L’IA ne devient pas humaine, c’est l’humain qui devient machine. Netanyahou ne fait preuve d’aucun sentiment d’humanité. Et on peut se demander à juste titre si Trump est normal. Ils utilisent les machines pour faire semblant d’être fort. Et ils négligent les séquelles des combats qu’ils ont provoqués.
Le soldat, au service de la machine
Laure de Roucy-Rochegonde, directrice du centre géopolitique des technologies de l’IFRI, autrice de « La Guerre à l’ère de l’intelligence artificielle. Quand les machines prennent les armes » (PUF, 2024).
Dès les premières heures du conflit en Iran, le modèle d’IA générative d’Anthropic « Claude » a été utilisé par l’armée américaine pour planifier l’attaque lancée le 28 février 2026. Les techniques d’IA réduisent considérablement le délai entre la collecte d’informations, l’analyse, la décision et l’action militaire permettant, concrètement, la frappe d’un plus grand nombre de cibles, plus vite, à moindres frais et avec l’apparence d’une justification rationnelle. Il y a une marginalisation de la prise de décision humaine dans la kill chain. Les opérations deviennent trop rapides pour être pleinement comprises par les opérateurs. La phase de vérification humaine des cibles se révèle extrêmement courte, parfois de l’ordre d’une vingtaine de secondes. Une telle pression temporelle incite à seulement entériner les propositions de la machine. Et si, au nom de l’efficacité militaire, nous avions déjà commencé à déléguer à la machine des choix qui engagent notre humanité ?
L’érosion du contrôle exercé sur la force militaire est d’autant plus préoccupante que, d’après une étude menée par Kenneth Payne au King’s College de Londres, les principaux modèles développés par OpenAI, Anthropic et Google choisissent de recourir à l’arme nucléaire dans 95 % des cas de conflits auxquels ils sont exposés. Ce pourcentage indique que le tabou nucléaire n’est pas aussi prégnant dans le raisonnement de programmes d’IA qu’il ne l’est dans l’imaginaire humain.
En 1945, après avoir lâché une bombe sur Hiroshima, les Américains, en ont envoyé une deuxième 3 jours après sur Nagasaki, sans même attendre que le Japon capitule. Tout ça pour montrer sa force et tester une bombe au plutonium différente de la première. Est-ce qu’une IA aurait été moins cynique que ces dirigeants-là ?
Le soldat, ce traumatisé des combats
Un livre de référence, L’Homme en guerre de Patrick Clervoy (Odile Jacob, 288 pages, 23,90 euros)
Patrick Clervoy a effectué toute sa carrière comme psychiatre au sein des forces armées. Il pose un éclairage cru sur la banalité du stress post-traumatique chez les militaires engagés en opération :
« A l’épreuve de la guerre, un homme se transforme, sa personnalité change. Il devient quelqu’un d’autre. La guerre, c’est le lieu où se décomposent les sociétés… Rien n’est plus insupportable pour un soldat que la peur de son voisin… Neuf soldats sur dix connaissent une inhibition à tuer… Pour un homme en guerre, le premier danger n’est pas celui de perdre sa vie, mais celui de perdre son humanité ».
Aux Etats-Unis, rappelle-t-il, entre 2008 et 2016, environ 6 000 soldats se sont suicidés. Avec de tels chiffres, l’Amérique déplore un plus grand nombre de vies perdues au retour d’Irak ou d’Afghanistan que durant les années de guerre sur ces deux théâtres.

