L’adieu au charbon sera long, trop long

Le charbon en France ne représente que 2 % de la production électrique, mais 30 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur. Le 31 mars 2021, la centrale à charbon du Havre ferme, les deux dernières centrales thermiques en Moselle et en Loire-Atlantique devraient l’être en 2022. Mais dans le monde la demande d’électricité devrait croître de 10 % en Inde et exploser en Chine où la moitié des centrales ont moins de dix ans. Le charbon sert aussi à la fabrication de l’acier et du ciment. La lutte contre le réchauffement climatique est vouée à l’échec face à omnipotente du charbon, du pétrole et du gaz dans nos manières de produire et de vivre actuelles. La vérité est qu’aujourd’hui rien n’est sous contrôle. L’homme qui reste un peu honnête avec lui-même a l’impression de se retrouver dans un piège abominable dont il ne voit pas comment sortir. Voici quel

On sait que le charbon doit rester sous terre pour limiter le réchauffement climatique. Mais à force de croire que demain sera comme aujourd’hui, avec une abondance énergétique extraordinaire mais non renouvelable, nos lendemains seront terribles car nous ne sommes pas préparés collectivement, ni en France, ni ailleurs, à affronter la descente énergétique. Nous étions en train de brûler nos forêts, (mal)heureusement nous avons exploité le charbon. Pour ne pas qu’il s’épuise trop vite, nous avons utilisé le pétrole, le gaz, la fission atomique et même le photovoltaïque… aujourd’hui on veut en revenir au bois ! C’est le signe de l’impuissance collective actuelle à nous mener sur les voies d’un futur acceptable. #EndCoal, enfin un hashtag sur Twitter qui nous parle, des panneaux qui s’enflamment lors d’une manifestation de Greenpeace. Dérisoire symbolqiue. Le 8 janvier 2018, l’église Saint-Lambert du village d’Immerath en Allemagne a été rasée, pour laisser place à une mine de charbon. Le système thermo-industriel résiste, mais ce sont ses derniers souffles avant qu’un choc pétrolier/charbonnier nous amène inéluctablement à la déroute finale.

Bientôt le pic charbonnier. Après son livre de 2003 sur le pic pétrolier, Richard Heinberg s’était consacré au pic charbonnier : la production de charbon suit la même courbe que la production de pétrole. Elle aussi commence par augmenter, atteint un maximum, puis décline inexorablement au fur et à mesure que les gisements s’épuisent. Les chiffres officiels ignorent généralement les différentes qualités de charbon ou les présentent d’une manière exagérément simplifiée, ce qui donne une fausse impression d’abondance. Il n’empêche que le pic charbonnier chinois aura lieu entre 2015 et 2032, aux USA entre 2025 et 2040 … Heinberg conclut que le charbon est suffisamment abondant pour avoir un impact conséquent sur le climat mais ne l’est pas assez pour remplacer durablement les autres énergies fossiles une fois qu’elles auront commencées à décliner.

Que faire ? Empêcher d’une manière ou d’une autre une centrale thermique à charbon de fonctionner peut être considéré comme une œuvre de salut public. On sait en effet que le charbon doit rester sous terre, sinon nous allons droit vers un chaos climatique qui multipliera les réfugiés climatiques, endommagera le rendement des récoltes, produira la famine, détériorera l’ensemble de la trame du vivant, exacerbera les violences, produira des guerres, etc. Mais si je dis maintenant aujourd’hui clairement que je trouve tout-à-fait juste et légitime de saboter une centrale à charbon, c’est moi qui sera poursuivi devant les tribunaux pour incitation au sabotage. Personne n’accusera les promoteurs des centrales à charbon. Beaucoup parleront même à mon égard de terrorisme vert alors que le véritable responsable de la détérioration écologique et socio-économique est la centrale à charbon. Il est plus que temps de définir juridiquement la notion du crime écologique et de traiter l’action de sabotage à sa juste valeur ! Quand pendant la seconde guerre mondiale des cheminots sabotaient les lignes de chemin de fer pour agir contre le nazisme, ils risquaient la mort mais ils avaient raison .Dans le futur proche il nous faudra apprendre à vivre dans un nouveau contexte de catastrophes à répétition qui, inévitablement, porteront atteinte à nos libertés, sans d’ailleurs pour autant que cela résolve les problèmes de pénurie de ressources naturelles. La récession actuellement en cours avec la pandémie nous donne un avant-goût des révisions douloureuses à accomplir. L’avenir passera par des mécanismes administratifs de rationnement ainsi qu’une baisse drastique de nos revenus

