La retraite à 60 ans, un non-sens écologique

Les jeunes ne s’imaginent pas du tout que dans cinquante ans les chocs systémiques auront fait leur effet. Quand les collégiens arriveront à l’âge de la retraite, la désindustrialisation sera galopante, les caisses de l’État seront vides, les réfugiés climatiques nombreux, les chômeurs encore plus nombreux qu’après la crise de 1929. Beaucoup trop d’ayants-droit pour les rares actifs occupés, le système de redistribution sur lequel reposent les retraites en France sera exsangue. Mais le réalisme du poids des retraités sur les actifs ou la charge actuelle de l’endettement de la France n’est qu’un aspect du problème. Il faut ajouter les raisonnements écologistes, fondés sur la raréfaction de l’énergie extracorporelle.

Comme l’exprime Jean-Marc Jancovici, « Retraites et études longues sont assises sur des consommations d’énergie importantes, et c’est bien ainsi que se lit la géographie actuellement : il n’y a beaucoup de retraités et d’étudiants que dans les pays qui consomment beaucoup d’énergie. Évidemment, ce lien de cause à effet est porteur d’une très mauvaise nouvelle pour tous ceux qui ont cru que le problème des retraites était en bonne voie d’être réglée après la réforme initiée en 2010. En effet, la contrainte sur l’approvisionnement énergétique futur, qui va venir contrarier la productivité physique de manière forte, aura pour conséquence que le niveau relatif des retraites baissera, et que l’on va probablement pour partie revenir à un système de gestion des personnes âgées économe en énergie, c’est-à-dire… les garder chez leurs enfants. La question n’est pas de savoir si cette organisation est désirable ou non. Les bons sentiments sans kilowattheures risquent d’être difficiles à mettre en œuvre ! »

Autant dire que les débats sur l’âge de la retraite ou de la ponction des retraites n’est qu’une étape intermédiaire avant la suppression à venir du système de redistribution.

Carriat et Métais : La dégradation de la situation budgétaire de la France rend la question du partage des efforts de plus en plus prégnante, et, compte tenu de la part des pensions dans le budget de l’Etat, l’idée de faire contribuer les retraités, longtemps taboue, émerge. les plus de 60 ans possèdent désormais près de 60 % du patrimoine non financier et financier. Mais les retraités, qui représentent environ un tiers des personnes en âge de voter, pèsent « jusqu’à 40 % des suffrages exprimés aux élections nationales » ! A gauche comme à droite, chacun essaie d’éviter de se mettre à dos les retraités. Mais Edouard Philippe a revendiqué de « dire aux retraités qu’il faudra contribuer davantage au financement de notre système social ».

Le point de vue des écologistes en retrait

– Enfin un article sur l’éléphant dans la pièce : les 690 milliards annuels de dépense publique et sociale allouée aux seuls retraités (en plus des autres dépenses « de droit commun » auxquelles ils ont droit comme tout autre citoyen).

– La classe d’âge la plus riche en patrimoine et en niveau de vie dispose de l’espérance de vie à la retraite la plus longue des pays développés en n’ayant cotisé que 50 à 75 centimes pour chaque euro de pension reçue et à recevoir.

– En 2026, ils reçoivent 430 milliards en pensions de retraite (base, complémentaires, réversion), soit 1790€ nets en moyenne par mois et par personne et 200 milliards en frais de santé, pour lesquels ils ne cotisent que très marginalement : Retraités, 3,5% de cotisations pour la santé et la dépendance et Travailleurs : 11%

– Tous les partis politiques qui réclament le retour aux 60 ans pour la retraite n’ont rien compris aux mécanismes de la redistribution des actifs vers les retraités. Pourtant c’est simple donner aux uns, c’est prendre aux autres. Les actifs occupés actuellement souffrent, le poids des cotisations sociales est déjà considérable, cela ne peut perdurer.