– « Le soldat, au service de la machine […] Et si, au nom de l’efficacité militaire, nous avions déjà commencé à déléguer à la machine des choix qui engagent notre humanité ? »
La guerre n’est pas, et heureusement, la seule activité humaine. Toutefois, si c’est l’IA qui « décide » des stratégies militaires, de l’utilisation de la l’arme nucléaire… là nous risquons fort d’y perdre ce qu’il reste de notre humanité. En attendant, si nous en sommes déjà à accorder plus de confiance en une machine qu’en un être humain… alors c’est c’est grave. Je dirais même que… le monde est foutu. Mais qu’il ne faut jamais désespérer. 😉
– Les enfants de 3 à 6 ans feraient plus confiance aux robots qu’aux adultes, révèle une étude (ouest-france.fr 03/06/2024)
– Les enfants croient-ils plus les robots que les adultes ? Ce que révèle une étude inquiétante
(sciencepost.fr 01 août 2025)
Le documentaire « Notre cerveau nous joue des tours » sur Arte , épisode 2/2 (Mon cerveau et les autres), nous montre une expérience, sur des enfants, qui met justement en lumière cette… évolution. Pas dans le bons sens, malheureusement.
Autrement dit… inquiétante.
Mais heureusement, façon de dire… aujourd’hui nos décideurs (avec ou sans « ») ont certes un peu plus que 3 ou 6 ans. Je ne parle pas de leur âge mental.
Maintenant il ne nous reste plus qu’à attendre une bonne trentaine d’années… pour voir comment, quand ils seront aux manettes, nos chers petits auront évolué.
La place des machines dans la guerre, et partout, dans nos vies, nos « décisions »… les soldats traumatisés, et pas que les soldats… la liste des « à-côtés » de la guerre, inhumaine par nature, ne s’arrête évidemment pas là.
À tous points de vue, la guerre est une saloperie ! Non seulement elle tue, des hommes, des femmes, des enfants, elle détruit des logements, des infrastructures, des économies, mais en plus elle laisse des traces durables, si ce n’est indélébiles.
Déjà sur les populations, qui durant des générations vont ruminer ce traumatisme, entretenir la haine de l’Autre (l’ennemi), cultiver un esprit de revanche, de vengeance etc. Ce qui ne favorise évidemment pas un monde de paix.
Et également des traces durables, si ce n’est indélébiles, sur l’environnement.
– La guerre tue les hommes… et la nature aussi (Biosphère- 31 mars 2026)
(à suivre)
(suite) Et en même temps, à côté… la guerre c’est du pain béni pour certains, salopards !
Il faut bien appeler un chat un chat, je parle des profiteurs de guerre.
Les marchands de canons, bien sûr, mais aussi de n’importe quoi d’autre.
D’essence et de gazole par exemple.
– « « Quand les prix du pétrole augmentent, nous nous faisons beaucoup d’argent » a déclaré benoîtement Donald Trump en mars. Par « nous » il faut bien sûr comprendre les sociétés pétrolières » (Où vont les profits de la guerre ? investigaction.net 16 avril 2026)
– « La guerre, meurtrière pour les peuples, est toujours une très bonne affaire pour le capitalisme. C’est pour cela qu’il la fait. »
(Les profiteurs de guerre- lamarseillaise.fr 16/04/2026)
Phénomène nouveau, il me semble… du fait bien sûr de sa meRdiatisation, la guerre est devenue un spectacle. The Show must gon on ! (à suivre)
(suite et fin ) Bien vautré dans le canapé, au petit-déj ou à l’apéro, entre deux pubs ON regarde la guerre comme ON regarde une série Télé.
Les élucubrations du Grand Malade, ses annonces quotidiennes, aussi folles les unes que les autres, nous apportent le côté Rigolade.
Les histoires comme celle du sauvetage des deux pilotes US, ce qui ressortira de la prochaine négociation (avec ou sans « »), ça c’est pour le côté Suspens.
De toute façon, le plus important pour le spectateur (con-sot-mateur ) c’est le prix de l’Essence à la Pompe. Exit l’empathie pour ceux qui meurent et qui souffrent.
Et puis, comme il y a série Télé ET série Télé… en ce moment celle qui fait péter l’Audimat c’est celle au Moyen Orient. Exit celle en Ukraine.
Résultat, le con-sot-mateur (spectateur) ne se rend même pas compte qu’il est là encore manipulé, et qu’il est en train de perdre ce qui lui reste d’humanité.
Misère misère !