L’écoanxiété amplifiée par l’inertie politique

Au moment des incendies dantesques, cet été, le gouvernement lançait une campagne pour aider les écoanxieux à gérer leurs émotions. Or, psychiatriser l’angoisse rationnelle des personnes face à un phénomène auquel il n’est apporté aucune réponse sérieuse est un indice de l’agonie d’un système, souligne Stéphane Foucart, journaliste au service Planète du MONDE.

Stéphane Foucart : « L’été qui s’achève a surtout permis à chacun d’éprouver physiquement à quelle sorte d’enfer nous assignons les générations qui nous suivront. Le chef de l’État, Macron, a pourtant cherché à perpétuer l’idée d’un simple accident avec son célèbre « Qui aurait pu prédire ? » relatif à l’été 2022 ! Aux « écoanxieux » – c’est-à-dire à ceux qui ont le mieux compris ce qui est en train de se produire –, le gouvernement conseille sans rire de « cultiver leurs compétences psychosociales pour réguler leurs émotions », de « consulter un professionnel de santé » ou encore d’« adopter des écogestes ».

Psychiatriser l’anxiété rationnelle des individus face à un phénomène auquel il n’est apporté aucune réponse politique sérieuse est un indice de l’agonie d’un système. Mettre en regard la brutalité des manifestations du désastre en cours et le renforcement des politiques qui le causent, est source de sidération…. »

Le point de vue des écologistes atterrés

– Ce sont ceux qui ne ressentent pas l’éco-anxiété qui devraient consulter un éco-psy !

– J’ai voté Macron contre Le Pen (contraint et forcé) mais je ne pouvais pas prédire son incapacité et, pire, sa volonté de ne rien faire d’autre que se regarder dans un miroir et dissoudre l’Assemblée nationale !

– Nous ne sommes pas anxieux mais en colère : les élus ne font strictement rien. Aucun plan à court terme, encore moins à long terme. Tout va très bien, madame Brigitte et monsieur Macron, tout va très bien…

– Rendez-vous à la marche pour le climat samedi 26 septembre, pour faire entendre notre colère.

– D’un point de vue psychiatrique, quand les patients souffrant de troubles anxio-dépressifs retrouvent le pouvoir d’agir sur les causes de leur souffrance, ils guérissent et peuvent arrêter les médicaments.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

L’écoanxiété gagne les esprits, agissons (08/2022)

extraits : Voici, par les titres de MONDE en août 2022, les nouvelles de la planète sur deux jours : Climat, des changements plus rapides que prévu…Les modèles climatiques du GIEC donnent une vision un peu trop optimiste…Méditerranée, le réchauffement s’accélère… Corse, les arbres tombaient comme des allumettes… Répondre à un été de catastrophes climatiques… Le Portugal en proie aux feux de forêt… En Italie, des scènes de chaos après de violentes tempêtes… Une sécheresse sans précédent menace la croissance de la Chine… La France et le vélo, une succession de rendez-vous manqués…

L’écoanxiété a-t-elle besoin d’être soignée ? (11/2021)

extraits : Les psychothérapeutes adaptent le patient à une société déstabilisante, ils soignent les symptômes et pas la cause du mal. Les écopsychologues estiment au contraire que notre rupture avec la Terre est la source profonde de notre malaise social. L’écopsychologie réunit la sensibilité des thérapeutes, l’expertise des écologistes et l’énergie éthique des activistes de l’environnement. Cette discipline émerge avec la multiplication actuelle des cas d’éco-anxiété….

L’écopsychologie qui soigne l’esprit et sauve la Terre (06/2015)

extraits : Le livre de Michel Maxime Egger « Soigner l’esprit, sauver la Terre (introduction à l’écopsychologie) » nous paraît indispensable. Il montre historiquement l’émergence de cette nouvelle approche qui lie écologie et psychologie, très répandue dans le monde anglo-saxon mais malheureusement encore ignorée dans l’espace francophone. L’humanité est à un carrefour, elle ne sauvera pas la Terre si elle ne soigne pas l’esprit du mal : la bataille sera pour une bonne part dans nos têtes….

8 réflexions sur “L’écoanxiété amplifiée par l’inertie politique”

  1. Ce type de discours, visant à nous responsabiliser, nous faire croire que la Solution repose sur nos petits gestes, est d’une extrême violence. Violence perçue consciemment ou pas, par celles et ceux qui la subissent. Il faut savoir que l’inaction des politiques est une des principales causes de l’éco-anxiété. Et que désormais il vaut mieux parler d’éco-émotions.

    – C’est quoi l’éco-anxiété ? Et les éco-émotions ? Comprendre pour mieux agir
    (promotion-sante-na.org)

    Vous êtes éco-anxieux… alors calculez votre Bilan. Et puis pensez à covoiturer !
    Le MODE D’EMPLOI nous dit aussi de trier ses déchets.
    Sans oublier de fermer le robinet, quand vous vous brossez les dents.
    Voilà donc ce qu’ON ose nous dire.
    Que dis-je… nous dicter ! (à suivre)

    1. (suite) Mais le Top c’est quand ON (le Gouvernement, Macron) nous dit que le Top c’est d’agir… sans s’épuiser. Autrement dit doucement, gentiment… Autrement dit encore, sans menacer l’Ordre Établi.
      Et puis si les troubles persistent… alors là yaka consulter !!!

