La Suisse veut limiter sa population, une votation

Votation populaire du 14 juin 2026 : « Pas de Suisse à 10 millions ! (initiative pour la durabilité) » Le canton de Fribourg, détient un record, 89 % de « oui » au texte dénonçant le « surpeuplement et la densité excessive de population », même si son territoire communal est surtout composé de forêts et de pâturages.

Mais le texte a été refusé à 54,8 % des votants, ainsi que par la majorité des cantons.« Les citoyens ont donné un signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité », s’est réjoui le ministre Beat Jans, avant de reconnaître que le pays était confronté à des défis, citant la crise du logement, l’engorgement des transports et l’immigration.

Serge Enderlin : La Suisse n’est pas devenue, dimanche 14 juin, le premier Etat au monde à se fixer un plafond démographique, comme le proposait une initiative du parti nationaliste et populiste UDC, visant avant tout à fermer les portes à l’immigration. Elle dépassera donc un jour la barre des 10 millions d’habitants, elle qui connaît la plus forte croissance démographique du continent (+ 25 % en un quart de siècle), un accroissement presque uniquement dû à l’immigration. Le parti UDC resservait, pour la onzième fois en un demi-siècle, une énième mouture de ses fixations isolationnistes à coloration xénophobe.

La pause avant une prochaine votation sur un libellé similaire devrait être de courte durée. Le 25 novembre 2025, la chancellerie fédérale de Berne validait 107 974 signatures d’une nouvelle initiative populaire intitulée « Stop aux abus de l’asile ! (Initiative pour la protection des frontières) ». En clair, d’ici à deux ans, les Suisses voteront à nouveau sur le sujet, sous une autre formulation.

Le point de vue des écologistes du moins nombreux, plus heureux

– Les écolos sont très favorables à la limitation de la population, ce n’est pas un point de vue d’extrême droite !

– Ce débat sur le chiffre d’une population à ne pas dépasser a les allures d’une question écologique sur la décroissance économique et démographique, sur le respect de la nature, la conservation des terres arables et des espaces naturels.

– La baisse de fécondité est donc une bonne nouvelle, compter sur l’immigration pour combler des vides qui n’existent pas est un argument des patrons qui veulent une main d’œuvre moins chère et l’armée qui a besoin de troupes.

– Disqualifier les malthusiens en les traitant de xénophobes comme dans l’article du MONDE est une manière éhontée d’éviter le débat de fond : à 10 millions d’habitants, la Suisse est un pays surpeuplé.

– Quant à l’adage voulant que moins un territoire est métissé, plus il est xénophobe, rappelons que la Suisse compte 25% d’étrangers, soit le double de la France.

– Une réflexion similaire à la Suisse a émergé aux Pays-Bas. Comme la Suisse, le pays compte parmi les plus densément peuplés d’Europe et connaît une croissance démographique alimentée par le solde migratoire. Dans les années 1990, une organisation appelée le «Club des dix millions» prônait une limitation à 10 millions d’habitants de la population néerlandaise. Mais ses recommandations ne se sont pas traduites en mesures. Sa population s’élève aujourd’hui à 18 millions de personnes, 435 hab. /km2 …

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

La Suisse veut limiter sa population le 14 juin (mai 2026)

extraits : Pourquoi l’initiative pour la durabilité est aujourd’hui nécessaire selon l’UDC : « Nous avons perdu le contrôle. L’immigration de masse et ses conséquences négatives marquent notre quotidien presque partout.Les ressources de notre petit pays sont limitées à tous égards. Outre les terres agricoles dont nous avons un besoin urgent, une grande partie de la Suisse est constituée de forêts, de montagnes et de cours d’eau. La surface urbanisée ne représente que 7,5 % de la superficie totale. C’est là que tout est entassé. À la fin de l’année 2025, la Suisse comptait environ 9,1 millions d’habitants. La population résidente permanente a augmenté d’un million de personnes en l’espace de 12 ans.’initiative pour la durabilité vise à garantir une immigration raisonnable : d’ici 2050, la population résidente permanente ne devra pas dépasser la barre des 10 millions. Cela signifie qu’environ seuls 40 000 personnes et travailleurs qualifiés pourraient encore immigrer en Suisse chaque année. »….

