Le poids du nombre ET le poids des obèses

C’est une « épidémie mondiale » dont on parle moins mais qui fait encore plus de morts que le SARS-Cov2. Entre 1975 et 2016, la proportion de personnes obèses a presque triplé au niveau mondial, et le surpoids concerne désormais plus d’un adulte sur trois. Maladie chronique aux conséquences parfois graves sur la qualité et l’espérance de vie, l’obésité est le résultat de facteurs sociopolitiques, économiques et, bien sûr, environnementaux.

Les commentaires sur lemonde.fr nous en disent plus qu’une vidéo quelconque.

Oooolivier : 5 MILLIONS de morts par an dus au surpoids+obésité ! Pourtant pas de PASS alimentaire (IMC, indice de masse corporelle <25 pour aller au mcdo, acheter coca ou chips…) , pas de discours martiaux de nos dirigeants, de rouleau compresseur médiatique anxiogène et stigmatisant sur les « gros » qui mangent mal et ne se bougent pas assez. Pourquoi ??

Athanagore Porphyrogenete : personnellement, la principale différence que j’ai vue entre les pays obèses, où j’ai vécu, et ceux normaux, c’est la nourriture entre les repas. Aux USA, tout le monde est toujours en train de boustifailler un truc ou un machin. En France, et en Europe en général, on mange peu entre les repas, sauf au royaume uni, dont le taux d’obésité est proche de celui des USA.

FT2 : Je ne regarderai pas la vidéo car la seule et unique réponse à l’obésité est une alimentation saine et équilibrée. Ce concept est absolument méconnu de la plupart des gens qui n’ont eu aucune éducation sur la question, et qui, au contraire, sont complètement envahis, investis, contaminés par la pub omniprésente pour la malbouffe !!!

Lire, Malbouffe, le dico (les dossiers du Canard enchaîné)

Abitbol : On peut parler de malbouffe, mais c’est oublié le rôle de notre microbiote : l’ensemble des bactéries présentes dans notre intestin. Il est déterminant dans la prise de poids, car directement responsable de la qualité de notre digestion,. Ce microbiote est héréditaire car il se transmet essentiellement au moment de la naissance. Des études ont été faites en effectuant des transplantations fécales sur différentes souris dépourvues de microbiotes. Les résultats étaient sans appel : à quantité de nourriture égale, les souris recevant un microbiote de souris obèse prenaient énormément plus de poids que leurs homologues avec un microbiote sain. Les gros font donc des gros, et les pays ayant mis le doigt dans l’engrenage vont avoir du mal à l’en retirer.

Fred Issy : Bien sûr qu’il y a une inégalité génétique propre à chacun dans la façon dont notre organisme assimile les aliments, mais pour le reste, même (surtout) après 50 ans, vous pouvez totalement vous transformer en oubliant les AUT (aliments ultra-transformés) et retrouver une svelte silhouette en cuisinant à chaque repas, et en bannissant les produits sucrés hormis les fruits… sans oublier de bouger, marcher, jardiner, courir, nager ou que sais-je… Pour le reste, nous nous sommes laissés aller, ensorcelés par l’industrie agroalimentaire, les centrales d’achats et leurs incessantes publicités ! À chacun d’en prendre conscience et aux pouvoirs publics de s’y pencher enfin sérieusement : à quand l’interdiction des publicités de « poisons » nutritionnels à destination des enfants !!!

Lire, L’Assemblée Nationale refuse de protéger nos enfants contre la malbouffe (mai 2018)

PHILEMON.FROG : Ce sont les standards de vie qui obligent de nombreuses familles à ingurgiter des plats industriels peu chers et rapides à préparer : l’empressement permanent, un pouvoir d’achat serré… Mais il me semble tout de même qu’il y a un défaut d’information sur les vertus d’une alimentation saine et de l’activité physique. Il serait aisé à la plupart des familles de prélever un peu de budget sur les forfaits téléphonie, essence, jeux, TV en ligne… et de le basculer sur des légumes et fruits bio ; de limiter un peu la navigation sur les réseaux sociaux pour augmenter le temps de cuisine qui procure un vrai plaisir… Notre société, dominée par des acteurs n’ayant qu’un exclusif objectif de profit, n’incite aucunement les familles à ça, elle renforce leur addiction à des passe-temps abêtissants et à une nourriture favorisant le diabète ou les insuffisances cardiovasculaires. C’est un enjeu essentiel que les pouvoirs publics ignorent.

