le principe de mobilité

La révolution industrielle s’est accompagnée au XIXe siècle d’un déracinement géographique. La proportion de Français nés hors de leur département d’origine est passée de 11,7 % au recensement de 1861 à 26 % en 1936. L’exode rural a aussi entraîné la mobilité professionnelle, l’agriculteur est devenu au XXe siècle chauffeur de taxi ou OS. Autant dire qu’il y a eu dislocation des sentiments d’appartenance à un lieu privilégié, éclatement et dysfonctionnement des familles, perte d’autonomie puisque le salaire dépend dorénavant d’une division du travail de plus en plus poussée.

            Cette mobilité géographique et professionnelle, forcée et stressante, débouche aujourd’hui sur une mobilité interne à l’entreprise. Ainsi à France Télécom, on avait mis en place au niveau national le principe de mobilité systématique des cadres tous les trois ans : d’où 24 suicides sur le lieu de travail depuis février 2008 (LeMonde du 30 septembre). Le système capitaliste libéral a été jusqu’au bout de sa logique, considérer la personne humaine comme un simple pion sur l’échiquier du marché mondialisé du travail. La lutte de classe a été remplacée par la lutte de classement, c’est-à-dire la compétition organisée entre travailleurs qu’on évalue individuellement ou qu’on licencie collectivement. Cette logique absurde a détruit non seulement l’équilibre psychologique des êtres humains, mais aussi l’équilibre des écosystèmes que les lois sociales ont complètement ignoré.

Il n’est que temps que ce système capitaliste s’effondre et que les citoyens retrouvent le goût de la nourriture produite localement, le respect de l’artisan et l’amour du travail autonome dans une biosphère apaisée. C’est la logique de la transition qui nous fera passer après les grands cataclysmes d’une société thermo-industrielle à une société relocalisée et simplifiée

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8 réflexions sur “le principe de mobilité”

  1. Ils vont être ravis, nos amis de Suède, de ne consommer que de la nourriture locale.

  2. Ils vont être ravis, nos amis de Suède, de ne consommer que de la nourriture locale.

  3. Les générations précédentes faisaient le même métier que leurs pères et se mariaient avec une fille du village d’à-côté. Le contexte social était ainsi. Maintenant la société de croissance fait croire aux jeunes générations que la mobilité est incontournable. Mais cette mobilité n’est facile que pour ceux qui ont des diplômes performants et/ou qui sont sur un créneau porteur. Pour les autres, le chômage est structurel ou le métier insignifiant.

    De toute façon les chocs provoqués entre autres par le pic pétrolier et le réchauffement climatique vont déstabiliser complètement la société thermo-industrielle. Les entreprises vont faire faillite les unes après les autres et les générations futures qui vont s’en sortir auront plutôt des professions manuelles. Alors les hommes feront le même métier que leurs pères et se marieront avec une fille du village d’à-côté.

  4. Les générations précédentes faisaient le même métier que leurs pères et se mariaient avec une fille du village d’à-côté. Le contexte social était ainsi. Maintenant la société de croissance fait croire aux jeunes générations que la mobilité est incontournable. Mais cette mobilité n’est facile que pour ceux qui ont des diplômes performants et/ou qui sont sur un créneau porteur. Pour les autres, le chômage est structurel ou le métier insignifiant.

    De toute façon les chocs provoqués entre autres par le pic pétrolier et le réchauffement climatique vont déstabiliser complètement la société thermo-industrielle. Les entreprises vont faire faillite les unes après les autres et les générations futures qui vont s’en sortir auront plutôt des professions manuelles. Alors les hommes feront le même métier que leurs pères et se marieront avec une fille du village d’à-côté.

  5. Si je peux me permettre un avis, j’ai l’impression qu’il existe un fossé culturel entre ma génération (j’ai 30 ans) et celles de mes parents (on va dire les plus de 45 ans pour simplifier). Aucun de mes amis ou moi n’envisageons de faire carrière dans la même entreprise et d’y attendre la retraite. D’ailleurs nous avons tous changé d’entreprise au moins une fois depuis que nous avons commencé à travailler.

    Pour ma génération, je crois que le principe de « mobilité » est un critère essentiel au moment de rejoindre une entreprise car on ne se voit pas plus de 4 ans sur le même poste. Je viens d’ailleurs de démissioner de ma société (après 5 ans, record de longueur parmi mes amis) car j’ai « fait le tour » et n’ai plus rien à attendre de mon poste. J’espère que ma nouvelle entreprise pourra justement me proposer quelque chose de nouveau d’ici 3 ou 4 ans. On verra. C’est long 4 ans…

    Bref, pour caricaturer, on peut dire que la culture de la mobilité ça attire les « jeunes » et ça effraye les « vieux ».

