Les anti-malthusiens contre l’évidence

Gilles Q. : j’attends une argumentation argumentée, c’est-à-dire qui s’appuie sur un raisonnement logique et scientifique, que la démographie est un problème en soi, chose que je n’exclue pas a priori.

Jean-Marc T. : Il suffit d’examiner l’équation de Kaya pour voir que, sauf crise économique structurelle ou pandémie durable, il sera très difficile de faire en sorte que les Français diminuent leur empreinte écologique personnelle. On peut tortille du cul, c’est impossible de présenter un programme vendable à des électeurs très majoritairement convaincus que la croissance verte nous sauvera en évitant de nous serrer la ceinture. Comme la baisse de l’empreinte individuelle ne permettra pas d’atteindre la baisse de l’empreinte globale, il faut donc agir sur l’autre principal terme de l’équation de Kaya qui est la population. Devons-nous anticiper les vraies difficultés et faire face à la nécessité de manière raisonnée, ou préférons-nous attendre et laisser la pagaille régler le problème dans la douleur ? Personnellement j’ai fait dès 18 ans le choix de n’avoir pas de descendant direct. Et quand je parle avec des gens qui ont 3 ou 4 gosses et qui se plaignent de la dureté de l’existence je les mets face à leur inconséquence.

Michel C. : Le blog biosphere laisse entendre que les interrelations, les liens, ne seraient pas évidents pour tous. Je veux bien le croire. Personnellement quand je dis que tout est lié, le «tout» auquel je pense ne se résume pas seulement à «économie ET démographie». Ni à cette équation simpliste, celle de Kaya. Pour moi il y a bien plus de paramètres qui entrent en jeu dans ce casse-tête.

Biosphere : Que le choix d’avoir plus ou moins d’enfants repose sur des psychologies diverses, que la décision de pratiquer la simplicité volontaire ou la boulimie consumériste repose sur des paramètres complexes, on ne peut qu’être d’accord. Mais cela n’invalide pas le fait qu’il faut agir à la fois contre la croissance du niveau de vie ET contre la surpopulation. Michel C veut noyer le poisson, un procédé de pure rhétorique, certainement pas une contre-argumentation. Que dit le pote à Michel C ?

Bonpote.com : La population mondiale est-elle en croissance exponentielle ? Effectivement quand on regarde de loin on peut avoir l’impression qu’elle explose. C’est pourtant une illusion d’optique, le taux de croissance de la population mondiale décroit régulièrement depuis 1970 et l’ONU estime une stabilisation autour de 2100 pour 11 milliards d’habitants.

Biosphere : cette argumentation donne envie de ne pas aller plus loin puisqu’elle veut nous induire en erreur. Le taux de croissance est encore actuellement de 1 % en moyenne mondiale. Cela veut dire une doublement de la population tous les 70 ans, il s’agit là d’une croissance exponentielle. Quant aux perspectives pour l’an 2100, on peut aussi bien dire qu’elle sera de 0 % ou de – 50 %, tout dépend des impacts du réchauffement climatique, de la déplétion énergétique, du niveau des inégalités, etc.

Bonpote :Tous les pays passent par ce qu’on appelle la transition démographique. La mortalité commence à baisser grâce à l’augmentation du niveau de vie et des progrès de l’hygiène et de la médecine. La natalité baisse plus tard et plus lentement. Mais elle diminue pour atterrir autour d’un taux où les naissances compensent les morts, donc qui assure la stabilité de la population.

Biosphere : Seconde tarte à la crème des antimalthusiens, la transition démographique n’est pas un passage obligé. L’accès à la santé est surtout un facteur d’aggravation de la croissance démographique et plusieurs pays en Afrique restent bloqués dans cette phase. L’éducation peut être un facteur de moindre fécondité. Mais elle est lié au développement économique, encore faut-il qu’il y ait développement possible. Or nous savons déjà que la concurrence pour l’accès aux ressources et leur raréfaction font que jamais les pays du tiers monde n’accéderont à notre niveau de vie. Et comme la consommation à l’occidentale dépasse déjà les capacité de la planète (cf. empreinte écologique), il n’y a pas d’issue s’il n’y a pas planning familial ET décroissance du niveau de vie des privilégiés.

Jean-Marc T. : Je continue à voir des discours iréniques selon lesquels l’éducation réglerait les problèmes. Mais le problème en France n’est pas que les femmes françaises n’aient que 2 enfants pendant leur période fertile, il faut qu’elles aient largement moins de deux enfants et que cela devienne la norme pour au moins 3 ou 4 générations pour que nous ayons une chance de revenir à une empreinte écologique globale des français inférieure à ce que le territoire français peut produire, afin de ne pas augmenter la difficulté pour les autres pays : actuellement nous les ponctionnons pour soutenir notre surconsommation. Il faut très clairement annoncer la couleur aux gens: notre confort dépendra directement du nombre de consommateurs français. Continuer à favoriser l’immigration ne fait que diminuer nos chances d’y arriver.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

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1 réflexion sur “Les anti-malthusiens contre l’évidence”

  1. D’autres parlent de débat pipé, de mon côté j’ai toujours dit qu’il s’agissait là d’un dialogue de sourds, d’un faux débat. Et là encore Biosphère s’applique à me donner raison.
    Tous les coups sont permis, même en dessous de la ceinture, tous les stratagèmes etc.
    Mais bien sûr, sur Biosphère les vilains sont les anti-malthusiens qui ne comprennent rien, qui noient le poisson, qui cherchent à induire en erreur… qui ce soir sont contre l’évidence… et patati et patata.
    Allez va, comme je vous l’ai dit, le mieux c’est de rester entre potes. Entre malthusiens vous ne pouvez que vous donner mutuellement beaucoup de plaisir.

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