Denis Langlois a écrit un livre en 2018, « Et si la révolution était possible »… dans la joie et la non-violence.
page 11 : « C’est faire un pari apparemment perdu d’avance. Miser à un contre cent millions, mais le un est primordial. Croire que l’humain peut devenir autre que ce qu’il est. »
page 25 : « Il nous faut rompre avec les méthodes qui ont été déjà utilisée et ont abouti à des échecs. Cela implique qu’il n’y a pas de leaders, pas d’appareils soucieux d’abord de leur pouvoir. Seulement des militants et des militantes librement désignés que l’on a chargé de mandats précis, limités dans le temps et résiliables à tout moment. »
Si j’ai bien compris le contenu global de ce livre, il correspond à ce que je croyais autrefois d’un mouvement révolutionnaire en marche, de la base vers une organisation collective. Maintenant à 78 ans j’en suis bien revenu de demander aux gens ce qu’ils voudraient de bien pour eux et la société.
Macron a essayé avec « le grand débat » de faire des cahiers de doléances au niveau national. Plus de la moitié des textes rédigés comportent moins de dix mots ; par contre on peut observer une forme de frénésie, le participant le plus actif a déposé 472 contributions. Il ne fallait pas être grand-clerc pour donner à l’avance ce qui ressortirait de ce « grand » débat : une demande massive de baisse d’impôts. Sans savoir quoi réduire et comment, à plus forte raison déterminer ce qu’il faut dégraisser comme surnuméraires. Les injonctions sur le climat sont contradictoires, nécessité de la taxe carbone mais forte défiance (55 %) quant à une forme de fiscalité sur le diesel ou l’essence pour modifier les comportements. De toute façon, Il n’y a eu aucune utilisation des résultats malgré son organisation officielle et nationale.
Sur ce blog biosphere, nous avons dénoncé depuis le début cette mascarade de démocratie d’origine politicienne.
16 janvier 2019, Sur ce blog biosphere, nous pensons que l’écologie ne sortira pas grandie d’un débat national improvisé faisant intervenir des individualités (tout le monde a la parole) sans donner de cadre aux diverses discussions (les mairies?) ni d’assurances sur la prise en compte des résultats. Le Grenelle de l’environnement était organisé de façon beaucoup plus sérieuse, et pourtant il n’avait abouti au parlement qu’à concéder des miettes.
24 février 2019, Corinne Lepage, ex-ministre de l’écologie : « A l’heure qu’il est, nul ne sait, sauf peut-être le président de la République, comment s’achèvera le « grand débat national » et sur quelles sortes de propositions, qu’elles soient organisationnelles ou de fond, il débouchera. Mais le malheur veut que, « en même temps », tous les instruments du débat public soient progressivement déconstruits ou programmés pour l’être. Tout d’abord, la suppression des enquêtes publiques… Vient ensuite la réduction massive du champ de l’étude d’impact environnemental… S’ajoute l’objectif du conseil d’État qui vise à réduire au minimum la recevabilité des recours… La France est désormais un pays dans lequel il est quasiment impossible, quelles que soient les illégalités, de gagner un procès contre EDF, Total et quelques autres totems de notre système… Enfin, cerise sur le gâteau, il s’agit désormais de supprimer le seul sas de débat public qui existait réellement, celui de la Commission nationale du débat public.
Nous avons des instruments institutionnels de prévoir dans la durée, nous ne les utilisons pas. Le mouvement d’idées ne peut partir de la base pour remonter vers le sommet (des mandataires). Il y a en effet trop de demandes et trop de contradictions dans les demandes et beaucoup de demandes impossible à satisfaire. Le seul truc qui a marché historiquement, ce sont les Évangiles et le manifeste du parti communiste qui reposent chacun sur la parole d’un seul homme. Mais on a vu dans l’un et l’autre cas la dénaturation de ce qui se voulait à l’origine utopique et généreux.
Il nous faut penser autrement. Les conférences de consensus et une Chambre du futur peuvent ouvrir la voie.
Quelle démocratie pour une société écologisée ?
extraits : Il faut instituer un nouveau pouvoir qui pourrait se caractériser par sa capacité à tenir un discours complexe, celui de l’écologie en interrelations avec l’économique et le social. On peut penser à deux formes de délibération démocratique, les conférences de consensus et la Chambre du futur.
