Une hausse des crédits pour les armées est approuvée le 10 décembre 2025 par l’Assemblée lors d’un vote symbolique
Dans le projet de loi de finances (PLF) 2026, la défense est le seul budget en hausse significative (+ 6,7 milliards d’euros), passant de 50,5 milliards d’euros de dépenses hors pensions en 2025 à 57,2 milliards l’an prochain. Seulement 88 députés ont refusé le principe de l’augmentation du budget de la défense. Quelques détails ci-dessous.
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/4698
Pour l’adoption : 411
Contre : 88
Abstention : 22
- Pour : 3
- Contre : 4
- Abstention : 22
La France insoumise – Nouveau Front Populaire
- Contre : 71
Gauche Démocrate et Républicaine
- Contre : 12
L’analyse du scrutin
Dans un contexte de déficit abyssal de la France tant au niveau, il est paradoxal de vouloir dépenser toujours plus pour la dépense avec laquelle on pourrait faire le plus d’économies, la défense nationale. Les socialistes ont pourtant été quasi-unanimes (68 pour, 1 contre) pour joindre leurs votes à la droite et à l’extrême droite. Du côté des écologistes, l’abstention est massive (22 voix). Voici ceux qui ont pris partie :
3 sont pour augmenter les dépenses militaires : Mme Delphine Batho ; M. Jérémie Iordanoff ; M. Benjamin Lucas-Lundy
4 Contre : Mme Clémentine Autain ; M. Hendrik Davi ; Mme Sandrine Rousseau ; Mme Danielle Simonnet
Les considérations du gouvernement
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est exprimé le 10 décembre juste avant le vote: « Le gouvernement vous demande de débattre et de voter pour approuver ou non le principe, je dis bien le principe, d’une augmentation du budget de la défense pour soutenir une montée en puissance plus rapide de nos forces armées dès 2026. Le budget de la défense est un sujet qui peut nous rassembler. Nous devons donner aux armées de la France les moyens d’assumer son rôle de grande puissance, de garantir notre sécurité et de défendre nos intérêts partout sur la planète. La dégradation de l’environnement sécuritaire s’est accélérée avec le retour des guerres de haute intensité et l’incertitude que connaît la relation transatlantique. Les crédits prévus pour 2026 pour les armées : un demi-milliard d’euros de commandes de munitions supplémentaires, le lancement d’une filière industrielle de production de drones pour 150 millions d’euros , l’achat de radars et de brouilleurs contre les missiles longue portée mais aussi contre les drones. »
Notre commentaire
Les gouvernements n’hésitent pas à faire peur pour nourrir leur complexe militaro-industriel. Le discours de Lecornu, ancien ministre des armées, cela ressemble à la menace d’armes de destruction massive qui auraient été détenues par Saddam Hussein, ce qui a justifié l’intervention des Etats-Unis en Irak : un mensonge qui a mis la région à feu et à sang et a accéléré le mouvement terroriste international.
Sébastien Lecornu veut nous faire croire à des guerres de haute intensité alors que nos pays développé rassemblés en diverses Unions ne risquent absolument rien contrairement à des pays comme le Soudan. Avec le terrorisme, nous avons affaire à des ennemis insaisissables qui ne nécessitent pas la multiplication des bataillons. Quand Hollande a voulu intervenir avec l’armée au Mali, nous avons vu le résultat, négatif. L’armée ne garantit pas notre sécurité face à des menaces non conventionnelles.
Quant à décréter que la puissance d’un pays se mesure à la force des armées, cela devient ridicule à l’heure de la mondialisation des échange commerciaux et du nivellement des comportements culturels par la communication numérique. Il faut reconnaître que c’est l’ONU qui représente une force de paix, pas la multiplication des blocs armés.
Le plus significatif dans l’exposé du premier ministre, c’est que pour combattre la menace des drones, il faut construire des drones. Ne pas s’apercevoir que c’est là un cercle vicieux fait affront à intelligence humaine. Il est vrai que Lecornu fait du Trump : « L’Amérique a besoin d’une mobilisation nationale pour innover en matière de défenses puissantes à faible coût comme les drones. » Ce discours de montée constante en puissance contre des ennemis potentiels qui s’arment avec de armes toujours plus puissantes, c’est le même raisonnement que pour la dissuasion nucléaire : on construit une bombe, les autres en fabriquent plusieurs, et donc nous en voulons une encore plus grosse, ce qui incite à l’escalade jusqu’à avoir assez de bombes pour pouvoir produire plusieurs hivers nucléaires.