– Les autres pays ont compris la problématique, pas nous :

l’âge de la retraite à 65 ans : En vigueur dans plusieurs pays comme l’Allemagne (en augmentation progressive vers 67 ans), la Hongrie, la Lettonie ou l’Espagne…

66 à 67 ans : Retenus par de nombreux États. Par exemple, l’Italie et le Danemark fixent l’âge à 67 ans ou plus, le Danemark prévoyant une hausse graduelle allant jusqu’à 70 ans indexée sur l’espérance de vie…

– Nos candidats devront faire preuve de courage politique en expliquant que la dette économique et écologique est l’affaire de tous, et singulièrement des retraités, qui ont le plus longtemps bénéficié de la croissance économique.

– La diminution drastique des pensions est une urgence nationale et seul sujet valable de la présidentielle. Le reste est de la pacotille. On ne peut pas continuer à saborder l’avenir et la jeunesse du pays.

– Et par dessus ça, nous allons finir a 6 actifs pour 5 retraités !

Avec la crise à venir, ce seront les retraités qui vont voir leur niveau de vie baisser, demain ce sera les fonctionnaires, puis après-demain ce sera au tour des chômeurs d’être de plus en plus mal indemnisés, puis ensuite les malades de moins en moins bien remboursés… Déjà un retraité qui perçoit une pension de moins de 2000 euros par mois n’est même pas en mesure de se payer un Ehpad !

En savoir plus sur les présidentiables

Marine Tondelier prévoit d’annuler la réforme actuelle qui recule l’âge de départ. Elle défend un retour à un âge de départ plus bas, aligné autour de 62 ans ou moins selon les arbitrages et les prises de position de sa formation politique, tout en maintenant des dispositions pour la pénibilité.

Raphaël Glucksmann défend une position nuancée sur la réforme des retraites, en s’opposant à un retour universel à la retraite à 60 ans tout en plaidant pour une réforme qu’il qualifie de « juste et ambitieuse ». Le leader de Place publique prône un système basé sur la pénibilité et l’espérance de vie, estimant que les travailleurs en bonne santé devront partir plus tard.

Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé son programme économique lors du premier grand débat des candidats à l’élection présidentielle organisé fin août 2026 : rétablir l’âge de départ à 60 ans ; durée de cotisation fixée à 40 annuités pour obtenir un taux plein ; montant minimum, rehausser toutes les pensions au niveau du SMIC pour une carrière complète.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Retraite, solution par l’euthanasie active

extraits : Le 6 février 2023 s’engage à l’Assemblée nationale un marathon de dix jours pour arriver au vote de la réforme des retraites… L’interruption volontaire de vieillesse est sans doute une solution, il y en a d’autres. Le Rassemblement national propose de relancer la natalité pour faire des actifs plus tard qui paieront les retraités… s’ils ne sont pas chômeurs et donc population à charge. C’est ce qu’on appelle une pyramide de Ponzi démographique, il n’a pas de fin sauf par l’effondrement inéluctable quand le poids des retraités d’une population en surchauffe fera s’effondrer le système de répartition…

Bientôt la retraite à 75 ans, normal ! (2023)

Bloquer le pays pour la retraite, c’est non ? (2023)

Grève des retraites ou grève du climat ? (2020)

Retraites : ce qu’en disent les écologistes (a)variés (2013)

Martine Aubry, la retraite et l’écologie (2011)

9 réflexions sur “La retraite à 60 ans, un non-sens écologique”

  1. Salauds de vieux, va !

    – Présidentielle 2027 : contenter les retraités ou préparer l’avenir de la jeunesse, la difficile équation des candidats face au conflit de générations (titre Le Monde 29 août 2026)

    – « La retraite à 60 ans, un non-sens écologique » (titre Biosphère))

    Ah, le conflit de générations … il ne manquait plus que ça ! Et comme s’il n’y avait que ça, comme non-sens écologique. Mais ça ne fait rien, chaque chose en son temps.
    Et donc, pour la paix des ménages, disons alors pour l’intelligence collective… si ce n’est plutôt pour se défouler un peu… aujourd’hui ON va casser du retraité.
    Du babyboumeur si vous préférez. Ou alors du papyboumeur. Bref, ces gens, comme moi, qui ont choisi de naître à la bonne époque, et au bon endroit. Ben quoi, je l’ai bien choisi, moi… de naître là et pas ailleurs. Parce que le veau bien. Quoi qu’il en soit ces nantis… toujours plus nombreux.
    Qui auront échappé aux guerres, vécu comme des nababs, et complètement salopé la Planète.
    Le Climat et les esprits et en même temps.