Conférences de consensus
Sur une thématique particulière, par exemple la taxe carbone, un comité d’organisation constitue un panel représentatif de la population ordinaire, c’est-à-dire non expert de la question étudiée. Les membres sont tirés au sort. Il faut lutter contre l’hyper-spécialisation contemporaine qui transforme les individus en serviteurs d’une structure, par exemple une entreprise, un syndicat, un parti politique, etc. Il y a ensuite formation poussée de ce groupe de citoyen, avec audition d’experts, pas seulement scientifiques, mais aussi associatifs ou concernés. De cet apprentissage doit résulter la recherche par le groupe de la meilleure décision à prendre. A toutes les étapes de cette réflexion collective, la transparence sera requise grâce à la vidéo et à la publicité de la procédure. La démocratie aurait même tout à gagner à enfermer ce panel de citoyens entre quatre murs pour en faire une émission de télé-réalité qui, pour une fois, servirait à quelque chose.
Chambre du futur
C’est la Fondation pour la nature et l’homme (FNH) qui propose cette instance améliorée. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) deviendrait être une véritable assemblée du long terme ayant le pouvoir d’imposer, dans la fabrication de la loi, la prise en compte des évolutions climatiques et écologiques. Cette assemblée aurait même un pouvoir d’initiative spéciale sur les grands projets liés aux questions de long terme et un « droit de veto suspensif » vis-à-vis de projets de loi adoptés mais pas encore promulgués. Ce droit de veto contraindrait le Parlement à revoir sa copie. Dans le projet de la FNH, la Chambre du Futur serait composée de « deux collèges tirés au sort: un collège de scientifiques et de personnes reconnues pour leurs compétences environnementales et un collège de citoyens ». Aux côtés de cette « assemblée du long terme », des scientifiques assureraient une « veille scientifique ».
Mais le seul mouvement qui importe à l’heure actuelle, vu les détériorations structurelles dans lesquelles nous sommes, c’est l’idée de décroissance. Elle commence à être propagée par une élite intellectuelle d’avant-garde. Elle se diffuse ensuite dans la population. Tout changement commence par une modification de l’imaginaire social. Le PIB et son orientation croissanciste avait débouché sur la société de consommation. La grande crise énergétique qui se profile, avec toutes les perturbations socio-économique que cela va entraîner, obligera à mettre la croissance économique aux rang des idées fausses.
Michel Sourrouille

Nous sommes à peu près d’accord sur l’idée de décroissance et, s’il y a des différences sur ce qu’elle recouvre, elles sont les bienvenues… c’est une richesse de ce courant.
Le fait que l’effondrement dû à des réactions physiques de la biosphère soit plus probable que la résilience qui serait mise en oeuvre pour y échapper, ne condamne pas à ne rien faire pour promouvoir cette résilience.
Les chambres du futur et les conférences du consensus sont des gadgets institutionnels qui remplacent la baguette magique mais qui n’ont pas plus d’efficacité. Cela fait penser à ces révolutionnaires du XXe siècle qui voulaient toujours commencer par une « constituante ».
A tout prendre, les institutions de la Ve République sont un cadre de gouvernance politique qui ont le mérite d’exister. Proposons un programme concret : fin des énergies fossiles, fin de l’extractivisme, fin du commerce international par exemple et si nous faisons 0,5 % des voix, ça sera toujours mieux qu’une convention citoyenne à la Macron.
Je crois que ce n’est pas possible parce qu’un véritable changement saperait les équilibres de la société et que personne n’osera s’engager là dedans.
Il supposerait de remettre en cause la croissance de nos effectifs, de notre niveau de vie, de tout le toujours plus qui fait la ligne directrice de notre civilisation et plus généralement du sentiment que la planète est notre propriété et doit être au service de l’Homme. C’est un retournement tellement profond qu’il est inconcevable.
Le changement arrivera donc sous la contrainte des faits et non de la volonté des hommes. La finitude matérielle de la planète nous dictera les conditions de la survie de la biosphère avec toute la brutalité des réalités.
Mais, si vous croyez que ce n’est pas possible… qu’est-ce qui vous pousse alors à militer pour la décroissance de nos effectifs ? N’y a t-il pas là une sorte de contradiction ?
Ben non bien sûr, puisque le seul mouvement qui importe à l’heure actuelle, vu les détériorations structurelles dans lesquelles nous sommes… c’est l’idée de décroissance.
J’espère que vous êtes au moins d’accord avec ce que dit là Michel Sourrouille.