En guise de conclusion, nous vous conseillons de lire d’urgence Lewis Mumford : « L’exploitation minière est la métaphore de toute la civilisation moderne. Le travail de la mine est avant tout  destructeur : son produit est un amas sans forme et sans vie,  ce qui est extrait ne peut être remplacé. La mine passe d’une phase de richesse à l’épuisement, avant d’être définitivement abandonnée – souvent en quelques générations seulement. La mine est à l’image de tout ce qu’il peut y avoir de précaire dans la présence humaine, rendue fiévreuse par l’appas du gain, le lendemain épuisée et sans forces. En revanche, l’agriculture traditionnelle favorise l’établissement d’un heureux équilibre entre les éléments naturels et les besoins de la communauté humaine. Ce que l’homme prélève  à la terre lui est délibérément restitué ; le champ labouré, le verger, les planches à  légumes, les terres à blé, les massifs de fleurs – tous témoignent d’un ordre formel, d’un cycle de croissance.»

Pour en savoir plus sur le point de vue des écologistes :

21 octobre 2015, Les centrales à charbon, un terrorisme contre le climat

14 mars 2014, La fin du charbon au Royaume-Uni, un air d’apocalypse

27 avril 2012, les dangers du charbon (1/3)

6 novembre 2010, après le pic pétrolier, le pic charbonnier !

28 septembre 2010, des mineurs bientôt sans charbon

26 juillet 2010, l’impasse charbonnière

9 février 2008, charbon de terre

5 avril 2007, bientôt une Chine sans charbon !

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43 réflexions sur “L’adieu au charbon sera long, trop long”

  1. Le pic pétrolier est passé en 2008, le colloque de l’assemblée nationale sur le pic pétrolier en janvier 2011 organisé par Monsieur Sourrouille avait marqué ce passage .
    Le charbon est une technologie dépassée qui ne peut être qu’un pis-aller en fin de vie.
    Notre avenir passe par l’électricité.
    Quelle électricité ?
    Celle des rendements ridicules qui embolisent et enlaidissent nos territoires comme les éoliennes ?
    Celle des centrales nucléaires à uranium qui produisent des déchets dangereux?
    Celle de la fusion qui est dans une impasse technologique ?
    Celle de la houille blanche que les écologistes refusent ?
    La seule issue à ce jour est le nucléaire à Thorium, ressource disponible dans le monde entier ce qui évitera les guerres à l’énergie et qui produit de l’électricité en masse à partir de surfaces réduites.
    Cette technologie est sûre dans son exploitation avec les sels fondus et rejette peu de déchets.

  2. On est d’accord : le réel, c’est quand on se cogne. Mais on peut se cogner plus ou moins fort. Pas fort, c’est un bleu. Trop fort, c’est la mort. En occurrence, on va se cogner d’autant plus fort que la descente énergétique (forcée à cause du peak oil et autres) sera violente, et qu’on bouleversera le climat de notre planète.
    Le nucléaire permet juste que ça ne cogne pas trop fort, car ça peut réduire la descente énergétique, et limiter les émissions de CO2 (car, avec 6 grammes de CO2 par kWh produit; il n’y a rien de plus propre pour le climat- Ce sont ceux qui prétendent de contraire qui disent des âneries)

    Donc la vraie question est : à quelle vitesse voulez-vous qu’on rentre dans le mur, quand le réel se rappellera à nous ? A fond, en ayant continué avec le charbon, le gaz, l’hydrogène, la croissance verte etc ? Ou en essayant de limiter le crash, en réduisant les émissions et la descente énergétique ?
    Tel est le choix.

    1. – « Le nucléaire permet juste que ça ne cogne pas trop fort ».
      Autrement dit « le nucléaire amortisseur de la décroissance». Celle là aussi je la connais. Je doute que les âneries de Janco fasse rire les habitants de Fukushima.
      Le nucléaire c’est bien quand tout va bien. Et en effet depuis le temps qu’on joue là avec le feu (70 ans déjà) et si on ne compte seulement que les victimes des deux seuls petits accidents majeurs, on peut dire que jusque là tout va bien. C’est un point de vue comme un autre. Et comme il n’y a pas que le nucléaire, pour tout le reste aussi on peut dire : Jusque là tout va bien ! C’est ce qu’on appelle la positive attitude. 🙂

      1. – « 6 grammes de CO2 par kWh produit; il n’y a rien de plus propre pour le climat ».
        Ça c’est ce qu’on appelle une entourloupe, ou un oubli, ou encore une ânerie, c’est selon. Déjà 6 ou 66 grammes, là encore c’est selon. En tous cas si c’est 6 c’est sans compter ce que coûtera (en CO2, Pognon, vies humaines et autres) le démantèlement et la gestion (avec ou sans «»).
        Donc la vraie question serait plutôt : préférez-vous sniffer du CO2 ou bien des Becquerel ?
        Perso je pense que nous devrions profiter du calme avant la Tempête, profiter d’avoir encore les compétences, pour démanteler toute cette merde et la gérer au mieux.

