C’est l’une des principales nouveautés de la rentrée scolaire de septembre 2025 : l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) est dotée pour la première fois d’un programme officiel, lequel doit être délivré à raison de trois séances par an à tous les élèves de la maternelle à la terminale… L’éducation à la sexualité répond aux missions spécifiques que la Nation confie à l’École en matière d’instruction, de sensibilisation et de développement des capacités de réflexion des élèves. Mais réfléchir à quoi ?
Dans son livre « La bombe P »,Paul Ehrlich écrivait en 1971 : « Nous avons besoin d’une loi qui rende obligatoire l’éducation sexuelle. Quand je parle d’éducation sexuelle, je ne pense pas à des cours d’hygiène ou bien des histoires du genre « fleurs et papillons ». Il s’agit de présenter la fonction reproductrice comme une composante parmi d’autres de l’activité sexuelle, qui demande à être maîtrisée selon les besoins de l’individu et de la société. L’humanité devrait trouver le moyen de réduire l’importance conférée au rôle reproductif du sexe. Il s’agira en particulier de découvrir des valeurs nouvelles pour remplacer ce sentiment de plénitude que la femme retire du don de la vie, et cette satisfaction de l’ego engendrée chez le père par le spectacle d’une nombreuse progéniture. »
L’éducation scolaire à la sexualité ne devrait pas faire l’impasse sur la question démographique et ses aspects globaux. On ne trouve même dans tout le programme officiel mention de la notion de planning familial. Par contre le programme aborde « la diversité des structures familiales », y compris homoparentales, les différentes orientations sexuelles, la contraception et l’interruption volontaire de grossesse, ou encore des réflexions, au lycée, sur l’identité de genre… L’éducation à la sexualité contribue à la lutte contre les discriminations énoncées à l’article 225-1 du Code pénal et opérées entre les personnes sur le fondement « de leur sexe », « de leur identité de genre » et « de leur orientation sexuelle » (hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, asexualité). On précise :
En seconde au lycée : À partir de témoignages, prendre conscience que l’identité de genre peut ne pas correspondre au sexe biologique
En terminale :
– Comprendre le sens des « marches des fiertés » destinées à donner une visibilité aux personnes LGBTQ+, au regard d’évènements qui marquent l’histoire de la lutte pour les droits (par exemple, les émeutes de Stonewall, la dépénalisation de l’homosexualité, le pacte civil de solidarité, le mariage des couples de même sexe) et des enjeux actuels (droits ; lutte contre les stigmatisations, discriminations, violences homophobes et autres ; visibilité).
– Réfléchir aux conséquences néfastes d’un « outing » qui constitue une atteinte à la vie privée sanctionnée par la loi. Établir le sens des termes « coming in » et « coming out » et identifier les enjeux associés.
NB : outing, action de dévoiler l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne LGBTI sans son accord.
Le programme officiel
https://www.education.gouv.fr/bo/2025/Hebdo6/MENE2503064A
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
Éducation sexuelle et malthusianisme
extraits : Le premier projet de programme d’éducation à la sexualité en France a été publié le 5 mars 2024 sur le site du Conseil supérieur des programmes (CSP). Les trois séances annuelles d’éducation à la sexualité prévues tout au long de la scolarité ont été introduites par une loi de juillet 2001 relative à l’IVG et à la contraception. Depuis vingt-deux ans pourtant, seule une minorité d’élèves bénéficient de l’ensemble de ces séances. La droite conservatrice est opposée à ces enseignements qui doivent, selon eux, rester dans la sphère familiale. A l’inverse, le Planning familial, SOS Homophobie et Sidaction ont, eux, saisi le tribunal administratif de Paris, en mars 2023, pour que les trois séances prévues par la loi soient réellement effectives….
Éducation sexuelle, une nécessité écologique
extraits : Le libre choix d’avoir ou non des enfants a été nié pendant la majorité de l’histoire humaine, et encore aujourd’hui dans beaucoup de pays, même aux États-Unis. C’est pourtant une avancée majeure de l’évolution culturelle, grâce à l’éducation sexuelle et l’accès facile à la contraception. Aujourd’hui en France, l’éducation à la sexualité patine encore dans des questions de « genre » alors que l’ABCD de l’égalité et du malthusianisme devrait être enseigné à tous les élèves. Nos jeunes devraient savoir que nous franchissons la barre des 8 milliards d’êtres humains en 2022 suite à l’exubérance de notre sexualité et qu’il va donc falloir définir des limites : jouir sans procréer, et non jouir sans entraves…

Des associations agréées peuvent être invités en collège et lycée pour accompagner les séances d’Evars. Le Planning familial, association d’éducation à la sexualité et mouvement pour l’accès à la contraception, fait partie des plus sollicités. Rappelons que lors de son dernier congrès du 4 au 6 novembre 2022, le mouvement a acté une ligne « intersectionnelle » au détriment d’une orientation universaliste. « intersectionnalité » est utilisé dans les études de genre pour souligner la multiplicité des discriminations.
Selon l’accueil de son site, « Il n’existe pas une sexualité « naturelle » mais des sexualités ! Une fille peut être attirée et/ou amoureuse d’une fille, et de la même façon, un garçon peut être attiré et/ou amoureux d’un garçon… Avec un don de 100 €, vous nous permettez d’intervenir gratuitement dans une classe pour faire une séance d’éducation à la sexualité, parler LGBTphobies avec des collégien.nes. »
Moi aussi je suis très sollicité. Normal, je suis agréé.
