La technocratie verte gagne les métropoles

Propagandiste sur ce blog depuis plus de vingt ans pour les « dé », décroissance, démilitarisation, démondialisation, dévoiturage … nous sommes étonnés que l’écologie institutionnelle n’envisage pas la désurbanisation, ce que dénonce à juste titre un bimestriel :

in La Décroissance, septembre-octobre 2021 (page 25)

Guillaume Faburel : Les écologistes en tant que parti séduisent l’électorat citadin. Il est vrai que les politiques que mènent les Verts servent les privilèges métropolitains, renaturation, forêts urbaines, écoquartiers numérisés, mobilité décarbonée, etc… Il s’agit de bucoliser les rues en se croyant vertueux sans se soucier de l’extérieur dont la ville dépend. Or l’autonomie alimentaire est de deux à trois jours dans les cent plus grandes villes de France. L’autonomie énergétique, de six heures. Pour Paris, il faudrait cultiver l’équivalent de sa superficie pour atteindre l’autosuffisance en seuls fruits et légumes. Tout cela alors même que l’on sait, depuis Aristote jusqu’à Robin Dunbar et Leopold Kohr, que l’on ne peut sérieusement faire communauté et démocratie à de tels niveaux de peuplement.

Les Verts veulent le pouvoir et fournissent des légions de technocrates pour administrer les métropoles sans jamais questionner la taille de villes et la croissance urbaine. Plutôt que de démanteler, le parti écologiste prétend adapter. Un précurseur de la décroissance comme Jacques Ellul était pourtant clair : «  Il faut aménager un étalement des populations sur l’ensemble du territoire et détruire les agglomérations urbaines buboniques. »

L’écologie urbaine est fondamentalement bourgeoise et technocratique. Elle masque les autres manières de penser et d’habiter qui ont été revendiquées depuis toujours par la littérature écologiste : des formes de société démassifiées et relocalisées, et ce faisant autogérées et auto-limitées, des communautés à l’échelle humaine. Que nous le voulions ou non, c’est contraints et forcés, pour essayer de survivre, qu’une société à prédominance rurale s’imposera bientôt.

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Désurbanisation ou ville autarcique ?

extraits : Tandis que 30 % de la population mondiale vivaient dans les zones urbaines en 1950, cette proportion est passé à 47 % en 2000 et devrait atteindre 60 % en 2030 et 70 % en 2050. En France, c’est déjà plus de 82 %. On assiste véritablement à « l’explosion de l’urbain », il s’agit d’un processus généralisé d’artificialisation de la vie. La vie dans les grandes villes brise les cycles naturels et nous coupe de notre lien intime avec la nature. Nous vivons dans des cités où nous oublions facilement que la nature travaille en cercles fermés. Croire qu’on peut faire aussi bien que la biosphère dans un appartement urbain, c’est du délire…

7 réflexions sur “La technocratie verte gagne les métropoles”

  1. (4/4) Avec 8 milliards d’individus, la densité moyenne atteint sur terre 60 habitant /km², mais avec une répartition très inégale. Pour ne citer que l’exemple français : 23 000 hab/km² à Paris, 340 à la Réunion, 121 en métropole (85 sans les villes de plus de 30 000 hab), et 15 hab/km² en Lozère-les-Bienheureux. Mais même si on « effaçait » les susdites villes, cela n’abaisserait que de 30 % la population métropolitaine, ce qui serait largement insuffisant. Il faudrait donc agir sur l’ensemble du territoire. En conséquence, la seule solution efficace pour tendre vers une démographie vivable reste la mise en œuvre d’une politique malthusienne d’une grande rigueur. On entend déjà les cris d’orfraie : – Dictateur écolo ! – Khmer vert ! – Chasseur d’enfants ! …Merci pour les compliments, mais « un homme qui n’aime ni les chiens ni les enfants ne peut pas être foncièrement mauvais. » (Citation attribuée à W.C. Fields – variations possibles).

    1. MC du parti d'en rire

      C’est pas mal, vous méritez la moyenne, mais vous pouvez mieux faire.
      Pourquoi les géologues ? Les astronautes ne sont-ils pas plus crédibles ? (1/4)
      Voire les dermatologues (2/4 et 3/4)
      Quant à cette démographie vivable (4/4) … je suppose qu’il s’agit d’une variante de la dite responsable, en sourdine ces temps-ci. Faudrait pas, là non plus, l’accoutrer de qualificatifs trop grotesques, cette pauvre démographie. La juste mesure, quoi.