    1. Le sens de tout ça ?

      D’un côté les vieux, de l’autre les jeunes.
      D’un côté ceux du Sud, de l’autre ceux du Nord. D’un côté les rats des villes, de l’autre ceux des champs. D’un côté ceux de la Coordination rurale, de l’autre ceux de la Confédération paysanne. D’un côté ceux du Public, de l’autre ceux du Privé… etc. etc. etc.
      Diviser pour mieux régner ! C’est vieux comme le monde. Misère misère !

      S’étriper sur des conneries… et puis pendre les vieux (quand ce ne sont pas les jeunes, le temps ne fait rien à l’affaire) boucs émissaires, avec leurs tripes à des grues… ça fait du bien, ça défoule. Vive les « dé » ! Et surtout ça occupe.
      Pendant ce temps ON ne réfléchit pas au sens du Travail (Tripalium)… produire quoi, pour quoi, et pourquoi… ni à celui de la Réussite, de la Gloire, du Pognon, etc. etc. etc.
      Bref, au sens de Tout Ça.

    2. En retraite et en retrait

      Et donc ON continue, à résonner… comme le font les corps creux… à partir de principes et de postulats complètement foireux. Le Travail c’est la santé… il faut travailler plus, pour gagner plus, il faut créer toujours plus de richesses, il faut innover et blablabla ! Et puis de toute façon la Dette, il faudra bien la payer.
      Et puis la Guerre il faut s’y préparer. Et patati et patata !

      – « ON dit c’est la crise, on leur fout la trouille, ON les culpabilise, la croissance part en couille, sauvez vos entreprises, défendez donc vos fouilles, ne voyez-vous pas les enjeux ? Allons vos emplois sont en jeu, allez ! Achetez, achetez, achetez, achetez !
      Achetez…… Et ils le font. Qu’est-ce qu’ils sont cons… » (Matthieu Côte)

      – « Les autres pays ont compris la problématique, pas nous : [et patati et patata] »
      Bel exemple, que nous fournit là ce pauvre écologiste en retrait.
      En retrait de quoi, ON se le demande. Misère misère !

  2. allez, un petit effort !

    – « Les mots « gérontocratie » ou « veto générationnel » ont fait irruption dans le débat, renouvelant le récit, toujours vivace depuis la fin des « trente glorieuses », de la guerre des générations. […]
    La dégradation de la situation budgétaire de la France rend la question du partage des efforts de plus en plus prégnante » (Le MONDE)

    – « ON leur dit des efforts, ils disent OK.
    C’est de votre ressort, ils disent OK. [etc. etc.] » (Matthieu Côte)

    Et pendant qu’ON les abuse avec la « gérontocratie » ON ne parle pas de la ploutocratie.
    De toute façon ça c’est comme le « veto générationnel », la Supop etc. C’est tabou ! 🙂
    Et pendant qu’ON leur bourre le mou avec le partage des efforts, ils oublient le partage des richesses.
    Qu’est-ce qu’ils sont cons !

