LE MONDE se positionne contre la chasse

Les dérogations accordées à l’activité de la chasse semblent d’autant plus exorbitantes que cette pratique souffre d’un rejet massif de l’écrasante majorité de la population, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ». En bref : « Les concessions faites aux chasseurs depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée sont si étourdissantes qu’elles ont précipité le départ du ministre de la transition écologique Nicolas Hulot… La gestion de l’activité cynégétique est désormais dite « adaptative », les quotas d’oiseaux tués étant déterminés par le Comité d’experts sur la gestion adaptative (CEGA). Hélas : sans grande surprise, six des quinze membres du groupe sont notoirement proches des fédérations de chasse et leurs déclarations d’intérêts ne sont pas publiques.Ce n’est pas tout : le nouvel Office français de la biodiversité sera cogéré par les fédérations de chasseurs, inscrivant dans le marbre institutionnel l’un des slogans préférés des porteurs de fusil, selon lequel les chasseurs seraient les premiers écologistes de France. (Mais) qui eût cru, voilà seulement une dizaine d’années, que des élus de premier plan devraient avoir une opinion sur l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques, sur les delphinariums, sur la taille des cages des poules pondeuses, voire sur les méthodes les moins cruelles de dératisation ? Le gain politique des faveurs faites aux chasseurs pourrait, bien plus vite qu’on ne le pense, se changer en fardeau. »*

Pour en savoir plus sur les chasseurs, lire sur notre blog biosphere :

3 janvier 2019, Le président Macron, un chasseur d’oies aux ordres

30 octobre 2018, Le chasseur bientôt interdit de séjour le dimanche ?

24 août 2018, Permis de chasse à prix réduit, un Macron anti-écolo

28 avril 2018, Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

27 avril 2018, Le bon chasseur respecte l’éthique de la Terre

18 septembre 2013, pour en finir avec la chasse-loisir, chasse sans avenir

12 mai 2013, Mieux vaut un surfeur mort que la chasse aux requins

2 janvier 2010, LE VILAIN CHASSEUR (Serge Dassault)

31 juillet 2008, chassons les chasseurs

* LE MONDE du 24-25 novembre 2019, « En France, à l’exact inverse des discours tenus, tout semble être mobilisé pour favoriser le déclin de la biodiversité »

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5 réflexions sur “LE MONDE se positionne contre la chasse”

  1. Didier Barthès

    La chasse est doublement condamnable.
    Elle l’est d’abord et avant tout sur un plan moral. Comment peut-on justifier de tuer et faire souffrir un être vivant pour le plaisir ? C’est odieux, innommable, tout simplement indéfendable.
    Elle l’est également sur le plan écologique, le principe de l’écologie est celui des équilibres et de la sélection naturelle. La chasse par les prédateurs sélectionne chez les animaux (prédateurs comme proies) les plus robustes, les plus aptes à continuer la lignée. Si les gazelles sautent si haut et ont une course si extraordinaire, c’est parce que les lions sont leurs prédateurs. Si l’homme a des yeux si performant et s’il est si apte à la course de longue distance, c’est après des centaines de milliers d’années de sélection.
    Le fusil abolit tout cela, le tigre le plus puissant ne peut rien contre un fusil. Les chasseurs éliminent les animaux les plus beaux, les plus forts, ils suppriment les prédateurs pour les remplacer par eux-mêmes. Dieu avait fait les animaux, les hommes font le gibier, nous sommes passés du sublime au lamentable, la chasse est une horreur, une abomination, la honte de notre espèce.

