La matière est notre passé ET notre avenir

Une multitude de récits tentent de répondre à la même question fondamentale : comment l’être a-t-il pu surgir du non-être ? Comment, du chaos, est né le cosmos ? Historiquement les mythes sur notre origine sont très divers et font preuve de beaucoup d’imagination.

L’astrophysicien Jean-Pierre Luminet a rassemblé des dizaines de récits cosmogoniques, exemples  :

Les explications magiques

– Que la cosmogonie mésopotamienne naisse de l’eau semble logique : « Mésopotamie » désigne étymologiquement la civilisation « entre deux fleuves » Dans l’Enuma Elish, tout procède d’une « matière primordiale liquide et chaotique » : le monde s’organise depuis ces « eaux originelles »

– Le socle de la pensée chinoise est un texte rédigé vers 600 avant notre ère : « Une puissance indéfinissable et confuse existait depuis l’éternité. Elle était avant la naissance du ciel et de la terre. Perfection indéterminée. Énergie éternelle. Mouvement sans fin. Force unique, omniprésente, impérissable. Sans nom mais connue de tous. Mère et principe créateur de l’Univers. Nul ne connaît son nom. On l’appelle le Tao. Il échappe à toute définition. »

– Sur l’île de Nauru, un dieu enfermé dans un coquillage parvient à sortir de sa coquille, se met à modeler le monde en le tissant. « Avec des filaments de rêve, Areop-Enap sépara le haut du bas. Elle étira le ciel comme un filet au-dessus de la mer naissant. Elle planta des étoiles dans le velours sombre, des îles dans l’écume, des vents dans le silence »

Les Kuba, un peuple vivant au Congo : « Un jour, le dieu Mbombo ressentit une terrible douleur à l’estomac, et il vomit le Soleil, la Lune et les étoiles. » Le monde commence à naître. Et continue, de nausée en nausée. « Mbombo vomit encore, et de son ventre sortirent les animaux, et beaucoup d’autres choses »

Genèse biblique : AU COMMENCEMENT, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.

Les explications contemporaines

– Il est intéressant de lire comment nos ancêtres ont essayé de se dépêtrer de ces questions par essence insolvable.

Cette question de l’origine du monde n’a pas de sens car elle n’existe que parce que l’être humain se la pose.

– Un animal ne se demande pas pourquoi son univers propre existe, il se contente d’y vivre ou de survivre… or nous sommes un animal parmi tous les autres animaux !

– Le scénario divin des monothéismes est débile. Il veut nous faire croire à la création ex nihilo d’une planète formée par un type qu’on n’a jamais vu et qu’on ne verra jamais. 

– Le Bible nous présente un paradis perdu réservé à une espèce animale qui se dit homo sapiens et qui n’a pourtant d’existence que depuis 300 000 ans environ.

– Au créationnisme, nous préférons l’évolutionnisme, reposant sur des preuves multiples et concordantes.

– Le mythe actuel est la théorie du big-bang où le tout est né du rien.

– Et puis, l’univers est en expansion, c’est prouvé…

– On peut même envisager l’univers comme un monde à 4 dimensions (l’espace et le temps) immergé dans un espace à 10 dimensions (au moins).

– Le cosmos a été créé par une fluctuation quantique du vide. C’est quand même pas compliqué, pourquoi inventer des contes à dormir debout et qui font peur aux petits enfants.

– et maintenant c’est l’IA qui crée notre monde…

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Du créationnisme au Big Crunch, notre destin (2021)

Du créationnisme au Big Crunch, notre destin (2021)

extraits : Le scénario Big Crunch prévoit qu’à une phase d’expansion succède une phase de contraction. Celle-ci commence quand l’Univers a environ 60 milliards d’années (il en a un peu moins de 14 aujourd’hui), à un moment où toutes les étoiles de type solaire se sont transformées en naines blanches et toutes les étoiles massives en étoiles à neutrons ou en trous noirs. Au fur et à mesure que la matière se rapproche sous l’effet de la contraction, les trous noirs grossissent de plus en plus. La température moyenne du cosmos se réchauffe. Cent millions d’années avant la fin, l’Univers est mille fois plus petit qu’aujourd’hui et les galaxies fusionnent. Un mois avant la fin, c’est au tour des trous noirs de fusionner entre eux. A la fin, il ne reste plus que des quarks, des particules fondamentales, puis tout devient quantique. Ce modèle où l’Univers commence par un Big Bang et se termine par un Big Crunch a beaucoup été discuté il y a un siècle car certains imaginaient un « Univers phénix », cyclique, qui renaissait éventuellement de ses cendres… Mais c’est le seul scénario qui évite de se poser la question du début ultime d’un monde constitué d’énergie/matière…

