La surpopulation n’est pas le problème

Il a été officiellement reconnu par l’Organisation des Nations unies (ONU) que depuis le 15 novembre 2022, la planète compte plus de 8 milliards d’êtres humains. Ce chiffre semble énorme, il est plus que cela, ingérable et invivable. La surpopulation est un fait. Pourtant certains en doutent encore malgré l’évidence.

Gabrielle Andriamanjatoson, le 25 novembre 2022 : La surpopulation n’est en aucun cas le problème de notre planète, voici pourquoi.

La surpopulation est un problème qui a été évoqué dès la révolution industrielle au 19e siècle ; les experts prévoyant alors des conséquences catastrophiques, notamment à cause du manque d’espace et de ressources pour faire face à la croissance démographique. Mais l’histoire a montré que, finalement, même s’il y a plus de personnes sur Terre, la qualité de vie des humains s’est généralement améliorée. Même si les humains ont déjà largement dépassé la capacité optimale de la Terre à pourvoir à leurs besoins, il reste assez de ressources pour qu’on puisse subvenir à nos besoins. En fait, la pire facette de la croissance démographique, c’est le vieillissement démographique. Du fait que les humains ont tendance à avoir moins d’enfants, la population a tendance à compter plus de personnes âgées. Autrement dit, il y aura de moins en moins de jeunes pour travailler, alors qu’il y aura de plus en plus de vieux qui auront besoin de soutien et de soins. Mais les experts estiment qu’avec une meilleure organisation et une bonne utilisation des ressources qui sont à notre disposition, ce problème peut être facilement réglé. Le véritable problème, c’est la manière dont on gère les ressources nécessaires, notamment le changement climatique. Or le changement climatique n’est pas une conséquence de la surpopulation, mais de la manière dont on a décidé d’utiliser les ressources et l’énergie jusqu’à présent. Lhumanité ne devrait arriver à 10,4 milliards d’habitants qu’en 2100, et à partir de là, la croissance démographique va se stabiliser ou décliner.

mais sur le même site, un article antérieur dit l’inverse !

Ida Junker-Ceretti, le 18 janvier 2017

Il est clair pour nous tous que notre planète n’est pas extensible. Il n’y a pas beaucoup d’espace sur la Terre, sans parler des ressources – nourriture, eau et énergie – indispensables pour ses habitants. Ainsi, il semble logique qu’une population humaine croissante constitue une sorte de menace pour le bien-être de la planète Terre. La croissance démographique a été si rapide qu’il n’y a pas de véritable précédent historique. En d’autres termes, alors que la planète pourrait accueillir plus de 11 milliards de personnes d’ici la fin du siècle, notre niveau actuel des connaissances ne permet pas de prédire si une telle population est durable, tout simplement parce que cela n’est jamais arrivé auparavant.

Des centres urbains à faible revenu pourraient quitter les trajectoires de développement à faible émission de carbone. Le vrai problème se poserait si les personnes vivant dans ces régions décidaient d’exiger des modes de vie et les taux de consommation actuellement considérés comme normaux dans les pays à haut revenu ; quelque chose que beaucoup considèrent comme juste. Mais cela conduit à une conclusion peu confortable : les personnes vivant dans les pays à revenu élevé doivent jouer leur rôle, si le monde devait soutenir une grande population humaine. Dans cette optique, il doit y avoir un changement radical dans les valeurs fondamentales des sociétés développées : loin de mettre l’accent sur la richesse matérielle, elles devraient se tourner vers un modèle où le bien-être individuel et sociétal est considéré comme le plus important. Même si ces changements se produisent, il semble peu probable que notre planète pourrait vraiment supporter une population de 11 milliards d’individus. Nous devrions stabiliser la population mondiale, si possible à environ neuf milliards, et ensuite commencer une longue et lente évolution de la population décroissante. Cela signifie la réduction des taux de fécondité. La fécondité par femme est tombée de 4,7 bébés en 1970-1975 à 2,6 en 2005-10. Cependant, cela pourrait encore prendre des siècles avant que des réductions significatives ne surviennent. Les tendances sont si profondes que même un scénario apocalyptique pourrait ne pas changer leur cours.

Combien de personnes, en théorie, la Terre pourrait-elle supporter ? Ce nombre est entièrement dépendant des technologies … et du nombre de personnes que nous sommes prêts à condamner à une vie de pauvreté ou de malnutrition. Nous sommes déjà bien au-dessus du nombre durable, compte tenu des choix de vie de beaucoup d’entre nous et de notre réticence à les changer. À l’appui de cette affirmation, les problèmes du changement climatique, l’extinction de la biodiversité en cours, la pollution de masse des océans, le fait qu’un milliard de personnes souffrent de la faim et qu’un autre milliard de personnes ont des carences en éléments nutritifs. En fin de compte, le véritable enjeu est de savoir comment nous choisissons de faire fonctionner notre société. Si certains d’entre nous ou tous consomment beaucoup de ressources, la population maximale durable sera plus faible. Si nous trouvons des moyens pour chacun de consommer moins, idéalement sans sacrifier notre confort, la Terre sera en mesure de supporter plus d’humains.

Pour l’avenir prévisible, la Terre est notre seule maison et nous devons trouver un moyen de vivre de manière durable. Il semble clair que cela exige une réduction de notre consommation, en particulier une transition vers des modes de vie à faible empreinte carbone, et l’amélioration de la situation des femmes dans le monde entier.