Sybill : Nestlé a admis dans une note interne que 60 % de ses produits seraient très mal notés par le nutri-score. Mais ces produits caracolent encore et toujours en tête de gondole aux caisses des supermarchés… La bouffe ultra-transformée sera sans doute le scandale des prochaines années comme le furent les cigarettiers etc.

Lire, Interdisons les sodas, place à l’écologie responsable

Cartesien @ Sybill : les entreprises produisent ce qui se vend. Même sans pub les gens achètent naturellement des produits transformés et sucrés, alors les entreprises en fabriquent…. Si les gens veulent des produits healthy alors les entreprises vendront des produits healthy. Il faut arrêter de responsabiliser les gens !

Sybill : Oh mon Dieu, c’est donc ainsi que fonctionne l’économie? Fichtre, tant d’années d’études pour dire ça, c’est ballot…

MEKEDA : Je me rends rarement dans les supermarchés, mais quand je le fais, je ne peux pas ignorer le contenu des caddy des personnes qui attendent avec moi à la caisse. Il y a vraiment de quoi vous faire dresser les cheveux sur la tête. Légumes et fruits frais quasiment zéro, aliments non transformés à cuisiner trop rares, plats tout prêts industriels, desserts hyper-sucrés, sodas équivalents à un paquet de sucre chacun en grande quantité. Ces produits ne coûtent pas cher, ils en valent réellement encore moins, ces gens ont-ils le choix au niveau économique? Ont ils le temps et les connaissance pour cuisiner à partir de produits frais ? Ce que je sais c’est que c’est un désastre et je m’étonne que des produits aussi toxiques à long terme puissent être mis en vente. çà coûte cher à la sécu, sans parler de la qualité de vie de ces gens une fois leur santé dégradée. Je trouve les pouvoirs publics très légers, à la limite de la complicité, avec l’industrie alimentaire.

Lorange : Lancer une grande campagne de politique vaccinale c’est préserver l’économie capitaliste et accessoirement enrichir des laboratoires. Mener une grande campagne contre l’obésité et pour l’alimentation saine c’est lutter contre l’agro-industrie, l’industrie alimentaire et la grande distribution. A votre avis, que préfèrent nos bons dirigeants néolibéraux ?

San-San : C’est intéressant de comparer avec le covid : sur-réaction d’un côté, sous-réaction de l’autre… Au-delà du travail des lobbys de l’agroalimentaire, quelle en est la raison ? C’est plus facile pour l’humain de lutter contre un ennemi bien identifié, le virus, et surtout qui nous attaque soudainement (syndrome de la grenouille dans sa casserole), je pense. Ce n’est pas du tout encourageant pour la grande catastrophe qui nous tombe dessus, rapidement mais pas assez vite, le bouleversement climatique…

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

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14 réflexions sur “Le poids du nombre ET le poids des obèses”

  1. – « les entreprises produisent ce qui se vend. Même sans pub les gens achètent naturellement des produits transformés […] Si les gens veulent des produits healthy alors les entreprises vendront des produits healthy. Il faut arrêter de responsabiliser les gens ! »
    ( Cartesien @ Sybill )

    – « C’est vrai qu’il faudrait interdire… on retrouve alors le vieux débat porté par les gens qui veulent faire le bonheur des autres malgré eux. Jusqu’où peut-on aller en démocratie en ce sens ? » ( JEAN BRUGUIER 9 JANVIER 2014 sur “Interdisons les sodas, place à l’écologie responsable” )

    – « Imposer l’allaitement maternelle serait immonde! Les mères doivent avoir le droit de choisir d’allaiter ou non.» ( INVITE2018 JUIN 2018 sur “ Malbouffe, le dico, les dossiers du Canard enchaîné” )

    1. Interdire, imposer !? Oh mon Dieu non pas ça !
      Vive la démocratie ! Et à bas la dictature des khmers-verts !
      Et puis il faut arrêter de responsabiliser les gens ! Vive ce monde d’irresponsables !

      La bonne blague. Déjà comme si les MacDo-Coca-L’Oréal et Compagnie n’étaient pas les plus gros marchands de saloperies et de bonheur. Parce que je le veau bien. Et en même temps comme si notre liberté se résumait à choisir entre MacDo et Burger King. Entre Coca et Pepsi, entre le lait Poupina et le lait Blédina, entre le BodyExpertMinceur de L’Oréal et Jean Passe. Et bien sûr entre Pfizer et Moderna, bref entre la Peste et le Choléra.
      Que tous ces «démocrates» de cirque, ces chiens et ces chiennes au cou pelé se rassurent, de ce côté là on ne va rien leur interdire du tout, au contraire.

