Le sexe en pâture dans LE MONDE

Affaire des viols « libertins » : Christophe B. impose à ses compagnes des pratiques sexuelles extrêmes avec des hommes recrutés en ligne. Ces femmes racontent avoir subi la violence quotidienne du maître des lieux qui imposait son « contrôle coercitif », le mécanisme par lequel un membre d’un couple exerce sa domination sur l’autre. Chez lui, elles ont dû endurer les assauts sexuels de ses invités, pour la plupart rencontrés sur le site Wyylde, un réseau social libertin. ces moments s’apparentent à des séances de viols collectifs, marquées par la haine et la volonté d’humiliation de celle qui était jetée en pâture. Sur une vidéo, l’une de ses ex-compagnes réagit par des cris de douleur et des refus explicites à une sodomie imposée lors d’une soirée réunissant plusieurs hommes. Christophe B. : « Quand elle dit non, c’est oui. »

Sur l’un de ses téléphones, les enquêteurs ont dénombré 4 305 recherches Internet à caractère pornographique (« femme servant de vide-couille à sperme » ou « il offre sa chienne à remplir de jus par des étrangers ») sur une période de dix ans. Soit une moyenne supérieure à une recherche par jour.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/18/affaire-des-viols-libertins-ex-ouvrier-chasseur-christophe-b-un-homme-ordinaire-accuse-de-violences-extraordinaires_6724580_3224.html

Olivier D. se dépêche de parcourir les quarante minutes de route qui le séparent de « Prêteur33 » pour participer à une soirée pluralité, là où plusieurs hommes se jettent sur une seule femme, un « gang-bang » dans le langage pornographique. Olivier D. gare sa voiture sur le terrain herbeux, où vient l’accueillir la compagne de Christophe B., vêtue d’une tenue hypersexualisée : chaussures à talons, bas résille, haut en vinyle laissant apparaître ses seins. Sur la terrasse du gros pavillon, quatre autres hommes. Les hommes entament des rapports sexuels, parfois simultanés, avec la compagne de Christophe B. Lui se tient à distance, tel un metteur en scène.

Elle doit endurer des pénétrations extrêmes, notamment avec la main ou le poing, et manifeste des réactions de surprise, d’inconfort ou de douleur : « Non, non », « arrête », « putain », crie-t-elle régulièrement. « Quand elle commence à dire non, c’est bon signe », s’exclame Christophe B.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/17/affaire-des-viols-libertins-en-gironde-la-mise-en-examen-historique-de-19-hommes-pour-des-crimes-sexuels-avec-torture-ou-acte-de-barbarie_6724168_3224.html

lettre aux abonnés de Pierre Jaxel-Truer, chef du service Société du MONDE

Jusqu’où écrire, jusqu’où décrire ? Face aux violences sexuelles, c’est une question que Le Monde se pose souvent, sans réponse simple. Il faut conjuguer les impératifs : ne pas céder au voyeurisme, à la complaisance ; ne pas choquer pour choquer ; respecter, autant que faire se peut, l’intimité des victimes ; mais ne pas esquiver non plus la réalité, dans sa dureté la plus crue, nécessaire à la prise de conscience. Il faut se limiter, en somme, à ce qui relève de l’intérêt général.

D’intérêt général, l’affaire des viols « libertins » de Gironde l’est pour nous à l’évidence et seule sa description précise permet d’en donner l’ampleur. Lorraine de Foucher et Jérôme Lefilliatre racontent en quatre épisodes ce dossier judiciaire, qui a mené à la mise en examen historique de 19 hommes pour viols, avec la circonstance aggravante de la « torture ou acte de barbarie », toujours maniée avec prudence par la justice. Cette affaire, où certains mis en examen acceptent leur responsabilité et d’autres non, en se retranchant derrière des pratiques « libertines », raconte la violence masculine, l’abolition des limites et de l’humanité, dans un environnement propice à ces dérives.

Notre commentaire

La presse à scandale est une catégorie de publications traitant de l’actualité et de la vie privée des personnes publiques et des célébrités ; normal, pour devenir célèbre il faut paraître dans ce genre de presse. Et il y a des gens qui aiment ce genre de potins sans conséquences. Par contre la presse-poubelle cultive le voyeurisme et le sexe sans limites, c’est ce que fait LE MONDE au nom de « l’intérêt général ». Lequel ?

