JDC. Se déclarer objecteur de conscience à tout moment

Bonjour cher lecteur/lectrice

Prière de nous envoyer en commentaire vos observations sur l’analyse suivante qui pourrait faire l’objet d’une « question au gouvernement ».

Question au gouvernement

– On constate que la Journée Défense Citoyenneté (JDC) obligatoire pour tous les jeunes est devenue depuis septembre 2025 un moment de pré-incorporation avec uniquement des temps forts dédiés à l’armée (cf. annexe 1).

– Cette organisation occulte le fait que nous sommes une démocratie où on peut avoir des conceptions différentes de la défense nationale et de son engagement personnel.

– En particulier le fait de pouvoir se déclarer objecteur de conscience est reconnu en France depuis la loi du 21 décembre 1963, précisée le 8 novembre 1997 (cf. annexe 2).

– Les règles internationales garantissent le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction. Elles confirment cette possibilité de se déclarer objecteur (cf. annexe 3).

C’est pourquoi en toute démocratie il semble nécessaire de présenter à notre jeunesse lors de la Journée Défense Citoyenneté la possibilité de se déclarer objecteur de conscience à tout moment.

annexes

1) Journée Défense citoyenneté nouvelle génération

https://www.defense.gouv.fr/actualites/infographie-journee-defense-citoyennete-nouvelle-generation (juillet 2025)

La Journée Défense Citoyenneté (JDC) propose sur 7 heures de découvrir les vertus militaires, de s’identifier aux femmes et aux hommes qui défendent la Nation et de se projeter dans la très grande diversité des métiers offerts par les Armées et la Gendarmerie. La journée s’articule autour de 7 temps forts

  1.  Cérémonie des couleurs, Marseillaise et lecture de la charte des droits et des devoirs du citoyen ;
  2. Tir sportif laser : discipline sportive accessible à tous, exigeant rigueur et précision, dans un cadre sécurisé et parfaitement contrôlé ;
  3. Tests et démarches administratives : incontournable pour valider le parcours des appelés, permet également de mesurer l’engagement et de découvrir les talents ;
  4. Jeu de rôle STRAT&J : pour développer de manière ludique et immersive la capacité d’analyse, le sens de l’anticipation et la compréhension du rôle des armées dans la défense de la Nation dans ses dimensions civiles et militaires ;
  5. Repas en ration militaire : expérience concrète de la vie militaire et véritable moment de cohésion et de partage. Les jeunes sont sensibilisés à l’optimisation des ressources alimentaires, l’importance d’une alimentation équilibrée, la gestion écoresponsable des déchets ainsi qu’à la lutte contre le gaspillage ;
  6. Forum des métiers et immersion dans la réalité virtuelle : permet de rencontrer les militaires et de découvrir les opportunités de carrière dans la Défense. Des casques de réalité virtuelle permettent de se projeter dans des situations d’entraînement et d’opérations ;
  7. Au revoir républicain : moment solennel de clôture, cette cérémonie rappelle l’importance du respect physique entre les personnes et de l’engagement citoyen. Chaque jeune se voit remettre le Bleuet de France, témoin tangible et inspirant du lien qui unit toutes les générations dans la défense du pays

2) statut des objecteurs de conscience

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071335/LEGISCTA000006151625/

Les jeunes gens soumis aux obligations du service national qui, pour des motifs de conscience, se déclarent opposés à l’usage personnel des armes sont, dans les conditions prévues par le présent chapitre, admis à satisfaire à leurs obligations, soit dans un service civil relevant d’une administration de l’Etat ou des collectivités locales, soit dans un organisme à vocation sociale ou humanitaire assurant une mission d’intérêt général, agréé dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat.

3) Législation internationale

https://www.ohchr.org/fr/conscientious-objection

Le droit à l’objection de conscience au service militaire repose sur l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction (…) Le dernier rapport en date (A/HRC/41/23, par. 60) souligne que les procédures de demande d’obtention du statut d’objecteur de conscience au service militaire doivent respecter, au minimum, les critères suivants :

a. Accès à l’information

b. Gratuité de la procédure de demande

c. Applicabilité de la procédure de demande du statut d’objecteur de conscience à toutes les personnes concernées par le service militaire

NB : Pour poser une question au gouvernement français, vous pouvez utiliser l’application officielle Agora pour soumettre une interrogation citoyenne ou bine contacter directement un élu (député ou sénateur) pour qu’il relaie une question en séance.

15 réflexions sur “JDC. Se déclarer objecteur de conscience à tout moment”

  1. Les informations contenues dans ce projet de question au gouvernement mériteraient d’être portées à la connaissance des jeunes. J’aurais aimé pour ma part les connaître en 1974, date de mon incorporation pour le service militaire alors que, également pour des raisons éthiques, je me refusais à partir en coopération et que j’ignorais l’existence et la possibilité de ce statut d’objecteur de conscience. Certains m’ont affirmé depuis que la publicité en avait été interdite ?

