le jour du dépassement, 21 août 2010

Le 19 décembre 1987, pour la première fois de son histoire, l’humanité vivait au-dessus de ce que la terre pouvait lui offrir en un an. Selon l’ONG Global Footprint Network, le jour du dépassement (Earth Overshoot Day) aura lieu cette année le 21 août. L’an passé, c’était le 25 septembre, la capacité de la biosphère à se régénérer et à absorber nos excès fout le camp de plus en plus tôt. C’est une brève (LeMonde du 18 août) qui aurait mérité une page entière et de multiples commentaires. Non seulement c’est trop court, mais LeMonde a tronqué des parties importantes du texte initial :
« Il aura fallu moins de neuf mois pour épuiser le budget écologique de l’année 2010. Si vous dépensez votre budget annuel en neuf mois, vous allez probablement être extrêmement inquiet : la situation n’est pas moins grave quand il s’agit de notre budget écologique », précise le président de l’ONG, Mathis Wackernagel. Pour inverser la tendance, il n’y a qu’une solution, « arriver à ce que la population mondiale commence à décroître. Les gens pensent que ce serait terrible, pour nous ce serait en fait un avantage économique. Mais c’est un choix. On n’en veut pas encore », assure M. Wackernagel.
LeMonde-papier serait-il anti-malthusien ? Quel journaliste a utilisé les ciseaux de la censure pour amoindrir la portée d’un événement-clé ?

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15 réflexions sur “le jour du dépassement, 21 août 2010”

  1. on fait dire ce qu'on veut aux chiffres

    tout est dans le titre.
    je viens d’aller voir leur site, bien fait entre parenthèses, à la rubrique finances.
    je n’ai jamais vu un rapport financier aussi léger pour une ONG. une page en tout et pour tout pour apprendre que la moitié de leur financement provient de fondations. bref, ce n’est pas hyper transparent. et pour moi c’est un peu vague pour se faire une idée de l’indépendance de leurs analyses.

  2. «  » » »A ma connaissance, une seule société avait réussi à mettre en place une auto-régulation : les Aborigènes d’Australie (avant l’arrivée des colons). «  » » »

    Les inuits du nord-Groenland pratiquaient l’auto-régulation (jusqu’en 1956) en éliminant 2 filles sur trois à la naissance. Le territoire ne pouvant nourrir une trop grande population, le dépassement d’un certain seuil aurait mis en danger la viabilité du groupe.

  3. @panissieres
    La Chine n’a jamais réussi à mettre en place une véritable politique de l’enfant unique, (taux de natalité de 1,4). Avec un enfant par femme, le taux de natalité passe en dessous de 1 (10% en moyenne de la population ne peut pas ou ne veut pas avoir d’enfant, ce qui ne compense pas les jumeaux ou triplés).
    Pour les garçons, c’est de leur faute, ils ont favorisé les garçons. Normalement, il y a toujours légèrement plus de filles que de garçons…
    L’auto-régulation reste malheureusement une utopie, l’Homme semble bien en être incapable. A ma connaissance, une seule société avait réussi à mettre en place une auto-régulation : les Aborigènes d’Australie (avant l’arrivée des colons).

  4. « à quoi sert l’homme? Telle est la question fondamentale.
    A 9 milliards de personnes prévues en 2050,
    l’homme ne vaut plus grand chose à l’unité,
    et cela devient une catastrophe en groupe.
    D’où l’idée de Mathis Wackernagel,
    faut faire quelque chose,
    de préférence volontairement
    et dans la non-violence…

  5. un enfant par femme: why not? ce serait effectivement une solution, mais qui demanderait plus de temps qu’on ne le pense…
    sauf que ça ne marche pas: les chinois en sont un exemple incontournable: malgré une politique particulièrement répressive en la matière, les autorités chinoises sont obligés de lâcher du lest, ne serait ce que parce que l’enfant unique ne « donnait » que des garçons: presque deux sur trois (proportion à vérifier mais qui dépasse largement un sur deux); et je ne parle que de la Chine; il faut aussi évoquer l’Inde et là c’est une autre paire de manches….
    alors l’auto – régulation reste et restera une utopie de plus, un fantasme d’occidental qui a déjà atteint un niveau de vie correct…
    sur France Culture ce matin j’ai vaguement entendu un type qui parlait agriculture: d’ici quelques années il y aurait ci ou il se passera ça; nous serons tant et et patati patata…
    personne, même avec des calculs dont on sait qu’on peut leur faire dire ce que l’on veut, personne donc ne peut prévoir l’avenir et surtout pas dans un sens catastrophiste.
    il y a un éternel recommencement depuis la nuit des temps, celui où il faut que les individus aient peur de quelque chose: avant hier, hier, les rois, les religions; aujourd’hui, la nature, l’homme. Et on retrouve cette éternelle accusation: l’homme est mauvais et il doit se repentir. J’ai lu dans le billet consacré il y a quelques jours à un insecte protégé: « à quoi sert l’homme? »
    chassez le naturel, il revient au galop!

  6. Il n’y a pas de voie unique. Mais s’il n’y a pas autolimitation de la population humaine et de sa consommation, alors Thanatos agitera sa faux dans tous les sens, en commençant par tous ceux qui n’ont pas encore donné l’exemple.

    N’est-ce pas Kevin ? Car toi aussi tu es concerné !

