James Lovelock est mort le 27 juillet 2022

«Il est aujourd’hui tard, beaucoup trop tard pour sauver la planète telle que nous la connaissons», expliquait-il déjà en 2009 à l’AFP, à quelques mois de la conférence de Copenhague sur le climat (COP15) qui s’était soldée par un échec retentissant.

«Préparez-vous à d’énormes pertes humaines», disait-il. Dans un entretien à l’AFP en juin 2020, il avait relativisé la pandémie de coronavirus qui «tue en particulier ceux de mon âge -les vieux- et il y en a déjà trop». «Le changement climatique est plus dangereux pour la vie sur Terre que presque toute autre maladie concevable», avait-il affirmé.

Le scientifique britannique James Lovelock est décédé à l’âge de 103 ans, a indiqué le 27 juillet sa famille.

extraits de « La revanche de Gaïa (pourquoi la terre riposte-t-elle) »

de James Lovelock (2007)

« Notre civilisation est-elle donc condamnée à voir ce siècle mourir avec elle ? Y aura-t-il un déclin massif de la population, laissant quelques survivants démunis sur une planète torride, hostile, infirme, mise en coupe réglée par des seigneurs de la guerre ? L’absence de contrainte pesant sur notre croissance démographique est une des origines de nos problèmes. Nous pouvons vivre partout, de l’Arctique aux tropiques, les seuls prédateurs importants restent, de temps en temps, les micro-organismes qui provoquent une brève pandémie .La population du globe est passée de quelques millions à l’époque des chasseurs-cueilleurs, il a maintenant dépassé six milliards, ce qui est tout à fait intenable pour Gaïa, même si nous avions la volonté et la capacité de réduire notre empreinte écologique. Personnellement, je crois qu’il serait sage d’opter pour une population stabilisée d’environ un demi-milliard d’individus, nous aurions alors la liberté d’adopter des modes de vie très différents sans nuire à Gaïa. Au premier abord, cela peut sembler aussi malaisé qu’inacceptable, voire impossible, bien que le XXe siècle ait montré le peu de cas que l’humanité pouvait faire de la vie humaine.

La régulation de la fécondité participe du contrôle démographique, mais la régulation du taux de mortalité n’est pas la moins importante. Là encore, dans les sociétés riches, les gens choisissent volontairement des façons convenables de mourir. Maintenant que la Terre court le danger imminent d’évoluer vers un état chaud et inhospitalier, il semble amoral de s’acharner à vouloir prolonger notre espérance de vie au-delà de sa limite biologique normale.

Si nous voulons continuer d’exister sans craindre les catastrophes naturelles, nous devons dès maintenant soumettre la croissance démographique à de fortes contraintes. En fin de compte, c’est Gaïa, comme toujours, qui opérera la réduction de population et éliminera ceux qui enfreignent ses règles. »

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2 réflexions sur “James Lovelock est mort le 27 juillet 2022”

  1. Ouverture du journal télévisé de 20 heures ce 28 juillet 2022, Macron reçoit Mohammed Ben Salman en grandes pompes: « Nos automobilistes ont besoin d’essence, Mohammed je t’en supplie, ouvre les vannes de tes puits ». Deuxième partie du journal télévisé, les forêts françaises partent en fumée : « C’est le réchauffement climatique, au secours, la maison brûle ». Aucun journaliste n’a soulevé la contradiction totale qu’il y avait entre ces deux messages.
    Et pendant ce temps-là, après une campagne électorale presque exclusivement axée sur le pouvoir d’achat, nos valeureux parlementaires toutes étiquettes confondues, portent la ristourne pour tous à 30 centimes par litre d’essence et votent une aide de 230 millions d’euros destinée à aider les foyers à remplir leur cuve de fioul, sans distinction de revenus.
    James Lovelock doit déjà se retourner dans sa tombe…

    1. Paix à son âme

      Il est mort le 26, avant-hier, le jour même de son anniversaire, 103 ans…
      Je ne crois pas qu’il puisse déjà se retourner dans sa tombe… En attendant, j’espère qu’il aura droit à des obsèques nationales, comme Margaret Thatcher.

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