Le sexe virtuel, c’est bandant

Désinhibés par l’anonymat du numérique, certains « gameurs » jonglent d’un sexe à l’autre en fonction de leur avatar et s’aventurent vers de nouveaux rivages érotiques. Parmi le catalogue d’interactions permises par l’interface de dialogue (« flirter », « blaguer », « danser avec »…) d’un jeu vidéo apparaît l’option « faire crac-crac ». Et les deux amantes de se diriger vers un lit, des visuels suggèrent l’acte sexuel… sans rien dévoiler. Dans le cadre bisounours des Sims, chaque personnage est joyeusement bisexuel.

Antonin Gratien

– Lorsque les concepteurs de jeu vidéo mettent en scène la diversité sexuelle, le souci d’inclusivité relève du « pink washing », une stratégie de marketing qui consiste à se draper des atours du progressisme pour toucher un plus large public – et donc écouler davantage de produits.

– Si l’immersion vidéoludique a un tel pouvoir, c’est parce que l’avatar est le lieu privilégié de l’identification et de la projection. Le joueur dépose des aspects du “soi” idéalisés ou réprimés, parce que vécus comme honteux, et dénigrés au quotidien.

– Les jouissances connectées n’ont rien à envier à celles offertes par la sexualité physique. Plus encore : d’ici peu, les premières pourraient bientôt surpasser les secondes en intensité. Pour cela, il suffit d’attendre la création d’implants électroniques qui stimuleraient directement les organes érogènes du cerveau.

Dans la réalité virtuelle, personne ne se soucie de ce que vous êtes derrière l’ordinateur. En ligne, les joueurs sont des “résidents” du métavers [monde virtuel] via leur avatar, avant d’être biologiquement des hommes ou des femmes.

– En 2024, la police britannique a lancé la première enquête pour « méta-viol » dans le métavers d’Horizon World après qu’une adolescente de 16 ans a été victime d’une agression collective – par un groupe d’avatars – alors qu’elle portait un casque de réalité virtuelle !

– Puisque l’avatar fonctionne comme une projection de soi à laquelle on s’identifie, l’expérience du joueur est celle d’une fusion avec son personnage. De sorte que l’intrusion de l’intimité virtuelle peut être ressentie corporellement, et plonger dans un état de sidération qui empêche la déconnexion au moment de l’agression. Et ainsi provoquer un traumatisme. Comme dans un viol en vrai !!!

Le point de vue des écologistes techno-sceptiques

Un peu d’histoire. Le Tamagotchi a été un jouet électronique portable créé au Japon en 1996. En appuyant sur des boutons situés autour d’un petit écran vidéo, on nourrit, lave et soigne un animal virtuel pour qu’il « vive » le plus longtemps possible. Pour la première fois, une compagnie virtuelle est proposée au public. L’arrivée du Tamagotchi a engendré dans le monde entier des sentiments d’attachements avec des compagnons virtuels. Ce genre d’addiction à une machine est de plus en plus présent aujourd’hui en raison des avancées technologiques, notamment en matière d’intelligence artificielle.

Le sexe virtuel n’est qu’un prolongement des Tamagotchis ; la machine devient le partenaire exclusif d’Homo dit sapiens. On préfère l’artifice à la nature. On habitue les enfants à des artefacts relationnels par écrans interposés. Aujourd’hui on préfère se confier à son assistance électronique « intelligente » plutôt que d’avoir une relation en présentiel.

Mais soyons honnête, tout personne qui s’immerge dans un roman a de fortes chances de préférer son plaisir personnel à un engagement social.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Roman, qui ne mérite pas lecture (2017)

extraits : Le roman, support du rêve, instrument d’une fausse liberté ! Le « partage d’humanité » permet au lecteur de se replier dans une petite bulle confortable où il ne prête nulle attention aux malheurs de la Biosphère. Ce n’est pas ainsi qu’on fait une conscience ! Si un auteur a recours au langage du roman, ce n’est pas le plus souvent dans l’intention de transformer le monde ; le roman naît le plus souvent des (in)satisfactions très personnelles de l’écrivain. Du côté du lecteur, la multiplicité de ses lectures romancées va l’empêcher d’ouvrir véritablement les yeux au monde réel. Si vous aviez le temps de lire tous les romans parus dans l’année, vous êtes presque sûr de finir aussi ignorants des réalités que lorsque vous avez commencé. Le prix Nobel de littérature récompensait normalement une « inspiration idéaliste » ; maintenant les romans ne sont plus fait pour apprendre et se souvenir, mais pour passer le temps et oublier d’agir….

9 réflexions sur “Le sexe virtuel, c’est bandant”

  1. Le gouvernement norvégien devrait présenter un projet de loi pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 16 ans d’ici à la fin de l’année 2026. « Le jeu, l’amitié et la vie quotidienne ne doivent pas être accaparés par les algorithmes et les écrans », a déclaré le premier ministre, Jonas Gahr Store.
    Plusieurs pays européens ont déjà annoncé leur intention d’instaurer une majorité numérique pour les réseaux sociaux, comme la France, l’Espagne ou le Danemark. D’autres, comme l’Australie ou la Turquie, l’ont déjà adoptée.
    Les entreprises technologiques doivent veiller au respect de la limite d’âge.

  2. D’après une étude IFOP publiée en janvier 2026, 39 % des moins de 30 ans déclarent avoir déjà utilisé l’intelligence artificielle à des fins de séduction, 44 % à des fins relationnelles, et 39 % pour obtenir des conseils « sexo » ou d’éducation sexuelle. Chez les jeunes, en particulier chez les hommes de moins de 35 ans, on mobilise l’IA à des fins masturbatoires. 46 % des utilisateurs ayant eu des interactions érotiques avec une IA disent avoir préféré une stimulation virtuelle à un rapport avec leur partenaire.

