Les coûts de l’azote de synthèse ont explosé à cause de la guerre en Iran. Or la France importe 70 % de ses besoins en azote, sur lesquels repose son modèle agricole céréalier intensif. La sécurité alimentaire repose sur l’agriculture biologique, pas sur l’agro-industrie.
Manon Rescan : L’azote est essentiel pour la croissance des végétaux. Il est présent dans le lisier et le fumier épandus sur les cultures et dans l’air, mais l’agriculture mondiale s’est développée sur un modèle intensif qui repose sur le recours à de l’azote de synthèse. La tonne d’urée, le principal engrais azoté de synthèse utilisé en agriculture, se vend à plus de 800 euros, contre 400 euros avant le début du conflit.
« Nous devons devenir moins dépendants aux engrais importés », a écrit Annie Genevard, ministre de l’agriculture. D’autant que le pays est aussi tributaire des importations d’engrais phosphatés et potassiques. Devant les membres de l’Association générale des producteurs de blé (une association d’agriculteurs du syndicat FNSEA), la ministre avait annoncé travailler à mettre en place un guichet engrais : « L’engrais est au sol ce que le carburant est à la voiture. L’engrais permet d’avoir des cultures abondantes et de qualité, il nous faut des engrais »…
Le point de vue des agro-écologistes
– Et nous bêtement, nous allons payer pour importer des engrais, réaliser des mega-bassines, continuer la pollution des eaux, détruire la biodiversité pour une souveraineté alimentaire fantasmatique… basée sur l’exportation.
– La France a un secteur privé dont la compétence essentielle (inexportable), c’est la recherche de subventions publiques tout azimut.
– D’un côté, la région Champagne-Ardennes se vante d’être le premier exportateur mondial de luzerne déshydratée et de l’autre, on importe des engrais azotés. Pour les non-initiés, la luzerne, le trèfle et quelques autres plantes fixent l’azote et rendent inutile l’apport d’engrais azotés.
– J’étais il y a quelques jours dans une ferme en polyculture élevage (ces gens que méprise Duplomb), eux ils s’en moquent bien du détroit d’Ormuz ! Que les fans de chimie se débrouillent sans l’aide de l’État, ça les changera.
– La Confédération paysanne plaide pour mettre en place des solutions « de nature économique et agronomique », en particulier le développement d’une filière avec des débouchés pour les légumineuses, notamment fourragères, moins gourmandes en azote, et pour réintroduire de l’élevage dans les zones céréalières afin de permettre un plus grand recours aux engrais organiques.
– L’urine humaine est très riche en azote. On paie pour des stations d’épuration pour s’en débarrasser et de l’autre côté on importe des engrais azotés…
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
La merde, un de nos biens les plus précieux
extraits : Avec le développement de l’hygiénisme, l’arrivée progressive de l’eau courante dans les habitations s’accompagne de la généralisation des toilettes à chasse d’eau puis des systèmes d’égouts. Les excréments y disparaissent comme par magie, même si, en réalité, ils vont polluer les rivières. Mais c’est surtout au XXe siècle, avec l’apparition des engrais de synthèse, que s’opère le basculement. En 1913, le chimiste allemand Fritz Haber et l’industriel Carl Bosch développent un procédé industriel pour convertir l’azote de l’air en azote assimilable par les plantes. Après la seconde guerre mondiale, ce procédé se généralise en France, en même temps que l’agriculture industrielle….

Sur la «sécurité nationale» (article d’hier) , ECHA (10 juin 2026 à 10:55) nous parle du TFA. Et en suivant je lui parle vite fait du reste. Aujourd’hui c’est l’azote qui est au menu. Disons plutôt les engrais, industriels et naturels. Comme Monsieur Barthès, notre Professeur d’engrais nous fait justement la promo d’une excellente idée. En fait pas si révolutionnaire que ça, déjà du fait qu’il y a longtemps que tout ça est utilisé pour faire pousser de bons et gros légumes. Mais bon.
Seulement quand il y en a trop, ici d’azote, ou de merde, dans les sols et dans l’eau, alors bonjour les dégâts. Et pas seulement pour les poissons. La juste mesure donc.