Et puis je rappelle que je suis du genre qui s’y connait en la matière.
Tout tout tout, vous saurez tout sur le zizi
Le vrai le faux, le laid le beau, le dur le mou qui a un grand cou
Le gros touffu le p’tit joufflu, le grand ridé le mont pelé
Tout tout tout tout, j’ vous dirai tout sur le zizi !
L’enseignement catholique dit qu’il respectera le programme officiel Evars, tout en défendant une approche qui « s’enracine dans une conviction chrétienne essentielle » : « Homme et femme sont créés à l’image de Dieu, égaux en dignité, différents et complémentaires… Mais parler de transidentité, d’homosexualité et d’avortement, c’est aussi aller à la rencontre du monde tel qu’il est, et c’est éminemment chrétien. »
Notons que chaque établissement privé est autonome et aucun outil statistique national ne permet d’y apprécier le déploiement d’une politique publique.
Biosphere 4 octobre 2025 à 21:45 nous dit : « Le ministère a dû composer avec la défiance des milieux conservateurs, de la droite catholique et de l’extrême droite, qui jugent que ces enseignements n’ont rien à faire à l’école. »
Toute la question est donc de savoir ce que l’École doit (ou devrait) enseigner.
Lire, écrire, et compter aussi un peu, OK c’est entendu. Un peu d’Histoire, nos ancêtres les Gaulois et des conneries comme ça, pourquoi pas. Le sport… laissons-le en dehors de l’école au choix de chacun, nous dit Monsieur Barthès. Entre un esprit sain et un corps sain, c’est vite vu. Un esprit sain dans un corps sain, vade retro Juvénal !
Pour certains… parler de transidentité, d’homosexualité et de choses de ce genre… il ne faut pas ! Parce que c’est malsain, et que ça craint. Et même que c’est woke. 🙂
Que la reproduction soit au programme est tout à fait nécessaire, ça fait partie de la biologie. Pour la sexualité je suis bien plus circonspect. Le risque est grand que l’on nous dise ce qu’on doit penser (on le voit aujourd’hui) et ce qu’on doit ressentir.
Je trouverais plus raisonnable qu’un domaine de la vie échappe au formatage de la société et laisse l’individu libre.
Je suis de manière générale favorable à ce que l’école nous aide à développer notre intelligence par des exercices divers et nous donne, par le plaisir de la découverte, le goût de la curiosité intellectuelle.
Tout le reste me fait un peu peur. Apprenons à lire, à écrire, à compter, apprenons l’Histoire, la géographie et la science. Le reste, même le sport (je ne vais pas me faire d’amis) , laissons-le en dehors de l’école au choix de chacun. Soyons exigeant et rigoureux sur le plan intellectuel et tout à fait neutres et sans obligation sur les autres, c’est ainsi que nous donnerons aux enfants les meilleurs outils et les préparerons au mieux à exercer leur liberté.
Bonjour Monsieur Barthès
Il est vrai que la reproduction et ses différentes facettes, baisse de la fécondité et surpopulation humaine, devrait être au programme d’une éducation. Il n’y a pas que l’affectif et le relationnel dans la sexualité. Maintenant la liberté de l’individu est-elle procurée par la famille, le hasard des rencontre ou les sites pornos plutôt que par l’école ? C’est une vraie question. L’apprentissage de la tolérance et de l’égalité homme/femme nous paraît plus adaptée lors de rencontre collective institutionnalisée. Le programme Evars qu’il faut lire est déjà un bonne approche pour mieux harmoniser les rapports humains.
Expliquer les différences, prôner la tolérance, mieux le respect des autres… en effet ça ne peut pas faire de mal. C’est donc tout ça que l’École, dans le cadre de ce programme EVAR/EVAR, vise à enseigner à nos chers petits. Et ceci bien sûr en complément du rôle des parents et des familles des élèves (sic).
– Un programme ambitieux : éduquer à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité (education.gouv.fr)
Ce programme, ambitieux… fait 48 pages. Trois séances par an à tous les élèves de la maternelle à la terminale… ça c’est pas très ambitieux.
Le ministère a dû composer avec la défiance des milieux conservateurs, de la droite catholique et de l’extrême droite, qui jugent que ces enseignements n’ont rien à faire à l’école.
A notre avis, toutes les questions suivantes relèvent pourtant de l’éducation collective : Pourquoi les garçons sont-ils si méchants avec les filles ? Combien de temps dure un rapport sexuel ? Quelle est la taille normale d’un pénis ? Pourquoi les règles sont douloureuses ? Combien de temps dure un rapport sexuel ? C’est quoi une IST ? Est-ce que la première fois fait mal pour les filles ? Combien de sang on perd quand on a nos règles ? Est-ce que les filles sont plus sensibles que les garçons ? C’est quoi être amoureux ?…
Pas mal cette nouveauté. J’espère, pour nos jeunes, qu’ils auront pensé à intégrer quelques séances de travaux pratiques dans ce charmant programme.
Faites l’amour, pas la guerre ! Même à l’école.