Le pentobarbital bientôt en vente libre

Douze prévenus, âgés de 75 à 89 ans, membres de l’association qui milite pour la légalisation du suicide assisté, ont été déclarés coupables le 9 janvier 2026 d’avoir aidé illégalement des dizaines de personnes à se procurer du pentobarbital.

Pascale Robert-Diard : Une amende et des peines de trois à dix mois d’emprisonnement avec sursis ont été prononcées. Les juges relèvent que « ces militants ne sont pas médecins, n’ont aucun moyen défini de s’assurer que les accompagnés ont bien été informés de toutes les alternatives thérapeutiques possibles, voire assument à la barre qu’ils n’ont pas à connaître les pathologies des adhérents. » Les juges se montrent particulièrement sévères à l’égard de « l’extrémisme du positionnement » de trois membres historiques d’Ultime Liberté qui « ont assumé à la barre une philosophie de liberté de mettre fin à ses jours sans condition, notamment d’âge ou de maladie ». Mais la présidente du tribunal a tenu à rappeler qu’il n’est reproché ni « trafic » de pentobarbital, ni enrichissement personnel aux prévenus. « Ils n’ont agi que bénévolement, dans le cadre de leur engagement associatif ». Aucune personne ou famille d’une personne ayant profité de l’aide des prévenus ne s’est constituée partie civile.

Le point de vue des écologistes suicidaires

– On ne parle pas de l’amateurisme des décideurs français, incapables de pondre une loi décente sur le sujet, alors que des pays comme la Belgique ont statué il y a plus de… 20 ans !!!

– Les militants d’Ultime Liberté, avec leurs moyens et compétences limités mais animés d’une bienveillance indiscutable, m’ont été d’une aide précieuse ne serait-ce que sur le plan psychologique,

– Ils choisissent le suicide par pendaison, saut du haut d’un toit ou prise de pentobarbital. C’est leur choix. Alors qu’est ce que ça peut bien faire aux magistrats ?

– L’association « Ultime liberté » ne fait que pallier à l’incurie du gouvernement français, incapable d’admettre que les citoyens sont aptes à prendre la décision de quitter en toute conscience la vie.

– Le problème vient de tous ces « intermédiaires » (prêtres, médecins, législateurs…) qui refusent la liberté des autres pour défendre qui son pouvoir, qui son idéologie, qui son gagne pain. Les psychiatres sont les pires avec leur chantage « ils sont en souffrance donc leur décision n’est pas libre ».

– Le tribunal révèle involontairement que les principes religieux condamnant le suicide tiennent sa plume…

– Je suis scandalisé par l’attitude du corps médical en général sur ce sujet. Il n’est pas de leur autorité de savoir si quelqu’un veut mourir ou pas. Ils dépassent là leurs domaine professionnel.

Je soutiens la position que le tribunal qualifie pourtant d’ « extrémiste » : liberté totale de se suicider, quelles que soient les raisons, et droit à accéder à des produits permettant de le faire de façon sûre et indolore.

– « Aucune liberté ne devrait être retirée à celui qui ne nuit pas à autrui » (John Stuart Mill)

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Pour le suicide assisté en libre service

extraits : « J’ai aidé des personnes à se procurer à l’étranger du pentobarbital, le produit permettant de quitter la vie dignement. J’ai été mis en examen. Pourtant l’assistance au suicide est légale en France. D’abord pour des raisons de principe : le suicide n’étant pas un délit, l’assistance à un acte qui n’est pas un délit ne saurait en être un. C’est pourquoi les poursuites à ce sujet ont toujours recouru au subterfuge juridique d’un autre article du code pénal : celui qui punit la « non-assistance à personne en danger »…. (François Galichet)

