le communisme n’est pas mort

Le communisme est mort. La Chine est désormais le deuxième pays derrière les Etats-Unis pour le nombre de milliardaires en dollars : géant de la boisson industrielle, constructeurs automobiles, patron d’un moteur de recherche Internet… L’île de Hainan, vouée aux touristes des classes supérieures, est devenue un précipité effarant, démesuré, du « miracle économique » qui dévore la vie passée de la république « populaire ». Il n’y a plus de différence avec le capitalisme libéral.

                Le code forestier décidé en 2007 par Vladimir Poutine a fait disparaître la fonction de protection de la forêt en Russie alors que l’URSS comptait un corps de forestiers nombreux, spécialisé, compétent. Les derniers qui restent s’occupent de vendre le bois qu’on coupe, pas d’autre chose ; les incendies actuels ne sont donc pas le fait du hasard. Dans la Russie de Poutine, l’environnement vient bien après l’exigence de profit, comme dans le capitalisme libéral.

Selon Hans Jonas (Le principe responsabilité, 1979), il faut donc que se mette en place un régime fort de type communiste pour faire face à la crise environnementale : « Un système libertaire serait préférable pour des raisons morales, mais les systèmes moralement bons sont des systèmes précaires ; l’Etat peut seulement être aussi bon que le sont les citoyens. De plus l’homme politique peut supposer idéalement dans sa décision l’accord de ceux pour qui il décide en tant que leur chargé d’affaires, mais des générations futures on ne peut obtenir de facto un accord. Par conséquent la tyrannie communiste paraît mieux capable de réaliser nos buts inconfortables que le complexe capitaliste-démocratique-libéral. » Vive le communisme ?

férences :  LeMonde du 7 août :

Au paradis des milliardaires chinois

La Russie est toujours impuissante face aux incendies de forêts

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4 réflexions sur “le communisme n’est pas mort”

  1. @ Parisien libéral
    Il ne faut pas tout mélanger. Le capitalisme est défini par la propriété privée des moyens de production ; ce n’est pas l’allocation par les prix, mais par un pouvoir préalable défini juridiquement. L’allocation par les prix, c’est le système de marché, tel que théorisé par le libéralisme économique.

  2. impressionnante cette double erreur d’interpretation, tant sur la forme que sur le fond.

    Qui est en meilleur état ecologique ? La Suisse ou le Portugal ?
    La RFA en 1989 ou la RDA en 1989 ?

    Quand à dire que milliardaire = capitaliste liberal … le capitalisme c’est le processus de d’allocation par les prix, ca n’a rien à voir avec le liberalisme, le systeme de respect des droits et libertes civiles. Un pays peut etre capitaliste sans etre liberal (Chine, si on veut, France, à la rigueur, Etats Unis, dans une certaine mesure) sans que la reciproque soit automatique. Si un pays est liberal, il est capitaliste (Canada, Suisse, Norvege, Luxembourg, etc)

    Il y a eu de tout temps des riches en regime capitaliste ou pas, cf Louis XIV, Kim Jong Il ou Lenine, par contre les classes moyennes deproletarisees sont des caracteristiques des democraties liberales.

    Le probleme de la Russie est un classique probleme de droits de propriété.

  3. bonjour
     » Par conséquent la tyrannie communiste paraît mieux capable de réaliser nos buts inconfortables que le complexe capitaliste-démocratique-libéral. »
    Je saisis dans cette phrase et sa conclusion en forme d’interrogation (« vive le communisme? ») une irone certaine ou une certaine ironie… Et c’est bien vu.
    Parce que en matière écologique, il suffit de regarder où en est l’ex URSS; où en est le Chine; où en est Cuba. Et je ne parle pas de le Coréee du Nord…
    Il me revient à la mémoire que dans les années Pompidou-Giscard, certains chefs d’entreprise et quelques hommes de droite (certes très minoritataires) finissaient par préférer le communisme, signe d’une Etat fort, au « libéralisme avancé », cher à VGE, signe pour eux de grèves permanentes et de désordres sans fin…
    Comme dirait l’autre, comprenne qui pourra.

  4. Le point de vue de biosphere sur le communisme centralisé :
    Hans Jonas, qui écrivait en 1979 avant la chute du mur de Berlin (1989), se trompait lourdement sur l’efficacité d’un système centralisé. Nous sommes en accord total ave Louis Lecoin : « Quand en décembre1920 Pierre Monatte me presse de me rallier à l’idée de dictature provisoire du prolétariat, je lui réponds : Non ! sans hésitation. Non ! parce que je ne croyais pas qu’une dictature, une fois installée, se ferait hara-kiri. Je pressentais que la Russie serait le premier de ces Etats modernes, ces obstructionnistes au réel progrès humain, celui qui commence à l’individu. »

    Seul un parti social-écologiste qui prendrait démocratiquement en compte les limitations de l’activité humaine par les contraintes environnementales pourrait durablement gérer les pays et la planète. Un parti libéral, au service des entreprises et donc du pillage de la planète, au service du marché et donc du court terme, ne peut avoir un tel objectif.

    Non seulement il faudrait que les partis socialistes acquièrent cette fibre écologique qui leur manque tant, mais il reste encore à mettre en œuvre ce que Hans Jonas envisageait incidemment : « Naturellement il serait préférable qu’on puisse confier la cause de l’humanité à une conscience authentique qui se propagerait. »

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