      2. Amalgamer le nucléaire civile et le nucléaire militaire,T’es un sacré champion toi ! Et qu’est ce que la France a à voir avec fukushima ? Par ailleurs interdire le nucléaire civil ce n’est pas ça qui va empêcher le nucléaire militaire d’exister ! Aussi interdire le nucléaire aussi bien civil que militaire en France ce n’est pas çà qui va empêcher les autres pays de les utiliser ! Donc oui autant utiliser le nucléaire pour amortir les chocs de la décroissance

        1. Mais non tout le monde le sait, le Champion ici c’est toi.
          Allez dis-nous, où ai-je amalgamé nucléaire civil et nucléaire militaire ?

          1. On te parle de produire de l’électricité avec le nucléaire civile pour amortir la décroissance ainsi que baisser les gaz à effet de serre et tu nous opposes d’Hiroshima pour critiquer le nucléaire civile
            Alors vas y la mauvaise foi !

          2. Oui oups lapsus ! Enfin ça ne change rien dans le fond ! Imagine le gouvernement UmPs écoute Michel et ferme toutes les centrales nucléaires, et après tu as un plan pour gérer la situation ? Combien de millions de gilets jaunes selon toi ? 67 millions par hasard ? Et vu que c’est le plan de Michel que de fermer toutes les centrales, alors Michel devra gérer 67 millions de gilets jaunes en France, non ? (Je pars du principe que tu ais préparé un plan en parallèle pour abandonner le nucléaire, c’est quoi ? Tu développes ?) La population ne saura pas vivre sans électricité ! Il faudrait réintroduire l’artisanat à grande échelle et on en est loin. C’est impossible de fermer les centrales nucléaires sans apprendre préalablement à vivre autrement à la population

          3. De toute façon tu n’es pas cohérent, tu veux fermer toutes les centrales nucléaires mais à côté tu veux plus de fonctionnaires (alors que la plupart travaille derrière un ordinateur), plus d’hôpitaux (alors qu’un hôpital dans une ville c’est l’un des plus gros si ce n’est LE plus GROS consommateur d’électricité dans une ville) et tu veux plus de migrants à prendre à charge (dont leurs chauffer le Q dans leurs logements, en plus de leurs ordi et tablettes, Tv, machines à laver, etc). Je ne vois pas comment tu comptes offrir plus de services publiques, plus de pouvoir d’achat, plus habitants sur notre sol avec quasiment plus d’électricité ?

      3. Michel,

        1/ Fukushima a fait 18000 morts à cause du Tsunami, et zero du fait des radiations.
        2/ Le charbon, c’est 1 million de victimes par an. Le climat, c’est en milliards de victimes qu’il faudra compter. Mais tu as raison, « Jusqu’ici, tout va bien ».
        3/ La valeur 66 g de CO2 / kWh est fausse. L’article dont elle sort a été démoli plein de fois.
        L’AIE et le GIEC disent que c’est entre 10 et 12g, et en France l’ADEME estime que c’est 6g car l’enrichissement est fait avec de l’énergie décarbonée.

        1. C’est bien ce que je dis, si on ne compte que le nombre de victimes de Tchernobyl, Fukushima etc. ça ne fait pas lourd comparé aux victimes du charbon. Seulement, pour pouvoir vraiment comparer, il faudrait faire le bilan humain du nucléaire dans quelque temps. Dans 1000 ans peut-être ?
          Quant à ces 6 ou 66 g c’est là le problème des indicateurs environnementaux (empreinte CO2, empreinte eau etc.) Ces indicateurs (bilans) sont certes intéressants sauf qu’ils sont sujets à de nombreuses controverses. Et donc à manier avec précautions. En ce qui concerne le nucléaire, si on ne parle que de la production, et même en englobant l’extraction et le traitement de l’uranium, la construction des centrales (béton, acier etc.) déjà là ce n’est pas une mince affaire. Maintenant si on rajoute le démantèlement, alors là bonjour. Et c’est le même problème pour calculer le coût réel du kWh nucléaire.