    1. Le statut de 1964 interdisait de faire la publicité de cette loi, ce qui est un comble dans un régime démocratique !

      La suppression de la conscription a entraîné un démarche plus subtile : puisque que maintenant il n’y a que des volontaires dans l’armée de métier, ce n’est pas la peine qu’on puisse se déclarer objecteur lors de la JDC. Ils ont même interdit le fait qu’on puisse se déclarer comme objecteur lors de cette journée. Pourtant cette journée « défense » est depuis son origine une pré-incorporation, un recensement dans la perspective qu’il y ait une mobilisation générale… qui est toujours possible, surtout pour Macron !

  2. delphine batho

    Les Écologistes-EELV ont proposé à Génération Écologie de nouer des discussions bilatérales dans la perspective d’une candidature commune au premier tour de l’élection présidentielle.
    Réponse de Génération Écologie (20 août 2026)
    Nous ne nous inscrivons pas dans cette démarche car nous sommes entrés dans le dur des effondrements écologiques. Nous ne vivons pas le tournant d’un été, mais le basculement du siècle qui engage le destin de l’humanité et de l’ensemble du vivant. Dans ce contexte, la tâche historique de l’écologie politique en France ne se réduit pas, à nos yeux, à faire barrage à l’extrême droite, ni à être une simple composante d’une alliance amendant à la marge des programmes dont les axes principaux défendent un modèle économique et social destructeur, incompatible avec une prise en charge sérieuse du respect des limites planétaires pour préserver l’habitabilité de notre pays. (à suivre)

    1. delphine batho

      (suite et fin) Vouloir gouverner implique de construire une crédibilité qui diverge d’une proposition d’accompagnement écologique d’autres orientations politiques.
      La logique consistant à appliquer au premier tour de l’élection présidentielle l’équation du second tour, avec le choix mortifère d’un vote par défaut, est perdante pour l’écologie politique. Les citoyennes et citoyens attendent du neuf autour d’un programme d’action concret pour la santé, la paix et la sécurité climatique, et non l’éternelle reconstitution d’alliances plus que bancales. Un gouffre nous sépare de toutes les formations politiques tant elles s’illustrent avec constance dans la volonté de relancer la surproduction, la surconsommation ou de financer leur programme par un illusoire retour de la croissance du PIB. Les reculs environnementaux ne sont hélas pas le seul fait de la droite et de l’extrême droite.

      1. C’est un point de vue… c’est celui de Delphine Batho.
        Je le partage sur certains points (de détail…), mais pas sur d’autres.
        Seulement tout ça reste lié à notre système électoral… qui implique des stratégies, des alliances, des con sensus etc. (élections piège à cons !)
        Ce qui nous éloigne quelque peu de la question de l’objection de conscience.

  3. […] Mais jusqu’en 1963, aucune mesure concernant l’objection n’est prise. C’est à cette époque, durant la guerre d’Algérie, que les objecteurs entrent sur la scène publique française […] L’ensemble de ces actions permet finalement la création d’un statut de l’objection de conscience en 1963. Ce statut reste à l’époque très précaire et limité comme l’illustre une phrase de Charles de Gaulle : « un statut de l’objection de conscience d’accord, mais le moins possible d’objecteurs ». La diffusion d’informations concernant l’objection de conscience était interdite […] Vingt ans après, en 1983 une nouvelle loi permet l’obtention quasi automatique du statut et autorise la diffusion d’informations concernant l’objection de conscience. Depuis cette date, le nombre d’objecteurs en poste n’a cessé d’augmenter. En 1997, avant la suspension du service national, 4 000 associations accueillent 9000 objecteurs sur les 15000 [etc.]
    (Wikipédia : Objection de contrôle)

    1. – « L’article 11 de la loi de 1963 interdisait toute « propagande » visant à faire connaître cette loi sous peine de graves sanctions pénales. En 1971, Michel Debré, ministre de la Défense, poursuit en justice le journal Fais pas le zouave qui a publié et commenté la loi. Toutefois il y eut peu de poursuites dans les faits, car, paradoxalement, ce genre d’action judiciaire engendrait des retombées médiatiques peu propices à la discrétion souhaitée par le législateur [etc.] » (Wikipédia)

      Qu’une loi interdise de faire connaître une autre loi… comme dit Biosphère, c’est un comble. La phrase de Gaulle en dit long également. Et idem du procès intenté en 1971 à ce journal. Ces trois éléments ne font que confirmer que notre démocratie n’en a que le nom. Et qu’il faut donc l’écrire avec 2 S, comme craSSe ou SS : DémocraSSie !
      Bref, là encore hypocrisie totale !

  4. Que intérêt ?

    Puisqu’en France le service militaire obligatoire (service national actif) a été suspendu (en 2001), et avec lui le service civil (à l’ONF ou ailleurs)… finalement, quel est aujourd’hui l’intérêt de se déclarer objecteur de conscience ?

