la fête est finie

La France envisage une prime à la casse pour les véhicules particuliers qui coûtera 200 millions d’euros à l’Etat, de son côté l’Union européenne préconise une relance économique de 200 milliards d’euros. Les politiques, obsédés par le tsunami financier mais aveugle devant les krachs écologiques, veulent soutenir sans faillir une  croissance qui est en train de bousiller la planète. Cette course absurde aux milliards, dénoncée par une Angela Merkel contredite aussitôt par son ministre des finances (LeMonde du 3 décembre), symbolise les soubresauts d’une société thermo-industrielle au bout du rouleau : le pétrole se raréfie et le climat s’emballe. Il est vrai que la récession fragilise des politiques qui dépendent du verdict des urnes pour avoir le pouvoir. Alors ils promettent n’importe quoi !

Les politiques tendent à faire confiance aux économistes, car le discours utopiste et cornucopien de ces derniers  est le plus agréable à entendre ; après tout, aucun politique ne veut être le porteur de la terrible nouvelle selon laquelle notre mode de vie gourmand en énergie est sur le déclin. Depuis environ 150 ans, les sociétés industrielles ont prospéré, utilisant les ressources énergétiques fossiles pour bâtir d’immenses empires commerciaux, pour inventer de fantastiques technologies, pour financer un mode de vie opulent. Pourtant, bientôt, la fête ne sera plus qu’un souvenir lointain ; non pas parce que quelqu’un aura décidé de tenir compte de la voix de la modération, mais parce que tout le vin et la nourriture seront consommés et la rude lumière du matin revenue (cf. Richard Heinberg, Pétrole : la fête est finie !).

Un politique digne de ce nom, celui qui prépare un avenir acceptable pour les générations futures, profiterait de la crise actuelle pour commencer à bâtir une société sans automobiles individuelles et  sans endettement de l’Etat. Nous avons vécu à crédit, la fête est finie. 

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