En d’autres termes, que des écologistes s’abstiennent quand on leur demande leur avis sur l’accroissement des dépenses militaires, c’est faire injure à la charte internationale des Verts : « Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale. »
Terminons par une observation sur une figure politique qui a fait de la décroissance économique son slogan de campagne et qui a voté le 10 décembre pour la croissance des dépenses militaires : Delphine Batho. Carton rouge !

– « il est trop tard pour l’Ukraine de laisser les chars russe atteindre Kiev sans résister et d’éviter ainsi tous leurs morts et destructions [etc.] »
( Michel Sourrouille – Biosphere 11 déc 2025 à 22:16 )
Qui peut dire, sérieusement, ce que serait aujourd’hui l’Ukraine, l’Europe, le monde… si… les chars russes avaient atteint Kiev sans rencontrer la moindre résistance ?
Poutine n’est pas éternel, certes… mais qui peut dire comment sera celui qui lui succédera ?
Aujourd’hui le mal est fait… ON peut le dire comme ça… mais QUI a fait le mal ?
Pour commencer arrêtons de refaire l’Histoire avec des si, c’est ridicule !
Et maintenant voilà donc qu’il faut fournir PLUS d’armements aux Ukrainiens…
Comme quoi ON a tous(tes) nos contradictions. Même les pacifistes les plus radicaux.
Le pacifiste Sourrouille, seul contre tous
On peut facilement démontrer que nos politiciens nous trompent en matière militaire. La
Sébastien Lecornu : « Les Français sont déjà trop portés à croire qu’ils peuvent dormir tranquilles. Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve qu’ils paient ensuite par des ruines et des massacres »
Michel Sourrouille : Lecornu, un réarmement militaire signe le fait de prévoir dans l’avenir encore plus de ruines et de massacres.
Marine Le Pen : Les fonds européens consacrés à la défense de ces dernières années ont été abondés en amputant nos armées des milliards dont nos armées avaient impérieux besoin.
Michel Sourrouille : Marine, des moyens pour une défense européenne s’ajoute à nos propres efforts, elle n’enlève rien. En fait tu veux une Europe plus faible pour rendre la Russie de Poutine plus forte.
Bastien Lachaud, député LFI : Nous n’avons pas à craindre une guerre conventionnelle avec la Russie, nous sommes une puissance dotée de l’arme nucléaire. La Russie ne nous attaquera pas sans craindre l’abîme, le chaos et la destruction »
Michel Sourrouille : Bastien, contre des détraqués la dissuasion nucléaire n’est qu’une illusion. Poutine a déjà menacé d’envoyer des missiles nucléaires sur la France depuis son invasion de l’Ukraine. Rien n’est exclu, il y a déjà eu Hiroshima et Nagasaki.
Damien Girard, écologiste : « Pendant la guerre de 1914, c’est notamment par un impôt nouveau, l’impôt sur le revenu, que l’effort de guerre a été financé. Donnons l’occasion à nos grandes fortunes de démontrer leur patriotisme en contribuant à la solidarité nationale. »
Michel Sourrouille : On veut justifier l’abstention des écologistes lors du vote en accusant le bouc émissaire de la gauche, les grandes fortunes. Mais, Damien, il ne s’agissait pas d’imposer davantage les riches, mais de savoir si on veut plus ou moins de dépenses militaires. S’abstenir, c’est laisser faire l’envolée du réarmement voulu par Macron.
Eric Coquerel, LFI : « Les besoins de la France sont d’abord écologiques avant d’être militaires. Cette course aux armements va saigner nos services publics. Le peuple ukrainien n’aura pas la paix et nous n’aurons que la guerre sociale. »
Michel Sourrouille : enfin une parole sensée !
Jean-Louis Thiériot, Les Républicains : « la volonté de préserver une Ukraine indépendante et puissante est la première de nos lignes de défense ».