          1. «  »Seulement, pour pouvoir vraiment comparer, il faudrait faire le bilan humain du nucléaire dans quelque temps. Dans 1000 ans peut-être ? » »

            Bilan humain ? Sur 1000 ans ? Un être humain peine à dépasser 100 ans d’espérance de vie (et encore c’est grâce au nucléaire que bien souvent il parvient à vivre 100 ans; puisque les hôpitaux bénéficient de beaucoup d’électricité issue du nucléaire. Alors pour toi quel est censé être le bilan à venir dans 1000 ans ? (d’après boule de cristal ? Tarots ?) Car sans électricité l’espérance de vie serait de 40/50 ans en plus de la mortalité infantile qui serait conséquente.. Parce que bon si dans ton bilan le nucléaire est censé nuire à la santé des humains, sache que ton monde sans électricité y nuirait bien davantage !

          2. @ BGA À 13:21 : Certains se sont amusés à faire le bilan du communisme, pour cela ils se sont limités à calculer le nombre de victimes. Rien que ça n’est déjà pas une mince affaire, ça vaut ce que ça vaut, mais ça nous donne quand même une certaine idée. On peut faire la même chose du côté du capitalisme et/ou de ceci ou cela. Ceci dit, bien malin celui qui pourrait dire comment le monde tournerait aujourd’hui si Nobel n’avait pas inventé la dynamite, si Thomas Edison ou Hitler n’étaient jamais nés, ou ne serait-ce que si ma tante en avait. Pareil pour dire comment le monde tournera dans 1000 ans. En attendant, toi qui nous parle souvent d’Angkor à Paris… je te laisse imaginer une France avec la totalité de son parc nucléaire à l’abandon. Tu me diras où je pourrais alors me planquer.

          3. A la différence près que pour faire le bilan du communisme on s’est fié à des données d’un proche passé, fondé sur actions du communisme et leurs répercussions, sur des faits et des résultats qui se sont réellement produits. On peut même encore y constater des répercussions aujourd’hui comme dans les pays de l’est ou encore l’Allemagne. C’est donc un vrai bilan du communisme puisqu’on se fit à des constats de ce qui s’est produit. Hors toi tu parles d’un hypothétique bilan qui n’a pas encore eu lieu dans 1000 ans, et dont tu affirmes qu’il serait vraiment mauvais sans fournir en détail le contenu du bilan qu’on est censé découvrir dans 1000 ans, alors sur quoi te fondes-tu ?

        2. Pour mettre tout le monde d’accord. De toutes façons nos yaca-faucon ne changeront rien à la direction. En attendant, même si la filière est en pleine déconfiture, la France continuera avec le nucléaire. On n’aura qu’à prier le Ciel (ou Gaïa ou Greta etc.) pour qu’on puisse continuer à dire «Jusqu’ici, tout va bien». On nous expliquera que c’est pour sauver le climat, la «croissance sobre» et patati et patata. Et en même temps on continuera à cramer du pétrole pour se déplacer ici et là, pour extraire et construire toujours plus de ceci et cela, des éoliennes, des panneaux solaires, des usines à gaz (H2) qui produiront de l’énergie «propre » pour continuer à rouler, voler et déconner toujours plus. Business as usual ! La France pourra ainsi crier cocorico. Ou bien hi-han hi-han ! Et en attendant, partout dans le monde on continuera à cramer du pétrole, du gaz et du charbon.

          1. Que proposes tu ? De vivre comme des chasseurs-cueilleurs ? C’est déjà bien trop tard depuis l’apparition de l’agriculture il y a de cela plusieurs milliers d ‘années en -23.000 av JC au néolithique d’après traces en Mésopotamie) Des archéologues affirment même -100.000 av Jc d’après des traces au Mozambique au Paléolithique

            Des études ont déjà été produites afin d’estimer le nombre d’hbts que l’on pourrait faire vivre en France ça serait seulement 100.000 hbts si on n’avait pas artificialisé les sols et sans procéder à la déforestation (on ne parle pas de forêts du Moyen-âge, mais il y a plus de 10.000 ans en arrière pour comparer) Donc aujourd’hui ça serait quoi 25.000 ou peut-être 50.000 hbts Et encore même nos forêts d’aujourd’hui n’ont plus le vieux écosystème d’antan ce sont essentiellement des champs d’arbres plantés sans quasiment plus d’écosystème en parallèle comme l’illustre si bien la Forêt des Landes mais pas que..

          2. Que proposes tu ? Je te propose déjà de ne pas te disperser, ou alors de changer de sujet. Je te rappelle qu’ici on est au charbon, pas au Moyen-Age ni dans les Landes.

