La décroissance devient à la mode, trop tard !

Marie Charrel (journaliste au MONDE) : « La transition écologique sera brutale parce que nous avons trop tardé à agir, parce que nous sous-estimons encore l’ampleur des changements individuels et collectifs à venir. Les réflexions sur le sujet sont trop souvent polluées par la confrontation entre deux grands camps : celui des optimistes de la croissance verte, certains que les avancées technologiques conjuguées à des investissements massifs permettront de limiter le réchauffement tout en préservant notre niveau de vie, et celui des décroissants, convaincus que la seule voie possible est de rompre avec le modèle capitaliste basé sur l’exploitation des ressources… Jean Pisani-Ferry souligne que rien ne garantit que la transition sera bonne pour la croissance. Les dirigeants devaient rompre avec l’angélisme parfois béni-oui-oui de la croissance verte. Cesser de procrastiner pour se préparer à une mutation brutale. »

Delphine Batho (candidate à la présidentielle 2022) : « La seule réponse réelle pour ne pas aller dans le mur, c’est la décroissance… Il faut faire de la décroissance le mot d’ordre de l’écologie, et l’assumer… La décroissance, c’est le seul mot d’ordre d’affrontement avec les règles du jeu de la société actuelle…. Aujourd’hui le choix est entre la décroissance subie, que vont nous imposer les événements, ou une décroissance organisée, choisie. Ce qui est irréaliste, c’est de croire qu’on peut continuer sur la trajectoire sur laquelle on est. » (Journal La Décroissance, septembre 2021 page 9)

Nous n’avons pas attendu l’année 2021 pour oser dire sur ce blog biosphere que la décroissance est notre destin. Voici nos références :

29 octobre 2008, décroissance positive

9 décembre 2008, décroissance et catastrophe

20 janvier 2009, décroissance et écologie politique

16 mai 2009, enfin la décroissance !

16 novembre 2009, Décroissance comme Destin

7 juillet 2010, croissance négative ou décroissance choisie ?

30 juillet 2010, une décroissance autoritaire et chaotique

18 août 2010, la décroissance selon Yves Cochet

28 août 2010, la décroissance est porteuse d’espoir

17 novembre 2010, LeMonde pour la décroissance !?

24 janvier 2011, bien parti pour la décroissance

13 octobre 2011, pour une décroissance de la recherche scientifique

3 décembre 2011, Durban, le climat est mal parti, vive la décroissance

17 janvier 2012, Croissance économique, décroissance ou état stable ?

27 mars 2012, Jean-Luc Mélenchon entre productivisme et décroissance

15 juillet 2012, la décroissance est-elle malthusienne ?

22 juillet 2012, La décroissance au programme de terminale SES

4 novembre 2012, pour une religion de la décroissance, un curé nous parle

16 février 2013, Une décroissance voulue n’est pas une récession subie

7 juillet 2013, Décroissance voulue, le bonheur devient une réalité

20 juillet 2013, La décroissance pour s’affranchir de l’impérialisme éco

14 octobre 2013, pour une société de décroissance, des témoignages

4 novembre 2013, Question qui tue : la décroissance est-elle antisociale ?

10 décembre 2013, La décroissance est en marche, même LE MONDE l’écrit

24 janvier 2014, La décroissance est-elle malthusienne ? Vaste débat !

14 février 2014, L’autoproduction, une voie vers la décroissance ?

3 novembre 2014, La Décroissance, c’est simplement le sens des limites

25 décembre 2014, Vivre la simplicité volontaire dans la décroissance

22 juillet 2015, Une seule solution au choc climatique, la décroissance !

28 décembre 2015, L’issue fatale du développement, c’est la décroissance

12 janvier 2016, Introduction à la société de décroissance

22 février 2016, stagnation séculaire, croissance zéro ou décroissance ?

10 avril 2016, Un vrai programme pour la décroissance… en 2007

24 juillet 2016, le programme de décroissance de Georgescu-Roegen

28 novembre 2016, Leopold Kohr (1909-1994), précurseur de la décroissance

1er décembre 2016, les précurseurs de la décroissance… sans Malthus !

1e janvier 2017, Simone Weil (1909-1943), précurseur de la décroissance

1er septembre 2017, BIOSPHERE-INFO, Gouverner la décroissance ?

