La gauche face aux problèmes de l’immigration

Nommée le 24 septembre 2025 porte-parole du Parti social-démocrate suédois sur l’intégration – poste resté vacant depuis 2010 –, Lawen Redar, fille d’immigrés et députée depuis 2014, a sillonné la Suède et ses banlieues pendant deux ans. Sa mission : élaborer une politique capable de répondre à l’immense défi posé par les 180 quartiers sensibles recensés dans le royaume scandinave, minés par la précarité et souvent la criminalité organisée, où vivent 700 000 personnes, dont 170 000 enfants, majoritairement d’origine étrangère. Les sociaux-démocrates ne comptent pas essuyer un nouvel échec face à l’extrême droite ; ils plaident désormais pour une politique migratoire restrictive et des conditions d’intégration strictes pour les immigrés.

Lawen Redar :  « Je suis née de parents kurdes et j’ai grandi en Suède. Si j’ai rejoint le mouvement jeune du parti à 13 ans, c’était pour combattre le développement des inégalités. L’époque était alors bien différente. Quand j’avais 1 an, en 1990, 200 000 personnes nées hors d’Europe vivaient en Suède. Aujourd’hui, c’est 1,2 million. Certains nous accusent de courir après les Démocrates de Suède [l’extrême droite, qui a obtenu 20,5 % des suffrages en 2022]. D’autres, au contraire, sont contents que les sociaux-démocrates sortent enfin la tête du sable. Pour ma part, je pense qu’il est difficile de trouver des solutions si on ne dit pas les choses clairement. Aucun autre pays européen n’a connu une telle transformation démographique en aussi peu de temps à cause de l’immigration. Les sociaux-démocrates adaptent leur politique non pas parce qu’on imite les partis d’extrême droite, mais parce que la réalité a changé. La politique migratoire devra être restrictive pour faire face aux défis posés par l’intégration. Historiquement, c’est la droite qui a voulu mener une politique d’immigration libérale, pour des raisons idéologiques, dans le but de presser les salaires à la baisse. Quant à l’extrême droite, elle ne croit pas à l’intégration. L’intégration commence par le travail ; nous ne pouvons pas, en tant que nation avec un Etat-providence, fonctionner avec un chômage et une passivité élevés. L’apprentissage de la langue ne sera plus une option, de même que le respect des valeurs démocratiques  comme l’égalité entre les sexes. Entre 40 % et 60 % des demandeurs d’asile se sont retrouvés dans des sociétés parallèles. Une fois leur situation régularisée, 80 % sont restés dans ces quartiers où plus de 50 % de la population adulte ne travaille pas, ce qui en fait un foyer de recrutement incroyable pour les forces destructrices telles que les islamistes radicaux, les gangs criminels ou les trafiquants de drogue. » 

Des commentaires appropriés

– La Suède ne veut plus être une « superpuissance humanitaire » comme l’ancien ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt avait qualifié son pays lors de la crise migratoire en 2015. Près de 163 000 réfugiés, un record en Europe, y avaient alors trouvé refuge.

– La folie suédoise de la « superpuissance humanitaire », précipité par de bons sentiments irresponsables, est désormais un cauchemar .

– L’ espace public en Suède était le plus sûr au monde pour les femmes. Aujourd’hui dans plus de 70% des cas les victimes d’ agression sexuelle ne connaissent pas leur agresseur. Retour des viols de rue.

Significative cette inclinaison chez certains immigrés récents à être restrictifs sur l’immigration. Aujourd’hui une kurde en Suède. Une indienne au Royaume-Uni et un Éthiopien au Danemark… Demain en France, on trouvera bien un(e) originaire d’une ancienne colonie française. « La réalité a changé ».

Si, comme dans les pays nordiques, la gauche française portait un discours réaliste sur l’immigration, son intégration et le droit à la sécurité dans les quartiers populaires, l’extrême-droite française plafonnera à 5% dans les élections …

– Le jour où la gauche aura le courage de regarder en face le problème de l’immigration de masse et ses conséquences diverses sur la vie quotidienne des gens, elle reviendra au pouvoir.

– LFI et les écolos sont irrécupérables. L’équipe PS actuelle ? Ils font la course à la démagogie sur des sujets obsolètes.

– L’immigration ne sera jugulée par aucun parti parce qu’elle ne dépend pas des murs ou des politiques des États mais des guerres ou des inégalités économiques.

– Le dernier entré ferme la porte derrière lui. C’est très raisonnable. Sinon n’importe qui se pointe.

– Quand c’est trop simple… c’est dur à comprendre pour certains.

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IMMIGRATION : un monde sans frontières ?

extraits : Une certaine gauche, plus ou moins écologique, prône l’ouverture sans frontières. Ainsi la motion de la commission Immigration d’ EELV (présentée au Conseil fédéral fin septembre 2018) : « L’Europe ne doit pas être une forteresse, mais au contraire tendre vers l’ouverture des frontières ; La mise en place d’un titre de séjour européenne « résident.e étranger.e » doit permettre la libre circulation et libre installation de personnes étrangères au sein de l’UE ; Sortir de la logique sécuritaire qui régit actuellement les politique migratoires ; La Méditerranée n’est pas destinée à être un cimetière pour les personnes abandonnées au naufrage ; L’aide au développement doit viser à réduire les inégalités, et non à empêcher les migrations….

