Le bois qui brûle, plus polluant que le charbon

Pour une même quantité d’énergie produite, le bois émet 10 % de CO2 en plus que le charbon, et 20 % en plus que le fioul (selon une étude réalisée en 2020 par le ministère de la transition écologique). L’émission en particules fines d’un feu de cheminée [à foyer ouvert] durant quelques heures équivaut à celle d’une voiture classique roulant pendant plusieurs milliers de kilomètres. En Haute-Savoie l’hiver, le chauffage au bois est à lui seul responsable d’environ 85 % des particules fines carbonées présentes dans l’atmosphère. Le bois n’a jamais été et ne sera jamais une source viable d’énergie depuis le néolithique. La révolution industrielle a démarrée en substituant le charbon de terre au charbon de bois, les ressources forestières étant insuffisantes pour alimenter l’industrie naissante.

La biomasse est une source d’énergie qui paraît indéfiniment renouvelable, à la manière d’une batterie qui se décharge et que le soleil recharge. Encore faudrait-il intégrer ses spécificités, par exemple la lenteur de la croissance végétale, et arbitrer avec les autres utilisations possibles des sols (aliments, fibres, bois d’œuvre, biodiversité…). Or non seulement les humains utilisent la biomasse pour leurs besoins alimentaires, mais aussi pour tous leurs autres besoins, chauffage, déplacement, etc. ; la surexploitation de la biomasse entraîne donc un déséquilibre structurel. La combustion de la biomasse devrait être l’exception, pas la règle. Maintenant que nous arrivons au bout des énergies fossiles, que le bois ne peut servir de substitut et que nos besoins énergétiques sont immenses, la seule solution durable, outre la baisse de la fécondité et la désurbanisation, sera un jour de ne pas se chauffer.

Il nous faut questionner nos besoins, la température de nos appartements. Si la moyenne recommandée pour la classe globale (celle qui possède un véhicule) est de 19° dans la maison, ce n’est pas un idéal : les esquimaux dans leur igloo étaient capable de faire bien mieux, c’est-à-dire beaucoup plus bas, zéro degré celsius au ras du sol. C’est certes moins agréable, mais tellement plus simple d’isoler les corps plutôt que de se chauffer au bois, au gaz ou au nucléaire… Et avec bientôt 10 milliards d’habitants sur cette planète, que restera-t-il de bouses de vache pour faire la cuisson à l’usage des générations futures ; il faudra manger cru et dîner froid !

 Lorsque les Iroquois se réunissaient en conseil pour examiner des décisions majeures, leur pratique était de se demander : « Comment cela affectera-t-il la septième génération ? » Chaque génération devrait s’engager à préserver les fondations de la vie et du bien-être pour les générations futures. Or notre société actuelle ne pense qu’à généraliser et accroire le pillage de la planète au détriment de l’avenir. Il n’y a pas de solution envisageable acceptable, il y aura donc une décroissance brutale du niveau de (sur)vie pour les plus pauvres d’abord, et ensuite pour toutes les classes moyennes. Les plus riches, cela dépendra du sort qu’on leur réservera…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 mars 2016, Jamais le bois ne pourra remplacer les énergies fossiles

16 mars 2010, la biomasse ne peut remplacer le pétrole

9 réflexions sur “Le bois qui brûle, plus polluant que le charbon”

  1. – « La pollution générée par le chauffage au bois est effectivement complexe. D’un côté, le bois est un combustible historique, qui rejette du CO2 et certaines particules nocives telles que le monoxyde de carbone en brûlant. De l’autre côté, il est désormais pris en compte que le bois absorbe autant de CO2 en croissance qu’il n’en rejette lors de sa combustion, pour un bilan carbone nul ! Si on ajoute à cela la qualité des derniers équipements de chauffage au bois disponibles sur le marché (chaudière granulés, poêle à granulés), on obtient un chauffage relativement peu polluant et surtout, peu cher ! »
    ( Comparatif pollution chauffage : voici le plus et le moins polluant – kazamea-energie.com )

  2. Marcoilbiondo

    Le bois n’émet pas de CO2, parce que tout ce qu’il émet il l’a stocké juste avant. Le charbon et tous les hydrocarbures ne pourront pas être reconstitués pendant la durée de vie de l’humanité.