          3. Bah voilà, tu esquives les questions ! (dès lors que tu es coincé) Alors quel mode de vie proposes tu pour vivre sans pétrole, sans nucléaire et sans charbon ? Car à mon avis sans ces 3 énergies, les forêts en France vont se faire décapiter, il ne restera plus 1 seul arbre car les français vont les couper pour se chauffer et cuire leurs aliments. Alors c’est quoi le mode de vie que tu proposes pour vivre sans ces 3 énergies et devenir un bon écologiste selon les critères de Michel ?

          4. Misère misère !

            Mon pauvre BGA, je te rappelle déjà que nous étions ici dans un débat entre Thierry C et moi. Des fois où tu ne l’aurais toujours pas compris je préfère de loin échanger sérieusement que déconner avec toi. Comment se fait-il que tu aies toujours besoin de chipoter tout ce que j’écris ? Comment se fait-il que tu aies toujours besoin de passer du coq à l’âne ? Pourquoi de temps en temps ne changes-tu pas d’âne ? Quand c’est que tu ouvres un blog ? Et qui de nous deux est le plus coincé ? Et qui de nous deux est le Champion de l’esquive des questions ? Veux tu que je te fasse un bilan chiffré et irréfutable ? En attendant tu peux toujours en rajouter sept à la liste.

            Remarque amicale de la modération de ce blog
            @ Michel C.
            Quand le débat est bloqué entre deux commentateurs ,
            autant ne pas persévérer à répondre sinon on tourne en rond.
            Pensez à améliorer l’intelligence collective, pas à vous faire plaisir…

  3. Je ne vois pas pour ma part que « les idées des décroissants font leur bonhomme de chemin » (et le regrette).
    Il n’y pas de parti décroissant représentatifs, et les gens manifestent pour plus de retraites, plus de lits hôpitaux, moins de taxe sur le carburant, plus de pouvoir d’achat, etc etc… Et pas grand monde n’est prêt à changer de travail et de domaine d’activité.
    On a même entendu Yannick Jadot dire que  » la politique n’a pas à s’intéresser aux rêves des Français » (à propose de la subvention à l’aéroclub de Poitier). Il n’a donc aucune volonté de « décoloniser les imaginaires », pas plus que les autres écolos qui sont au pouvoir ou position de force, en Allemagne, Belgique et ailleurs. Mais ils sont quand même anti-nucléaires.
    La conséquence est donc qu’on continue, comme prévu, avec le charbon et le gaz, avec juste de plus en plus d’attentes des miracles de la technologie (hydrogène), d’hypocrisie et de démagogie.

    1. Mis à part sur le nucléaire je suis d’accord avec vous. Le 7 avril dernier Biosphère titrait “Pour ou contre la décroissance économique ?” Là aussi (À 10:59) je disais que les idées des décroissants faisaient leur bonhomme de chemin. Même si les gens ne sont prêts à voter pour le MEI ou pour le PPLD, les gens savent désormais que cette course au toujours plus (croissance) est une impasse. De plus en plus de gens se rendent compte qu’ils sont malades, qu’ils ont tout faux. Seulement ils s’arrangent pour ne pas le croire (déni). Or tôt ou tard on se heurte à la réalité. «Le réel, c’est quand on se cogne » (Jacques Lacan)
      En attendant, ce n’est pas en racontant des âneries et des salades (le nucléaire «propre», l’hydrogène, la «croissance sobre» etc. ) ni en se moquant des Amish etc. qu’on va aider les percherons à devenir des chevaux de course, et les toxicos à devenir des modèles de sobriété.

  4. Mais, cher Biosphère, vous avez contribué, certes très modestement, à cet état de fait, en militant pour la suppression unités de production d’électricité pilotable non carbonée. On a toujours su que, ce faisant, ça conduirait nécessairement à l’augmentation de la production par du charbon ou du gaz (qui est quasiment aussi impactant sur le climat, si on prend en compte les fuites de méthane), car il était illusoire qu’en démocratie, les citoyens votent pour la décroissance, la récession etc. Tout se passe donc comme prévu.

    La seule chose qu’on puisse faire maintenant, c’est de limiter autant que possible les taux de recessions (c-a-d baisse du PIB, pouvoir d’achat, services sociaux et de santé, etc) qui nous sera imposé par la géologie, pour éviter des régimes autoritaires, des guerres etc. Et il n’y a pas d’autres options pour cela que de limiter le taux de descente énergétique.

