La peur des écrans est bonne conseillère

Une tribune au Monde, signée par plusieurs scientifiques, attaquait l’avis de l’Académie des sciences intitulé « L’enfant et les écrans ». Selon les défenseurs de cette « Académie », une autre tribune :  « Refusons que la peur devienne le seul moteur de l’action publique ». En résumé :

« Il s’instaurerait une posture problématique  : l’objectif ne serait plus d’informer, mais d’alarmer. Ce serait un récit univoque fondé sur la peur. Ce message de peur serait médiatiquement relayé, et l’avis raisonné de l’Académie des sciences par conséquent disqualifié. Ces discours alarmistes aggraverait les angoisses des parents. Beaucoup se sentiraient coupables. Or il n’existerait pour beaucoup de familles défavorisées aucune alternative aux écrans parmi les activités à proposer à leurs enfants. »

Les commentaires sur lemonde.fr

L Dupont : Tribune très étrange dans un média généraliste. Ce collectif ne conteste rien sur le fond.

Lapincretin : Serge Tisseron , cosignataire de cette tribune, prônait la tablette tactile avant deux ans dans son premier rapport de l’académie des sciences sur les écrans et les enfants !

NewYann : Affirmer qu’une tribune contre les écrans va accroître l’angoisse et la culpabilité des parents n’est pas un argument recevable. Soit les impacts des écrans sont réels, et alors c’est aux parents de prendre des mesures pour y remédier. Soit ils ne le sont pas, et il faut attaquer l’étude comme mensongère, ce que ne font pas les auteurs.

Misha : Les auteurs de cette tribune vivent-ils dans une tour d’ivoire? Les adultes sont déjà complètement malades du téléphone portable, et marchent le nez fixé dessus comme si une info vitale était attendue en permanence. Souvent , des parents poussent une poussette en regardant leur téléphone, pas l’enfant qui est dedans ! Alors oui, il faut s’alarmer de l’addiction des petits. Il faut résister.
Leur apprendre à jouer, à lire, et pas à devenir du « temps de cerveau disponible »….

Tsintaosaure : Cette tribune pro-écrans est aberrante. Les études à charge sont multiples. Et on peut constater tous les jours en direct, si ce n’est les effets délétères des écrans (qui sont assez diversifiés), du moins leur pouvoir d’addiction sur nous-même et les enfants. Nous avons toutes les raisons d’être alarmés, Mais on lutte à armes inégales contre des entreprises dont la matière première est notre temps de cerveau. C’est déjà dramatique pour des adultes pleinement formés, mais cela devient suicidaire quand ce temps de cerveau est celui de nos jeunes.

Un gueux : L’enjeu mérite autre chose que des rodomontades contre des discours culpabilisants. On a le sentiment qu’à part dénoncer cette culpabilisation, les auteurs de cette tribune seraient bien en peine de proposer des actions publiques claires et consensuelles.

CathAngMarieBerth : Les signataires seraient-ils d’accord avec le fait qu’il vaut mieux établir d’autres relations avec un enfant, un adolescent que celle des écrans ? Si oui, alors pourquoi ne pas le dire. Les écrans viennent à la place des relations humaines, sportives, de lecture, et j’en passe. Voilà le vrai problème. Il me semble que cet article tente de faire peur avec la peur.

c m : selon ce collectif, il n’existe, pour beaucoup de familles, notamment défavorisées, « aucune alternative aux écrans parmi les activités à proposer à leurs enfants ». Voilà une phrase bien péremptoire. Il y a tout un tas de jeux pas chers auquel on peut jouer avec ses enfants, ne serait-ce que la pâte à modeler qui coûte moins cher qu’un abonnement téléphonique. On peut aussi les emmener se promener à pied….

Michel SOURROUILLE : L’Académie des sciences s’est déjà prononcée contre le principe de précaution (2004), pour l’exploration du gaz de schiste en France (2013) et a été dès le milieu des années 2000 et pendant plus d’une décennie, le bastion tricolore du climatoscepticisme. En décembre 2002, l’Académie des sciences prenait aussi fait et cause pour les OGM de première génération et leurs bénéfices potentiels : rendements et qualités nutritives améliorés, résilience aux stress, usages moindres de pesticides… Aucune de ces promesses n’a été tenue, sinon de manière anecdotique. En clair, la génération des écrans, il ne peuvent pas comprendre en quoi c’est néfaste. Ils n’ont peur de rien !

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La génération des écrans, dégénérescence

extraits : Lorsque l’arsenal des outils numériques actuels (tablettes, smartphones, consoles, ordinateurs, etc.) est mis à disposition des enfants et des adolescents, les pratiques ne s’orientent pas vers l’idéal positif fantasmé dont on nous rebat les oreilles (quatorze heures par jour de Wikipédia, tu parles !), mais vers une orgie d’usages récréatifs dommageables. En moyenne, les 8-12 ans consacrent treize fois plus de temps à se divertir qu’à étudier. Constater cela n’est en rien technophobe. Ce n’est ni une opinion personnelle, ni une hypothèse ouverte à controverse ; c’est un fait scientifique aujourd’hui établi.…

Démence digitale, l’addiction des petits aux écrans

extraits : Voilà vingt ans que les effets délétères de la surexposition des enfants et adolescents à la télévision ont été démontrés : retard de communication et de langage devenant patent vers 18-30 mois, prosodie particulière, centrage d’intérêt de plus en plus exclusif sur les écrans, difficulté de contact avec les autres enfants, conduites d’allure agressive, agitation et instabilité d’attention, manque d’intérêt pour les jeux habituels… Chez les moins de 3-4 ans, c’est un phénomène nouveau, massivement amplifiée du fait de la multiplication des écrans qui sont présents à tout moment dans la vie quotidienne : dans les magasins, les salles ­d’attente, les transports et même lors du repas ou de l’endormissement. Pour certains, l’écran devient un « compagnon de vie ». Une évidence doit être rappelée : tous les écrans exercent une puissante attractivité qui entraîne une captation/fascination du regard chez le tout-petit. Devant la tablette, son corps est immobile, ses yeux grand ouverts et son visage souvent inexpressif, voire figé ! Ce pouvoir hypnotique s’explique par le fait que, dès la naissance, l’œil est attiré par le mouvement. Or, les vidéos programmées pour les enfants offrent un mouvement permanent….