    Et à moins de finir en poutre millénaire d’un château, le bois ne stocke pas de CO2 non plus, car il finira par être décomposé…

    A moyen terme la fôrêt est neutre en CO2, ce qui est déjà très bien pour une source d’énergie, mais son intérêt est la ressource en eau et la biodiversité, 2 problèmes bien plus énormes que le CO2

    1. esprit critique

      Bonne remarque. Seulement je crains que ce soit un peu trop compliqué pour ceux qui ont décidé de bannir le feu de bois. Je ne parle pas des incendies, bien entendu.

      – « En étant brûlé, le bois libère le carbone absorbé qui est donc rejeté dans l’atmosphère. Cela signifie qu’en brûlant, le bois rejette du CO2 mais n’en ajoute pas à l’atmosphère : on parle de carbone biogénique et non de carbone fossile ! Quant au CO2 rejeté par les autres énergies fossiles, il était auparavant emmagasiné dans la terre, avant d’être rejeté par l’atmosphère, surchargeant cette dernière. »
      ( à suivre )

      1. (suite)
        – « Selon l’ADEME, 82 % des émissions de particules fines liées au chauffage à bois sont causées par les foyers ouverts à bûches. Ceux-ci sont effectivement très polluants et émettent énormément de particules fines. Une étude a notamment montré qu’un foyer ouvert utilisé comme chauffage principal relativement âgé (équipement antérieur à 2002) peut produire jusqu’à 90 kg de particules fines par an. A l’inverse, un appareil récent avec foyer fermé et labellisé « Flamme Verte » 5 étoiles ne génère lui que 3 kg de particules fines sur une année. »
        ( Bilan carbone d’un chauffage au bois : quelles émissions de CO2 pour la biomasse ?
        kazamea-energie.com 26.01.2026 )

    2. Didier BARTHES

      Je ne partage pas votre raisonnement, car les forêts ont justement pour « fonction » du stocker durablement le CO2 par retour au sol des bois morts et par retour à la mer d’une partie d’entre eux,
      En les brûlant, on supprime cette « fonction » qui est un mécanisme régulateur du climat, on supprime tout simplement ces puits de carbone pour en faire quelque chose de neutre, c’est très dangereux.

  3. Didier BARTHES

    La biomasse ne doit absolument pas être considérée comme une énergie renouvelable et écologique, la brûler pour produire de la chaleur ou de l’électricité est un non sens.
    Les arbres à la fin de leur vie doivent être laissés sur place où, longtemps durant, ils serviront de gîte à toute une petite faune, ensuite ils seront réintégrés au sol et parfois emmenés par les rivières dans l’océan (si l’on ne met pas de barrage) où il sédimenteront et stockeront ainsi le carbone. Si l’on brûle les arbres, leur rôle de stockage de carbone est réduit à néant.
    Bref comme toujours il faut laisser la nature vivre sa vie, les hommes ne font que tout détruire.

    1. – « La biomasse est considérée comme une énergie renouvelable tant que la quantité de matière utilisée est égale ou inférieure à la quantité qui peut être régénérée. […] La biomasse énergie est utilisée depuis la préhistoire (maîtrise du feu). Elle reste la première énergie renouvelable utilisée dans le monde, pour le chauffage et la cuisson des plats de cuisine, mais essentiellement dans les pays peu industrialisés [etc. etc.] »
      (Wikipédia : Biomasse (énergie) )

    2. esprit critique

      Quant aux forêts, ON évitera bien évidemment de les voir seulement, et connement, comme de vulgaires réservoirs d’énergie. Ni comme des tas de planches, ou de biftons.
      Comme le dit très justement Marcoilbiondo (2 août 2026 à 18:43) les forêts (les arbres) jouent un rôle crucial dans le cycle de l’eau. Tout est lié. Sans parler de leur importance pour la biodiversité, la petite faune, la grosse etc.
      Laisser faire la nature, comme vous dites… c’est ridicule. Au mieux c’est très naïf.
      Laissons alors à terre les arbres déracinés par les tempêtes, laissons-les obstruer les rivières, laissons les ronces tout envahir, laissons faire le nématode du pin, qui lui aussi a le droit de vivre sa vie… et j’en passe de ce genre de délires !

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