Le luxe, c’est en définitive la planète au pillage

L’industrie du luxe, 253 milliards d’euros en 2015. Du gaspillage pur et dur ! Mais la progression n’était que de 1 % en 2015, bonne nouvelle !! Avec son renouvellement permanent, la mode constitue un formidable moteur de consommation. Des financiers comme Bernard Arnault (LVMH), les Pinault (PPR devenu Kering) ou Johann Rupert (Richemont) ne s’y sont pas trompés. Ils nous ont trompés !!! Mais le vent commence à tourner, l’article du MONDE* se termine ainsi :« Il y a beaucoup à apprendre de la gastronomie. De même que l’on constate un retour aux produits de saison, aux préparations un peu brutes, comme la purée écrasée à la fourchette, on va revenir à des produits qui ont une âme. La revanche de l’artisanat sur l’industrie ? Un retour aux sources en somme. »

Un livre-programme** pour l’écologie politique résume ce qu’il faudrait penser de l’industrie du luxe : « Politiser la question du luxe est la meilleure voie pour élargir l’audience de l’écologie vers les classes populaires. La première contribution du dessinateur Wolinski paru en 1976 à la une du journal L’Humanité présentait deux dessins. Sur le premier, une bourgeoise affalée sur son divan explique à sa petite fille que le luxe, c’est les bijoux, les toilettes, le parfum, le champagne. Sur le deuxième, une prolétaire explique à son jeune fils que le luxe, c’est la viande, le café, les légumes, les fruits…

La notion de besoin social déborde largement la notion de demande économique et il est légitime d’espérer une organisation socio-économique égalitariste. C’est l’objectif théorique de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » (article 25). Pour être concrétisé, cet objectif présuppose des besoins simplifiés dans un monde unifié. Notre conception des besoins devrait suivre un principe de généralisation : généralisation dans l’espace (je ne peux satisfaire un besoin que dans la mesure où n’importe qui n’importe où sur notre planète peut accéder à un niveau de vie équivalent) ; généralisation dans le temps (je ne peux satisfaire un besoin que dans la mesure où cela n’empêchera pas les générations futures de satisfaire les leurs). »

* LE MONDE économie du 4 septembre 2016, Luxe, la fin de l’âge d’or

** L’écologie à l’épreuve du pouvoir aux éditions Sang de la Terre (370 pages pour 19 euros)

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