    1. Certes... et cependant !

      – « Certes, pour Cécile Van de Velde, il y a « un accroissement des inégalités intergénérationnelles » : « des portes fermées, un plafond de verre générationnel, un poids de la famille d’origine prépondérant » et, de fait, une « difficulté à trouver sa place et à gagner sa vie » pour les jeunes.
      Cependant, pour la sociologue, le conflit entre les générations est une « fausse idée. »
      Elle invite à penser « structurellement la répartition de nos richesses » : « Les jeunes ne sont jamais la priorité, c’est structurel. Pour autant, les jeunes sont très informés, très numérisés, et ont leur mot à dire. » L’enjeu serait alors de prendre en considérations les affects, les sentiments d’injustice, et de restaurer ce qui manque, à savoir « l’espoir. » »

      (La lutte des âges a-t-elle remplacé la lutte des classes ? radiofrance.fr 30 juillet 2025)

      1. La suite reste à écrire...

        – « Dans un monde où cohabitent jusqu’à cinq générations, les défis écologiques, économiques et sociaux nourrissent souvent un débat passionné sur les divergences intergénérationnelles. Cet article explore si les générations sont réellement en conflit sur ces thèmes centraux ou si des perspectives communes peuvent émerger malgré les différences apparentes. »
        (Écologie, emploi et conditions de vie : les générations sont-elles vraiment en conflit ? lafibredutri.fr)

        – « L’intensité des débats, leur forme même, dépendra de la capacité collective à reconnaître la diversité des destins générationnels. La sociologie invite à dépasser les procès en ingratitude ou en immobilisme. C’est en bâtissant des passerelles, plutôt que des murs, que le conflit des générations peut devenir un levier de transformation, au lieu d’alimenter la défiance. La suite reste à écrire, ensemble, génération après génération. » (Conflit des générations : Pourquoi s’affrontent-elles ? citizens-news.com)

  3. – « Comme l’exprime Jean-Marc Jancovici, « Retraites et études longues sont assises sur des consommations d’énergie importantes […] il n’y a beaucoup de retraités et d’étudiants que dans les pays qui consomment beaucoup d’énergie. [etc.] » (Biosphère)

    Comme ON peut dire aussi qu’il n’y a beaucoup de moulins à vent (brasseurs de vent, et autres bavasseurs) que dans les pays qui consomment beaucoup d’énergie.
    ON le sait, Janco est très fort pour transformer tout et n’importe quoi en kilowattheures ou en tonnes de joules. Et nous faire la promo du Nucléaire !
    Mais à part ça, à quoi sert-il ? Depuis près de trente ans qu’il leur explique tout ça… à nos «élites», du Système… en quoi son The Shift Project fait-il avancer les choses ?

    Allez les retraités, ON se secoue ! Qui peut me répondre ? 🙂

    1. – « On ne pourra pas tout sauver » : préparez-vous à choisir – Jean-Marc Jancovici (elucid.media 05/09/2026)

      Oui bon, Janco défend également la démocratie (démocrassie) et les assemblées citoyennes (Biosphère 31 août 2026 : Présidentielle, tirage au sort plutôt qu’élection !)
      Avec ça nous voilà bien avancés.
      Ceci dit… n’allez surtout pas penser que je voudrais voir Janco pendu à une grue.
      Pas plus qu’à un lampadaire, fusse t-il à huile. De baleine ou de foie de morue. Non !
      D’abord parce qu’il dit, aussi, beaucoup de choses vraies. Sur lesquelles je suis tout à fait d’accord. Et ensuite parce qu’il n’est pas le seul à rabâcher et à parler dans le vide.
      Bref camarades, préparer vous à choisir ! 🙂

    2. Les machos, à la maison !

      – « Critiques […] Le journaliste scientifique Sylvestre Huet, membre en tant qu’expert du Shift Project dirigé par Jean-Marc Jancovici, estime que ce dernier « ne parle pas beaucoup de la nécessité de changer les fondements capitalistes de notre société ou de la nécessité de réduire drastiquement les inégalités, de faire disparaître les grandes fortunes. Alors que c’est le seul moyen de rendre acceptable les politiques de sobriété, et même le GIEC le dit » […] D’après Le Monde, « il est perçu comme un macho à l’ancienne par une partie des écolos. Comme quand il souligne que son bilan carbone familial est bas parce que son épouse est à la maison [etc.] »
      (Wikipédia : Jean-Marc Jancovici)

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