La génération des femmes nées dans les années 1960 se marie mais elle a moins d’enfants que les générations précédentes ; lui succède une génération dont le taux de mariage est beaucoup plus faible et la fécondité décroissante ; et la génération née dans les années 1980 est caractérisée par un plus grand nombre de femmes sans enfants, et ce même quand elles sont mariées. C’est la sociologie de la Corée du Sud, championne du monde de la dénatalité. Les aides gouvernementales pour élever les enfants ou les dispositifs de congés parentaux ont eu des effets très limités sur la fécondité coréenne. Bref, le « réarmement démographique » ne se décrète pas, pour peu que cette expression ait un sens.
Sébastien Lechevalier : En 2021 dans la Corée du Sud, le taux de fécondité totale (le nombre total d’enfants par femme en âge de procréer) y était de 0,81, contre 1,16 en Chine, 1,19 en Espagne, 1,25 en Italie, 1,3 au Japon, 1,58 en Allemagne. Cette situation est durable : le taux de fécondité y est inférieur à 1,3 depuis deux décennies. La situation extrême en Corée s’explique en partie par les coûts d’éducation et de logement, extrêmement élevés, mais aussi par la dégradation des conditions de stabilité d’emploi et de salaires pour une partie de la jeunesse, qui n’a plus les moyens de fonder une famille. Ce sont les femmes les moins éduquées et les femmes les plus éduquées qui ont le taux de fécondité le plus faible…
Le point de vue des écologistes malthusiens
raymoundo : Posez vous des questions ? Quelles sont les perspectives pour les futures générations ? Guerres, réchauffement climatique, qui veut mettre quelqu’un au monde pour lui offrir ça ?
Igor Antonovitch : Pourtant le modèle socio-économique est encensé, nous devrions ressembler aux Coréens. Super-croissance, super-éducation, plein de fric ! Mais la réalité est moins rose : trop de stress dès la naissance (les résultats aux tests PISA passe avant le bonheur des enfants), pas de perspective pour acheter un logement et vivre correctement pour les non riches. La compétition effrénée d’avoir plus pour être moins n’attire plus les foules. Pas étonnant qu’ils ne veulent plus d’enfants. Notre Président Macron veut relancer la natalité en devenant comme la Corée. L’absurdité du « en même temps » n’a pas de limites.
Doudup : Ces pays d’Asie sont en avance sur nous autres, européens. Et ce n’est pas forcément une mauvaise chose que de voir le nombre de naissance diminuer (Moins de dépenses scolaires, moins de postes à créer, le chômage qui baisse, moins de logements à construire, l’étalement urbain qui ralentit…). Reste à inventer un nouveau modèle social. Mais certaines retraites peuvent se voir diminuer très facilement, on se passera des croisières et voyages en avion !
La peur de manquer de bras… en France
La crise démographique s’aggrave
Michel Janva le le 2 août 2024 : « Le jeudi 1er août, l’Insee a publié les chiffres relatifs au nombre d’enfants en France. Il y a eu seulement 326 131 naissances entre janvier et juin 2024. Le débat sur la réforme des retraites, à 60, 62, 64, 66 ans… n’a pas de sens, tant qu’on ne se préoccupe pas de la démographie française et donc du soutien à la famille… »
La surpopulation, c’est fini !
Yves Montenay le 2 août 2024 : « J’entends partout : « n’ayez surtout pas enfants ». En effet, « il y a trop d’hommes sur Terre, c’est mauvais pour la planète », ou, de la part des féministes, « les femmes prennent le gros de la charge des enfants, cela nuit à leur physique, à leur carrière, et creuse les injustices par rapport aux hommes ». Ou encore « avec les robots et maintenant l’intelligence artificielle, on va vers un chômage de masse. Pourquoi avoir des enfants qui n’auront pas de travail ? »
Il faut pourtant une politique nataliste si on ne veut pas disparaître demain ! Arrivent les problèmes de retraite alors que le nombre de cotisants diminue. Arrivent aussi les problèmes d’immigration… demandons à ceux qui sont effrayés par la surpopulation ce qu’ils feraient s’ils avaient un pouvoir absolu : interdire les enfants ? Exécuter une personne sur dix prise au hasard ? Euthanasier les vieux ?
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
éloge de la dénatalité (2008)
extraits : « Faire des enfants tue, tue la Planète. Posséder une famille nombreuse est un délit environnemental, une grave atteinte à la Planète et à notre avenir commun ». Les Tarrier citent même le fondateur de l’écologie profonde, Arne Naess : « L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution. »…
(Michel Tarrier, « Faire des enfants tue (éloge de la dénatalité) »)
Dénatalité en Corée du Sud, un Bien et non un Mal (décembre 2012)
extraits : L’expansion coréenne est aussi impressionnante que déséquilibrée… Taux de faillites élevé des PME… La grogne des petits entrepreneurs se conjugue à des inégalités en hausse et à une précarité croissante… Près d’un quart des jeunes diplômés peinent à trouver un emploi et le travail temporaire est le lot de 40 % des salariés… L’expansion a fait voler en éclats les solidarités traditionnelles sans mettre en place de filet social : quatre Coréens sur dix âgés de plus de 65 ans n’ont pas de retraite… La corruption endémique des milieux politiques, liée à l’affairisme ambiant et à une compétition exacerbée, dès l’école primaire, dans une société qui ne ménage guère de seconde chance pour ceux qui ont échoué une fois, contribue à démoraliser grand nombre de Coréens (LE MONDE du 16-17 décembre 2011)…
respect du vivant, hommage radical à la dénatalité (2013)
extraits : Gérard CHAROLLOIS, 16 juin 2013 : Plus les hommes seront nombreux, plus il faudra urbaniser, artificialiser, plus croîtront les besoins en énergie et moins les autres formes de vies conserveront une place sur la terre. Quant aux hommes, la qualité de la vie s’altérera, lorsque l’Europe ne sera plus qu’une vaste mégapole sillonnée d’axes de transports, transformant ce que la mode appelle « l’environnement » en un permanent enfer urbain. La biodiversité aura disparu et ce d’autant que trop d’humains se révèlent intolérants à toute autre forme de vie…
Jean-Christophe Vignal, penser la dénatalité (2014)
extraits : Il nous faut s’affranchir des visions trop optimistes qui veulent continuer à nous faire croire que nos enfants vivront mieux que leurs parents, avec toujours plus de mobilité et de services à leurs dispositions au sein d’une société mondialisée plus efficiente ; déconstruire le discours trop angélique des thuriféraires de la bio-économie et de la croissance verte basée sur des paris technologiques incapables d’apporter des solutions à l’échelle des problèmes ; regarder et évaluer sérieusement les impasses vers lesquelles nous nous dirigeons. Refuser de croire à la toute-puissance de nos capacités à rebondir, notamment en recherche&développement…

En 1960, en Corée du Sud, le taux de fécondité par femme était de 6.
En 1977 il était de 3 … en 1986 il était de 2,06 … et ON connait la suite,
En 1977, l’empreinte carbone par habitant en Corée du Sud était d’environ 3 tonnes CO2.
En 2023 il est d’environ 12 tonnes.
En France environ 8,5 tonnes, aux USA entre 15 et 20 etc. etc.
Alors SVP, oublions les Coréens et les Coréennes, du Sud. Et puis arrêtons avec ça.