Loin de ses origines radicalement antimilitaristes, le parti écologiste français soutient désormais le « réarmement » français et européen. Itinéraire d’un changement de doctrine au nom du « réalisme politique ».
Ukraine, nucléaire, réarmement : où est passé le pacifisme des Écologistes ?
article paru le 27 mars 2027 (résumé)
Le parti des Écologistes français défend l’objectif de réarmement européen.Dès le lendemain du premier jour de l’offensive russe sur l’Ukraine, l’ancien secrétaire national d’EELV et actuel coprésident de sa délégation française au Parlement européen, David Cormand, écrivait sur son blog : « Le pacifiste que je suis répugne à l’écrire, mais il convient de se préparer à d’autres offensives et donc à pouvoir nous en défendre. L’ère dans laquelle nous entrons est pleine de périls et nous ne pouvons pas espérer nous y préparer à la manière de l’autruche. » Une position en rupture avec les mouvements écologistes non partisans. Les Soulèvements de la Terre, par exemple, font partie de la coalition Guerre à la guerre. Le fossé idéologique se creuse entre ces militants écologistes qui dénoncent les liens entre militarisation et écocide, et les représentants du parti Les Écologistes (ex-Europe Écologie-Les Verts, EELV).
En mars 2025 Cyrielle Chatelain, la présidente du groupe écologiste et socia,l appelait l’Union européenne à « s’affirmer comme une force politique, ce qui implique, dans le contexte actuel, de s’affirmer aussi comme une force militaire », et à « accélérer la mise en place d’une défense européenne ». A l’origine de l’écologie politique, il y avait l’idée que l’armement conduit nécessairement à la destruction des peuples et de la Terre.
L’évolution des discours des représentants des Écologistes coïncide avec l’élaboration d’une nouvelle doctrine par la commission Défense du parti, créée en avril 2024. Lancée pour « renforcer [sa] définition des politiques régaliennes », elle appelle à la « construction d’une défense commune » de l’Union européenne, un réarmement sous conditions d’une réorientation de la production et des ventes vers nos alliés européens ».
« J’assume ces évolutions, développe Frédéric Kalfon, également membre du conseil fédéral des Écologistes. « L’objectif, ce n’est pas d’aller faire la guerre, mais d’être pris au sérieux, justement pour l’éviter », résume-t-il. Un récent communiqué des Écologistes adhère à l’idée d’une « dissuasion nucléaire avancée », proposée par Emmanuel Macron le 2 mars.
Au sein du parti, cette évolution doctrinale ne fait pas l’unanimité. La toute nouvelle commission Défense doit cohabiter avec la commission Paix et désarmement, née lors de l’assemblée fondatrice des Verts en 1984. Les désaccords entre les deux commissions sont profonds. Sur l’enjeu du réarmement, « ce sont deux visions différentes : l’une qui prêche que la paix a besoin de la force, et la nôtre qui dit que la paix prépare la paix », décrit Gérard Lévy.
Philippe Le Clerre critique la composition de la commission Défense, dont il juge les membres trop proches des milieux militaires. Frédéric Kalfon reconnaît que « la plupart [des membres] ont des parcours qui les lient soit à l’armée, soit au secteur militaire », et sont pour certains « passés par l’École de guerre ».
Comment s’est opérée cette évolution du discours dans le parti ? « C’est compliqué d’assumer un pacifisme radical lorsqu’on participe à des coalitions électorales, et qu’on adopte une posture gouvernementale ou présidentiable », explique Bruno Villalba.
Une fois l’environnement rendu invivable sur cette terre, que fera-t-on de nos chars ?

ON peut dire tout ce qu’ON veut, mais les écologistes institutionnels, autrement dit Les Écologistes (les autres, il faudra me dire…) forment un parti politique. Et comme toute structure humaine (lire Biologie et structure – Henri Laborit 1968), la seule raison d’être d’un parti politique est… d’exister.
Et de croître… et de durer, quitte à changer de nom.
– « Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective. Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres. La première fin, et, en dernière analyse, l’unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite. »
(Simone Weil, la philosophe – Note sur la suppression générale des partis politiques)
(suite) Pour ne pas disparaître… Les Écologistes sont donc bien obligés de… s’adapter.
Suivre l’air du temps, faire comme les autres, quitte à s’asseoir sur leurs beaux principes.
Et pour moi, l’honnêteté c’est tout simplement de le dire comme ça :
– « L’honnête homme que je suis répugne à l’écrire… mais il convient d’aller dans le sens du vent. ON appelle ça le réalisme politique, ou la realpolitik. ON dit aussi pragmatisme. »