Suicide mode d’emploi, de 1982 à 2023

extraits : Sous le titre  » Suicide, mode d’emploi « , le quotidien  » Libération  » du 21 février 1979 publiait un répertoire des six manières les plus courantes de se donner la mort. Il ne s‘agissait que d’un exercice de style qui n’apprenait pas grand-chose sur le plan de la technique des suicides, suffisamment connue et décrite au cinéma et dans la littérature. Notre article un peu plus explicite « Suicide mode d’emploi, voici les nouvelles recettes », a été publié le 5 juillet 2013. Il arrive encore aujourd’hui (en 2023) en troisième position de consultation (sur les 28 derniers jours). Question brûlante donc, recherche individuelle constante. Interdire ou non la pensée du suicide, le débat n’est pas neuf. Peut-on écrire sur le suicide sans risquer des sanctions. Peut-on légiférer sur le suicide sans risque d’attenter aux libertés individuelles….

13 réflexions sur “Le pentobarbital bientôt en vente libre”

  1. La commission des affaires sociales du Sénat a profondément modifié la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Les rapporteurs ont substitué au droit à l’aide à mourir une « assistance médicale à mourir », conçue comme un prolongement assumé de la loi Claeys-Leonetti, en alignant strictement les conditions d’accès sur celles de la sédation profonde et continue jusqu’au décès (SPCJD). Ce choix conduit à une solution extrêmement restrictive, réservée aux seules personnes dont le pronostic vital est engagé à très court terme.
    Jonathan Denis, président de l’ADMD, appelle solennellement les sénateurs à ne pas accepter une loi de fin de vie au rabais lors de la séance plénière qui débutera le 20 janvier prochain.

    1. esprit critique

      – « L’aide médicale à mourir (AMM) est la locution officiellement utilisée pour désigner principalement l’euthanasie dans la loi fédérale canadienne ainsi que dans la loi provinciale québécoise. Dans une moindre mesure, elle désigne en outre le suicide assisté dans la loi fédérale (qui porte alors le nom particulier d’« aide médicale à mourir auto-administrée »). »
      ( Wikipédia : Aide médicale à mourir au Canada )

      – « La définition du médicament est commune à l’ensemble des pays de l’Union européenne […]
      Le code de la Santé publique (article L.5111-1) définit ainsi le médicament : [etc.] » (sante.gouv.fr)

      Qu’ON l’appelle « suicide assisté », « aide à mourir », « assistance médicale à mourir » ou je ne sais plus quoi d’autre, pour moi c’est pareil. De l’hypocrisie, pour ne pas nommer la chose.
      Si maintenant ON appelle « médicament » un produit utilisé pour euthanasier un animal ou un être humain, je pense qu’il y a de quoi s’inquiéter. Si ON continue comme ça, demain un cercle pourrait devenir un carré…

  2. esprit critique

    Qu’ON l’aime ou pas, moi pas spécialement, Michel Houellebecq fait parfois preuve d’une réflexion que beaucoup n’ont pas les moyens de s’offrir. Comme là :
    – Une civilisation qui légalise l’euthanasie perd tout droit au respect
    ( michelhouellebecq.com/2022/09/06 )

  3. – « Je soutiens la position que le tribunal qualifie pourtant d’ « extrémiste » : liberté totale de se suicider, quelles que soient les raisons, et droit à accéder à des produits permettant de le faire de façon sûre et indolore. » (écolo suicidaire et… extrémiste)

    N’importe quoi ! D’abord, depuis quand est-il interdit de se suicider ? D’ailleurs comment pourrait-ON l’interdire ? Pour les produits, et autre matos susceptible de faire l’affaire… d’une manière sûre et indolore… avec un peu d’imagination ON devrait facilement trouver tout ce dont ON semble avoir besoin.
    Quant aux raisons, de vouloir en finir… là encore il y a raison ET raison. C’est comme avec les chasseurs, chez qui il y a les bons ET les mauvais. Quand ON a envie de se suicider parce que la copine nous a largué… ON va vite voir un psy.
    D’une manière générale, je soutiens que les gens suicidaires, et extrémistes qui plus est… doivent d’ABORD consulter un psy.