À lire obligatoirement, « Moins nombreux, plus heureux », le livre

 

19 réflexions sur “La Suisse veut limiter sa population, une votation”

  1. La Suisse dit Non à l’UDC : Les VERT-E-S sont soulagé-e-s par le rejet clair de l’initiative du chaos de l’UDC. La population veut une Suisse ouverte. Une fois de plus, l’UDC est mise en échec avec son initiative xénophobe et isolationniste. La preuve que la population veut une Suisse ouverte et un avenir qui place les droits humains, le droit d’asile et la collaboration avec l’Europe au centre. « Les partis bourgeois doivent cesser leur complaisance envers le narratif haineux de l’UDC », martèle Lisa Mazzone, présidente des VERT-E-S suisses.
    https://verts.ch/communiques/la-suisse-dit-non-a-ludc

    Notre commentaire : La considération écologique est absente de ce communiqué, nous sommes seulement dans une logique de parti contre parti. Or la votation posait le problème fondamental de la limite démographique que ne doit pas dépasser un pays pour respecter ses équilibres durables…

  2. texte européen sur l’immigration, le règlement dit « Retour », qui doit être adopté définitivement mercredi 17 juin par le Parlement européen durcira drastiquement la politique migratoire du continent. Il renforce les sanctions et le renvoi des personnes déboutées du droit d’asile.

  3. Daniel MARTIN

    Un référendum qui évoque aujourd’hui dans un pays de l’espace Européen un seuil d’habitants dans un pays de l’espace à ne pas vouloir dépasser est déjà un début de prise en compte de la problématique démographique avec ses impacts les plus désastreux. À l’heure où les candidats à l’élection présidentielle de 2027 en France élaborent leurs programmes, il serait souhaitable que cette question soit enfin abordée avec lucidité et sans dogmatisme. La démographie n’est ni un sujet secondaire ni une question idéologique. Elle constitue l’un des paramètres essentiels de notre avenir collectif et conditionne, pour une large part, notre capacité à répondre aux défis environnementaux, économiques et sociaux du XXIe siècle.

  4. entre peur et soulagement

    – « Référendum de la peur » : à Delémont, la votation pour limiter la population à 10 millions d’habitants inquiète et divise (lalsace.fr/politique/2026/06/13)

    – Votation en Suisse : « Un signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité », près de 55% des Suisses rejettent l’initiative anti-immigration (rtbf.be 14 juin 2026)

  5. point de vue du parti d'en rire

    – « Les écolos sont très favorables à la limitation de la population, ce n’est pas un point de vue d’extrême droite ! » (Le point de vue d’un de ces écologistes un peu perdus)
    => L’écologie ne peut donc être que d’extrême-droite !

    – « Ce débat sur le chiffre d’une population à ne pas dépasser a les allures d’une question écologique sur la décroissance économique et démographique, sur le respect de la nature, la conservation des terres arables et des espaces naturels. » (Le point de vue d’un de ces écologistes qui ne se fient qu’aux apparences)
    => C’est comme le Canada-Dry. Ça a la couleur de l’alcool, le goût de l’alcool… mais ce n’est pas de l’alcool !

  6. Faut oser quand même, non ?

    – « Disqualifier les malthusiens en les traitant de xénophobes comme dans l’article du MONDE est une manière éhontée d’éviter le débat de fond : à 10 millions d’habitants, la Suisse est un pays surpeuplé. » (Le point de vue d’un de ces écologistes pas assez heureux)

    J’éviterais d’évoquer la honte… parce que ça aussi, malheureusement, de nos jours ça ne veut plus dire grand chose. Quant à ce débat, de fond… laissez-moi rire. Débattre ne veut plus rien dire. Le débat est mort il y a 2400 ans, c’est Socrate qui l’a enterré. 🙂

  7. Il faut limiter la consommation ET la population, c’est la seule voie écologiste pour éviter un effondrement brutal. Cela conduit à une baisse du niveau de vie, qu’il s’agisse de la consommation des biens et services marchands ou de l’usage des services publics. Malheureusement aucun parti ne s’y résout en France, en particulier les Ecologistes, qui veulent attirer les suffrages des classes populaires et des immigrés pour obtenir des mandats électifs.