    Réponse de ChatGpt :
    – « [blablabla] En résumé
    Pratiquement, aucun intérêt administratif aujourd’hui en France à se déclarer objecteur de conscience au titre du service national, puisque le service obligatoire n’existe plus.
    L’intérêt est surtout symbolique, politique ou militant. »

    1. MC esprit critique

      Par contre, les jeunes n’ont aucun intérêt à refuser de participer à la JDC.
      Et que ça nous plaise ou pas, eh ben c’est comme ça !
      Maintenant, si parmi eux il y en a qui voient là quelque chose qui ne correspond pas à leurs convictions (en considérant qu’à leur âge ils en aient)… eh ben ils n’ont qu’à prendre sur eux. En se disant que ce n’est qu’un petit mauvais moment à passer.
      Que quelques heures ce n’est pas la fin du monde, et que demain ils auront déjà oublié le Bleuet de France. Ou alors, s’ils veulent s’en souvenir, ils pourront toujours en décorer le chien. Comme j’avais fait avec ma superbe Médaille du Travail.
      Ben quoi c’est pas interdit, si ?
      (à suivre)

      1. Parti d'en rire, avec modération

        (suite et fin) Et combien d’obligations de ce genre ne sommes-nous pas obligés d’accepter ! Ne serait-ce que d’entrer dans une église pour un mariage ou un enterrement. Oui bien sûr, ON peut aussi rester sous le porche. C’est ce que j’ai fait pendant longtemps. Mais finalement, qu’est-ce ça coûte d’y aller, et de faire le minimum syndical ? C’est à dire se tenir correctement, ne laisser rien paraître, ou alors pas trop. Oui bon, là encore de l’hypocrisie.
        Oui mais, avec modération ! La juste mesure quoi.

  5. – « Bonjour cher lecteur/lectrice
    Prière de nous envoyer en commentaire vos observations sur l’analyse suivante qui pourrait faire l’objet d’une « question au gouvernement ». [etc.] » (début de cet article)

    Biosphère peut-il nous préciser qui est l’auteur de cette demande, si ce n’est de cet article ?
    Est-ce lui (Biosphère- Michel Sourrouille), ou alors un collectif, ou je ne sais qu(o)i d’autre ?
    Peut-il ensuite nous dire ce qu’il va compte faire de ces quelques observations (commentaires) ?

    1. Parti d'en rire

      Oui, moi je suis con vaincu qu’il peut. Maintenant il reste à voir s’il veut …
      S’il veut déjà répondre à ces deux petites questions. Et puis s’il compte réellement, sérieusement, porter à la connaissance du Gouvernement ces histoires de mariages et d’enterrements, de Bleuet et de Merdaille du Travail, de modération et j’en passe.

  6. Pascal Caglar

    Une loi adoptée par l’Assemblée nationale passe étonnamment sous les radars des commentateurs et enseignants eux-mêmes : la création d’un enseignement « visant à renforcer la défense nationale dans le cadre de la formation civique et morale des élèves. Il contribuera à la compréhension des enjeux contemporains de défense, de sécurité et de résilience nationale ». 
    La rapidité de l’adoption de cette loi en à peine plus de deux mois – projet déposé le 26 janvier 2026 et adopté le 27 mars 2026 – témoigne d’un affolement suscité par l’actualité internationale. L’objectif consiste désormais à faire progresser l’esprit de défense nationale non plus sur la base du volontariat chez les élèves en fin d’études secondaires, mais à sensibiliser les jeunes le plus tôt possible et auprès du plus grand nombre dans le cadre du parcours sur la citoyenneté. (à suivre)

    1. Pascal Caglar

      (suite et fin) Cette loi, derrière sa formulation sophistiquée (résilience nationale), et son contenu relativement vague, occulte des notions que pourtant la littérature de guerre n’a jamais éludées, à savoir le patriotisme, la résistance, l’héroïsme, mais aussi l’objection de conscience, la désertion, la paix, l’humanité. Elles sont une matière de réflexion et de questionnement bien plus précis, bien plus riches qu’une discipline parente de la vie civique se donnant comme objectif de « permettre à chaque jeune Français de comprendre la mission des armées, les enjeux de souveraineté et de résilience, et la place du citoyen dans la défense de la Nation», tels qu’il est stipulé dans le texte de loi.
      Comme si l’école pouvait être autre chose qu’une préparation à la paix !

      1. Sur le rôle de l’École… ON en a rempli des pages et des pages. Des tonnes et des tonnes de papier et d’encre, et de salive dans des débats et autres “débats“ !
        Pour la plupart, le rôle de l’École est d’apprendre les fumeux “fondamentaux“ à nos chers bambins. Autrement dit de leur donner les billes pour qu’ils puissent décrocher un bon job. En gros, savoir lire et écrire, et compter aussi un peu. Sans oublier l’esprit de compétition. Pour d’autres de leur enseigner des choses comme la coopération, l’entraide, le vivre-ensemble, l’esprit critique, etc. Et pour quelques autres, d’en faire tout simplement des citoyens, dignes de ce nom.
        Alors bien sûr, ON nous soutiendra que l’École enseigne justement tout ça, et en même temps. Mais ne soyons pas trop naïfs non plus. L’École sert, ni plus ni moins, qu’à produire et formater de bons petits rouages pour le Système. Ou de bons petits soldats, si vous préférez.

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