Toutes les conférences internationales ont échoué, sur le climat, sur la biodiversité, sur la désertification et celle sur le plastique ne fait pas exception. Le niveau de production de plastiques, aujourd’hui hors de contrôle, pourrait atteindre le milliard de tonnes par an d’ici à 2050, et les déchets plastiques s’accumulent et polluent l’ensemble des écosystèmes, sachant qu’à ce jour moins de 10 % sont recyclés à l’échelle planétaire. Or, on dispose maintenant de données scientifiques claires pour dire que le niveau de pollution plastique est directement lié à son niveau de production. Les pays producteurs de pétrole « contestent complètement » l’évidence scientifique.
Sylvie Burnouf : Après l’échec de celle qui devait déjà être la dernière et qui s’était tenue fin 2024 en Corée du Sud, l’ultime session de négociations le 15 août 2025 pour parvenir à un traité mondial juridiquement contraignant pour lutter contre la pollution plastique et ses effets délétères sur l’environnement et la santé humaine s’est finalement soldé par un échec cuisant. Aucun terrain d’entente n’a pu être trouvé entre la centaine de pays dits « de haute ambition » partisans d’un traité limitant la production de plastique et s’attaquant à l’ensemble de son cycle de vie et de l’autre, un petit groupe de pays dits « obstructeurs », dont les pays du Golfe, l’Iran et la Russie, producteurs de pétrole et de gaz, qui veulent limiter la portée de ce texte à la seule question de la gestion des déchets et du recyclage. Le processus de décision, qui repose sur l’obtention d’un consensus, « ne fonctionne pas ».
En savoir plus grâce notre blog biosphere
Nous aimons nous baigner dans un océan de plastique (avril 2018)
extraits : Entre 1950 et 2015, 8,3 milliards de tonnes de plastique ont été produites. Conséquence, les mers et les océans, grandes poubelles du monde, ont commencé à se plastifier. Si rien ne change, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons dès 2050 : le ratio était de 1 tonne de plastique pour 5 tonnes de poisson en 2014, il sera de 1 pour 3 en 2025. Alors, la « plastisphère » l’aura emporté sur la biosphère marine. Nous connaissons pourtant les solutions, le recyclage, l’interdiction des bouteilles d’eau en plastique, le remplacement de tous nos ustensiles et jouets par du bois ou du métal, la sobriété dans notre consommation générale. Pour arriver à ce résultat, il faudrait taxer lourdement chaque objet en plastique, mettre en place des consignes, vendre bien plus cher les produits emballés que les produits en vrac….
La fausse disparition des sacs en plastique (juillet 2017)
extraits : Selon les estimations des industriels, les bioplastiques[2] pourraient connaître une croissance de 50% au cours des 5 prochaines années. Cette tendance n’est pas sans soulever des interrogations d’un point de vue environnemental. Au niveau de la production, les plastiques biosourcés nécessitent des matières végétales dont les modes de culture sont parfois très impactants (utilisation d’engrais, de pesticides…) et qui concurrencent la production d’aliments. Par ailleurs, tous les sacs biosourcés ne sont pas nécessairement biodégradables et compostables, ce qui aboutit à des messages inintelligibles pour les consommateurs qui sont complètement perdus dans les terminologies….
Dans nos archives
9.11.2005 Fertilité masculine en péril !
Une étude américano-danoise indique que plus l’exposition de la mère pendant la grossesse à des phtalates (présents notamment dans les plastiques et les pesticides) a été importante, plus la distance séparant l’anus de la base du pénis de l’enfant est faible. Cette distance anogénitale est un indice de « masculinisation » et c’est donc la première démonstration de l’influence des perturbateurs endocriniens sur la différenciation sexuelle au cours de la vie fœtale.
28.05.2005 Sacs-poubelle
La ville de Bombay interdisait les sacs en plastique en 2000, l’Etat du Bengale fin 2001, le Bangladesh en mars 2002, la France hésite encore en l’an 2005. Pourtant le polyéthylène est non seulement une pollution visuelle, mais provoque des maladies chez les animaux qui les avalent, bloquent les égouts et polluent les sols. Il faut dire aussi que les substituts comme le polyéthylène additivé se délite en micro-particules durables, elles aussi nuisibles à l’environnement….

Biosphère nous parle souvent de l’Inde … Le 22 avril 2018 à 10:19 (“Nous aimons nous baigner dans un océan de plastique”) il nous informait que le gouvernement du Maharashtra, dont Bombay, avait pris la décision d’interdire le plastique non réutilisable. Une bonne chose.
Et aujourd’hui, 7 ans plus tard … voilà où en sont les Indiens :
– L’Inde confrontée au péril existentiel de la pollution au plastique (courrierinternational.com)
– « Chaos et consternation. Ce qui devait être l’ultime session de négociations pour parvenir à un traité mondial juridiquement contraignant pour lutter contre la pollution plastique et ses effets délétères sur l’environnement et la santé humaine s’est finalement soldé par un échec cuisant. Aucun terrain d’entente n’a pu être trouvé [etc. etc.] » (Sylvie Burnouf Le MONDE)
Finalement c’est comme avec tout le reste. La lutte contre le Réchauffement, l’interdiction des néonicotinoïdes, l’arrêt des guerres et des massacres et j’en passe.
Pas de consternation à avoir, ce blog biosphere lutte presque seul contre le système thermo-industriel et ses laquais,
mais dans un siècle ou deux on s’apercevra que ce que nous répétons depuis 20 ans maintenant était ce qu’il fallait faire :
sobriété démographique, dé-consumérisme, démondialisation, démilitarisation, désurbanisation et tous les autres « dé »…
En attendant, ne sombrons pas dans la déprime.
Consternation oui, à la limite… mais dépression non ! 🙂
Voilà 7 ans que Biosphère ne nous avait pas parlé du Plastique (dernier article en 2018).
Et en 7 ans, eh ben je peux vous dire qu’il en est passé du plastoc sous les ponts.
C’est tous les jours que j’en ramasse. Non non, ce n’est pas mon métier.
– « En l’espace de deux décennies, la production annuelle de déchets plastiques dans le monde a presque doublé, passant de 180 millions de tonnes à plus de 350 millions de tonnes, selon les données de l’OCDE. Les déchets plastiques devraient presque tripler au niveau mondial d’ici 2060 » (Le monde est inondé de déchets plastiques – fr.statista.com 7 juin 2024)
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
– « La quantité de plastique produite dans le monde chaque année est passée de 2 millions de tonnes en 1950 à 390 millions de tonnes en 2021 (chiffres de l’industrie des plastiques https://plasticseurope.org).
56 % du plastique est produit après 2000 ; on s’attend à ce que la production augmente encore pour atteindre environ 600 millions de tonnes en 2025. Environ 40 % de tous les produits en plastique sont jetés dans un délai d’un mois. » (390 millions de tonnes de production de plastique chaque année – endplasticsoup.org)
ON peut toujours comparer cette augmentation de production-consommation avec d’autres.
ON verra alors que celle-ci (explosion, exponentielle…) n’a pas grand chose à voir avec celle qui obsède tant certains. Et ce n’est pas la seule dans ce cas.
Avec une multiplication par 2 en 20 ans … et par 195 en 71 ans … je me dis que Malthus doit se retourner dans sa tombe. 🙂