      Encore faut-il pouvoir trouver un psy …
      – Les psychiatres témoignent de leurs difficultés croissantes à répondre à la demande alors que les fermetures et regroupements de structures se multiplient.
      (environnementsantepolitique.fr/2025/07/14)

      Bref, superbe exemple de cette hypocrisie mentionnée précédemment.
      Ceux qui suivent (ils ne sont pas nombreux) auront reconnu ÉCO-FURAX :
      (Biosphère 1 septembre 2026 : “No(s) Limit(es), pour apprendre la sobriété”)

  2. Bandes d'hypocrites, va !

    – « L’action, via l’éco-engagement, rassure l’éco-anxieux et apaise son éco-anxiété pointe l’étude.
    À cet effet, promouvoir des actions concrètes facilement applicables et communiquer les « bonnes nouvelles » permettent de limiter l’inquiétude en visualisant un « futur plus désirable ».
    Valoriser la personne anxieuse comme étant lucide ou clairvoyante, favorise aussi la mobilisation et la résilience face aux risques.
    Par ailleurs, l’étude préconise de reconnaître l’éco-anxiété comme un enjeu de santé mentale et de santé publique. [et patati et patata] »
    (Éco-anxiété : quel impact sur la santé mentale ? vie-publique.fr 23 avril 2025)

    => Vu la manière dont ils agissent… et dont ils sont éco-engagés… nos «dirigeants» ne souffrent visiblement pas d’éco-anxiété. Je vous jure, il y a des baffes qui se perdent !!!
    (à suivre)

    1. (suite) Hier ON a parlé des effets néfastes de l’IA sur nos cerveaux, j’ai dit qu’ils ne faisaient que se rajouter à ceux des écrans, et à ceux des produits chimiques, et j’ai oublié les ondes électro-magnétiques.
      J’aurais pu rajouter le Chômage, la Dette (pour ceux qui n’en dorment pas), le Grand Remplacement (idem), la Mort, et j’en passe. Bref, voilà donc que l’éco-anxiété détruit elle aussi nos pauvres cervelles, déjà bien atteintes.
      Personnellement, c’est cette HYPOCRISIE qui me ruine !

  3. Gaspard d’Allens

    – « Thérapies, stages… Un business se développe autour de l’écoanxiété. Autant d’injonctions à prendre soin de soi, qui dépolitisent la question écologique. Pour les chercheurs, le pouvoir chercherait ainsi à rendre les opposants « inoffensifs ». […]
    On délocalise les problèmes vers les individus et l’on traite l’écoanxiété comme une névrose personnelle, alors que la source de ces problèmes se trouve dans les rapports de production capitaliste et dans l’inertie des États. On développe une approche thérapeutique dans le but de soigner les individus alors que c’est le système qui est malade […]
    L’écoanxiété est un concept pour remettre de l’ordre. »

    ( Écoanxiété : « On veut soigner les individus, mais c’est le système qui est malade »
    reporterre.net 29 avril 2022 )

  4. Charles Stépanoff

    Les sociétés modernes ont délégué à d’autres régions du monde les nuisances de leurs modes de vie. Nous ne visitons jamais les champs pétrolifères qui permettent de chauffer nos maisons ni les fermes-usines qui nous nourrissent. Cette coupure avec le milieu nourricier est exceptionnelle dans l’histoire humaine. Les canicules, les incendies et, plus généralement, la crise climatique ne sont rien d’autre que le surgissement inopiné des réponses de l’écosystème planétaire. Les réponses de la Terre aux actions des sociétés modernes sont désormais à leur mesure : colossales et immaîtrisables. La crise que nous vivons est cosmologique car, alors que nous pensions être enfin seuls dans un monde artificiel, la Terre nous répond avec force. (à suivre)

    1. Charles Stépanoff

      (suite) La plupart des sociétés humaines ont vécu dans des liens denses de dépendance avec leurs milieux de vie. Aujourd’hui, la recherche scientifique redécouvre l’intérêt des savoirs écologiques locaux à travers le monde, cherche à comprendre comment ils ont été évincés et pourquoi ils resurgissent de terre ici et là en réponse à la crise du modèle agro-industriel dominant. L’anthropologie nous montre l’incroyable diversité des modes de vie humains et la beauté des paysages coconstruits par les attachements humains : la forêt jardinée d’Amazonie, la savane des Aborigènes d’Australie, le haut plateau des pasteurs tibétains, les prés-vergers normands, etc.

      Le problème, c’est que l’effondrement de la société thermo-industrielle a déjà commencé et que plus de 8 milliards d’humains essentiellement urbains ne peuvent revenir aux attachements locaux du passé. Alors que faire ? Cette question est essentielle, si ce n’est existentielle !

      1. Eh oui … QUE FAIRE ? That’s The Question !
        Biosphère, par exemple, s’efforce de faire progresser l’intelligence collective.
        Tel autre, essaie de faire connaître ses idées en se portant candidat à la candidature de la Grande Farce Electorale de 2027. Tel autre, encore, se réfugie dans le travail, le sexe, les futilités, la drogue, l’alcool, etc.
        Comme je dis souvent, à chacun sa came ! En attendant…

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