peine de mort et « traitement inhumain »

Douze ans et demi après avoir tué 77 personnes, le 22 juillet 2011, dans l’explosion d’une bombe devant le siège du gouvernement à Oslo, puis 69 jeunes lors de la fusillade sur l’île d’Utoya, l’extrémiste Anders Behring Breivik accuse l’État norvégien de violer la Convention européenne des droits de l’homme en le maintenant à l’isolement.

Une section entière de l’établissement pénitentiaire lui est attribuée sur deux étages, incluant une chambre, une salle de bains, une cuisine, mais aussi une salle de gym, une salle de télévision, où il peut aussi jouer à l’ordinateur, et une cour extérieure, équipée d’un panier de basket-ball. Pour rompre sa solitude, il a même eu le droit d’adopter trois perruches. Breivik, cependant, affirme que le traitement qui lui est réservé est « inhumain ». « Est-il possible de prononcer une peine d’emprisonnement à perpétuité et, dans le même temps, de couper tout contact humain lors de l’exécution de la peine ? », a interrogé son avocat.

Pour le défenseur de l’Etat, Breivik n’a pas changé : « Son idéologie reste la même, son aptitude à une violence sans limites est évidente et sa personnalité renforce encore tous ces facteurs. »Pour les services de renseignement norvégiens, le moindre « petit signe de vie et contact apparemment innocent » de sa part pourraient donc entraîner « des personnes en cours de radicalisation » à commettre un acte terroriste. Pour Torhild Sandvik, dont la fille Marianne a été tuée à Utoya, « l’extrémiste l’a privée de tous ses droits en lui ôtant la vie… Il est donc difficile d’accepter qu’il puisse faire valoir [les siens] lors d’un procès. »

Peine de mort ou incarcération à vie que choisir ?

Frog : J’avoue que je comprends que l’on questionne l’abolition de la peine de mort concernant les multi-criminels. Le refus de tuer est un jugement moral quasiment catholique : seul Dieu à le droit de retirer la vie, qui suis-je pour juger ? Mais lorsqu’on est laïque, on peut se demander si la protection de citoyens innocents ne demande pas des mesures plus sûres face à des personnes dont l’extrême dangerosité est avérée.

Tyrion : Behring Breivik, militant d’extrême droite norvégien, n’a laissé aucune chance à ses victimes. Il a commencé par mettre une bombe devant le siège du gouvernement à Oslo pour occuper les secouristes, puis il est allé sur l’île d’Utoya à proximité en se faisant passer pour un secouriste. Il a sorti son arsenal et a tué sans aucune pitié 70 jeunes militants travaillistes. Aucun remord car il considère les travaillistes comme de dangereux communistes. Ce militant hors norme est adulé par de nombreux fous dangereux qui sont fascinés par la mort des autres. Ils feraient mieux de s’occuper de l’amour qui manque le plus aux hommes.

Tonnerre de B. : Ce fou-furieux mériterait de survivre jusqu’à 99 ans en taule, et sous surveillance permanente.

Ambiorix : Personnellement je ne vois pas l’intérêt de l’enfermer à perpétuité en le faisant « souffrir » de l’enfermement. Qu’est ce que la souffrance supposée de Breivik apporte à la société ? Par contre la question de la peine de mort est vraiment légitime dans son cas. Une personne qui tue intentionnellement et récidive beaucoup de 70 fois est une personne extrêmement dangereuse et ne pas le condamner à mort peut raisonnablement être vu comme une lâcheté et un suicide de la société.

Mwouais : Si les constitutions des démocraties étaient bien conçue, celui qui la viole par de tels crimes ne devrait jamais pouvoir bénéficier des droits afférents a cette démocratie, en tous cas sûrement pas les mêmes que ceux des victimes (humaines, institutionnelles) sinon, ça veut dire que la démocratie porte en elle le « gène du suicide », de son auto destruction potentielle, en cela aidé par tous les cafards a la solde de pays antidémocratiques qui profitent des failles de toutes sortes de la démocratie.

Libéré : Breivik devrait partager sa cellule avec un alligator ayant jeûné durant 3 jours…

Tonnerre de B. : Ah ? On l’aurait plutôt imaginé dans une cellule partagée avec les œuvres complètes de K. Marx.

R.S : L’isolement en France, ce n’est pas plutôt une cellule de 2m par 2m sans fenêtre ? Le juste milieu doit être quelque part entre ce cachot et un duplex avec salle de gym comme en Norvège…

AlainC : Quant à la peine de mort, dans un cas aussi simple, je ne comprends toujours pas son abandon. Ce type nuisible et irrécupérable coûte une fortune à la société. Je pense que ce sujet rentre clairement dans le champ d’un RIP. Et il y aura de 60 à 70% de vote pour son rétablissement.

Sur notre blog biosphere, variations sur la peine de mort

Peine de mort abolie, une avancée majeure ?

extraits : Emmanuel Macron a célébré le 9 octobre 2021 les 40 ans de l’abolition de la peine de mort, à son avis « une avancée civilisationnelle majeure ». Que veut dire une telle présomption ? Un chef d’État est-il doté de l’infaillibilité pontificale ? Notons d’un point de vue démocratique qu’en 2020 encore, 55 % des personnes interrogées dans un sondage Ipsos se disaient favorables au retour de la peine de mort. Macron et Badinter sont-ils plus pertinents que le point de vue du peuple ? Voici les argumentations d’un côté et de l’autre…

Dylann Roof mérite-t-il la peine de mort ?

extraits : Dylann Roof avait froidement abattu neuf paroissiens noirs d’une église de Caroline du Sud en 2015. Une cour d’appel fédérale a confirmé le 25 août 2021 la condamnation à mort de l’Américain. « Aucun résumé clinique ni analyse juridique fouillée ne peut totalement rendre compte de l’atrocité de l’acte de Roof. Ses crimes le placent sous le coup de la sentence la plus sévère qu’une société juste puisse rendre », ont conclu les juges dans leur arrêt rendu à l’unanimité. Le jeune raciste avait déjà été condamné au début de 2017 à la peine de mort, il n’avait exprimé ni regrets ni excuses…

Peine de mort, abolition ou tentation ?

extraits : Je suis condamné à mort. Comme chacun d’entre nous. Nous sommes tous voués à disparaître, tôt ou tard, sans exception. Après la vie, la mort. C’est inéluctable. Sauf que je ne sais pas dans quelles conditions je vais mourir, grabataire ou saisi à tout moment par une crise cardiaque fatale. Cela peut même arriver dans d’atroces et trop longues souffrances. C’est pourquoi je ne comprend pas l’attention extrême que portent les abolitionnistes à une peine de mort subie par une personne qui a précédemment pris la vie d’un autre. L’auteur d‘un crime a voté par son acte pour la peine de mort, pourquoi en serait-il exempt ?…

1 réflexion sur “peine de mort et « traitement inhumain »”

  1. là c'est trop !

    Faut oser quand même, non ? C’est d’ailleurs à ça qu’ON les reconnait. Non, un peu ça va mais là il ne faut pas exagérer. Non là c’est trop ! Bref, ce Breivik est vraiment trop gonflé !!!
    Alors voilà donc ce que je propose, et qui devrait mettre tout le monde d’accord, un con sensus quoi. Si ce pauvre type s’ennuie, à en crever, façon de dire, dans son duplex avec salle de gym et perruches, s’il trouve ça «inhumain»… alors qu’ON lui offre un bout de corde.
    La bonne longueur et le bon diamètre, ça va de soi.

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