De mon côté, du moment qu’ON essaie, chacun à sa manière… de promouvoir les idées de la Décroissance… finalement à moi ça me va.
Ce qui ne m’empêche pas de me focaliser davantage sur la Surconso que sur la Surpop.
Et de préférer cotiser au parti d’en rire plutôt qu’à celui de la sinistrose.
Conférence de consensus… jury de consensus…
Quand j’entends ce mot je pense de suite à Vivre et penser comme des porcs.
– « Les Animaux malades du consensus », de Gilles Châtelet (Le MONDE 28 avril 2010)
– « Le consensus est un processus qui génère beaucoup d’engouement dans nos milieux alternatifs, parfois au point de devenir le seul processus de décision.
Après l’avoir expérimenté pendant 10 ans, Sacha Epp analyse ses limites et ses inconvénients, souvent peu conscientisés. »
(Avantages et limites de la prise de décision au consensus – cairn.info/revue-silence-2021-11)
« Après ce réquisitoire, le Consensus et le Consentement sont-ils à mettre aux oubliettes de la gouvernance ?
Non ! Simplement, utilisez-les uniquement si votre groupe remplit les conditions. »
(Avantages et limites du consensus et du consentement – gouvernanceintegrative.com)
Alors va pour le Consensus, mais seulement avec … modération !
Quant à cette nouvelle Chambre, améliorée, j’ai bien peur qu’elle ne devienne une chambre à coucher de plus. Une sorte de grand ou de petit machin où il ferait bon dormir, rêver, ronfler, pour ne pas dire brasser du vent. Mais bon… j’ai peut-être besoin de voir le mal partout.
– « Mais le seul mouvement qui importe à l’heure actuelle, vu les détériorations structurelles dans lesquelles nous sommes, c’est l’idée de décroissance. [etc.] » (Michel Sourrouille).
Et là, tiens, comme par hasard… voilà que je suis parfaitement d’accord ! 😉
– « Devant les parlementaires français réunis en Congrès à Versailles, lundi 3 juillet, Emmanuel Macron a annoncé son souhait d’établir une « Chambre du Futur », une assemblée destinée à veiller au long terme dans les politiques de l’État, notamment pour des enjeux tels que la protection du climat. [etc.]» (consoglobe.com 4 juillet … 2017)
– « La FNH, « à l’origine de cette idée, se félicite » des propos de M. Macron mais cette annonce « doit maintenant être précisée » [etc.] » (sciencesetavenir.fr 04.07.2017)
– la France aura bientôt une « Chambre du futur » (Biosphère 9 juillet 2017)
– « En définitive, le vœu présidentiel d’un CESE transformé en Chambre du futur n’a été exaucé ni dans la forme ni dans le fond tant par le Gouvernement que par les députés de la Commission des lois. »
(Vers une chambre du futur ? Par Florian Savonitto14/01/2020 – droit.cairn.info)
-« Maintenant à 78 ans j’en suis bien revenu de demander aux gens ce qu’ils voudraient de bien pour eux et la société. » (Michel Sourrouille, Biosphère)
Et oh combien je comprends ce… désenchantement.
Comme quoi, déjà, tous les Dé ne sont pas à mettre dans le même panier.
Là encore il y a les bons et les mauvais. Désenchantement, désespoir etc. c’est pas bon.
Maintenant s’il ne s’agit là que d’un petit coup de blues, une petite fatigue passagère, peut-être due à l’âge … alors ce n’est pas bien grave. Et c’est ce que j’espère, et en plus ce que je crois.
Le temps (l’âge) ne fait rien à l’affaire, Michel Sourrouille n’est donc pas résigné à baisser les bras, moi non plus d’ailleurs, et tant mieux ! 🙂 (à suivre)
(suite) Tiens la Preuve, en suivant il nous dit le YAKFOCON qui pourrait aller bien :
– « Il nous faut penser autrement. Les conférences de consensus et une Chambre du futur peuvent ouvrir la voie. »
Décoloniser nos imaginaires… pour penser autrement. Alors ça oui c’est bon !
Quant à ces conférences, de consensus… et cette Chambre, améliorée (sic)… qui peuvent, ou qui pourraient… ouvrir la Voie… alors là !!!!
Et ce n’est pas que je veuille encore plus plomber le moral de ceux qui y croient.
Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005, il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
https://biosphere.ouvaton.org/blog/
Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
https://biosphere.ouvaton.org/
Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
Prière par vos commentaires de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.