Maintenant, si l’azote est en effet indispensable, ce n’est pas le cas de bon nombre de substances que nous retrouvons dans notre environnement (sols, eau, air).
– « Les scientifiques rappellent surtout que la cocaïne n’est qu’un exemple. D’autres substances présentes dans l’eau pourraient produire des effets similaires ou se cumuler. » (Saumons perturbés par la cocaïne : la pollution invisible qui inquiète les scientifiques – lechasseurfrancais.com)
Pour tenter de conclure, du moins temporairement… sur cette (excellente ?) idée de récupérer nos déjections pour fertiliser nos champs, et/ou faire tourner nos bagnoles… disons alors pour être moins dépendants au Pétrole, et/ou aux Fossiles… disons que moi je ne suis pas CONTRE. Plutôt ni-ni mais bon.
Alors il n’y a plus qu’à mettre en place ce système de collecte. Et vite, ça presse !
Mais d’abord, je pense que nous ferions bien d’imaginer le machin.
Le système, le machin, le bazar, le merdier peu importe. Moi je verrais bien une citerne au bout de mon quartier… à côté du bac à verre et de la benne pour textiles, en tous cas pas devant chez moi… où tous les matins nous irions vider nos seaux.
Tous ensemble tous ensemble ouai ouai ! 🙂
– » L’urine humaine est très riche en azote. On paie pour des stations d’épuration pour s’en débarrasser et de l’autre côté on importe des engrais azotés… »
He oui, collecter l’ urine permetrait une forte réduction de l’ utilisation d’ eau pour l’ évacuer dans les toilettes
La récupération de l’ urine commence à se répandre si j’ ose dire et c’est une excellent idée .
Il en irait de même pour la biométhanisation des matières organiques (excrements animaux + humains) pour obtenir du gaz méthane et ainsi alimenter des moteurs thermiques fonctionnant au gaz : réduction de la dépendance envers ce satané pétrole et la péninsukle arabique voire d’ autres sources .
Pas mal Professeur, voilà qui nous change. La collecte d’urine et d’excréments humains est en effet une excellente idée. Seulement je doute qu’elle puisse résoudre notre problème. Autrement dit notre dépendance aux Fossiles (Pétrole, Gaz…) et de tout ce qui en découle. Comme ici la production des engrais azotés qui nécessite beaucoup d’énergie. Bref, le réduire certes, mais de combien ? Un peu, beaucoup, passionnément… dites-nous, Professeur.
D’autre part, si ON part de l’idée que notre merde pourrait alimenter les moteurs thermiques, alors je pense qu’ON est mal barré.
Oui je sais, c’est pas du tout bon pour la planète… mais je n’ai pas pu résister à ce satané besoin de poser une question à ChatGpt :
– De combien la méthanisation de nos déchets organiques pourrait-elle réduire notre dépendance au pétrole ?
=> Réponse : ### En résumé
**La méthanisation peut contribuer utilement à réduire la dépendance au pétrole, mais seulement de manière partielle : plutôt quelques pourcents que des dizaines
de pourcents à l’échelle nationale.**
Quelques pourcents !? Alors soyons optimistes… disons 10% .
Et puis les petits ruisseaux font les grandes rivières… comme ON dit.
– « En résumé, on constate de fortes arrivées des nutriments en automne et hiver parce que les épandages ont lieu en dehors de la période active de la végétation et en période de pluies. Le tout est lessivé vers les rivières où se développent alors des bactéries [etc. etc.] » (Quand la science démontre que les lisiers polluent nos rivières – soslrc.com/2020/05/04)
Question, que je ne poserais pas à ChatGpt : Pour sauver la Planète, la Bagnole et en même temps, devrions-nous alors ne faire pipi et caca qu’en période active de la végétation et en période de pluies ?
Et pourquoi pas !? Bref, vu que nous sommes bel et bien dans la merde, je me demande donc si ça vaut trop le coup d’en rajouter.
J’ ai oublié de mentionner l’ utilisation du digestat issu de la biométhanisation pouvant servir d’ engrais non chimiques .