    1. Oui il faut. Alors yaka. Pour ce qui est de la consommation, il n’y a qu’à faire un référendum, ou une votation. Moi je suis POUR.
      Pour savoir ce qu’en pensent et en disent les petits bourgeois.
      S’ils sont POUR ou bien CONTRE, si c’est OUI ou si c’est NON.
      Le comble serait alors que les Fribourgeois disent NON à 89%.
      Pour ce qui est de la population, c’est donc NON.
      N’en déplaise bien sûr à l’UDC, et à tous ces pauvres Fribourgeois.

      1. Merci Monsieur Barthès

        Enfin tous mes efforts portent leurs fruits… enfin vous pensez comme moi.
        Non non, ne rajoutez rien, ne gâchez surtout pas mon petit plaisir. 🙂

        1. Didier BARTHES

          Euh bien sur c’était à Monsieur Lacan que je répondais (sinon ma réponse aurait été décalée vers la droite de l’écran comme d’habitude quand on répond). Désolé d’avoir gâché quelque chose par cette précision que vous aviez sans doute envisagée, mais pour les lecteurs autres que nous, bien habitués à Biosphère, elle était nécessaire.

        2. Parti d'en rire

          Tout à fait ! Autant pour moi, Monsieur Barthès. En effet j’avais oublié que vous étiez décalé à droite. Eh ben tant pis pour tous mes efforts et mon petit plaisir.

  8. Didier BARTHES

    La densité de population de la Suisse (220 habitants au km carré, soit pas loin du double de la France) est évidemment excessive, cette initiative était une très bonne chose et, s’il n’y a pas eu de majorité pour cette limitation, du moins le score est loin d’être négligeable.
    Les gens du canton de Fribourg sont tout simplement réalistes, bravo à eux.
    Rappelons que la Suisse, comme la majorité des pays européens riches et densément peuplés, se nourrissent sur l’extérieur (via les importations alimentaires).
    Et encore une fois, laissons de la place à la nature.
    Partout de tels référendums devraient être organisés, pensons aux Pays Bas avec plus de 400 habitants par km carré.

    1. parti d'en rire

      Que cette initiative soit une très bonne chose ou pas, les Suisses ont dit NON !
      Et ça, pour moi, c’est quand même une bonne nouvelle. Pour moi c’est la Preuve que les Suisses ne sont pas tous des bœufs. N’en déplaise bien sûr à l’UDC, à Malthus, et à tous ces pauvres Fribourgeois.

      1. Didier BARTHES

        Je ne doute pas que vous avez des solutions miracles clairement estampillées bien pensantes pour :
        – nourrir une population toujours plus nombreuse dans un espace qui ne grandit pas d’un pouce
        – loger décemment une population toujours plus nombreuse dans etc.
        – donner un emploi et construire les entreprises pour une population toujours plus nombreuse dans etc.
        – protéger l’environnement et laisser de la place à la nature dans le cadre d’une population toujours plus nombreuse dans un espace qui etc.
        Éventuellement donnez-les nous (en dehors, merci, de : changer les imaginaires car les imaginaires nourrissent peu).

  9. – « Le canton de Fribourg, détient un record, 89 % de « oui » [etc.] »

    Et comme par hasard, le canton de Fribourg détient tous les records d’extrême droite.
    – L’extrême-droite fribourgeoise passe à l’offensive (lecolvertdupeuple.ch/2023/05/24)

    1. La question de la surpopulation n’est pas un problème pour une extrême droite qui veut au contraire beaucoup d’enfants !
      La question de la surpopulation devrait être une préoccupation pour tous les humains sans exception quel que soit leur idéologie ou leur culture. Bien entendu une évolution démographique résulte à la fois du solde naturel et du solde migratoire, la question des migrations constitue donc une considération nécessaire.

      Mais puisque tous les territoires sont surpeuplés, il devrait donc être évident que toute migration pose problème… quel que soit l’officine politique dont on relève.

    2. Gauche pourrie ad extremum

      La surpopulation surtout afromuzz existe dans les régions détenues par la gauche naturellement démagogue et antinationale : cette gauche pourrie jusqu’ à l’ os ne pourrait survivre sans le vote de ses chers migrants (qu’ elle méprise au fond d’ elle -même) mais elle oublie que ceux – ci devenus très nombreux iront les étriper dans leurs beaux quartiers et prendre leur place : je m’ esbaudis d’ avance et attends ce moment privilégié avec impatience .

      1. Ça oui, c’est de l’argumentation ! Si c’est pas malheureux, que dis-je misérable… d’alimenter ainsi le débat de fond !

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