créationnisme débile (2008)

extraits : Un sondage, publié en janvier 2008, indiquait que 29 % des Américains pensent que la vie a été créée sous sa forme actuelle. Il n’y aurait donc pas d’évolution, nous serions seulement en présence du dessein de Dieu, créateur tout puissant de tout ce qui existe. Il n’est pas étonnant que Mike Huckabee, ce pasteur républicain et baptiste arrivé en tête dans la course à l’investiture pour la présidentielle au caucus de l’Iowa puisse affirmer sereinement qu’il ne croyait pas à la théorie de l’évolution. Pourtant, pour n’importe quel scientifique digne de ce nom, l’étude de l’évolution est un des domaines de recherche des plus actifs, des plus robustes et des plus utiles. De source sûre, on peut en déduire que l’homme n’est qu’une espèce parmi d’autres, apparue bien après l’extinction des dinosaures. Homo sapiens n’a sans doute pas beaucoup plus de 300 000 ans, la Biosphère près de 3,5 milliards d’années….

Documents annexes

Synthèse sur l’évolutionnisme

Je ne suis pas la créature de Dieu, je suis simplement une forme organique parmi d’autres ; je suis poussière venue du plus lointain des temps, je retournerais poussière pour l’éternité. Nous ne sommes que la forme particulière d’une évolution de la matière, c’est par la modestie que commence notre connaissance de nous-mêmes.

Du temps de Linné (1707-1778), tout était simple : dresser l’inventaire du vivant revenait à dresser l’inventaire des formes présentes lors de la Création. Selon la conception fixiste du monde qui prévalait alors, les espèces vivantes ne pouvaient évoluer. Le naturaliste Jean-Baptiste Lamarck est le premier, dans son ouvrage la philosophie zoologique (1809) à parler d’évolution des espèces par transmission des caractères acquis. Il pensait que les êtres vivants répondaient à un besoin, une force inhérente les poussant à s’améliorer. DARWIN a publié en 1859 « De l’origine des espèces par voie de sélection naturelle » ; il rejette ce finalisme, pour lui ce sont les conditions de l’environnement qui sélectionnent, au gré de leurs variations, les organismes les mieux adaptés. Avec le temps, les proportions des différentes variétés au sein d’un même espèce évoluent et les espèces elles-mêmes se transforment. Il n’y a donc ni plan préétabli par un dieu, ni plan préparé par la nature, il n’y a que le hasard. Nous devons abandonner l’idée du créationnisme, la certitude religieuse d’un dieu qui fabriquerait un univers à notre mesure.

Tous les animaux existant aujourd’hui sur cette terre descendent d’un même organisme, y compris bien entendu nous-même. L’humain est composé des mêmes briques du vivant que les bactéries ; ce qui distingue un papillon d’un lion, ou un humain d’une mouche, c’est moins une différence dans les constituants chimiques que dans l’organisation et la distribution de ces constituants. L’humain n’est qu’une forme particulière de la vie. Notre planète la terre n’a pas été créée spécialement pour nous, nous n’en sommes que les passagers provisoires. En conséquence, nous sommes les seuls responsables de notre devenir.

L’explication biblique : Le livre de la Genèse

(qui n’explique pas qui a créé Dieu !)

01 AU COMMENCEMENT, Dieu créa le ciel et la terre.

02 La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.

03 Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut .Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut.

04 Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres.

05 Dieu appela la lumière « jour », il appela les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour.

06 Et Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux. »

07 Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus. Et ce fut ainsi.

08 Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir, il y eut un matin : deuxième jour.

09 Et Dieu dit : « Les eaux qui sont au-dessous du ciel, qu’elles se rassemblent en un seul lieu, et que paraisse la terre ferme. » Et ce fut ainsi.

10 Dieu appela la terre ferme « terre », et il appela la masse des eaux « mer ». Et Dieu vit que cela était bon.

11 Dieu dit : « Que la terre produise l’herbe, la plante qui porte sa semence, et que, sur la terre, l’arbre à fruit donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. » Et ce fut ainsi.