  2. Regardez et comparez 2 cartes = 1 carte mondiale sur l’obésité et 1 carte mondiale des pays là où l’ordre familial s’est effondré ! Plus l’ordre familial traditionnel s’est effondré et plus il y a d’obésité. C’est clair, dans les pays occidentaux les femmes ne veulent plus faire la cuisine, elles se sont bécassisées ! Faire la cuisine est considéré par les femmes occidentales comme une humiliation.

    1. On peut regarder aussi le nombre d’heures de travail par foyer ou plus exactement par couple. Jusque dans les années 60, principalement les hommes travaillaient entre 45 à 50 heures par semaine et la femme restait au foyer, donc ça faisait 45/50 heure de travail par foyer au total. Aujourd’hui, si les 2 membres du couple travaillent minimum 35 heures chacun, ça fait 70 heures de travail minimum par foyer !!!!! Un trou dans la semaine de 20 à 25 heures en moins pour faire la cuisine par les membres du couple. Il faut finalement plus d’heures de travail pour faire vivre la famille !

      Entre moins de temps par semaine pour pouvoir cuisiner, et féministes qui trouvent dégradant de cuisiner, ne pas s’étonner de l’accroissement de l’obésité par la consommation de produits alimentaires transformés industriels et fast food !

      1. J’ai déjà parlé des Américains, des Chinois etc. mais en fait ceux qui battent les records de poids sont dans les îles du Pacifique. Je ne pense pas que chez les Polynésiens, Mélanésiens et Micronésiens, les valeurs familiales soient si dégradées que ça, au contraire. En tous cas pas plus qu’elles le sont chez les Français (de Métropole), qui pourtant placent cette «valeur famille» en tête. Comme les Européens d’ailleurs. Bref, je pense que ta théorie est à rajouter à longue liste de tes théories fumeuses.

        – L’obésité, véritable fléau dans le Pacifique (Le Monde 15 mars 2017)
        – Pourquoi trouve-t-on dans les îles les peuples du monde les plus en surpoids? (slate.fr 5 novembre 2018)

    2. Esprit critique

      Je l’ai dit précédemment, sur Wikipedia (Liste des pays par taux d’obésité) il y a une carte. Maintenant, pour comparer, et voir si ta théorie tiens la route, ou pas… dis-nous où on peut trouver une «carte mondiale des pays là où l’ordre familial s’est effondré» ? Tant que tu y es et tant qu’à bien faire, comme tu sais si bien faire, dis-nous aussi ce qu’est «l’ordre familial». Mis à part les femmes à la cuisine bien sûr.

  3. Misère misère !

    On sait que l’obésité frappe en premier les pauvres. Mais attention, il y a pauvres ET pauvres ! Disons alors, pauvres et « pauvres ». Exactement comme avec la misère. Misère misère !

    – L’obésité, maladie de « pauvres » ( Le Monde 13 juin 2017 )
    En France, les obèses sont quatre fois plus nombreux chez les enfants d’ouvriers que de cadres. Les mauvaises langues diront que les cadres élèvent mieux leurs gosses que les pauvres ouvriers. Que d’ailleurs il faudrait un permis pour faire des gosses, etc. C’est sûr, les cadres font très attention à ce que mange leur marmaille, ils leur font faire du sport, de la dance etc. Et pour tout et n’importe quoi ils leur montrent le Bon Exemple. Tandis que les autres passent leur temps devant la télé à picoler de la bière et bouffer des chips.
    Comme le chantait si bien Matthieu Cote, «Qu’est ce qu’ils ont cons, ces pauvres».

    1. Business as usual !

      En attendant, nos «pauvres» Chinois ne valent pas mieux eux non plus que nos «pauvres» Français ou Ricains. La France comme la Chine feraient bien de foutre le feu à toutes ces saloperies de Mac.Do et Jean Passe.
      – « Avec un nombre croissant de personnes en surpoids, on peut vraiment dire que l’obésité en Chine est un sujet actuel très alarmant pour la santé des Chinois. On peut d’ailleurs dire que la Chine n’est plus uniquement un poids lourd de l’économie ! »
      ( Obésité en Chine : la santé des Chinois est alarmante – chroniques-de-chine 26 juill 2019 )

