le tueur, c’est nous

 

LeMonde du 20.09.2008 nous informe longuement du syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles. Il s’agit d’un phénomène caractérisé par la disparition brutale, en quelques jours ou quelques semaines, de la quasi-totalité d’une colonie. Ce qui m’étonne vraiment, c’est que la description scientifique de ce phénomène est très récente, l’automne 2006, alors que les conséquences néfastes sur les cultures humaines qui ont besoin des pollinisateurs sont déjà avérées. Nous paraissons aussi surpris par les atteintes à la biodiversité que par un krach financier. Nous agissons comme si nous ne connaissions pas nos fondamentaux. Le respect de l’équilibre entre l’espèce humaine avec les autres formes de vie est une loi naturelle ; le respect de l’équilibre entre la sphère marchande et son évaluation monétaire est une loi économique. Mais nous n’avons plus aucune morale, ni en affaires, ni à l’égard de la Nature.

 Comme 35 % du tonnage mondial d’aliments d’origine végétale proviennent de cultures pollinisées, l’activité des abeilles est sans doute un service inestimable. Cependant j’attache personnellement autant d’importance au fait que le  rôle des abeilles sur la flore sauvage est aussi inestimable. Les pollinisateurs assurent la survie de tout le cortège de vie sauvage qui lui est associée, nous devons prendre conscience que nous ne sommes qu’un élément de la chaîne alimentaire. Or nous avons trop grossi en population et en prélèvements sur les richesses de la Biosphère. Nous sommes coupables, nous devons reconnaître nos erreurs, morales et matérielles.

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