Simone de Beauvoir écrivait que dans son déroulement naturel, un bébé a un comportement androgyne. Le cri primal, le sevrage se déroulent de la même manière. C’est à travers la bouche, les mains et les yeux que les nourrissons des deux sexes appréhendent l’univers. Ils explorent leurs corps avec la même curiosité et la même indifférence, ils ont les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs, ils ont la même jalousie s’il naît un nouvel enfant. Jusqu’à douze ans, la fillette est aussi robuste qu’un garçon du même âge, et les capacités intellectuelles sont similaires tout au cours de la vie. Ce n’est pas la nature qui, pendant des siècles, a empêché les femmes d’aller à l’université, mais des élites masculines qui ne veulent pas partager leurs propres pouvoirs, aidées par des femmes qui ont intériorisé une impuissance factice. Ce n’est pas la binarité qui devrait être valorisée, mais l’androgynie.
Marie Bergström : Dans l’enquête menée auprès de 10 000 adultes âgés de 18 à 29 ans, une forte proportion de jeunes se disent féministes : cela concerne 75 % des femmes et 56 % des hommes. C’est important de le préciser, à un moment où l’on souligne l’essor des mouvements virilistes. L’enquête est la toute première en France à mesurer la part de personnes non binaires, qui ne se reconnaissent ni homme ni femme. Cela représente une toute petite minorité : 1,7 % des 18-29 ans. La jeunesse contemporaine remet en cause un certain nombre de binarismes. D’abord, la binarité de genre : l’opposition très figée entre les hommes et les femmes est questionnée par ces jeunes générations. Les personnes non binaires en sont la manifestation la plus radicale, mais on observe plus largement une moindre croyance dans la naturalité des différences de sexe.Une partie des jeunes hommes issus des classes supérieures vont prendre de la distance avec une masculinité affirmative. Des femmes se définissent comme bi ou pansexuelles. On constate aussi de moins en moins de différences entre les modes de vie gay et lesbiens, et hétérosexuels.
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pour des vêtements androgynes, non au luxe et à la mode
extraits : La loi du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800) stipule que les femmes ne peuvent quitter les habits de leur sexe que pour cause de santé. La loi du 26 brumaire an IX (17 novembre 1800) interdisait le port du pantalon… sauf dérogation accordée par un officier de santé. Dans les années 1960 en France, il était encore interdit d’aller à son lieu de travail en pantalon. Les vêtements sont l’expression d’un rapport de pouvoir, la différenciation sexuelle est pensée comme inégalité dans tous les domaines… Nous voulons des vêtements unisexe, nous désirons l’androgynie des comportements. Dans le désert, nous crions : non à la mode, non au luxe, nous aux inégalités de revenus, oui à la stabilité, oui à la simplicité, oui à l’égalité.….
Androgynie, cad totale égalité des sexes
extraits : Le féminisme politique, c’est-à-dire la volonté de mettre en œuvre l’égalité réelle entre l’homme et la femme, est normalement l’exact contraire du séparatisme des sexes. Nous sommes tous fondamentalement, naturellement, androgynes. Tout est culturel, issu d’une socialisation, y compris bien sûr les conceptions des inégalités entre les sexes. Mais au lieu de contribuer à une véritable égalité entre l’homme et la femme, notre société actuelle a inventé les quotas de la parité politique ! On soutient le féminisme différentialiste au détriment du féminisme universaliste….
La biosphère nous parle du sexisme ordinaire
extraits : La Biosphère n’est pour rien dans le sexisme qui parcourt le vécu ancestral des sociétés humaines. Dans la détermination du sexe, le rôle du chromosome Y est simple, mais capital : il détermine la masculinité du fœtus. Pendant les premières semaines de vie de l’embryon humain, les organes génitaux internes et externes sont indifférenciés entre les individus XX (femme) et XY (homme). Les gonades peuvent se transformer en testicules ou en ovaires, les organes génitaux externes à l’origine similaires se transforment soit en pénis et scrotum, soit en clitoris et vulve. La différenciation est minime, on sait aujourd’hui qu’ovaires et testicules produisent les deux types d’hormone, androgènes et œstrogènes, d’ailleurs très voisines sur le plan chimique : seul leur taux relatif dans l’organisme fait basculer les caractères sexuels vers le féminin ou vers le masculin. C’est donc l’intervention d’autrui dès les premiers moments du nourrisson qui va fixer votre sentiment d’appartenance à un sexe déterminé et orienter votre rapport à l’autre sexe….
genre, parité, quotas… un anti-féminisme
extraits : Actuellement on met en avant des mots comme « genre » pour en faire des instruments de combat entre les sexes alors qu’on devrait savoir que notre biologie nous a différencié homme ou femme sans y mettre d’inégalités. « On ne naît pas femme, on le devient », écrivait déjà Simone de Beauvoir en 1949. Elle précisait : « Aucun destin biologique, psychique, économique, ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. Seule la médiation d’autrui peut constituer un individu comme un Autre ». Il n’y a pas d’ordre « naturel » dans les inégalités selon le sexe, forcer la nature par parité et quotas n’est pas une bonne chose. C’est ce que certains n’ont pas encore compris….
JK Rowling nie l’identité de genre
extraits : Joanne K. Rowling : « If sex isn’t real, there’s no same-sex attraction. If sex isn’t real, the lived reality of women globally is erased. I know and love trans people, but erasing the concept of sex removes the ability of many to meaningfully discuss their lives. It isn’t hate to speak the truth. » (Je respecte les personnes trans mais ce ne sont pas des femmes ou des hommes parce qu’elles sont et resteront naturellement (génétiquement) un mâle ou une femelle…)
