le sens des limites

Un diagnostic sans remèdes 

Edgar Morin, sociologue, directeur de recherche au CNRS, fait un diagnostic sans concession : « Une société-monde a besoin de gouvernance. Mais l’exemple de l’Europe nous montre la lenteur d’un cheminement qui exige un consensus de tous les partenaires. C’est dire qu’il faudrait œuvrer dans le sens d’un civisme planétaire, d’une émergence de société civile mondiale, d’une amplification des Nations unies. A travers régression, dislocation, chaos, la Terre-patrie pourrait surgir, non se substituant aux Patries, mais les enveloppant. La tendance à l’unification de la société-monde suscite des résistances nationales, ethniques, religieuses, qui tendent à la balkanisation de la planète. Il y a surtout l’immaturité des Etats-nations, des esprits, des consciences, c’est-à-dire fondamentalement l’immaturité de l’humanité à s’accomplir elle-même. Il faudrait que surviennent de grands progrès de l’esprit humain, non tant dans ses capacités techniques et mathématiques, non seulement dans la connaissance des complexités, mais dans son intériorité psychique. »  

Un remède, le sens des limites, la  décroissance ?

Scott Momaday, professeur à l’université d’Arizona, a grandi dans les réserves indiennes et possède la potion magique : « Aucun de nous ne vit totalement séparé de la terre ; un tel isolement est inimaginable. Tôt ou tard, il nous faudra tenir compte du monde physique qui nous entoure, il nous faut en tenir compte dans une optique d’éthique. » Pour plus de précisions, pensons à Aldo Leopold, avant-garde de l’écologie profonde : « Une éthique (écologiquement parlant) est une limite imposée à la liberté d’agir dans la lutte pour l’existence. Il faut valoriser une éthique de la terre et montrer sa conviction quant à la responsabilité individuelle face à la santé de la terre, c’est-à-dire sa capacité à se renouveler elle-même. L’écologie, c’est cet effort pour comprendre et respecter cette capacité. Le progrès n’est pas de faire éclore des routes et des paysages merveilleux, mais de faire éclore le sens de l’observation dans des cerveaux humains. »

 

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