Les écrans menacent la santé mentale

extraits : Auparavant, les enfants vivaient des aventures, ils circulaient librement à vélo, exploraient les bois. Le jeu libre était un espace où ils pouvaient s’amuser et grandir de façon autonome. Ils vivaient des expériences essentielles au développement du cortex cérébral frontal et de leurs aptitudes sociales. Plus aujourd’hui avec les écrans. Les contenus créés par des intelligences artificielles les rendra encore plus accros aux écrans. Tout cela se terminera très mal. Les adolescents ne devraient pas avoir accès à un smartphone avant 14 ans. Les écoles ne devraient pas admettre de téléphone dans leur enceinte….

4 réflexions sur “La peur des écrans est bonne conseillère”

  1. Les écrans ne semblent pas inspirer grand monde. Tant pis. Ou alors tant mieux.
    Ou peut-être sont-ils, les autres, en train de se taper les 272 pages de ce fameux (fumeux) avis de l’Académie des sciences. Ou alors ils ont décidé de laisser tomber tout ça… décidé d’arrêter de chercher à comprendre, à savoir, d’arrêter de se faire mal à la tête, et à la planète aussi, bref d’arrêter de déconner. Peut-être même qu’ils ont balancé leurs écrans par la fenêtre. 🙂
    Quoiqu’il en soit, il faut bien reconnaître qu’il n’est pas facile de suivre. Mon dieu quel bordel ! Non seulement ces 272 pages… plus celles de ces deux tribunes (celle du 08 février 2013 et celle du 21 juillet 2025), en plus il faut se taper cette autre, dans laquelle deux chercheurs répondent aux auteurs de la précédente : « Non, les enfants de familles défavorisées ne sont pas condamnés aux écrans » (Le MONDE 12 août 2025). Et encore sans compter les commentaires, les liens etc.
    Mon dieu que c’est fatiguant les écrans ! 🙂

  2. Aujourd’hui donc, ces deux tribunes au MONDE :
    Cette bonne vieille, du 08 février 2013, dans laquelle des chercheurs inquiets (pour nos jeunes)… tirent la sonnette d’alarme. Et affirment, je cite, que l’Académie des sciences a tort de minimiser les effets de la télévision, d’Internet et des jeux vidéo sur les jeunes. (Laisser les enfants devant les écrans est préjudiciable)
    Et puis cette toute jeune, celle du 21 juillet 2025, dans laquelle un collectif de chercheurs, là encore inquiets, dénonce, je cite, des discours alarmistes, parfois relayés par des scientifiques eux-mêmes, qui ne cessent de se diffuser dans l’espace public, aggravent les angoisses et la culpabilité des parents. (Enfants et écrans : « Refusons que la peur devienne le seul moteur de l’action publique »)

    Deux discours, deux tribunes… d’inquiets.
    Les uns disant qu’il faut avoir peur (tremblez braves gens !) …
    Les autres disant que s’il faut avoir peur… ce n’est que de la peur. (à suivre)

    1. (suite) Seulement pour comprendre… et ainsi pouvoir bien choisir son camp (camarade), sans avoir peur de se trumper… il faut, en plus, se taper ce rapport de l’Académie des sciences publié le 17 janvier 2013 et intitulé «L’enfant et les écrans». Et bien sûr dans son intégralité, c’est mieux (272 pages). Dans lequel cette illustre Autorité (avec ou sans « ») vend son avis aux Décideurs d’en Haut (idem). Son avis et ses recommandations (ou conseils). Recommandations que nos inquiets, ceux qui ont peur que la peur devienne le seul moteur de l’action publique (sic) jugent, je cite, si surprenantes au regard des données d’ensemble de la littérature scientifique et des prises de position récentes de plusieurs institutions sanitaires majeures, que l’on peut s’interroger sur le soin apporté à la rédaction de ce travail. Ouf !
      Désolé mais mes journées ne font que 24 heures. Bref, comprenne qui pourra. (à suivre)

      1. Parti d’en rire

        (suite et fin) Oui mais… encore faut-il avoir envie de comprendre. Et pas seulement envie de croire, ce qui nous arrange le mieux. Parce que ceci et cela. Et puis il faut bien comprendre que comprendre ce n’est pas toujours à la portée du premier convenu.
        D’abord soulignons qu’il n’y a pas que les écrans qui font l’objet d’une telle pagaille.
        Les OGM, le Nucléaire, le CO2, le Climat, Trump, Poutine, les Rouges, les Verts, les Gris et les Autres, IPAT etc. etc. bref au sujet de tout et n’importe quoi c’est finalement toujours pareil. ON lit et ON entend tout et son contraire, tout et n’importe quoi !
        Autrement dit c’est le Grand n’importe quoi.
        Et après ON pleurniche parce que les braves gens ne comprennent rien. Et que donc ils votent de travers… et qu’ils ont peur de tout, et de n’importe quoi. Quand ce n’est pas de tout et de rien. Comprenne qui pourra.

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