L’ avis de chatte j’ ai peté m’ intéresse peu, car il s emblerait qu’ aucune étude sérieuse n’ ait été faite au sujet des capacités de ces digestats à procurer un enrichissement optimal à nos terres agricoles nationales .
Wait and see
Il est vrai aussi qu’ une sérieuse décroissance démographique nous placerait sur la voie de l’ autarcie alimentaire
Mieux vaut une dépendance à 80% qu’ une à 100% 😁😁
– Mieux vaut une dépendance à 80% qu’ une à 100% 😁😁
Bof… Sauf que ça ne serait même pas 80%, mais plutôt 90%.
Et encore en étant optimistes. Mais bon.
Ceci dit j’ai un commentaire en stand-by… encore coincé quelques part dans les tuyaux.
Et si nous devions produire moins de nourriture, nous aurions moins besoin d’azote, et pour avoir besoin de moins de nourriture, il suffirait d’être… moins nombreux.
Un peu léger comme analyse, Monsieur Barthès !
Mais juste, car en étant moins nous aurions besoin de moins. C’est incontournable.
Cette remarque était-elle vraiment utile ?
modération : prière de ne pas tourner en rond, merci.
Moins nombreux nous allons l’être, patience donc Monsieur Barthès !
Mais moins nombreux ne nous garantit pas un monde meilleur. Loin de là !
Je l’ai dit je ne sais combien de fois… avec le même état d’esprit (toujours plus, parce que je le veau bien ; plus = mieux ; nouveau = mieux ; plus vite, plus haut, plus fort ; etc. etc.)… nous restons con damnés à être toujours trop nombreux ! Jusqu’au dernier homme trônant fièrement sur une montagne de cadavres et de déchets.
Justement vous devriez remarquer que moi je ne dis pas « plus = mieux »; « plus vite, plus fort plus haut » etc… je dis juste le contraire, je dis « moins ».
Vous devriez apprécier.
Oh que oui j’apprécie. Comme avec le Ventoux, et tous ces camés dans les cols des Pyrénées … toujours plus vite et toujours plus fort !
Cette remarque était-elle vraiment utile ?
Dans la “La merde, un de nos biens les plus précieux” (Biosphère 23 avril 2026) nous avons vu combien ON peut s’enrichir à partir de n’importe quoi.
En effet l’azote est aussi indispensable que l’eau et l’air, et il est notamment essentiel pour la croissance des végétaux. Notons que l’air, que nous respirons, est principalement constitué d’azote (78%). Et l’eau, que nous buvons, en contient également. Beaucoup moins, mais bon.
De toute façon, si nous ne buvions que de l’eau distillée (H2O) nous serions malades. Encore plus malades. Bref, que ce soit dans l’air ou dans l’eau, l’azote joue donc un rôle crucial pour notre santé, entre autres. Et nous pourrions dire exactement la même chose du CO2, entre autres. Seulement, et là encore, tout est dans la juste mesure. Or là, nous savons exactement où elle est.
(à suivre)
(suite) Le problème ici n’est donc pas l’azote, mais seulement les engrais azotés de synthèse. C’est à dire, là encore, ce satané modèle (agricole, économique) pour ne pas dire le Système. Qui ne carbure qu’au Pognon (Rendement, Productivité etc.) et qui n’est pas foutu de faire la juste part des choses. Comme ici de comprendre, et d’admettre, qu’il est parfaitement possible de nourrir la planète sans avoir recours à toute cette merde.
Nourrir, entre autres… les corps tout aussi bien que les esprits.
(à suivre)
– « L’engrais est au sol ce que le carburant est à la voiture. L’engrais permet d’avoir des cultures abondantes et de qualité, il nous faut des engrais » (la ministre…)
Comment, avec une telle métaphore, et un tel postulat… pourrions-nous décoloniser les esprits ? Les esprits… autrement dit les imaginaires.
La ministre parle bien évidemment des engrais de synthèse (chimiques)… dont ON ne peut se passer. Exactement comme du nucléaire, pour faire rouler les Bagnoles.