Jean-Michel Bezat prédit la catastrophe

Nous notons le 20 septembre 2021 un changement radical dans la chronique d’un journaliste du MONDE.

Jean-Michel Bezat : Certains dirigeants sous-estiment le coût économique du grand basculement vers un monde décarbonées, un changement inévitable et urgent du modèle productif et des modes de vie. Les dommages économiques de l’inaction seraient, même exorbitants. Le coût écologique risque d’être très élevé, peut-on rejeter plus de gaz à effet de serre aujourd’hui pour en émettre moins demain ? La production des métaux rares utilisés dans les véhicules électriques et les renouvelables est destructrice de l’environnement De plus en plus de pays producteurs prennent des mesures freinant l’extraction du cuivre. L’aluminium, concentré à 60 % en Chine, est produit dans des usines alimentées par des centrales au charbon. Les panneaux solaires consomment de grandes quantités de silicium, dont le raffinage est gourmand en électricité. Le bilan carbone du véhicule électrique sur son cycle de vie n’est pas brillant. Le numérique a besoin de lourdes infrastructures pour transmettre, traiter et stocker une masse de données ; en 2025, ces technologies pourraient absorber 20 % de l’électricité mondiale et représenter 7,5 % des émissions de CO2, plus que les transports maritime et aérien cumulés aujourd’hui. « La transition écologique en douceur, ça n’existe pas », tranche Daniel Cohn-Bendit. Mais qui est prêt à promettre du sang et des larmes ?

Les commentateurs sur lemonde.fr sont partagés entre étonnement et colère.

Michel SOURROUILLE: Jean-Michel Bezat, le spécialiste énergie du MONDE, conscient du coût démesuré de la nécessaire rupture écologique ? On n’y croit pas. Ce journaliste reste viscéralement partisan du tout-pétrole, militant du court-termisme, adepte du business as usual. Rappelons ce qu’il écrivait récemment (05.05.2021) : « Dans le monde d’après, les hommes s’envoleront à nouveau pour aller au bout de la Terre, sans honte. Passé les violentes turbulences liées au Covid-19, le trafic aérien devrait retrouver son rythme de croisière… Les progrès technologiques ne s’arrêteront pas, avion propulsé à 100 % par des biocarburants, court-courrier brûlant de l’hydrogène en 2035… Objectif : attirer les touristes en mal de destinations exotiques, en attendant un hypothétique retour des hommes d’affaires… » !!!!

Sarah Py : Introduction de l’article de Bezat. « Certains écologistes se persuadent que la transition environnementale est un long fleuve presque tranquille qui ne rencontrerait qu’un obstacle de taille : l’absence de courage d’une partie des dirigeants politiques et des chefs d’entreprise . » Sauf que nous, les « certains écologistes », nous alertons depuis des décennies sur l’urgence climatique et qu’attendre était rendre le monde plus invivable et la transition climatique de plus en plus douloureuse. Et ce serait nous les idiots du village? Curieuse manière de retourner les choses à l’avantage de tous ceux criminels, le mot est fort, qui ont laissé faire et ont nié le problème. C’est inadmissible de parler ainsi, je vous le dis tout net M. le journaliste. Où étiez vous quand il fallait alerter et alerter encore ?

Sacha Frenchy : La conclusion « Mais qui est prêt à promettre du sang et des larmes ? » est valable pour tous les partis ! C’est ce qu’il y a à dire aujourd’hui, mais les Mr Beziat qui font l’opinion essayent de nous faire croire que c’est le problème des Verts. Cette transition, c’est un problème pour tous ! Tout sera plus difficile est la réalité d’aujourd’hui, et plus on tarde, plus se sera difficile. Au lien de botter en touche écolo, Mr Beziat, quand donc vous et vos semblables aurez enfin le courage d’aborder ce problème en face ? Quand il sera trop tard ?

Marc 31 : Dans un scénario optimiste, les peuples et leurs dirigeants comprennent que chaque effort qui n’est pas fait aujourd’hui sera payé le double, le triple ou plus encore dans 20 ans. Ils priorisent ce qui doit être préservé, planifient cet effort sur 10 ans, et se mobilisent. Dans un scénario pessimiste, chacun se dit qu’on a le temps, que c’est aux autres de donner l’exemple. Quand viendrons les vaches maigres, les mêmes se plaindront en accusant les scientifiques d’avoir mal expliqué ce qui allait se passer, en accusant les politiques d’avoir rien fait, et les riches de s’être préparé des bastions. On va commencer à se battre pour les ressources, et on va porter au pouvoir des pouvoirs forts qui promettront l’ordre et la survie au détriment des autres. Mais les autres ne se laisseront pas faire.
Quand aux partisans de la croissance… Quand le cours du blé flambera, même une baisse de la production devient une augmentation du PIB…

simple citoyen : Un autre angle mort se cache dans l’article du journaliste, la décroissance. Il est question de plus de panneaux solaires, plus de batteries, etc., et jamais moins de consommation tout simplement. Parce que discuter de la croissance est tabou, cela implique une remise en question fondamentale que malheureusement seules de plus graves catastrophes parviendront à enclencher

Zahnstocher 2 : Un journaliste économique découvre l’eau tiède et le reproche aux Verts, alors que c’est presque uniquement chez eux que l’on trouve les personnalités politiques regardant la décroissance nécessaire en face. D‘autant plus surprenant quand on sort de la primaire de EELV où Delphine Batho a fait de la décroissance son thème numéro 1. Ça n’est pas sérieux.