    1. Hi-han hi-han !

      Oui mais…. du côté des ces écolos suicidaires ON va me dire :
      – « Les psychiatres sont les pires avec leur chantage « ils sont en souffrance donc leur décision n’est pas libre ». »
      À une telle absurdité… que pourrais-je bien répondre ?
      Bof… à a quoi bon. Misère misère !

      Autre argument (avec ou sans «») tout aussi absurde :
      – « Puisque les autres le font… alors il faut le faire ! »
      Ben voyons. Faire comme les autres… n’importe quoi !

      1. Parti d'en rire

        Tiens, un autre du même genre :
        – « Rien ne t’oblige, t’as le choix, et t’as pas le droit d’interdire aux autres ce qu’ils ont envie de faire ».
        C’est cl’à oui. Comme il y a une vingtaine d’années quand j’avais encore le choix de ne pas m’équiper d’un ordi et/ou d’un téléphone portable. Comme encore il n’y a pas si longtemps, quand j’avais le «choix» de me faire vaxiner ou pas. Comme aujourd’hui de pouvoir encore payer ma baguette avec des pièces de monnaie. Et pourvu que ça dure.
        Et là ON va me sortir l’histoire de la pente glissante. Ce fameux sophisme bien pratique dans bien d’autres cas. La pente à géométrie variable, quoi.

  4. Après les premières grandes causes ayant traversé mon existence, liberté de sexualité, liberté de grossesse et liberté de métier, la dernière échéance, c’est la liberté de la mort. Un slogan féministe n’a cessé de me guider : « Mon corps m’appartient. ». Au sein de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, j’ai été secrétaire générale en 2006. Mais cette organisation, centrée sur l’objectif d’un changement de la loi, est trop timorée à mon goût. On m’accuse : Complicité d’importation, contrebande ! Non, c’est de l’aide. Mon grand principe reste le respect absolu de la liberté de l’individu. L’association ne cherche pas à dissuader, ne cherche pas l’approbation d’un entourage, ne demande pas de dossier médical. On n’est pas médecins, je ne suis pas gendarme, chacun prend ses responsabilités. 

    1. esprit critique

      « Mon corps m’appartient » …. en êtes-vous réellement certain ?
      Ce n’est pas parce que tout le monde ânonne ce slogan qu’il faut le prendre comme une vérité. C’est comme l’autre, celui de l’Oréal, qui me chante « parce que je le vaux (veau) bien ».

  5. Parti d'en rire

    Attention… si cette assoce continue comme ça l’oncle Donald va nous faire une descente.
    Et là ON pourra dire que c’est bien fait.
    Parce que y’en a marre de tous ces trafiquants… et qu’ON en crève de la Drogue !

  6. Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005, il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
    https://biosphere.ouvaton.org/blog/
    Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
    https://biosphere.ouvaton.org/
    Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
    Prière par vos commentaires de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.

    1. Le laboratoire danois lundbeck a contacté en 2011 les autorités américaines « pour attirer leur attention sur le fait que nous n’acceptons pas que le Pentobarbital soit employé dans les exécutions par injection », a-t-il dit, mais « nous ne pouvons les en empêcher », a-t-il reconnu. En outre, Lundbeck se trouve « face à un dilemme », car le produit est « déjà sur le marché pour aider les malades américains et nous ne pouvons le retirer sans pénaliser ces patients qui ont besoin de cet anesthésiant. » Le cocktail létal injecté aux condamnés à mort est composé de trois produits diffusés par intraveineuse. D’abord le thiopental, qui endort, puis le pancuronium, qui paralyse les muscles et stoppe la respiration, enfin le chlorure de potassium, qui arrête le cœur. Ces deux derniers produits seraient extrêmement douloureux si le condamné n’avait pas été endormi auparavant.

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