21 septembre 2017, Déconsommation rime avec Décroissance et Écologie

22 septembre 2018, Quelle transition pour le mouvement de la décroissance ?

26 décembre 2018, Presque personne ne veut consentir à la décroissance

8 mai 2019, Folie des grandeurs à l’âge de la décroissance

26 août 2019, Vincent Cheynet, Le choc de la décroissance

13 mars 2020, Le virus Covid-19, vecteur de décroissance

4 avril 2020, post-covid, décroissance et relocalisation !

20 juillet 2020, Croissance verte ou décroissance écologique ?

13 août 2020, EELV face au concept de « décroissance »

28 novembre 2020, Décroissance maîtrisée ou récession sévère

26 décembre 2020 : Décroissance économique ET démographique

9 août 2021, Le GIEC nous recommande la décroissance

20 août 2021, Le scénario SSP 1, la décroissance en marche ?

Repères bibliographiques sur notre site biosphere de documentation des écologistes :

2015 Décroissance, vocabulaire pour une nouvelle ère (collectif)

2013 Politiques de la décroissance (pour penser et faire la transition) de Michel Lepesant

2013 Les précurseurs de la décroissance, Epicure, Charles Fourier (nouvelle collection au passager clandestin)

2013 Penser la décroissance (politiques de l’Anthropocène) par collectif

2011 La décroissance heureuse (la qualité de la vie ne dépend pas du PIB) de Maurizio Pallante

2011 Décroissance versus développement durable (ouvrage collectif)

2010 ENTROPIA n° 9, contre pouvoirs et décroissance

2010 L’avenir est notre poubelle (l’alternative de la décroissance) de Jean-Luc Coudray

2010 ENTROPIA n° 8, Territoires de la décroissance

2010 La décroissance (10 questions pour comprendre et en débattre) de Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider

2009 La décroissance économique (pour la soutenabilité écologique et l’équité sociale) par collectif

2008 La décroissance, Rejets ou projets ? (croissance et développement durable en questions) de Frédéric Durand

2008 Le choc de la décroissance de Vincent Cheynet

2007 Demain, la décroissance ! (penser l’écologie jusqu’au bout) d’Alain De Benoist

2007 petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche

2006 Le pari de la décroissance de Serge LATOUCHE

2003 objectif décroissance (vers une société harmonieuse) par collectif

2003 carnets de campagne de Clément Wittmann, candidat de la décroissance à la présidentielle 2002

1979 La décroissance (entropie, écologie, économie) de Nicholas GEORGESCU-ROEGEN

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10 réflexions sur “La décroissance devient à la mode, trop tard !”

    1. DécroissantsDeLamourEtDuTofu

      Le bruit des bottes…
      des paysans bio et des éco-constructeurs est préférable au silence des pantoufles & aux ricanements aigres de boomers obtus…
      Face au laxisme capitaliste suicidaire, vive la dictature de l’intelligence scientifique écologiste & égalitariste !

      1. Je ne sais pas si Pierre-Marie est un boomer pantouflard obtus, et quand bien même. Comme je l’ai expliqué ce matin, moi aussi j’entends le bruit des bottes. Pourquoi faudrait-il ne pas le dire ?
        Peu m’importe que la dictature soit celle des Khmers rouges ou verts, dictature libérale, du Peuple ou du Prolétariat, de «l’intelligence scientifique écologiste & égalitariste» ou de quoi que ce soit, pour moi la dictature reste la dictature !

  1. Le problème du réchauffement est un dilemme du prisonnier. Faute de l’existence d’un gouvernement mondial, chaque bloc ou état riche va agir dans le sens d’un optimum individuel, avec pour résultat net un très mauvais bilan à l’échelle planétaire. Seule compte la préoccupation de durer en position dominante, même si c’est dans un environnement de moins en moins accueillant. Tout y pousse et nous n’avons plus le temps.
    La seule voie vers le succès serait celle d’une décroissance volontaire anticipée, dès maintenant. Or, de crainte que le voisin ne joue pas le même jeu, et effrayé par l’ampleur des sacrifices nécessaires, nul n’est prêt à l’emprunter. La décroissance viendra donc plus tard, forcée par les événements.

