L’écologie politique, parti de gouvernement ?

Ce qui peut permettre le succès de ceux qui posent l’écologie comme pierre angulaire de toute politique, ce sont les urgences environnementales. Une prise de conscience réelle qui n’a qu’un an à peine. On votait Vert depuis la présidentielle de 1974 comme aiguillon pour faire avancer la cause écologique, aujourd’hui cela devient un vote de conviction. Voter Écolo, un vote utile, c’est nouveau et mobilisateur. L’attachement des populations à leur pays et à leur territoire sera une force considérable pour protéger ce qui peut encore l’être des désastres qui s’annoncent. Mais l’ampleur des mesures à prendre, qui doivent témoigner d’une rupture radicale avec la société de croissance, seront difficiles à prendre. Il suffit de se rappeler que les manifestations des Gilets jaunes pendant des mois et des mois avaient pour point de départ un refus de la taxe carbone, mesure pourtant indispensable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Toutes les mesures jugées punitives et technocratiques visant à une transition autoritaire seraient largement rejetées. Il était facile d’agréger les votes sur « je suis le parti du climat et de l’avenir, on doit agir pour nos enfants ». Il sera beaucoup plus difficile de rassembler sur « on doit sortir du système productiviste, de la croissance économique, de la société de consommation, de la défense du pouvoir d’achat, et lourdement taxer les produits polluants du panier de la ménagère et du budget du conducteur ». D’autre part l’électeur peut rattacher un certain nombre de domaines à l’écologie, santé, Agriculture, Politique de l’énergie et du logement etc… Mais comment l’écologie politique peut-elle aborder d’autres facettes du pouvoir, la politique éducative, la Défense nationale, les Affaires Étrangères, les flux migratoires ?

Qui peut imaginer que le défi écologique pourra se relever seulement à la marge ? Chaque ministère traditionnel devrait avoir une optique écologique explicite dans son périmètre d’action. Par exemple, le ministère de la Jeunesse, qui actuellement ne s’intéresse qu’aux jeunes d’aujourd’hui, sera également celui des Générations futures. Nous voulons un gouvernement qui considère que l’écologie est un problème transversal, qui doit être traité en synergie par tous les ministres sans exception :

  1. ministre de l’Économie biophysique et des Flux financiers
  2. ministre de l’Énergie durable en adéquation avec les besoins
  3. ministre de l’Équilibre entre population et alimentation
  4. ministre du Travail et du Temps partagé
  5. ministre de la Protection civile des populations
  6. ministre de la Relocalisation et de la mobilité
  7. ministre des techniques douces et appropriées
  8. ministre de l’Espérance de vie en bonne santé
  9. ministre de la Sobriété partagée et de la Lutte contre les inégalités
  10. ministre de la Jeunesse et des Générations futures
  11. ministre de la Nature et de la Biodiversité
  12. ministre de la Subsidiarité entre territoires

Dans son livre « L’écologie à l’épreuve du pouvoir » (2016), Michel Sourrouille détaille le programme de chacun de ces ministères en montrant que l’écologie est la matrice dans laquelle doit se former tous les autres paramètres : un politique performant est d’abord un bon écologiste.

http://biosphere.ouvaton.org/bibliotheque-2014-et/3147-2016-l-ecologie-a-l-epreuve-du-pouvoir-un-avenir-peint-en-vert-pour-la-france-de-michel-sourrouille

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2 réflexions sur “L’écologie politique, parti de gouvernement ?”

  1. En 2006, dans son Pacte écologique, Nicolas Hulot voulait créer un poste de «vice-premier ministre chargé du développement durable.» Nous avions le POUR et les CONTRE, parmi ces derniers ceux qui voyaient un problème du côté du «développement durable.»
    14 ans plus tard le fumeux Développement Durable a du plomb dans l’aile, il n’amuse plus que les marchands de moulins à vents, de panneaux et de trottinettes électriques. Le DD n’amuse et n’abuse plus que les gogos tombés dans le panneau de la sacro-sainte Transition (piège à cons). L’Économie Circulaire non plus ne fait pas recette. Bref il va falloir inventer autre chose, innover, en attendant on tourne en rond.

    1. L’idée d’un poste de «vice-premier ministre de l’écologie» passerait-elle mieux aujourd’hui ?
      Déjà faudrait voir ce qu’en pensent les Gilets Jaunes, opposés comme on sait à l’écologie, à ce qu’on dit. Et les jeunes aussi, grands amateurs comme on sait de trottinettes, de gadgets et d’innovations à la con.
      Au «ministre de la Jeunesse et des Générations futures» je lui rajouterais l’Éducation. Le développement de l’esprit critique, l’enseignement de l’énergie, et du port du préservatif aussi 😉 doivent commencer dès la maternelle. L’éducation doit se poursuivre tout le long de la vie, notamment par l’éducation populaire.

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