  2. Alors comme ça, ce serait donc à cause des chasseurs que notre cher Nicolas a démissionné… c’est donc juste pour ça ? Pour tout et n’importe quoi on peut toujours trouver à redire. Et comme pour tout, quitte à sombrer dans le ridicule et le grand n’importe quoi. Concernant les décisions politiques au sujet de la chasse, on peut notamment déplorer l’autorisation de tirer le courlis cendré (sous certaines conditions, évidemment). Quant à dire que les concessions ou les dérogations faites aux chasseurs sont «étourdissantes» et «exorbitantes», là c’est ne pas voir les bornes, ou alors s’en foutre. Comment alors faudrait-il qualifier le reste de la politique macronienne ?
    Dire que la chasse «souffre d’un rejet massif de l’écrasante majorité de la population» relève de la manipulation. Cette affirmation n’est vraie que dans certains milieux et pour certaines populations (ex. bobos, végés, citadins), mais ne se confirme certainement pas dans les milieux ruraux. Reste à voir si les traditions rurales ont encore une certaine valeur, ou pas.
    Qu’on l’aime ou pas, la chasse est un loisir (voir définition). Qu’on les aime ou qu’on ne les aiment pas les chasseurs ont leur rôle à jouer dans la gestion de certains écosystèmes. Ce qui bien sûr ne veut pas dire pour autant, qu’ils sont «les premiers écologistes de France». Ni d’ailleurs les derniers, et pourquoi le seraient-ils ? Ces classements me font toujours marrer. 🙂

    1. Michel C, nous aimons votre phrase, «  Pour tout et n’importe quoi on peut toujours trouver à redire ». Car parfois vous pratiquez cet art. Plus sérieusement, nous aimerions discuter votre affirmation, « Qu’on l’aime ou pas, la chasse est un loisir ».
      J’ai arrêté de chasser. La chasse n’était plus ce qu’elle était, une viande d’appoint pour une famille installée à la campagne. Les chasseurs sortent maintenant des villes, avec leur voiture et leur fusil à répétition. La plupart des chasseurs considèrent les écologistes comme des ennemis. Ils ne voient pas que leur ennemi, c’est eux-mêmes. Nous ne sommes plus à l’époque de la chasse et de la cueillette, nous sommes trop nombreux sur chaque territoire, limitant de façon démesurée l’espace de la vie sauvage. Un chasseur pourrait être un véritable écologiste, il deviendrait alors simple promeneur, humant l’air des sous-bois et la chaleur des prés, admirant le vol d’un oiseau et l’effilochement d’un nuage. Pourquoi pas chasseur d’images, s’il veut conserver chez lui à vie le vol d’une perdrix ou la fuite d’un renard. Un chasseur devrait se contenter de regarder la nature sans y toucher, comme le plongeur sous-marin. Quant à la surpopulation des chevreuils, il n’y a pas assez de lynx en France ! Reste les sangliers, mais si on veut se permettre de réguler une population, commençons par maîtriser notre propre fécondité… (extraits de « On ne naît pas écolo, on le devient », de Michel Sourrouille)

      1. Bien des écolos autoproclamés et ecolos de la sainte farce devraient lire votre dernière phrase et s’ en inspirer car le contrôle démographique humain n’ est point leur principale préoccupation !

      2. Ecolomaniak, en effet je prends un certain plaisir, pas seulement à redire sur tout et n’importe quoi , mais parfois aussi à en rajouter au Grand N’importe Quoi. Raconter des bêtises, des blagues peu importe, après tout chacun trouve son plaisir là où il peut. Pour certains c’est à la chasse, pour d’autres c’est à tirer sur les chasseurs ou sur n’importe quoi d’autre, etc. etc.
        En attendant je ne suis pas chasseur, je l’ai été il y a très longtemps et pas longtemps. Le hasard m’a placé dans un milieu où le dimanche les femmes allaient à la messe et les hommes à la chasse, c’est comme ça. Je connais bien sûr des chasseurs, ils ne sont pas tous comme ce que les anti prennent plaisir à raconter. En effet aujourd’hui ils prennent la bagnole pour aller pratiquer leur loisir, comme d’autres prennent la leur pour aller courir sur un tapis roulant dans une salle, ou plus simplement pour aller marcher ou faire des photos dans les bois. Là non plus ce n’est plus comme c’était. Comme vous voyez, avec tout et n’importe quoi, on n’en sort pas.

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