Les climatologues s’inquiètent, les autres non

Chaque fraction de réchauffement planétaire augmente la fréquence, la durée et la sévérité des événements extrêmes. Mais le danger vient aussi d’un déni collectif.

Valérie Masson-Delmotte, climatologue : Après chaque vague de chaleur, il y a une réaction collective qui est de passer à autre chose. Cela construit une forme d’indifférence très préoccupante. Les médias ont mis l’accent sur les témoignages, les dégâts, mais sans suffisamment aborder les causes de la vague de chaleur, les solutions et les limites de l’adaptation : on ne va pas climatiser la Méditerranée. J’observe un déni de responsabilité. La publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie a encore été repoussée, la stratégie nationale bas carbone n’est toujours pas sortie. Quant au plan national d’adaptation au changement climatique, il a été publié très tard [le 10 mars] et n’est pas adossé à des financements suffisants. Il y a une influence croissante de l’extrême droite populiste, dont le projet politique s’appuie sur le déni des risques climatiques ou leur minimisation. On ne confronte toujours pas notre dépendance colossale aux importations d’énergies fossiles…

Le point de vue des écologistes en chaleur

c m : Hier j’ai passé la journée à faire du canoë sur la Seine. J’ai pu constater que les jet-skis et les hors-bords, le ski nautique et tous les modes d’aller sur l’eau très vite en polluant et en consommant un maximum étaient exploités à fond, en particulier par les jeunes qui adorent les épouvantable engins. Pourquoi se fatiguer à vouloir sauver des gens comme ça ? Le genre humain est désespérant…

NB12 : Au stade où on en est, tout semble perdu … sauf l’espérance (qui est une forme volontariste de l’espoir). Il ne nous reste plus qu’à agir, mais à agir vraiment, puissamment : voter, cesser de prendre l’avion, consommer différemment (si personne n’achète de fringue chinoise à 2 €, ça fera une différence), éviter de recourir à l’IA, enfiler un tricot en hiver et SURTOUT changer de récit. Je n’ai pas envie d’un monde où ne survivraient que 3 mecs dans leur bunker tandis que la surface serait constellée de cadavres desséchés.

0phelie grandes eaux : On ne peut pas parler tout les jours des moyens à mettre en œuvre pour augmenter notre PIB et en même temps lutter contre le réchauffement climatique, ces deux buts sont en contradiction.

Vieux : Surtout ne pas changer ! L’être humain va préférer périr ou hypothéquer l’existence de ses descendants plutôt que changer ses habitudes. C’est ballot de retarder notre adaptation parce que le changement aura lieu que nous le voulions ou pas. Plus on tardera plus cette adaptation sera douloureuse et désordonnée, donc destructrice.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

CLIMAT, penser comme Valérie Masson-Delmotte (septembre 2019)

extraits :

1er avril 2010 : Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française, face aux accusations mensongères. Depuis plusieurs mois, des scientifiques dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique – comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie, pointant les prétendues «erreurs du GIEC», comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre. Liste des premiers signataires: Valérie Masson-Delmotte…

30 mars 2019 : « Le temps consacré à l’enseignement en relation avec les deux enjeux vitaux à l’échelle planétaire, l’effondrement de la biodiversité et le changement climatique, apparaît très insuffisant au collège comme au lycée. » (Valérie Masson-Delmotte)

climatocrétinisme, la triste loi de Brandolini

extraits : Le discours climatosceptique des années 1980 tendait à nier la réalité du dérèglement climatique ; aujourd’hui, face à l’indéniable, il cherche plutôt à contester son origine anthropique, autrement dit liée à l’activité humaine. Il ne s’agit plus d’experts en marge mais de citoyens imprégnés de défiance, complotistes, antivax et poutinolâtres. La raison pour laquelle il y a encore autant de climato-sceptiques, c’est qu’en matière de changement climatique, il faut dix secondes pour sortir une ânerie, et dix minutes pour expliquer pourquoi c’est une ânerie. Être libre (la « liberté de la presse »), ce n’est pas – en tous cas pas dans mon esprit – avoir le droit de raconter n’importe quoi au motif qu’il n’y a pas de sanction pécuniaire ou légale à court terme. Cela, ce n’est pas être libre, c’est être, au choix, paresseux, cynique, ou immoral. Soyons clairs : nous ne perdrions pas une seconde à contribuer à un débat portant sur le fait de savoir si la Terre tourne autour du Soleil ou l’inverse. Car à force de se construire des mensonges, les humains s’empêchent de réagir et demain il sera trop tard…

appendice

La loi de Brandolini (Bullshit asymmetry principle) : la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des sottises est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire ». Autrement dit le principe d’asymétrie des baratins. S’il est facile de créer une fausse information en quelques minutes, il faudra des heures pour montrer la fausseté de l’ensemble. Diffuser de l’infox est facile avec internet, exploiter la crédulité d’un certain public en faisant appel à son système de pensée rapide et émotionnel est encore plus facile. Ce principe n’est qu’une application moderne de celui énoncé en 1733 par l’écrivain écossais John Arbuthnot : « Le mensonge vole, et la vérité ne le suit qu’en boîtant »

Il ne faut pas renverser la charge de la preuve. En science et en droit notamment, la charge de la preuve revient toujours à celui qui affirme, sinon n’importe qui peut affirmer n’importe quoi sans la moindre preuve.

1 réflexion sur “Les climatologues s’inquiètent, les autres non”

  1. Vieux con en chaleur

    Jet-skis, hors-bords, motos-neiges, motos tout court, bagnoles surpuissantes et autres saloperies du genre… moi aussi je leur mettrais des baffes à ces pauvres jeunes et moins jeunes qui adorent ces épouvantables engins. Moi non plus je n’ai pas envie d’un monde où ne survivraient que 3 mecs dans leur bunker… Mais au stade où on en est, où tout semble perdu … à quoi bon voter ? Mais si … 0phelie grandes eaux ON peut ! Parler tout les jours des moyens à mettre en œuvre pour augmenter notre PIB et en même temps lutter contre le réchauffement climatique. La preuve, c’est ce qu’ON fait tous les jours et partout ou presque.
    Surtout ne pas changer !!!??? Et changer quoi ? De premier sinistre, de président, de pape, de journaleux, de cons-eillers et de blablateurs en tous genres…
    Par contre, si c’est pour changer de récit… là je vote POUR. 🙂

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