    1. Cher Thierry C ce discours on le connait, c’est celui des PRO-nucléaires. Sauf qu’on peut militer pour la suppression des centrales nucléaires, pour qu’on n’en rajoute surtout pas, et en même temps militer pour la suppression des centrales à gaz et à charbon. C’est là le discours de la Décroissance, eh oui ! Alors certes, ce discours ne fait pas rêver les foules, qu’on abreuve de sornettes (hydrogène, énergies «propres », décarbonnées et j’en passe) et de débilités de toutes sortes, parce qu’elles le valent bien etc.
      La seule chose qu’on puisse faire maintenant, c’est de Décoloniser les imaginaires et combattre cette haine qui grossit, tout simplement en vue de limiter les dégâts. En attendant, les idées des décroissants font leur bonhomme de chemin.

  5. Que faire ?

    Ben pour répondre par cette question je vais commencer par dire Hélas il n’existe aucune bonne solution, il faudra choisir les moins mauvaises solutions, mais dans tous les cas ça ne passera que par des mauvaises solutions. Et j’entends par mauvaises solutions par « douloureuses » afin de les définir

    Autrement dit, selon moi il aurait déjà fallu une nouvelle guerre mondiale pour 1 réduire la population et 2 forcer des pays à appliquer la régulation démographique (contraception, avortement préservatifs, instruction des femmes) Mais ça ne se fera pas, enfin si mais trop tard. C’est à dire qu’on va voir encore augmenter la population mondiale se conjuguant à des tarissements de ressources puis finalement on l’aura quand même cette guerre.

    1. A la différence près que cette guerre mondiale dans l’avenir fera beaucoup plus de morts et de souffrances que si on l’avait décidée maintenant et même 30 ans en arrière. Bref, il aurait mieux valu beaucoup de souffrances et morts tout de suite que énormément de souffrances et de morts plus tard. La lâcheté n’aura fait qu’aggraver les problèmes… « Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre. »

      1. Misère misère!

        – « Autrement dit, selon moi il aurait déjà fallu une nouvelle guerre mondiale pour 1 réduire la population et [patati et patata] »
        Autrement dit, comme disait les vieux cons du temps de ma jeunesse, une bonne guère ! Mon dieu quelle misère. Quand on pense que ça vote…

        1. La question n’est pas de savoir si une guerre est souhaitable ou pas, agréable ou pas, la réponse sera toujours non pour la majorité des individus, seuls quelques capitalistes et dictateurs y voient un intérêt de se goinfrer davantage

          Mais la question est de savoir si une guerre est nécessaire ou pas, et là c’est différent ! Toi qui admires tant tonton Mitterrand comme tout socialiste, ça tombe bien il a écrit un livre intitulé « Logique de guerre » c’est très instructif ! Peu de socialiste ont lu ce livre car ils connaissent surtout ses programmes de distribution qu’ils connaissent par cœur à la virgule près, bref tout ce qu’ils connaissent de tonton c’est « Comment devenir riche sans travailler »

          Ceci étant dit revenons-en à Logique de guerre, en faite ces guerres se déclenchent après une suite logique d’évènements et à y regarder de plus près tous les signes sont là !

          1. Bilan des milliards de gens dans la misère, toutes les populations enflent en nombre dans tous les pays, ce qui exerce une pression démographique pour exiger toujours davantage de ressources. Mais ces ressources s’épuisent, toutes les ressources mentionnées sur le tableau de Mendeleïev se tarissent à une vitesse de plus en plus rapide. Les catastrophes naturelles se multiplient en plus de redoubler d’intensité, autrement dit il va falloir réparer les dégâts environnementaux avec toujours de moins en moins de moyens. Toutes les prisons de tous les pays se retrouvent en surpopulation (et encore toutes les peines ne sont pas exécutées jusqu’au bout sinon ça serait bien pire), les populations s’enracaillent, l’agressivité de toutes les populations augmentent

          2. Autrement dit, si on saisit Logique de guerre, au bout d’un moment les gouvernements se retrouvent à deux options en étant au pied du mur, 1/ soit la population s’organise pour une guerre civile pour exiger plus de ressources et dans ce cas le gouvernement risque de sauter / soit le gouvernement organise une guerre pour canaliser l’agressivité d’une population sur un agent extérieur
            Dans les deux cas, il faudra crever l’abcès…

            Donc cette guerre, tu trouves ça cool de la refouler en maquillant ça d’humanisme bon teint, en faite tu crois la réprimer mais tu ne fais que la refouler, autrement dit tu reportes la guerre et la douleur dans le temps, notamment en achetant la paix sociale à crédit (sans être solvable) mais les problèmes continuent d’enfler hormis que la douleur est plus violente la fois d’après et la guerre à venir sera plus grosse et barbare