  7. Auto-limitation ? Pourquoi taxer tous ceux qui pensent que l’auto-limitation est une vue de l’esprit, de religieux, de productivistes et de scientistes ? (et à ce propos, je ne vois que les scientistes sont concernés par cette histoire…)
    Bref, avoir des enfants, c’est la vie, pouvoir penser que l’on a des enfants parce que l’on regarde la télé, les pubs et qu’on croit en Dieu…. non mais sincèrement qui peut penser ça ? j’espère sincèrement que si vous dites ça, c’est que vous n’avez pas d’enfants, et que vous ne savez donc pas de quoi vous parlez. Si par contre vous avez des enfants, et bien je vous plains.
    Sans tomber dans le nihilisme et la décroissance à tout va, il y a mille voies à explorer pour réduire nos consommations de nourritures, de ressources…
    Si vous êtes tellement sérieux et pensez que que la réduction du nombre de personnes est la seule voie, donnez l’exemple et sacrifiez vous pour les autres.

  8. @Nathalie G :

    merci et bravo; pendant quelques lignes j’ai cru que c’était du 1er degré !

  9. 1 enfant par femme ? Vous n’êtes pas sérieux ! Voilà qui n’arrangerait pas le vieillissement de la population. Et qui va payer les retraites ?
    Et puis, dieu a bien dit « allez et multipliez-vous », n’est ce pas ? Il n’a pas dit « autolimitation ». Vouloir limiter la population de la terre est une idée nihiliste et totalitariste, et en plus c’est contre la nature, puisque la nature a fait les femmes pour avoir des enfants.
    8 milliards d’habitants, la belle affaire. En 2300 nos descendants seron plus de 36 milliards. Quand il n’y aura plus de pétrole on trouvera bien d’autres substances pour en faire des engrais. On pourrait par exemple collecter les déjections humaines. Quant aux surfaces agricoles, la terre est encore pleine de prairies et de forêts aux sols fertile qui ne produisent rien d’utile pour la consommation humaine. Il suffira de les cultiver. Le réserves sont encore grandes.
    En 2600 il y aura plus de 120 milliards d’habitants sur la planète. Et alors? Il y aura toujours des écolos nihilistes qui diront « la limite est atteinte, il faut revenir à une population raisonnable, de 36 milliards, comme en 2300 ».
    Et pourtant en l’an 3000 ce sera plus de 6000 milliards d’habitants qu’il y aura sur la terre. Et tous mangeront à leur faim. Pour cela la génétique aura produit des espèces végétales qui poussent 10 fois plus vite qu’à l’heure actuelle, et ce n’importe où, sans besoin de terres fertiles. Les villes seront cultivées, dans les rues, sur les toits des immeubles, même dans les appartements. Les villes auront conquis tous les territoires, les montagnes, les déserts; elles flotteront sur les mers. Certes, les prix de l’immobilier auront beaucoup augmenté, mais moyennant une vie de labeur, même les plus pauvres pourront se payer leur mètre carré d’appartement. Les parkings feront 50 étages en sous-sol, et les voitures seront amenées à leur propriétaire par des systèmes complexes de monte-charges. Le système routier se déploiera dans la troisième dimension. Des choses qu’on peut à peine s’imaginer maintenant, mais qui paraitront naturelles aux terriens du prochain millénaire.
    En l’an 4000 il y aura sur terre plus de 4000000 milliards d’habitants. Ils seront comme des fourmis autour d’un bonbon. Ils ne pourront plus se déplacer sans se marcher les uns sur les autres. Au moins ils auront pas froid. Mais ils trouveront bien un truc pour tous pouvoir manger, et boire, et respirer. La terre est intarissable.

  10. @panissieres
    Pour la théorie : à 1 enfant par femme, on descend à 1,3 milliards en 2075 (institut démographique de Vienne) et l’effort devra être le même pour tous que l’on soit français ou chinois. L’avantage : 1 enfant par femme reste « acceptable » pour beaucoup de gens.

  11. l’auto-limitation: voilà une formule qu’elle est belle!
    combien de temps pour passer, par cette méthode de 7 ou 8 milliards d’habitants à 1 milliard? Et quels sont ceux qui vont devoir faire l’effort principal? les chinois? les indiens? bien du plaisir, m’sieur dame!
    A moins qu’une « bonne guerre » mette de l’ordre dans tout ça! Mais n’y a t’il pas des écolos radicaux qui souhaitent une guerre qui verrait la population mondiale diminuer drastiquement? et oui, ça existe!

  12. Et pourquoi ne pourrions nous pas devenir moins nombreux? Si cela se fait par la seule voie envisageable, c’est à dire l’auto-limitation. Si ensuite nous arrivions a également réduire notre consommation destructrice grâce à l’auto-limitation. L’avenir se présenterai de nouveau enviable Mais pour réussir cela il faut effectivement que les religieux, les productivistes et autres scientistes arrêtent leur propagande télévisée.

  13. bonjour, que dire ? une population moindre, non, mieux eduquée oui, et penser que nous connaissons tous de notre planete serait une gageure, j’espere vivre assez pour pouvoir voir la deuxieme partie de se siecle, et nous reparlerons de tous sa à moins qu’il soit trop tard, …

  14. Bernard ANDRE sur lemonde.fr du 16 août :

    « Je rêve d’une terre avec un milliards d’humains raisonnables, fraternels et réconciliés avec les animaux et la nature. Mais voilà un formidable tabou. Suggérer une décroissance de la population mondiale vous fait en général taxer de dangereux nihiliste ou pire. Il y a une détestable union sacrée et hétéroclite entre les religions, les politiques et les exploiteurs de tous poils. »

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