Sylvain : Et oui, ça va faire mal. Mais quel gouvernement se fera élire en promettant d’augmenter le chômage, d’augmenter les prix à salaire au mieux égal, de mettre en place toute une série d’interdictions ? Bref la planète va encore chauffer un certain temps. Et difficile de voir une issue.
Cmac : Seuls des scenarii profondément décroissants sont envisageables…

Victor M : En même temps le coût économique des catastrophes naturelles (inondations, incendies, pandémies, sécheresse,…) est aussi l’angle mort de l’ultra-capitalisme ! Des pans entiers de l’économie mondiale vont s’effondrer, des centaines de millions de personnes vont devoir migrer et le tourisme dans l’espace ou la vente de voitures toujours plus grosses ne seront pas d’un grand secours !

le sceptique : Bah, si les ressources deviennent rares, elles deviennent chères. De quoi se plaignent les tenants d’une régulation de la croissance, ils pensent que les puissants vont vivre comme des misérables et que tous vont chanter « planète, planète » ? La bonne blague.

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6 réflexions sur “Jean-Michel Bezat prédit la catastrophe”

  1. et bien dansez maintenant

    « Mais qui est prêt à promettre du sang et des larmes ? »
    En réalité, c’est une promesse facile à tenir, car ce sera la base de n’importe quel programme réaliste.
    La difficulté c’est de gagner des voix et des élections avec un slogan de campagne comme celui-là… Fin de la récré!

  2. Quel que soit le bout par lequel on prenne les choses, il n’y a pas d’autre solution que la décroissance dans tous ses aspects, décroissance de nos productions, décroissance de notre nombre. Nous ne diminuerons jamais significativement notre empreinte qui est en train de tuer la biosphère par des mécanismes d’optimisation, c’est un leurre. C’est le quantitatif qui est déterminant.
    Et comme la majorité de l’humanité est plutôt pauvre et qu’il est inconcevable de lui demander des efforts de réduction de train de vie, c’est sur le nombre des hommes qu’il faut principalement agir. Réduisons notre fécondité ou nous allons à la catastrophe. Réduisons là partout : dans les pays riches parce qu’on y consomme beaucoup et que certains sont très densément peuplés et dans les pays pauvres parce que le potentiel de croissance démographique est promesse de drames.

    1. – « Réduisons notre fécondité ou nous allons à la catastrophe. »
      Nous aurons, vous aurez, les deux mon cher Didier. Et vous le savez.
      La fécondité est déjà en décroissance. Mais pas assez à votre goût, c’est ça le problème.
      Et qu’est-ce que vous feriez si c’était le cas, si la fécondité, si la population fondait comme fond la banquise, si ma tante en avait etc. quel serait alors votre combat ?
      Plus sérieusement, mais qu’est-ce que yaka faire de plus ? Et quand bien même on foncerait en avant toutes dans la direction que nous indiquent certains misérables, expliquez-moi comment on pourrait éviter la Cata.
      Alors à choisir entre la Cata et la Grosse Cata, je n’hésite pas une seconde.

      1. Mais que puis-je vous répondre Michel C ?
        Bien sûr, à tout projet, à toute envie, à tout programme, à toute réflexion sur l’avenir, on peut opposer un « yaka » mi-moqueur mi-dévastateur. Que faut-il faire alors ? Se taire ? Ce n’ est pas non plus votre option puisque vous debattez ici.

      2. Que faut-il faire alors ?
        Je vous l’ai déjà dit : Sauver ou tenter de sauver l’Essentiel.
        C’est à dire ? Ce qui fait de nous des humains, ce qui nous différencie des bêtes.
        Comment ? En commençant par nous préparer à faire face à ce qui va nous tomber sur la gueule. C’est à dire ? Développer la résilience.
        Comment ? En commençant par arrêter de diviser les gens, les populations. (Français vs étrangers, jeunes vs vieux, fonctionnaires vs gens du privé, citadins vs ruraux etc. etc.) Parce que ce n’est pas dans un climat de guerre, civile, que nous serons les plus forts. En développant un esprit commun de solidarité, ce qui implique d’en finir des corporatismes, et plus largement de cet individualisme qui sert avant tout les intérêts d’une minorité. En formant de véritables citoyens, c’est à dire libres, responsables etc. Et capables de se débrouiller avec peu de choses, de se contenter de peu etc.

      3. Comment ? Ce ne sont pas les pistes qui manquent. Se servir déjà des expériences passées, en se disant que ce n’est pas parce que ça n’a pas marché que ça ne pourra jamais marcher. Et surtout des expériences actuelles. En commençant par arrêter d’emmerder (et de matraquer) ceux qui expérimentent (à NDL ou ailleurs) et qui nous montrent (et démontrent) qu’autre chose est possible.
        Alors oui… ce sont là des yakas de gauche. Et je comprends qu’ils ne suffiront pas à vous convaincre.

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