statistique !

    1. Joseph Staline

      Même si ça n’a aucun rapport avec le sujet ce n’est pas une raison pour déformer l’Histoire !
      – «La mort d’un homme est une tragédie. La mort d’un million d’hommes est une statistique. »

      1. «La mort d’un homme est une tragédie. La mort d’un million d’hommes est une statistique. » (Joseph Staline)
        Au 11 janvier 2014, aucun lecteur n’avait pu donner la référence de la citation. Interrogé sur la question, le biographe trotskyste de Staline, JJ Marie, peu suspect de sympathie pour le personnage, doutait fortement de son authenticité.
        Le 25 mars 2020, une réponse est enfin parvenue dans un post signé Thalie : c’est Kurt Tucholsky qui attribue cette phrase a un diplomate français dans son essai Französischer Witz écrit en 1925. « Darauf sagt ein Diplomat vom Quai d’Orsay: « Der Krieg? Ich kann das nicht so schrecklich finden! Der Tod eines Menschen: das ist eine Katastrophe. Hunderttausend Tote: das ist eine Statistik! »

  2. – «La société peut-elle faire le tri entre les mourants, les mourants peuvent-il décider de leur sort ? Deux points de vue s’entrechoquent !»
    Avant de voir là deux points de vue qui s’entrechoquent, je vois d’abord deux questions. À la première la réponse est évidente. Puisque qu’elle le fait (CIMU), c’est qu’elle peut le faire.
    La seconde question est bien plus compliquée. Déjà parce qu’il y a mourant ET mourant. Et que là encore le temps (l’âge) ne fait rien à l’affaire. Du moins pas forcément. Alors la tentation est grande de s’en remettre au consentement (avec ou sans «») du concerné. C’est confortable de se dire qu’il l’a voulu, qu’il l’a demandé, et finalement peu importe si le con cerné n’a seulement fait que ce que nous lui demandions de dire, de choisir.
    C’est confortable de ne pas avoir à décider dans ce genre de situation, mais il ne faudrait quand même pas en arriver à déléguer ça à des machines, des algorithmes.

    1. – «les vieux entendent aussi décider de leur mort […] Et pourtant ils votent.» (Rose-Marie Lagrave)
      Bien sûr qu’ils ont le droit de décider, de leur sort, de leur mort, et de voter etc. Mais là encore l’âge ne fait rien à l’affaire. Pas besoin de longs discours pour résumer tout ça. Seulement tout le monde n’a pas le talent de Pierre Desproges.
      (La minute de Monsieur Cyclopède, sur FR3 le 29 mars 1983 : «Apprenons à pratiquer l’Interruption Volontaire de Vieillesse»)

  3. Il est un âge où la qualité de vie importe davantage que la quantité restante… J’ai rédigé mes directives anticipées, un document que j’ai remis à une personne de confiance et qui stipule expressément mon refus de la réanimation en cas de détresse respiratoire liée à la Covid-19. Mes directives sont opposables : le corps médical ne peut s’y soustraire.
    Le refus d’être réanimé exprimé par une population âgée, mais responsable, pourrait diminuer l’encombrement des hôpitaux par les patients souffrant de la Covid-19.
    Jean-Louis Lejonc (lemonde.fr du 23 novembre 2020, courrier des lecteurs)

    1. Il ne faudrait peut-être pas tout mélanger.
      Rédiger ses directives anticipées c’est une chose. Les raisons qui nous amènent à refuser dans telle situation certains des soins médicaux vont bien au delà du seul souci de ne pas encombrer les urgences. La capacité des hôpitaux, le nombre de lits de réa, de personnels etc. c’est autre chose.
      Faudrait juste savoir ce que nous voulons, ce que nous jugeons prioritaire, essentiel etc. Des hôpitaux, des médecins, des infirmières, des écoles, des profs etc… ou bien des temples de la consommation, des aéroports, des stades, des ingénieurs en innovations etc. etc.

    2. Mourir oui, mais pas de suite.

      Question : Dans mes directives anticipées, puis-je stipuler qu’en cas de dépistage positif au Covid… j’exige expressément d’être transféré d’urgence à l’IHU de Marseille, pour y être traité par comme on sait et comme on sait ? Le corps médical peut-il s’y opposer ?

  4. mylène demongeot

    Mylène Demongeot, comédienne : « Le fait d’être très malade et de décider qu’on ne veut plus souffrir, ce n’est pas un suicide, c’est une délivrance. C’est : « Aidez moi à partir ». Ce que je trouve injuste, c’est que les gens qui ont les moyens d’aller en Suisse pourront s’offrir cette mort-là, pas les autres. »
    (communiqué ADMD)

  5. On pourrait désengorger la politique en « interrompant » Giscard Festin , G. Soros, Jack Lang , Attali , Minc , Con Bandit , Joffrin , Sarkozy, Hollande ,Jospin , Dray , Toubon, Tiberi ,

    1. Tout le monde ou presque quoi. Ce sera alors le meilleur des mondes puisqu’il ne restera plus que vous deux. La «fine fleur » de l’espèce humaine. Seulement tel que je vous connais vous n’aurez même pas besoin d’avoir recours à l’IVV. Plus con que moi tu meurs ! Je vois déjà le dernier des hommes trônant fièrement sur une montagne de cadavres et de déchets.

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