le PS, écolo ?

L’éditorial du Monde (27.08.2008) est absolument cinglant pour les socialistes : « Le PS est miné par la dépression, la dispersion, la confusion (…) Les socialistes sont plus que jamais englués dans des batailles d’ego, de personnalités, de courants et de jeux tactiques (…) Ce spectacle est  désolant. ». Ce n’est pas un très bon commentaire de la déclaration de candidature de Delanoë à la direction du PS qui fait la Une de ce numéro ! On apprend quand même que Bertrand cherche à constituer une coalition qui rassemblerait aussi le Pôle écologique. Tiens, le PS fait de l’écologie, première nouvelle !! En page 9, Bertrand appâte le client : « J’ai lu pendant l’été la contribution du pôle écologique, dont les propositions, très utiles, révèlent de vraies convergences. Nous sommes donc ouvert… ». Un nouvel éléphant du PS va-t-il aller encore plus vite que les vélibs ? Le suspense est insoutenable.

 

Quand on voit que Pierre Moscovici, dont le papa est écolo, peut écrire une tribune (page 18) qui décrit un PS miné par la dépression, la dispersion, la confusion et parle seulement au détour d’une phrase d’une « économie de marché écologique et sociale », nous subodorons déjà que le PS ne deviendra jamais avec de tels leaders véritablement social-écologiste. Mais les réalités objectives, l’épuisement des ressources naturelles et la destruction de l’environnement, forceront forcément le PS à évoluer vers la prise en compte des contraintes naturelles et à remiser la querelle des chefs dans les vestiaires.

 Quand on apprend en p.11 que l’Iran, en proie à la sécheresse, va acheter son blé aux Etats-Unis, on se rend bien compte que l’urgence écologique traverse déjà les frontières et les idéologies. Les éléphanteaux du PS n’ont donc qu’une possibilité pour donner au Parti une nouvelle impulsion, doctrinale et non fratricide : il faut qu’ils soutiennent la contribution du pôle écologique…

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1 réflexion sur “le PS, écolo ?”

  1. Post-scriptum : Serge Moscovici constatait que les minorités actives, en particulier dans les sociétés où les normes de la majorité deviennent vagues, produisent des effets bien plus importants que les majorités qui favorisent la stabilité. À condition qu’elles se considèrent et se comportent en minorités actives : se définir par elles-mêmes et non en négatif par rapport à la majorité ; disposer de modèles normatifs entraînant des modes de vivre, de penser et d’agir différents ; refuser les compromis et exprimer leurs points de vue d’une manière cohérente, répétitive et sans concession. Enfin, elles doivent être capables d’affronter le conflit avec la majorité car c’est le moteur du changement. Ces minorités ne peuvent imposer leurs solutions, mais aider les gens à trouver leurs propres solutions en activant leur imagination et leur affectif.

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