le nationalisme à Copenhague

Eric Besson estime qu’il faut « réaffirmer la fierté d’être français », Nadine Moreno veut qu’un jeune musulman « se sente français lorsqu’il est français », les racistes  commencent à s’énerver. Ce n’est pas ainsi que nous préparons le monde de demain à l’heure de Copenhague. Parce que les uns se sentent plutôt Français pendant que d’autres se veulent Américains, ou Brésiliens, ou ethnocentrés, nous n’arriverons jamais à conclure quelque conférence internationale que ce soit. Car les quelque 120 chefs d’Etat et de gouvernement ne sont pas au Danemark pour résoudre les problèmes de la planète, ils ont été élus pour  représenter d’abord les intérêts de leur nation particulière. On va donc promettre un peu d’argent, mais surtout ne pas baisser ses propres émissions des gaz à effet de serre car «  maintenir le niveau de vie de nos nationaux est primordial. ».

Il ne devrait plus jamais y avoir de débat sur les identités nationales, il devrait y avoir une prise de conscience planétaire que nous appartenons tous à la même biosphère, que c’est la Terre qui est notre patrie, que nous dépendons du substrat qui nous fait vivre. A ce moment-là seulement, nous pourrons prendre des décisions qui puissent aller dans le sens de l’intérêt général. C’est ce qu’exprime d’une certaine manière le prince de Galles.

Charles d’Angleterre, inquiet de l’impact humain sur l’atmosphère de la planète, appelle à adopter une nouvelle approche : « Nous devons accepter l’idée que l’économie est dépendante de la nature, et non pas l’inverse. Après tout, la nature constitue le capital sur lequel se fonde le capitalisme. Au fur et à mesure de notre éloignement de la nature en faveur d’un recours aux inventions technologiques pour résoudre nos problèmes, nous voyons de moins en moins nos difficultés telles qu’elles sont, c’est-à-dire comme résultant de la perte de la notion d’équilibre et d’harmonie avec les rythmes de la nature, ses cycles et ses ressources limitées. Le fait que nous envisagions l’économie comme séparée de la nature n’est que l’un des signes de ce déséquilibre. Renouer des liens avec la nature, réaligner nos sociétés et nos économies sur ses possibilités, voilà, à mon avis, le véritable défi qu’il nous faut relever. Le sommet de Copenhague contribuera, je l’espère, à ce changement profond. »

Source documentaire :

 LeMonde du 16 décembre, Renouons notre lien avec la nature

LeMonde du 17 décembre, Le débat sur l’identité nationale dérape 

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1 réflexion sur “le nationalisme à Copenhague”

  1. Pierre Desbarats

    « Biosphère
    Je rêve d’une Biosphère où l’objection de croissance permettrait à chacun de nous d’être amoureux de la Nature. A condition de bien lire, même un journal croissanciste comme LeMonde peut alimenter mon rêve. »
    De « alimenter mon rêve » à « maintenir le niveau de vie », le discours est le même.
    Faire croire que tout peut se solutionner sans décroissance relève de l’utopie.
    Mais il serait peut-être bon de parler de la dimension spirituelle de l’Etre, et de son rapport avec la mort.

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