  2. Si on ne se focalise pas trop sur ces «débats» entre malthusiens (antinatalistes, dénatalistes) et ceux qui ne s’en revendiquent pas, il faut reconnaître que le sujet de la décroissance est au cœur des réflexions de Biosphère. C’est d’ailleurs pour ça que je suis toujours là.
    Le 23 juillet 2020 (Croissance verte ou décroissance écologique ?) Bernard 63 écrivait :
    – « Que cette décroissance soit évoquée signifie que l’on commence, chez les croissants, à se demander si l’idée de décroissance ne fait pas son chemin. »
    En effet, on peut dire que cette idée fait son chemin. Et on peut alors comprendre la situation dans laquelle se trouvent actuellement les croissancistes («croissants», apôtres de la sacro-sainte Croissance, productivistes, capitalistes et autres maîtres du monde).
    Et là on pense à cette citation… «D’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent et enfin, vous gagnez.»

    1. Aujourd’hui les idées des décroissants ne peuvent plus être ignorées. Le mythe de la croissance infinie, dans un monde fini, c’est fini. On a vu et on voit encore de quelle façon les décroissants sont moqués (lampe à huile, Amish, etc.) Jusqu’à présent les «croissancistes» se limitaient à combattre les décroissants comme dans les arts martiaux, en retournant la force de l’adversaire contre lui. C’est là qu’ils ont inventé la Croissance Verte, le Développement Durable, l’Économie Circulaire, le Green-Business et autres enfumages. Maintenant que tout ça ne marche plus ils se doivent de passer à la vitesse supérieure et devenir plus agressifs. Pour eux il s’agit d’en finir de cette utopie bien trop dangereuse pour leur sacro-saint Ordre Établi. Et là je crains qu’à la fin ce soient eux qui gagnent.

      1. Maintenant que l’idée de la décroissance est bien installée dans les esprits, ils peuvent accélérer. Bien sûr leur décroissance n’aura rien à voir avec celle des utopistes prônant la joie de vivre dans la simplicité volontaire. La leur sera évidemment subie par les peuples, et pas du tout joyeuse. Et c’est eux qui l’imposeront. Peu leur importe que le PIB régresse, que les injustices et la misère progressent, pourvu qu’eux puissent tirer leurs marrons du feu. D’un certain point de vue, les décroissants auront participé à mettre en place la dictature des Khmers Verts. Misère misère.

  3. A condition qu’elle porte sur le point principal, sinon elle ne servira à rien d’autres qu’à être plus nombreux et tous plus pauvres à détruire tout autant la planète.
    Rappelons que le problème écologique principal est l’écroulement de la biodiversité, et que celui-ci est principalement fonction du nombre des hommes. Madame Batho devrait en prendre conscience.

    1. Esprit critique

      Ne serait-ce que parce que tout est lié, il n’est pas évident de dire quel est le «problème écologique principal». Pour vous c’est l’effondrement de la biodiversité, causé par la (sur)population, pour d’autres c’est la pollution, dans le discours dominant c’est le réchauffement climatique, causé par le CO2. Personnellement je dirais que le problème écologique principal c’est Le Système. Pour moi Le Système est La Cause Première du Problème. Avec ça nous voilà bien avancés. Quoi qu’il en soit l’effondrement de la biodiversité est un problème grave. Je pense que Delphine Batho sait tout ça. Comme le savent ou le savaient bon nombre de ceux et celles qui ont essayé de changer les choses, que ce soit en éveillant les consciences, en militant ou en participant à tel ou tel gouvernement. Le Problème, c’est que Le Système est dans nos têtes.

      1. On peut toujours rendre le système responsable de tout. On peut ainsi considérer que le système capitaliste a permis l’explosion des sciences et de l’économie et ainsi développer l’hygiène et la médecine, fait s’écrouler la mortalité infantile et ainsi mettre en route l’explosion démographique qui a permis à l’homme de s’implanter dans tous les endroits habitables et d’en chasser les autres habitants. Ainsi, oui le  » système » est à l’origine de tous les maux. Toutefois cela pose un problème, une fois que nous sommes 8 milliards, existe-t-il un « système » qui puisse préserver la nature ? Pour moi la réponse est non. L’Europe est un continent qui en l’absence de l’homme en grand nombre, hébergerait toute une grande faune (prédateurs compris). Est ce envisageable ? Non, c’est impossible à cause de notre nombre.

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