    2. Les féministes ne veulent plus cuisiner pour leurs enfants ! Elles ne veulent pas habituer leurs petits garçons à ce que les femmes fassent la cuisine, il ne faut surtout pas les habituer à devenir machos, alors elles leurs ouvrent des boîtes de conserve la semaine et s’ils sont sage leurs enfants auront le droit au mac do le week end et mercredi…

    3. et bien dansez maintenant

      D’ailleurs, il est intéressant de distinguer pauvreté et misère.
      Dans son livre « La puissance des pauvres », Jean Robert et Majid Rahnema ne les considèrent pas comme des synonymes, ce que tout un chacun fait.
      La différence majeure, c’est que le miséreux est un pauvre sans moyen d’auto-subsistance. Un SDF d’un pays riche sera un miséreux comparé à un pauvre paysan péruvien.
      Un miséreux dépendra pour sa survie d’aides extérieures (aumône, RSA,…)
      Un pauvre a peu de revenus mais des productions alimentaires (ou autres)
      L’un est en mode survie et l’autre en mode grande sobriété.
      L’un mangera des produits de Super Truc, l’autre des aliments bruts de son jardin. La ville refuge de misère, la campagne refuge de la pauvreté.

      1. Parti d'en rire

        Mais bien sûr que ce n’est pas la même chose, c’est ce que je me tue à lui expliquer. Seulement il ne veut rien comprendre. Misère misère ! Comme on est gentils on dira que ce n’est pas de sa faute, que le pauvre n’a pas eu de chance. Sauf… qu’il faut reconnaître que sa maman l’a bien élevé. De ce côté là il peut être fier, à la maison c’est lui qui fait la cuisine. Eh oui bien obligé, quand on n’a pas de femme ni les moyens de se payer une cuisinière, comment con fait ?

  4. Pour les uns c’est 5 MILLIONS de morts par an dus au surpoids+obésité !
    Pour d’autres c’est «seulement» 3 millions, pour d’autres c’est 4. Quoi qu’il en soit la malbouffe tue plus que la malnutrition. C’est déjà là une preuve, parmi d’autres, que la Terre peut nourrir beaucoup de monde. Nourrir ne veut évidemment pas dire gaver !

    L’OMS parle d’épidémie, en pleine croissance. D’autres de pandémie :
    – L’obésité, une pandémie silencieuse aggravée par le covid (letemps.ch 14 janv 2022)

    Je pense que pandémie ça fait plus peur qu’épidémie. Et pourtant. Alors peut-être que les Autorités Bienveillantes préfèrent éviter de nous affoler. Parce que même si l’obésité ne date pas d’hier, aujourd’hui nous avons une autre «guerre» à gagner. D’un côté 4 ou 5 millions de morts par an… de l’autre 5 millions en 2 ans.

    1. Chaque année les maladies cardiovasculaires font 17 millions de morts, les cancers 10 millions, la pollution de l’air 7 millions, etc. Même si les guerres arrivent loin derrière, on voit où sont les priorités.
      ( Bonne analyse de Lorange. Business as usaul )

      Comme avec le reste on peut analyser et comparer les chiffres de l’obésité, ici ou là, dans tel ou tel coin du monde. Wikipedia nous fournit la «Liste des pays par taux d’obésité», une mappemonde illustre l’étendue des dégâts.
      Comme par hasard les plus gros sont ceux qui ont «besoin» d’au moins 5 planètes, et de 5 ou 10 plus d’eau que d’autres, les champions du fast-food qui dépensent plus de 60 milliards de dollars par an en produits et programmes de perte de poids, ceux qui vivent comme des porcs.

    2. Seulement l’obésité frappe aussi les autres.
      – L’obésité en Afrique : un problème de santé grandissant (dw.com 15/10/2019 )
      – En France, où l’obésité augmente, près d’une personne sur deux est en surpoids (Le Monde 30 juin 2021)

      Quant aux causes de cette maladie, de cette pandémie, elles sont évidemment multiples. Extrait de la page Wikipedia «Obésité» : « Les sociétés contemporaines sont source de stress. De nombreux individus peuvent alors ressentir un vide moral en eux, qu’ils compensent par la nourriture. (Voir boulimie).»
      Comme je ne cesse de le dire, nous sommes tous plus ou moins malades. Partout le stress, la trouille, la pression, la fatigue, le mal de vivre etc. Et donc à chacun sa came, en attendant. Pour certains c’est la bouffe, pour d’autres le boulot, d’autres le sport, le sexe etc. etc. Remarquons au passage que dans tous les cas ce mal de vivre alimente Le Système. Le cercle vicieux.

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