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6 réflexions sur “La surpopulation n’est pas le problème”

  1. Rénouard Claude

    Bonjour.
    La population en France a beaucoup augmentée depuis 1945.
    Cela a servi à quoi ?
    A aller dans le sens de la société de consommation ?
    A l extension sans fin des villes , bourgs , villages
    A la multiplication de toutes sortes d infrastructures.
    Et cela apporte quoi hormis le  » facile, pratique, etc sans fin.
    Il y aurait peut-être à s interroger sur l art de vivre, la contemplation, la beauté :
    Quand on lit dans un livre sur le réaménagement d immeubles anciens édité par un écologiste que cent mètres carrés pour deux personnes cela pose problème…
    Qu un crétin propose de fixer un quota de surface habitable avec à la clef un service pour contrôler ceci ….
    Cela fait penser aux bolcheviks et aux logements communs.
    Maintenant si l idéal sont les villes et appartement s chinois….
    Bref l écologie devrait aussi penser à l art de vivre.
    Il faut aussi que les humains aient une belle vie dans de beaux lieux de vie.
    Claude

  2. Le dernier numéro de La Décroissance n’a donc pas jugé bon de consacrer une seule ligne à ces 8 milliards. Et alors… où est le PROBLÈME ?

    – « En fréquentant les milieux écologistes, nous croisons inévitablement des militants pour la réduction de la population humaine […] Il est particulièrement aisé de percevoir le caractère pathologique de leur démarche. » (Vincent Cheynet, La Décroissance juillet 2009)
    De mon point de vue, c’est là une des deux meilleures synthèses qu’on puisse faire sur ce sujet «miné». La seconde est celle d’Yves Cochet, en parlant des écologistes :
    – « Ils ont résolu le problème, ils n’en parlent pas. »
    Tant mieux pour eux, s’ils l’ont résolu.

    Maintenant, si la « modération » le permet… je vais développer. Et puis elle en fera ce qu’elle voudra ! Elle pourra le foutre à la Corbeille, si ça peut lui faire du bien. Mais qu’elle ne s’étonne après que ce soit son blog qui aille à la Poubelle.

    1. Pour moi, le PROBLÈME est du côté de ceux qui ne font qu’en parler.

      – « Il y a deux manières d’occulter la réalité de la surpopulation, soit l’ignorer, soit la dénigrer. » (Biosphère)
      Michel Sourrouille (Biosphère) semble ne pas pouvoir accepter l’idée que de ne pas en parler, voire d’en parler comme le font certains «ultra-cons», dont moi… puisse être autre chose que du simple déni. Or il y a aussi la résignation et l’acceptation, qu’il ne faut toutefois pas confondre.
      Tout le monde a compris que ce sujet est «miné», depuis l’Antiquité, et qu’il ne sert à rien d’en parler. D’autant plus que quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, et que ça nous plaise ou non… ce sera 10 milliards. À moins bien sûr d’une grosse cata d’ici là etc. etc.
      Tout le monde a compris… sauf Michel Sourrouille, et quelques autres.
      Là encore, on semble ne pas pouvoir accepter cette réalité. ( à suivre )

      1. Le déni tourne alors à l’obsession. Il ne faut plus parler que de ça… répéter en boucle etc. et consacrer tous les jours du moins de novembre aux 8 milliards, consacrer son blog, sa vie, à ce seul sujet …
        L’obsession est une névrose, un trouble mental. Le PROBLÈME c’est alors ces propos plus que douteux dont il est, comme l’écrit Cheynet, particulièrement aisé de percevoir le caractère pathologique. Et très clairement sur Biosphère.
        Le PROBLÈME c’est que ces propos viennent échauffer les esprits, perturber encore plus le climat. Bien sûr je ne parle pas là du climat dont on parle dans les COP, et là encore pour rien.

  3. «  La décroissance contre Malthus » est un dossier en supplément de la Décroissance de juillet 2009. Il constituait une philippique contre les « malthusiens » alors que la limitation des naissances est un des moyens de protéger l’environnement. Vincent Cheynet, le rédacteur en chef, osait y écrire : « En fréquentant les milieux écologistes, nous croisons inévitablement des militants pour la réduction de la population humaine […] Il est particulièrement aisé de percevoir le caractère pathologique de leur démarche ».
    Les Malthusiens seraient donc « caractérisés par tous les traits de la phobie sociale » Même Yves Cochet ne trouvait plus grâce à leurs yeux depuis qu’il préconisait de diminuer les allocations familiales à partir du deuxième enfant. Les rédacteurs de « La Décroissance » n’imaginent pas que l’on puisse allier décroissance économique ET décroissance démographique. Dommage !

    1. Notons que le dernier numéro du journal la Décroissance daté de novembre 2022 et donc sachant en toute connaissance de cause le passage aux 8 milliards (le 15 de ce mois) n’a pas jugé bon de consacrer à cet évènement une seule ligne. Il y a deux manières d’occulter la réalité de la surpopulation, soit l’ignorer, soit la dénigrer.
      Notez aussi que nous sommes lecteur de ce journal depuis son origine et que c’est une revue indispensable à la réflexion collective…
      mais difficile de ne pas avoir de défauts.

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