  2. (3/4) La superficie potentiellement habitable par l’homme ne couvre qu’un quart de la surface du globe, soit 135 millions km² ; l’épaisseur de la zone où réside l’essentiel de la masse du vivant continental est largement inférieure à 50 m (les plus hauts arbres), y compris l’épaisseur du sol au sens pédologique. L’espace de vie possible pour les humains n’est finalement qu’un lambeau de peau d’une extrême minceur. L’occupation ne peut y être que surfacique ; les occupations volumiques, avec leur dimension verticale (en épaisseur) comme les mégapoles à gratte-ciel ne sont que pustules et furoncles sur cette peau. Alors ? Un petit nettoyage de peau ? Peut-être le virus poutine et son variant trump occidental vont-ils s’en charger.

  3. (2/4) Quoi qu’en proclament, acertainent, prophétisent, imaginent les religieux et les croyants de toutes obédiences, les chercheurs d’exo planètes ou de chimériques mondes parallèles… il n’existe pas d’autre lieux de vie à courte ou lointaine échéance que CETTE PEAU FRAGILE. Foin des élucubrations des scientistes qui nous imagineraient bien vivre dans des villes sous-marines ou bien dans l’espace… Qu’ils y aillent ! Les images satellitaires montrent, le long des côtes surtout, les taches grises aux contours irréguliers, parfois tentaculaires, que forment les centres urbains et les mégapoles. Certains s’extasient sur la beauté de leurs illuminations nocturnes mais, une fois le jour revenu, avez-vous remarqué leur ressemblance avec les taches de son qui coloniseront (colonisent) notre peau avec l’âge et que l’on nomme joliment FLEURS DE MORT ? Assumons cet anthropomorphisme.

  4. (1/4) On n’entend pas suffisamment les géologues qui, avec une conscience plus aiguë des dimensions en surface et en volume de l’espace habitable par le vivant, devraient depuis longtemps avoir attiré l’attention sur l’exiguïté de notre maison terrestre : exiguïté eu égard à la masse de la population humaine ; exiguïté face à la raréfaction des refuges pour l’espèce suite à sa dérive démographique et aux nuisances infligées alentour ; exiguïté des « ressources » disponibles. C’est un poncif que de s’extasier à l’instar des premiers astronautes sur la beauté et la petitesse du globe terrestre. Même si nous le savions déjà, les images satellitaires ont eu l’intérêt de matérialiser pour la première fois aux yeux du grand public l’extrême minceur de notre atmosphère. On y distingue bien ce film ténu qui nappe la Terre, notamment sur les photos du globe en visée rasante et on ressent alors la fragilité de l’enveloppe où se concentre la quasi-totalité du vivant.

  5. MC Esprit critique

    – « l’écologie institutionnelle n’envisage pas la désurbanisation » (Biosphère)
    – « L’écologie métropolitaine est fondamentalement bourgeoise et technocratique » (Guillaume Faburel, La Décroissance)

    Tout à fait. L’écologie métropolitaine que Biosphère confond avec l’écologie urbaine. 😉
    L’écologie urbaine qu’ON ne doit pas con fondre avec l’écologie banlieusarde. Oui ça existe ! l
    Et surtout pas avec la rurale. Encore moins avec la bouseuse. Celle-là je viens de l’inventer.
    Au stade où nous en sommes, va donc pour l’écologie bourgeoise et technocratique.
    Et peut-être qu’avec ça nos chers zécolos institutionnels feront un tabac. N’importe quoi !
    (à suivre)

    1. MC Parti d'en rire

      (suite) Raison de plus pour se Débarrasser de se mot-poison, «écologie».
      Aujourd’hui affublé (accoutré) des qualificatifs «métropolitaine», «urbaine», «banlieusarde», «populaire» et j’en passe des vertes et des pas mûres.
      Laissons donc tomber tous ces zécolos de cirque (écotartuffes) et occupons-nous plutôt des bourgeois et autres petit-bourgeois. Gentilshommes ou pas (Alain Accardo).
      Et bien sûr Dézinguons, sans modération, les bobos (Renaud)

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