Donnez en pâture à ses lecteurs le sexe sans limite dans un dossier de plusieurs pages ne fait pas honneur à la perspicacité du MONDE sauf à chercher l’audience au prix du rabaissement de ses convictions. Il est vrai que la presse-papiers est en difficulté étant donné la facilité des messages par écrans interposés… Alors en route pour l’enfer. Après avoir introduit les images, maintenant LE MONDE cultive le choc des photos plutôt que la profondeur du texte. Le sport-spectacle est à l’honneur alors qu’à une époque LE MONDE ne voulait plus en parler. Les affaires judiciaires font la Une et les enjeux écologiques ont toujours la portion congrue. Le planète brûle et LE MONDE entretient le brasier, parlons sexe !  Heureusement que des journalistes écolos comme Stéphane Foucart existent, mais ils sont bien isolés dans les colonnes du MONDE.

Notez que LE MONDE n’a pas ouverts sa série libertine trash aux commentaires, dommage !

4 réflexions sur “Le sexe en pâture dans LE MONDE”

  1. esprit critique

    – « […] la presse-poubelle cultive le voyeurisme et le sexe sans limites, c’est ce que fait LE MONDE au nom de « l’intérêt général ». Lequel ? » (Biosphère)

    Le MONDE s’explique dans l’Editorial du 17 juillet 2026 :
    – Parler de la culture du viol pour mieux la dénoncer.

    Alors bien sûr qu’il faut dénoncer ça, seulement comment ? Certainement pas par une profusion de détails, là encore la juste mesure. Je n’ai pas lu tous ces articles, cette enquête en quatre volets (sic), toutefois je pense que ce dont il faut parler, et mettre en évidence, c’est déjà cette « culture » :
    – Culture du viol (Wikipédia)
    Et la mettre en parallèle (en relation) avec toutes les autres déviances qui caractérisent notre triste époque. Comme l’hyperviolence des jeunes, plus généralement cette culture de la violence, la perte des repères, de la confiance etc. etc. etc.

  2. Le MONDE... et le voyeurisme

    – « C’est l’escalade du « toujours plus » en effet. Toujours plus d’images et de confidences dévoilant la vie intime des personnes ! Toujours plus d’images de violences, de guerres ! Il fut un temps où les responsables des chaînes veillaient à ce que les émissions susceptibles de choquer soient diffusées à des heures où les enfants ne sont plus à la table familiale. Aujourd’hui, plus aucune retenue n’est observée. Sur fond de concurrence, c’est à qui ira le plus loin, à qui sera le premier. Les chaînes se donnent comme alibi que les spectateurs ont un petit penchant pour le voyeurisme et en demandent toujours plus. La preuve, les magazines people sont la seule presse dont le tirage augmente : 18 millions de lecteurs en 2005.
    Un public voyeur et exhibitionniste. [etc. etc.] »
    ( Les médias au risque du voyeurisme – Le MONDE … 11 novembre 2006 )

    1. esprit curieux

      – « Il est fascinant de constater comment la société a normalisé ces comportements.
      Le voyeurisme est devenu une part intégrante de notre culture, alimenté par des médias qui exploitent cette curiosité. […] » ( Le phénomène du voyeurisme en France : une analyse sociologique en 2025 – espritcurieux.fr 13 mai 2025 )

  3. DÉCIVILISATION

    – « DÉCIVILISATION. L’ultraviolence, la technoscience dérégulée et l’abolition des normes bioéthiques signent la victoire intellectuelle du marquis de Sade […]
    Notre époque est-elle sadique ? C’est la thèse de Dany-Robert Dufour, qui poursuit son exploration des travées de l’âme humaine. Figure centrale du livre, Sade est convoqué en tant que face sombre des Lumières, celle de l’envers de la liberté. Il n’y a pas d’érotisme chez le « divin marquis », il n’y a que de la pulsion de mort déguisée. La jouissance sadienne n’est jamais atteinte que par la transgression des lois usuelles religieuses, morales et biologiques. »
    ( Pourquoi les dérives de la modernité signent le triomphe du marquis de Sade
    – lejdd.fr/culture 19/11/2025 )

    – Sadique époque. Dany-Robert Dufour. Le Cherche Midi, 2025 (shs.cairn.info 22 juin 2026)

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