12 La terre produisit l’herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l’arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon.

13 Il y eut un soir, il y eut un matin : troisième jour.

14 Et Dieu dit : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit ; qu’ils servent de signes pour marquer les fêtes, les jours et les années ;

15 et qu’ils soient, au firmament du ciel, des luminaires pour éclairer la terre. » Et ce fut ainsi.

16 Dieu fit les deux grands luminaires : le plus grand pour commander au jour, le plus petit pour commander à la nuit ; il fit aussi les étoiles.

17 Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre,

18 pour commander au jour et à la nuit, pour séparer la lumière des ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon.

19 Il y eut un soir, il y eut un matin : quatrième jour.

20 Et Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d’une profusion d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. »

21 Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon.

22 Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. »

23 Il y eut un soir, il y eut un matin : cinquième jour.

24 Et Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce. » Et ce fut ainsi.

25 Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon.

26 Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. »

27 Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.

28 Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »

29 Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture.

30 À tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte. » Et ce fut ainsi.

31 Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour.

19 réflexions sur “La matière est notre passé ET notre avenir”

  1. Didier BARTHES

    La théorie du Big Bang ne dit absolument pas que le tout est né de rien puisqu’elle se situe dans le cadre de lois physiques (qui ne sont pas « rien »)
    D’ailleurs on appelle ça une transition de phase et non une création ex nihilo, la théorie décrit un phénomène mais ne répond absolument en rien quant à la question fondamentale : Pourquoi existe-il quelque chose plutôt que rien ?
    D’autre part, je ne comprends pas la phrase « – Cette question de l’origine du monde n’a pas de sens car elle n’existe que parce que l’être humain se la pose. » A l’époque ou aucune intelligence développée n’existait sur la planète, la question avait quand même un sens, même si personne ne la posait.
    Enfin, il est vain de mélanger ainsi science et religion, elles parlent de deux choses différentes, et la science ne prouvera jamais la religion pas plus qu’elle ne saurait la nier (je n’ai jamais compris pourquoi on supposait que défendre la science supposait nier la religion).

    1. Comme nous partageons le même point de vue (théorie etc.) sur cette question * (fondamentale, philosophique, existentielle, tout ce qu’ON veut…), comme sur bon nombre d’autres qui lui sont liées… je vais juste tenter d’expliquer comment j’entends cette phrase que vous dites ne pas comprendre.
      Ne serait-ce que parce qu’ON se la pose (la question de l’origine du monde)… alors ON peut dire en effet qu’elle a un sens. Ne serait-ce que pour ceux qui se la posent. Le mot «sens» étant alors entendu comme «route», «chemin», «clé»… la liste est longue que celle des synonymes de ce mot.
      Comme ON peut dire aussi qu’elle n’a pas de sens. Entendu par là, qu’étant donné qu’ON n’aura jamais la Réponse, il est finalement inutile de se faire mal à la tête avec ça. 😉

      * Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien ?
      (à suivre)

      1. (suite) Quant à savoir si cette question n’a de sens que parce que l’Homme se la pose… je pense que cela nous renvoie à cette très vieille réflexion sur le monde des idées (Platon). Alors sens ou pas, utilité ou pas… après tout qu’importe ?
        N’empêche que tout cela est passionnant. Pour ceux que ça passionne, évidemment ! Et ON ne va quand même pas se faire la Guerre pour ça ! 🙂

        1. Didier BARTHES

          Oui et je fais partie de ceux que la question passionne, même si ça n’aide pas à vivre, même si ça ne sert matériellement à rien, je pense qu’il est intéressant d’avoir des discussions sur le fond.
          On pourrait d’ailleurs écorner un peu ma vision des choses (je dois honnêtement l’admettre), si l’on fait référence à la mécanique quantique pour laquelle observateur et objet observé sont intriqués, au point qu’on se demande (et la réponse semble plutôt ; non) si une particule existe si on ne l’observe pas ! Voilà qui est bien mystérieux car si l’on élargit cette idée au monde macroscopique (la Lune est elle là quand je ne la regarde pas ?) alors la raison vacille. Il n’y a que Dieu pour maîtriser de tels abîmes. Il n’empêche qu’il existe quelque chose et même si l’objet n’était que le fruit du sujet, il faudrait bien alors expliquer l’existence du sujet.

