La Covid-19 fait rigoler grave Ecolomaniak

J’ai tant pleuré pendant des années, on se foutait de la gueule de l’écolo que j’étais, le nucléaire c’est bon pour la santé, le kérosène on peut le respirer, les pesticides faut préférer, etc. Ce que je disais, on s’en foutait, on me rigolait au nez : les gaz à effet de serre, ça n’existe pas, la croissance c’est bon pour l’emploi, la technique nous sauve… Aujourd’hui un minuscule virus fout en l’air ce système à la con, l’air devient respirable, tout est arrêté ou presque. Les vacances sont supprimées, fini l’école assis le cul sur une chaise et enfermé dans des salles, fini les transhumances et ses embouteillages. Les touristes sur leur HLM flottant deviennent des cobayes pour la Covid-19 et les avions sont cloués au sol ; sur le tarmac, on se contente de se disputer des masques sanitaires à coup de dollars Repartir dans les îles de rêve ne va pas être facile, les frontières se ferment. Les routes sont désertes, on n’a plus besoin de taxe carbone. Les gens, en France et même aux USA, apprennent à se passer de tout sauf du nécessaire, bouffer car on laisse encore ouvert les supermarchés. On ne peut plus acheter de plantes d’ornement, mais on fait exception pour les semences paysannes : il va falloir cultiver son jardin si on veut des légumes. On ne dépense plus rien, il n’y a rien à acheter. La pub à la télé n’a plus aucune signification même si on voit encore des restes du passé, faut bien divertir les confinés. On revient à l’essentiel, le travail paysan sans lequel aucune ville n’aurait pu se construire, aucun gourou nous gouverner, aucun privilégié se goinfrer.

La simplicité volontaire que je disais, pour une société sans école, non au tourisme de masse, soyons casseurs de pub, la voiture ça pue, ça pollue et ça rend con, l’avion ça fout les boules, faisons sauter les centrales thermiques, pensons à nos enfant et à nos arrière petits-enfants, vive la décroissance. Mon utopie est devenue réalité, merci Covid-19, c’est maintenant moi qui rigole !

NB : si vous voulez être publié, envoyez votre histoire d’Ecolomaniak à biosphere@ouvaton.org, merci. (2000 caractères maximum)

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4 réflexions sur “La Covid-19 fait rigoler grave Ecolomaniak”

  1. On peut lire sur RFI . fr que = « Coronavirus: des manifestants détruisent un centre de dépistage à Abidjan »… »Des manifestants ont détruit, dimanche 5 avril dans la soirée, un chapiteau dressé pour dépister les malades du Covid-19 dans le quartier « Toits rouge » de la vaste commune abidjanaise de Yopougon. Ces manifestants pensaient qu’il s’agissait d’un centre de prise en charge des malades et n’en voulaient pas dans leur voisinage. Les manifestations ont repris ce lundi matin.  »
    Le monde tombe dans l’irrationnel, tout le monde craint cette petite bébête invisible de corona jusqu’au point de détruire les centres médicaux… Mais nous sommes tous égaux devant l’intelligence nous dit on….
    Ah là là ! Tout le monde est considéré comme un pestiféré par tout le monde, chacun de nous est considéré comme un pestiféré… Et chacun considère autrui comme des pestiférés (au point de chasser les infirmières des immeubles, mais nous sommes tous égaux devant l’intelligence nous ressassent les socialistes) Quel bonheur ! Il suffit de faire semblant de tousser dans la rue et tout le monde s’écarte d’avantage des fameux 1,50 m, bref on peut avoir un trottoir pour soi seul, sans être bousculé par les foules… Le monde est à moi comme dirait le Petit Prince ! Chacun des pestiférés n’osent même plus faire crak-crak (de crainte de se faire manger par les bébêtes invisibles) c’est très bon pour faire baisser les taux de natalité à l’échelle de l’humanité; merci corona !
    Puis tous les avions sont au chômage, Airbus reçoit de plus en plus d’annulation de commande ! Moi je dis merci corona !
    Mot de conclusion marketting = Corona, c’est bon pour le climat !

  2. Ecolomaniak, il ne faut pas rigoler, écoute l’expérience relatée par Juliette Chommeloux, 31 ans, réanimatrice à Paris :
    « Bien sûr, il faut tenir compte du biais lié aux critères pour accéder à notre service. Nous sommes un centre de référence ECMO, c’est un sigle qui signifie « membrane d’oxygénation extracorporelle » et désigne une technique d’assistance circulatoire utilisée pour sauver des malades pour lesquels la ventilation artificielle n’est pas suffisante. En gros, on les fait respirer par un poumon artificiel. La réanimation, c’est quand même l’ultime étape. Nos patients sont intubés, plongés dans le coma, entièrement dépendants d’une machine.
    Il faut bien sûr des patients capables de tenir le choc. Donc pas trop âgés, pas affectés par une maladie chronique, alertes, et capables, une fois passée la déflagration causée par la maladie, de remonter la pente. On fait un pari sur l’avenir, sans pouvoir se permettre d’entreprendre un traitement aussi lourd sur des personnes à l’espérance de vie minime. Qui choisir ? Qui élire pour ce traitement de la dernière chance ? Nos lits deviennent rares… »

    1. Professeur Foldingue

      C’est sûr, même pour moi l’histoire de Juliette Chommeloux n’a rien de rigolo.
      Maintenant on peut, peut-être aussi, essayer de comprendre Ecolomaniak.
      En quoi cette tragédie peut-elle bien le faire rire ?
      A la fin il dit : « Mon utopie est devenue réalité, merci Covid-19, c’est maintenant moi qui rigole !»
      Seulement je ne crois pas que son utopie se résume aux écoles fermées, à la fin des transhumances et des embouteillages, aux routes désertes, aux avions cloués au sol, etc.
      Non, je crois que comme moi, Ecolomaniak rêve d’un autre monde que celui-ci, ici et maintenant. Bref, il n’y a donc pas là de quoi rire ou «rigoler grave».
      Ou alors c’est grave. Dans ce cas il s’agirait de ce rire prodromique, un rire pathologique qui se produit après des lésions de certaines zones du cerveau.
      Non, je pense plutôt que le rire d’Ecolomaniak ne fait que traduire une accumulation de tensions qui se détendent, pour éviter la panique. On appelle alors ça le rire nerveux.

  3. Je ne sais pas si cet Ecolomaniak est le même que celui avec lequel j’échange de temps en temps, en tous cas je suis d’accord avec celui-ci.
    Cependant, juste manière de chipoter, en attendant, je mettrais quelques bémols sur le «rigoler grave».
    Moi aussi je rigole, puisque de toute manière j’aime bien rigoler. Rigoler de tout et de n’importe quoi, ou presque. Avec tout le monde, ça c’est autre chose. En attendant, là encore il y a rigoler ET rigoler (ou rire).
    Entre le rire nerveux, le rire grinçant, le rire étouffé, le rire gras, le rire déplacé, le rire jaune, le fou rire prodromique et Jean Passe… lequel choisir ? Quel est celui qui pourrait être le mieux approprié à notre situation ? 🙂

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