    De plus, en ce qui concerne France Télécom, j’ai vraiment du mal à comprendre comment « la souffrance au travail » peut déclencher un suicide. Il doit y avoir d’autres facteurs. Après tout, il n’y a pas la même quantité de suicides chez Total (où la pression et la mobilité doit être plus forte), la Société Générale (le secteur bancaire a bien souffert) Rexel (qui licencie à tour de bras) ou Air France (secteur en difficulté). Et dans toutes ces entreprises la sécurité de l’emploi de doit pas être la même que chez FT notamment pour les anciens fonctionnaires. Et question « mobilité », toutes les entreprises la pratique pour éviter que les gens s’ennuient à leur poste.

    Il faut vraiment être très fragile psychologiquement pour se suicider à cause du travail. D’autant qu’avant de se suicider l’option de la démission reste envisageable. Le licenciement/départ négocié permet aussi de mettre fin à une situation de souffrance tout en perdant peu financièrement.

  6. Si je peux me permettre un avis, j’ai l’impression qu’il existe un fossé culturel entre ma génération (j’ai 30 ans) et celles de mes parents (on va dire les plus de 45 ans pour simplifier). Aucun de mes amis ou moi n’envisageons de faire carrière dans la même entreprise et d’y attendre la retraite. D’ailleurs nous avons tous changé d’entreprise au moins une fois depuis que nous avons commencé à travailler.

    Pour ma génération, je crois que le principe de « mobilité » est un critère essentiel au moment de rejoindre une entreprise car on ne se voit pas plus de 4 ans sur le même poste. Je viens d’ailleurs de démissioner de ma société (après 5 ans, record de longueur parmi mes amis) car j’ai « fait le tour » et n’ai plus rien à attendre de mon poste. J’espère que ma nouvelle entreprise pourra justement me proposer quelque chose de nouveau d’ici 3 ou 4 ans. On verra. C’est long 4 ans…

    Bref, pour caricaturer, on peut dire que la culture de la mobilité ça attire les « jeunes » et ça effraye les « vieux ».

    De plus, en ce qui concerne France Télécom, j’ai vraiment du mal à comprendre comment « la souffrance au travail » peut déclencher un suicide. Il doit y avoir d’autres facteurs. Après tout, il n’y a pas la même quantité de suicides chez Total (où la pression et la mobilité doit être plus forte), la Société Générale (le secteur bancaire a bien souffert) Rexel (qui licencie à tour de bras) ou Air France (secteur en difficulté). Et dans toutes ces entreprises la sécurité de l’emploi de doit pas être la même que chez FT notamment pour les anciens fonctionnaires. Et question « mobilité », toutes les entreprises la pratique pour éviter que les gens s’ennuient à leur poste.

    Il faut vraiment être très fragile psychologiquement pour se suicider à cause du travail. D’autant qu’avant de se suicider l’option de la démission reste envisageable. Le licenciement/départ négocié permet aussi de mettre fin à une situation de souffrance tout en perdant peu financièrement.

  7. On peut toujours rêver … Mais les patrons indignes de diriger leurs entreprises
    en sont arrivés là avec la complicité silencieuse de leurs cadres et personnels .
    Ceux-ci ont foncé tête première dans l’individualisme, le fayotage et l’appât des primes , ce qui n’amène pas à la franche camaraderie ni à la solidarité ;
    Il a fallu 23 suicides pour que les médias commencent à en parler, mais j’aimerais bien savoir combien de morts il a fallu pour que ce sujet soit amené à l’ordre du jour d’une réunion du C.E ou des D.P ou encore du CHSCT ?
    Non on demande tout de suite la tête du patron parce que ça passe àu JT !
    Je vous le dis, qu’on vire le patron soit ! mais que chacun se regarde en face et se demande ce qu’il a fait pour éviter d’entrer dans son jeu sans concertation avec les institutions qui ont été créées pour ça. Que le C.E ne soit pas que le gérant des vacances et des loisirs mais aussi un client de consultants qui puissent leur donner leur avis sur des décisions de management on le voit inhumaines .Les salariés, cadres ou non, ne doivent pas être individualistes comme leurs patrons .

  8. On peut toujours rêver … Mais les patrons indignes de diriger leurs entreprises
    en sont arrivés là avec la complicité silencieuse de leurs cadres et personnels .
    Ceux-ci ont foncé tête première dans l’individualisme, le fayotage et l’appât des primes , ce qui n’amène pas à la franche camaraderie ni à la solidarité ;
    Il a fallu 23 suicides pour que les médias commencent à en parler, mais j’aimerais bien savoir combien de morts il a fallu pour que ce sujet soit amené à l’ordre du jour d’une réunion du C.E ou des D.P ou encore du CHSCT ?
    Non on demande tout de suite la tête du patron parce que ça passe àu JT !
    Je vous le dis, qu’on vire le patron soit ! mais que chacun se regarde en face et se demande ce qu’il a fait pour éviter d’entrer dans son jeu sans concertation avec les institutions qui ont été créées pour ça. Que le C.E ne soit pas que le gérant des vacances et des loisirs mais aussi un client de consultants qui puissent leur donner leur avis sur des décisions de management on le voit inhumaines .Les salariés, cadres ou non, ne doivent pas être individualistes comme leurs patrons .

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