La grande régression physique de l’humanité

C’est le paradis des petits hommes grassouillets. Les enfants ont perdu 25 % de leurs capacités cardio-vasculaires en l’espace de 40 ans  et leur endurance s’écroule. En cause un mode de vie hyper-sédentaires dans un environnement artificiel où les machines nous prennent en charge. La trottinette n’a plus besoin de la poussée de nos jambes, elle est électrique.

Victor Fersing : La vie de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs était rythmée par le mouvement, dans la société modernisée nous avons peuplé l’environnement de technologies confortables. Nous aimons minimiser l’effort : 95 % des usagers choisissent l’escalator plutôt que l’escalier . On ne compte plus les publicités pour les applications de livraison à domicile. Nos mains ne touchent plus la terre, nos pieds n’effleurent plus l’herbe et notre dépendance aux écrans ne mobilise que notre vue et notre ouïe.

Plongés dans ce brouillard technologique, nous avons perdus quelques repères fondamentaux, d’où l’importance de rappeler qu’on mène une vie plus épanouie en retrouvant des choses simples, comme le fait de se remettre en mouvement. Si les enfants ne peuvent plus jouer dans le monde physique, alors ils se retirent dans des mondes virtuels et les espaces clos de leurs chambres. A l’école, il y a très peu de sens qui sont mobilisés : on ne manipule rien avec les mains, on n’éprouve pas les sensations de son corps et on a tendance à recopier bêtement ce qu’on entend en cours. La scolarité se trouve dans un espace coupé du monde, assis sur une chaise, sans possibilité d’interactions. Si nous n’exerçons plus notre muscle social, il va tout simplement s’atrophier et alors nous aurons encore plus de raisons de nous immerger dans une métavers imaginé par les grandes plateformes numériques…

Lève-toi et marche ! La marche laisse à notre cerveau un espace disponible pour penser différemment, sans avoir à subir les vitesses effrénées des flux informationnels algorithmiques – si tant est qu’on marche sans écouteur et sans regarder son smartphone.

NB : Ce point de vue de Victor est issu du courrier des lecteurs du bimensuel La Décroissance de mai-juin 2026 page 21. Nous recommandons la lecture de ce journal, les différents textes proposés devraient être connus de tous et toutes.

4 réflexions sur “La grande régression physique de l’humanité”

  1. Didier BARTHES

    Ne se soumettant plus à la sélection naturelle qui nous a sculptés comme toutes les autres pour être tout à fait adaptés à notre environnement et pouvoir faire face aux épreuves, nous dépérissons.
    C’est une des plus grandes menaces pour l’humanité, mais il est encore plus politiquement incorrect de l’évoquer que d’évoquer notre surnombre. L’effondrement de nos sociétés nous laissera dans un état physique tel que nous serons incapables d’y faire face.

  2. L'économie de la flemme

    – « Sorti en 2008, Wall-E dépoussière le genre de la fable écologique. […]
    Sur Terre, Wall-E s’ennuie ferme. Il est chargé de compresser des cubes de ferraille pour débarrasser le globe des tonnes de déchets qui s’amoncellent. Toute vie humaine, végétale ou animale a été anéantie. À perte de vue, des immeubles abandonnés dans une chaleur qu’on imagine suffocante. Les humains, eux, se sont réfugiés à bord d’un vaisseau spatial nommé l’Axiom. Une différence avec la réalité, où il n’existe pas de planète B. Nul besoin de marcher : dans cette version dystopique de l’économie de la flemme, les humains, obèses, sont tous collés au fond d’un fauteuil qu’ils déplacent à leur guise, dotés d’un écran télé et d’un gobelet de soda. [etc.] »
    ( Wall-E, une fable écologique à hauteur d’enfant – humanite.fr 16 août 2023 )

    1. – « […] un énorme vaisseau spatial nommé Axiom, abrité dans une lointaine nébuleuse.
      Ce qu’il reste de l’humanité mène ici une vie assistée en permanence par la technologie. Du fait de leur complète passivité et dépendance envers les machines, les humains ont perdu l’usage de leurs jambes atrophiées, sont devenus obèses et ne se déplacent désormais que sur des fauteuils volants. Leur oisiveté les a rendu incapables de s’extraire de la technologie. Leur libre-arbitre est même devenu inexistant. Le capitaine du vaisseau, a lui aussi laissé le contrôle de ce dernier à AUTO, le pilote automatique (comme d’ailleurs ses prédécesseurs avant lui). […] De retour sur la planète, WALL-E est réparé par EVE mais malheureusement sa mémoire a été effacée après sa réactivation. EVE lui donne un baiser d’au revoir qui va lui rendre sa mémoire. [à suivre]

      1. il ne faut jamais désespérer

        [et fin] Pendant que les deux robots savourent leur nouvelle vie de couple avec leurs autres amis robots, les humains, qui ont retrouvé la marche bipède, reprennent le cours de leur histoire après les sept cents ans de stagnation passés sur l’Axiom, et recolonisent la Terre. » (Wikipédia : WALL-E)

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