          3. En résumé selon logique de guerre arrivera le temps où il ne sera plus possible de la refouler, en laissant pourrir la situation. Bref la lâcheté a permis aux lâches de refourguer et faire hériter les emmerdes cumulées aux générations suivantes, au lieu de crever l’abcès au bon moment, où ça aurait pu être moins douloureux… Mais les lâches se cacheront derrière des discours d’humanisme bon teint pour ne pas avoir à faire le sale boulot inéluctable lorsqu’on sera au pied du mur…

  6. Dans un article du 5 mars 2021 (donc très récent) intitulé « Baisse du CO2: la Chine reste dans le flou » sur le cite Challenge, on apprend je cite = « Le plan quinquennal chinois présenté vendredi 5 mars devant le parlement reste flou sur les moyens de faire baisser les émissions de CO2 à partir de 2030. Au contraire, Pékin veut accroitre ses investissements dans le charbon. »

    Dans un autre article intitulé « L’Inde ouvre l’exploitation du charbon au secteur privé pour dynamiser l’économie » sur le site lemondedelenergie du 19 juin 2020 (donc récent aussi). On apprend que l’Inde est la 4 ème plus grande réserve mondiale de charbon et pourtant le pays en importe aussi puisqu’ étant le 2ème importateur mondial ! (sans doute après la Chine), veut tripler sa production de charbon pour passer de 225 millions de tonnes en 2020 à 748 millions de tonnes en 2024 !

    1. Bref, même si les 67 millions de français se suicideraient pour sauver le climat, ça ne changerait rien au résultat final ! Les carottes sont cuites ! (et même carbonisées)

      Beaucoup de pays se lancent dans le charbon pour tenter de rejoindre le niveau de vie américain (à coup de limousines et 4×4 comme on peut voir en Chine)

      Hélas il faudra s’adapter aux nouveaux climats tout en résistant aux pénuries de ressources ou périr… La sélection naturelle fera son œuvre…

  7. Tout ça nous le savons, tout ça c’est la réalité. Nier la réalité ne sert qu’à survivre en attendant.
    Nous le savons, la seule voie pour éviter le pire reste la Décroissance, et la Décolonisation des imaginaires. Plus facile à dire qu’à faire, ça aussi nous le savons.
    L’adieu au charbon, au pétrole etc. et donc l’adieu au mode de vie occidental et à son petit confort de petit-bourgeois sera non seulement long, mais douloureux.
    Et comme toujours, la sempiternelle question : Que faire (en attendant) ?
    Question à laquelle j’aime bien répondre : à chacun sa came (en attendant) !

    1. Chacun sa came, sa médecine, sa méthode ou sa solution, pourvu que ça nous permette de maintenir notre équilibre vital. Peut-être Biosphère n’a t-il jamais entendu parler de ce phénomène, parfaitement naturel, ou alors le sujet est-il tabou, eh va savoir.
      Bref, on peut en effet faire parler la poudre. Saboter des centrales à charbon, et en même temps des centrales nucléaires. Si on préfère, on peut même couler des baleiniers. Pour se défouler tout est bon.
      Sauf que la violence engendre la violence et résout rarement les problèmes. En général elle en rajoute. En ce qui me concerne j’assume ma couardise, je préfère éviter d’être poursuivi devant les tribunaux pour incitation au sabotage. Donc je conseille plutôt de lire Lewis Mumford. Et/ou Henri Laborit, Malthus, Sénèque et Jean Passe.

      1. Maintenant, si on n’aime pas lire, on peut écrire des bouquins. Ou des chansons. Si on n’aime ni lire ni écrire, mais qu’on a surtout besoin de compagnie, de briller etc. on peut aussi FAIRE de la politique. Ou alors militer au sein d’une assos. Bref, en attendant ce ne sont pas les occupations qui manquent. 😉

      2. Coucou Michel
        Chacun sa came, et comme vous le dites, la non-violence certainement la plus sûre.
        D’autant que choisir le chemin de la colère et la violence n’est pas très fédérateur…
        À ce sujet je suggère à tout.e écologiste désespéré.e de consulter ce petit exposé sur la stratégie d’XR : youtube.com/watch?v=DUVHV9bPsKs
        Back-up plan en cas d’échec, il nous restera toujours les consolations de Sénèque 😉

        1. Souvent ce n’est pas vous qui désignez l’ennemi mais c’est l’ennemi qui vous désigne alors aussi pacifiste que vous puissiez être, la violence vous ne pourrez pas éternellement la contourner…. Surtout dans un monde où l’on est de plus en plus nombreux pour se partager un gâteau de plus en plus petit… Déjà dans un monde en croissance vous n’avez jamais réussi à faire disparaître la violence, elle s’est même accrue, alors imaginez dans un monde en décroissance à venir ?