  2. esprit critique

    Passons vite fait sur ces « explications magiques ». L’article nous dit qu’On donne à ces mythes le nom poétique de « cosmogonies » (sic).
    La magie est-elle poétique ? Je vous laisse y réfléchir…
    Et analysons vite fait ces « explications » contemporaines :
    – « Il est intéressant de lire comment nos ancêtres ont essayé de se dépêtrer de ces questions par essence insolvable. »
    => Oui c’est intéressant. Pour ceux que ça intéresse.

    – « Cette question de l’origine du monde n’a pas de sens car elle n’existe que parce que l’être humain se la pose. […] Un animal ne se demande pas pourquoi son univers propre existe, il se contente d’y vivre ou de survivre […] »
    => Exactement !
    (à suivre)

    1. esprit critique

      (suite)
      – « … or nous sommes un animal parmi tous les autres animaux ! »
      => Oui, et alors ? Un animal certes, mais un animal… spécial ! Le seul animal qui soit capable de se poser ce genre de questions, d’en remplir des pages et des pages, d’écrire des montagnes de bouquins, sacrés ou pas peu importe, d’en parler à n’en plus finir, et même de se battre pour défendre son point de vue. Point de vue, théorie, scénario, explication, religion, appelez ça comme vous voulez.
      Un animal dénaturé… comme ON dit.

      – « Le scénario divin des monothéismes est débile. Il veut nous faire croire à la création ex nihilo d’une planète formée par un type qu’on n’a jamais vu et qu’on ne verra jamais.»
      => C’est là un exemple de ces points de vue qui ne nous avancent à rien, de bon en tous cas. Autrement dit, ce commentaire est débile. (à suivre)

    2. (suite)
      – « La Bible nous présente un paradis perdu réservé à une espèce animale qui se dit homo sapiens et qui n’a pourtant d’existence que depuis 300 000 ans environ. »
      => Quoi !!??? Je ne retrouverais donc mes chiens au Paradis, qu’ON me dit…
      Ni même mes chattes ? Ben merde alors, c’est à Désespérer de tout !!! 🙂
      – Les animaux vont-ils au paradis selon la Bible ? (christianpure.com)

      – « Au créationnisme, nous préférons l’évolutionnisme, reposant sur des preuves multiples et concordantes. »
      => Qui « nous » ? Moi non plus je ne crois pas aux élucubrations de ces dits créationnistes, et alors !? Je suis toujours aussi con avec la théorie de l’Évolution.
      Déjà pour dire qui, il y a 13,8 milliards d’ânées, a allumé la mèche du Big Pétard.
      Et finalement, qui ou QUI peu (m’) importe. Et comme des goûts et des couleurs ON ne discute pas… choisis ton scénario camarade !

    3. Parti d’en rire

      – « Et puis, l’univers est en expansion, c’est prouvé… »
      => Alors ça… ça ressemble à du BGA tout craché.
      La Preuve… si encore il n’y avait que l’univers, en expansion.
      -« il y a deux choses en expansion… l’univers et la bêtise humaine.
      Mais pour l’univers je n’en ai pas encore la certitude absolue » (Bébert Instinct)

    4. Botulisme quantique du vide

      – « Le cosmos a été créé par une fluctuation quantique du vide. C’est quand même pas compliqué, pourquoi inventer des contes à dormir debout et qui font peur aux petits enfants. »

      => Ben non, ou ben oui, en tous cas c’est vrai que pas compliqué du tout.
      Seulement pour bien comprendre tout ça, il faut commencer par se Débarrasser du principe de non-contradiction. Alors yaka !
      – « L’essentiel est de nous débarrasser du principe de non-contradiction, en posant qu’on peut à la fois penser au trou et au non-trou, voire au trou dans le trou. C’est-à-dire au trou percé. » (Jean-Baptiste Botul – Du trou au tout)

  3. La cosmologie, et la science en général, n’ont pas vocation à conforter ou à infirmer ce qui est du domaine du religieux (ou philosophique). Elle se contente de proposer un scénario réaliste permettant de décrire de façon cohérente l’ensemble des observations dont on dispose à un instant donné. L’hypothèse la plus vérifiée, c’est qu’il y a conservation de la matière : rien ne se perd rien, rien ne se crée tout se transforme. En physique, une transition de phase est la transformation physique d’un système d’une phase vers une autre, induite par la variation d’un paramètre de contrôle externe. Une telle transition se produit lorsque ce paramètre externe atteint une valeur seuil (ou valeur « critique »). Rien en cela que de la physique sur la matière. L’Homme n’occupe d’ailleurs pas de position privilégiée dans l’Univers, il n’est lui aussi que matière. (à suivre)