7 réflexions sur “La gauche face aux problèmes de l’immigration”

  1. Tremblez braves gens !

    – « La cohésion sociale, pilier du modèle suédois, est en miettes. Les Suédois, autrefois confiants en leurs institutions, vivent dans la peur [BRRR !!!] La Tribune de Genève décrit une Suède « aux mains des gangs », une réalité qui aurait été inconcevable il y a vingt ans. [inimaginable !!]
    Les politiques français, à l’image de leurs homologues suédois d’hier, sont complices de ce suicide national. Par lâcheté et idéologie, ils refusent de nommer les problèmes […] La Suède, en tentant de corriger ses erreurs, montre qu’un sursaut est possible. Mais pour la France, le temps presse. Continuer à ignorer la réalité, c’est condamner le pays à suivre le même destin tragique. »
    ( Suède : La fin d’un modèle, le réveil d’une illusion – multipol360.com 29 mai 2025 )

    ON croirait entre là parler certains. Tremblez braves gens !

    1. Réfléchissez braves gens !

      – « Depuis quelques années, la Suède fait face à une hausse marquée de la criminalité et de l’immigration, ce qui a mené la population à associer les deux phénomènes. […] Selon Mme Seidou, « le Suédois [moyen] est naïf. Il croit tout ce que la télévision et le gouvernement lui disent […] » Aujourd’hui, la population est fatiguée de cette criminalité, ce qui explique, à son avis, l’engouement pour ce parti anti-immigration. »
      ( Suède : les dessous de la hausse de la criminalité – apostrophemag.ca fév 2023)

      Et encore s’il n’y avait que le Suédois [moyen] …
      Et encore si sa fatigue ne s’expliquait que par ça…

      1. Lisez ça braves gens !

        – La Suède est-elle vraiment devenue le pays le plus dangereux d’Europe ?
        ( lessurligneurs.eu 27 février 2025 )

        – Immigration et criminalité : Y a-t-il un lien de cause à effet?
        ( mcgill.ca 29 Mars 2023 )

        – Pourquoi le lien entre immigration et délinquance est une illusion
        ( lesocial.fr 22 mai 2023)

        – Immigration et criminalité : dissiper les mythes par les preuves
        ( k1m.be/blog/2025/04/03/ )

        – etc. etc.

      2. pensez gôcho brave gens !

        – « Depuis des décennies, la « guerre à la drogue » n’a ni freiné les trafics ni protégé les habitantEs. Elle a surtout renforcé la répression dans les quartiers populaires, le ciblage raciste des violences policières, tout en laissant prospérer les circuits financiers du crime organisé, parfaitement intégrés au capitalisme globalisé. […]
        La réponse doit être sociale, démocratique et antiraciste : le crime organisé prospère toujours sur le terreau de l’injustice et des inégalités. C’est bien la lutte pour en finir avec le système capitaliste et ses ravages qui permettra de réellement rouvrir des perspectives, changer les imaginaires, sortir de la logique du chacunE pour soi et de la concurrence violente, donner confiance dans la coopération, la mise en commun et l’égalité.»
        ( Narcotrafic : Quelle réponse de gauche à la violence du crime organisé ?
        lanticapitaliste.org 04/12/2025)

  2. (suite) Mais de quoi parle t-ON exactement… de l’immigration vraiment ?
    Ne parlerait-ON pas plutôt d’autre chose, de l’insécurité ou de quelque chose comme ça par hasard ?
    Oui bon je sais, qui dit immigration dit insécurité, délinquance et criminalité !
    De toute façon TOUS des voleurs, des violeurs, des dealeurs etc. Et puis circulez, y’a rien à voir !
    C’est c’là oui. Et moi si je dis discriminations, ségrégation, concentration, ghettos… et là qu’est-ce qu’ON dit, hein ?

  3. Le 02 décembre dernier l’affaire était entendue. La question migratoire était, tout bonnement… niée par la gauche. Rien que ça, et puis circulez y’a rien à voir !
    Et aujourd’hui voilà que c’est quelque peu différent. En Suède en tous cas.
    Mais d’abord c’est quoi cette gauche ? Ne serait-ce pas plutôt, et par hasard, un de ces breuvages genre Canada-Dry ? Une de ces pâles imitations comme ON en trouve partout, même «chez nous», une piètre contrefaçon bourrée de pesticides inhérents à ce satané Système droitard (pléonasme), une fausse gauche quoi. Mais peu importe, de toute façon gauche-droite c’est dépassé, ringard, juste bon pour une poignée de vieux gôchos du siècle dernier. 🙂
    (à suivre)

    1. C’est c’là oui !

      SAP = national-libéralisme pur jus ! Ou alors national-socialisme, pour les nostalgiques.

      – « Contrairement à ses partis jumeaux au Danemark (Dansk Folkeparti, Parti populaire danois) et en Norvège (Fremskrittspartiet – Parti du Progrès), le parti des Démocrates de Suède plonge ses racines dans des organisations ouvertement racistes et pro-nazies. Avec une influence parlementaire croissante, ce parti s’est efforcé de minimiser sa rhétorique la plus ouvertement raciste, expulsant même certains de ses représentants les plus zélés.
      Récemment, le parti a aussi essayé de mettre l’accent sur ses traits nationaux-conservateurs, s’approchant de courants similaires en Pologne et en Hongrie. »
      (Deux revers d’importance – inprecor.fr 10 septembre 2018)

      – Les « Démocrates de Suède » : un vote anti-immigration (fondapol.org août 2018)

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