    1. Bonne nouvelle, ou pas ?

      Si ça c’est pas une bonne nouvelle pour ceux qui militent pour la baise de la natalité, alors je n’y comprends plus rien. Faudrait qu’ON m’explique…

  3. Misère ultime

    – « Des sextos au sex-cam, la liste est longue sur la manière dont il est possible d’avoir des expériences sexuelles en utilisant la technologie. Mais comparé au VR sex, tout cela semble presque appartenir à une époque révolue. En effet, regarder des videos free vr porn avec un casque , c’est comme vivre la scène en vrai, à peu de choses près. La technologie fait même mieux avec la synchronisation des accessoires compatibles avec les vidéos pour que l’expérience soit totalement immersive et réaliste. »
    (VR Sex 2026 : Le guide ultime de l’immersion virtuelle – realite-virtuelle.com 01 avril 2026)

    Pour un poisson d’avril, je trouverais ça super.
    Mais non, je crois bien que là c’est pas des conneries. Façon de parler, bien sûr.
    Vive le Progrès qui progresse, le casque 3D et l’immersion virtuelle.
    Ejaculations réelles garanties. Misère misère !

  4. Comme je ne joue jamais à ces jeux à la con, je ne connaissais ni les Sims ni The Last of Us.
    Alors j’ai eu besoin d’aller voir à quoi ça ressemblait. Wikipédia leur consacre justement une page à chacun, pour dire si c’est important !
    Merci donc Biosphère de m’encourager à en rajouter au Désastre. 🙂
    Seulement comme tout est lié, je me demande bien par où commencer.
    Qui dit jeu vidéo… dit jeu, plaisir, mais aussi écran, virtuel, et maintenant IA etc. ON n’en sort pas.
    Alors je m’en tiens au titre de cet article du MONDE. Et bien sûr à celui de Biosphère.
    Et là je me dis… décidément ON n’arrête pas le Progrès ! Explorer sa sexualité… tout en jouant et en même temps… en effet c’est bandant !
    Que les concepteurs de jeux, fussent-ils vidéos, ratissent le plus large possible (« pink washing ») juste pour vendre le plus possible (Business as usual)… je dirais que ça fait partie du Jeu.
    (à suivre)

    1. (suite) Seulement si ON part par-là… alors ON va parler du Système, du Capitalisme, qui de toute façon a bien plus besoin de warriors, de killers, d’esclaves et d’abrutis qu’il n’a besoin d’esprits critiques. Et là encore ON n’en sortira pas.
      Alors par quel bout prendre ce problème ? Je parle là de celui de ces pauvres malades qui n’arrivent plus à bander que devant un écran. Celles et ceux qui ont désormais besoin, parce qu’ielles le valent bien, de se créer un avatar, et/ou un partenaire idéal, parfaitement à leur goût… dont ON ne discute pas. Mais aussi de ceux qui bandent en dézinguant, mitraillant, bombardant le plus d’ennemis possible, eux aussi créés en fonction de leurs goûts. Sans oublier ces misérables qui jubilent devant les images de guerres, de massacres, bien réels cette fois… Autrement dit devant le spectacle de notre anéantissement en direct (Biosphère 18 avril 2026)
      Franchement… tout ça en dit long sur notre état. Misère misère !

  5. La Poupée, premier long-métrage de Sophie Beaulieu, mérite le détour. Une poupée sexuelle se réveille un soir, à table, assise en face de son « compagnon ». Très vite, le quinquagénaire se rend à l’évidence : sa grande blonde aux yeux bleus n’a plus le regard inerte. Elle se met à parler et porte un regard étonné sur le monde…
    Cette fiction explore le phénomène des love dolls, assez répandu au Japon. Certains hommes se disent amoureux de ces créatures, leur offrent des bijoux, les sortent au restaurant, la poupée parachevant le fantasme de la femme objet.

    1. Parti d'en rire

      Comme quoi le cinéma, comme n’importe quelle série TV, article, roman, BD etc. et finalement n’importe quoi… peut aussi nous amener à réfléchir.
      Storytelling : L’autre soir, à la Télé, dans une série pour dormir, je me souviens qu’il s’agissait d’une bonne femme qui avait disparu sans laisser de traces. Mystère !
      Les enquêteurs avaient de suite suspecté son bonhomme de l’avoir liquidée.
      Mais heureusement, pour lui, quoique, ils l’ont vite retiré de la liste des suspects.
      Vu que la bonne femme a réapparu, et en super forme. En forme de quoi peu importe.
      En fait elle était tombée amoureuse de son IA, qu’elle consultait en continu, pour tout et n’importe quoi. Cette con d’IA l’avait donc con vaincue de larguer son bonhomme. Comment l’histoire s’est terminée… alors là je n’en sais rien, vu que je me suis endormi.
      Quoiqu’il en soit c’est de la fiction, bien sûr. Et ça ne peut pas être vrai, n’est-ce pas ?

    2. – La montée en puissance des robots sexuels féminins en Asie : une révolution intime (bobea.net 8 janvier 2025)
      – « En 2016, le futurologue Ian Pearson suggérait que les relations sexuelles avec des robots deviendraient courantes vers 2050. »
      (Les robots vont-ils nous remplacer sous la couette ? union.fr/sexo 25 mars 2025)

      Pour en rajouter au Désastre, et solutionner leur problème de baise de natalité, il ne manquerait plus que les Japonais ou les Chinois inventent la Poupée qui tombe enceinte.

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