    1. (suite) Le Big Bang ne se réfère pas à un instant « initial » de l’histoire de l’Univers. Il indique seulement que celui-ci a connu une période dense et chaude suive d’une période d’expansion. Le modèle du pré Big-Bang suppose de son côté un état initial en contraction, suivi d’une phase de rebond. D’autres modèles encore, basés sur la théorie des cordes, prédisent que l’Univers observable n’est qu’un objet appelé « brane » plongé dans un espace à plus de quatre dimensions (le « bulk »). Si après le Big Crunch, l’univers devait « rebondir » en un nouveau Big Bang, on parlerait alors de Big Bounce. Mais cela n’a pas un grand intérêt, à cette époque très très lointaine, il y aura très très très longtemps que l’espèce humaine aura disparue. L’hypothèse de Dieu n’est qu’un signe d’anthropocentrisme. (à suivre)

      1. (suite et fin) Nous devrions quitter définitivement le discours de 1951 du pape Pie XII. Il tire de l’observation de l’expansion de l’Univers et des méthodes de datation la preuve de la création du monde : « Avec l’esprit éclairé et enrichi par les connaissances scientifiques, il y reconnaît l’œuvre de la Toute-Puissance créatrice, dont la vérité, suscitée par le puissant « Fiat » prononcé il y a des milliards d’années par l’Esprit créateur, s’est déployée dans l’Univers […]. Il semble que la science, remontant d’un trait des millions de siècles, ait réussi à se faire témoin de ce « Fiat Lux » initial… Ainsi, création dans le temps ; et pour cela, un Créateur ; et par conséquent, Dieu ! »
        On ne peut que répondre : la cosmologie, et la science en général, n’ont pas vocation à conforter ou à infirmer ce qui est du domaine du religieux. L’hypothèse de Dieu n’est qu’un signe d’anthropocentrisme.

        1. Parti d'en rire

          Mais pourquoi donc devrions-nous quitter définitivement le discours de 1951 du pape Pie XII ? Et d’abord qui « nous » ? Mais nom de dieu, laissons aux gens la liberté de penser que Fiat vaut mieux que Peugeot ou je ne sais quoi !
          Non mais, sans déconner, où est le problème avec ça !!??

        2. Sans rire,
          peut-on faire confiance à la religion
          pour dicter nos conceptions ?
          Si vous préférez mourir grabataire
          et entouré de tuyaux pour faire plaisir aux papes…
          libre à vous bien entendu !

        3. Non mais, sans déconner, est-ce que dans son discours de 1951 le pape Pie XII parlait de tuyaux ? 🙂 🙂 🙂 !!!

      2. Didier BARTHES

        Je ne vois pas en quoi l’hypothèse de Dieu serait un anthropocentrisme puisque l’Univers a existé bien avant (et existera bien après) l’Homme. Dès lors que l’Homme n’est au centre de rien la question de Dieu dépasse notre propre existence, elle se poserait même si l’Homme n’était pas là.

  4. Les hommes ont habillé le mystère de l’origine de nombreuses façons. Pour ma part, je pense que le passage du néant à quelque chose ne peut avoir une origine matérielle. Je dénie à la matière une volonté et une capacité de création à partir de rien, elle se transforme simplement en fonction des lois physiques qui lui sont assignées. Par exemple les astronomes décrivent-ils le Big Bang comme une « transition de phase » et absolument pas comme une création ex nihilo.
    Le commencement au sens causal (et non temporel car le temps lui même est juste une composante du monde matériel) ne peut pour moi avoir comme origine qu’une transcendance, c’est à dire quelque choses qui transcende les lois. Cette transcendance est ce à quoi on donne le nom de Dieu. Oui cela me semble le plus plausible. Au fond la réalité ultime est spirituelle et la volonté est à la base du monde.

    1. Je suis plutôt d’accord avec vous. Cette transcendance… on peut en effet lui donner le nom de Dieu. Ou Allah, ou tout ce qu’on voudra.
      Comme on peut aussi refuser de lui donner un nom. Se contenter alors d’un ? (point d’interrogation). On peut alors dire Le Mystère.

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