        2. Merci Nikki pour ce petit clin d’oeil.
          Les écologistes sont des êtres humains. On sait que la colère peut conduire à la violence, qui engendre la violence. Toutefois la colère est parfois salutaire, on parle alors de «colère saine ». La colère doit être canalisée afin d’éviter la violence. Il y a mille façons de «passer sa colère », sur un ring (boxe), sur une page blanche (écriture), comme Renaud on peut balancer sa télé par la fenêtre… un militaire avec un peu de bol, se la mange en pleine tête (l’Aquarium).
          Le désespoir également peut conduire à la violence, notamment contre soi-même. Pour moi le désespoir est pire que la colère. Même s’il n’y a plus grand chose à espérer, évitons de sombrer dans le désespoir. Pour cela il suffit de l’apprivoiser. Ce sont les stoïciens (Sénèque & Co) qui nous en parlent le mieux. Quant à ce qui se passe dans notre cerveau, notre organisme, c’est la science (neurobiologie) qui nous l’explique.

  8. « L’adieu au charbon sera long, trop long »

    C’est même bien pire que çà ! En effet regardez tous les pays qui annoncent arrêter le charbon, et ben ces pays annoncent l’arrêt à une année bien ultérieure à 2020, mais surtout ils annoncent une année qui correspond au tarissement de charbon sur leur propre sol. C’est facile d’annoncer d’arrêter le charbon en 2050 quand on sait qu’on n’aura plus de charbon à extraire sur son propre sol en 2050. Bref c’est purement de l’hypocrisie. En admettant même qu’il reste encore un peu de charbon en 2050, et ben le gouvernement en question voudra prolonger de 10 ans supplémentaires à chaque fois, 2060,2070, etc Ils trouveront toujours une excuse pour continuer de l’extraire et le brûler. Surtout qu’avec la pression démographique (tous les pays du monde sont en surpopulation seule l’ampleur des dégâts varie d’un pays à l’autre), il risque d’y avoir des conflits sociaux pour réclamer du pouvoir d’achat.

    1. Donc dès qu’il y aura des conflits sociaux les gouvernements et entreprises affirmeront qu’il n’y a pas le choix que d’en brûler. La boucle est bouclée tout le charbon sera brûlé jusqu’à la dernière pépite…

      L’adieu au charbon sera tard, trop tard. C’est lorsqu’il n’y en aura plus qu’on se prétendra d’être raisonnable d’arrêter. C’est comme un alcoolique que vous inviterait à la maison et qui vous promettrait d’arrêter de boire de l’alcool qu’une fois que votre bar sera vide.

      Même en France dont l’électricité est produite à hauteur de 2% de charbon on ne parvient pas à y renoncer. C’est même l’inverse qui risque de se produire si on ralentit ou arrête le nucléaire. Et qu’on ne me dise pas que ce n’est pas vrai puisque c’est comme ça que ça s’est passé en Allemagne pour obtenir de l’énergie pilotable pour compenser les défaillances productives des éoliennes

    2. Donc oui tout sera brûlé !
      La population mondiale qui aura vécu entre 1950 et 2050 n’aura pas simplement consommé beaucoup de ressources, elle aura carrément dilapidé plus de 99,99% des ressources (pétrole, gaz, charbon, bois et sable) que toutes les générations précédentes cumulées n’auront jamais consommé entre – 8000 à 1949 ! Génération Homo Gloutonus tels des pac-mans qui dévorent tout sur son passage…

      1. Didier BARTHES

        Tout à fait, d’autant plus qu’avec la fin préalable du pétrole puis du gaz auxquels le charbon est (partiellement) substituable, nous aurons une pression encore plus forte sur les réserves et le charbon ne tiendra pas très longtemps. Avant la fin du 21ème siècle il ne restera plus grand chose.
        Mais d’accord avec vous, on brûlera tout ce qui est brûlable. Les mesures d’économies que certains vantent n’auront que deux effets : allonger très légèrement le délai de déplétion, et surtout transférer les consommations d’un secteur à l’autre (d’un très mal vu à un autre un peu moins mal vu pour l’instant). En un mot, pour la nature, ça ne changera strictement rien.

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