Michel Sourrouille : il est trop tard pour l’Ukraine de laisser les chars russe atteindre Kiev sans résister et d’éviter ainsi tous leurs morts et destructions. Un dictateur comme Poutine n’est pas éternel, il faut savoir attendre le nouveau Gorbatchev. Aujourd’hui le mal est fait, une guerre sans fin prévisible. Le seul moyen de raccourcir les souffrances, c’est de fournir plus d’armements aux Ukrainiens et de promouvoir à leurs côtés des brigades internationales.
– Selon le proche de Poutine Karaganov, la Russie est en guerre contre l’Europe
( legrandcontinent.eu/fr/2025/12/09/ )
Si… en Europe, certains pensent que la guerre entre la Russie et l’Europe n’a pas encore commencé (sic)… d’autres pensent qu’elle n’aura jamais lieu, que tout ça c’est juste pour nous faire peur, pour enrichir encore plus les marchands de canons, etc. etc. Puissent-ils avoir raison.
En attendant… si effectivement PLUS de canons, de bombes (toujours plus grosses), PLUS de drones (toujours plus “intelligents“) et PLUS de trouffions (toujours plus cons) ne nous assureront jamais de gagner la Guerre, ni même de l’empêcher… la France ferait mieux de mettre PLUS de Pognon dans… l’Éducation (entraînement à l’esprit critique etc.). Parce que cette guerre est avant tout une guerre de la… Désinformation.
Puisqu’ils sont là (lien en rouge, merci Biosphère), jetons au moins jeter un œil à ces résultats :
– Analyse du scrutin n°4698 (assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/4698)
Et ensuite distribuons les cartons.
Un rouge donc à Delphine Batho. ON mettra ça sur le coup d’une petite fatigue passagère…
Et un vert à Sandrine Rousseau. Mais vu que la Sandrine collectionne déjà pas mal de cartons rouges, pour moi ça ne change pas grand chose. Bref, déjà que le le vert me fatigue, le vert kaki me dégoûte. À droite et à son extrême, c’est pareil. Rien de nouveau sous le soleil, TOUSTES dans le rouge !
Les Insoumis, Cocos compris, se sont TOUS soumis à la Consigne. Méluche a dit de voter CONTRE…
Résultat… pas un seul carton rouge ! Les Socialos restent égaux à eux-mêmes, sauf 1.
Résultat final : 411 + 22 = 433 cartons rouges. Et 88 verts. Les rouges l’emportent haut les mains !
Lors du débat public sur la défense, l’appréciation des menaces et des adversaires censés justifier cet effort n’a pas fait consensus, en particulier la menace russe. Un député communiste : « Cette course aux armements va saigner nos services publics. Le peuple ukrainien n’aura pas la paix et nous aurons la guerre sociale ». Mais l’aide à l’Ukraine est apparue, au final, largement reléguée au second plan de ce débat. Seul le Parti socialiste s’est alarmé de l’absence de ligne budgétaire précise consacrée à ce soutien dans la copie du gouvernement pour 2026. Dans un contexte général de restrictions budgétaires, même les hébergements et les aides aux déplacés d’Ukraine s’éteignent peu à peu.
À envoyer aux députés du groupe Écologiste et Social
Bonjour
Je te rappelle les objectifs de la Charte des Verts mondiaux que tu as certainement lu pour être élu écolo : « Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale. »
Le vote du 10 décembre pour promouvoir la croissance des dépenses militaires va donc à l’encontre de nos convictions profondes : « Si tu veux la paix, prépare la paix ». C’est pourquoi il ne fallait pas s’abstenir lors du vote, encore moins voter POUR comme Delphine Batho, Jérémie Iordanoff et Benjamin Lucas-Lundy.
Pacem in Terris est une encyclique du pape Jean XXIII signée le 11 avril 1963. Pacem in Terris est la première encyclique que le pape n’adressait pas aux seuls catholiques mais plutôt « à tous les hommes de bonne volonté ». La première section de l’encyclique établit les relations entre les êtres humains, soulignant les problèmes des droits de l’Homme et des devoirs moraux. La troisième établit le besoin d’égalité entre les nations et le besoin pour l’État d’être sujet aux mêmes droits et devoirs qui s’appliquent à l’individu. En plein contexte de guerre froide, le pape explique que les conflits « ne devraient pas être résolus par les armes, mais plutôt par la négociation ».