Les diplômés ont vraiment très très peur de l’IA

Notre époque de la surenchère, surconsommation, surendettement, surmilitarisation… arrive au bout de sa course folle. Nous ne sommes pas assez intelligent collectivement pour enrayer le soi-disant progrès technique et revenir à des technique qu’on appelait « douces » à une époque…

La transition vers un retour à la simplicité va se faire par la révolte des jeunes élites désabusées et les blocage énergétiques,

Arnaud Leparmentier 

– Ellen Yang vient d’achever en 2025 sa quatrième année d’anglais et de linguistique à Stanford, au cœur de la Silicon Valley. Elle a travaillé en parallèle de ses études pour des entreprises de la tech, notamment en marketing. 

– Ellen Yang commence sa recherche d’emploi en 2025, rien ne se passe comme prévu.

– Ellen Yang envoie des centaines de candidatures mais ne reçoit en retour que de simples refus générés par l’intelligence artificielle (IA). Et puis vient le moment de se rendre à l’évidence : elle ne trouve pas de job.

– Tout a commencé en novembre 2025, Anthropic publie Claude Opus 4.5. L’évé­nement est une révolution pour les ingénieurs : « Avec ce nouveau modèle, c’est comme si on passait du niveau d’un stagiaire pas très génial à celui d’un ingénieur avec deux ou trois années d’expérience ».

– Les étudiants sont paniqués. Ils ont dépensé entre 250 000 et 300 000 dollars [entre 218 000 et 262 000 euros] pour une formation qui pourrait se révéler complètement inutile.

– La Silicon Valley est au bord de l’épuisement professionnel. Lessivée par un marathon technologique dans un pays où la défiance envers l’intelligence artificielle est en train de devenir un problème majeur.

– Wall Street anticipe une jobs apocalypse, qui, depuis janvier, fait dévisser en Bourse les géants du logiciel et du conseil, comme Salesforce, Accenture, et même Microsoft. En somme, la révolution IA est en train de dévorer ses enfants,

– Eric Schmidt, ancien PDG de Google, a été hué lors d’une cérémonie de remise des diplômes à 9 000 étudiants de l’université d’Arizona, alors qu’il prononçait un discours centré sur l’intelligence artificielle.

Nos plus vieux articles sur l’IA sur ce blog biosphere

l’homme doit disparaître (2010)

extraits : De jeunes chercheurs s’étaient donc réunis lors d’un stage en 2009 pour préparer La Singularité, cet  événement sans précédent et irréversible au cours duquel les machines ont pris le pouvoir dans l’intérêt des hommes. Cela s’est fait assez vite, en 2045, la puissance de l’intelligence artificielle s’étant multipliée de façon exponentielle. L’interconnexion par Internet avait fait le reste. Mais les brillants étudiants de la Singularity University, sortis lauréats des écoles les plus prestigieuses, n’avaient pas prévu le raisonnement implacable des machines. Ils croyaient avoir inculqué à leurs créatures robotisées des « valeurs humanistes » avec comme objectif la préservation et l’amélioration de la race humaine. Les machines, pas si bêtes, avaient conclu de leur côté que les humains étaient devenus des créatures nuisibles à la planète, donc à éliminer….

Après les fous de Dieu, les cinglés du transhumanisme… (2015)

extraits : S’il fallait résumer la philosophie transhumaniste d’une image, la plus saisissante serait celle-ci : un jour, l’homme ne sera plus un mammifère. Il se libérera de son corps, ne fera plus qu’un avec l’ordinateur et, grâce à l’intelligence artificielle, accédera à l’immortalité. Dans la Silicon Valley, l’idée de l’« homme augmenté » n’effraie personne. Mais l’inquiétude commence à poindre. Tous les investissements sont consacrés à essayer d’augmenter les capacités des machines, et pratiquement rien n’est investi du côté de la sagesse. Un Masai muni d’un téléphone portable dispose de plus d’informations aujourd’hui que le président des Etats-Unis il y a quinze ans ». Mais l’interconnexion mondiale par moteur de recherche interposée n’a débouchée que sur la confusion de nos idées et l’appel au Djihad !….

Vivement un ordinateur à la présidence des Etats-Unis (2016)

extraits : 10 mars 2016, les jeux sont faits. Lee Sedol perd les deux premières manches d’affilées au Jeu de go. L’intelligence artificielle avec son logiciel Alphago écrase le numéro 3 au classement mondial. Le champion du monde Garry Kasparvo avait connu la même mésaventure au jeu d’échecs contre le superordinateur Deep Blue en 1997. C’est « le baroud d’honneur du cerveau » face à des ordinateurs qui excellent dans les calculs parfaits. Rien ne semble entraver la marche triomphale de la machine. Alors, l’intelligence artificielle au pouvoir ? Les cerveaux   humains n’excellent pas dans les choix politique à court terme, à plus forte raison dans les planifications à long terme. Il suffit de voir la progression du démagogue Donald Trump et l’incapacité des élites qui gouvernent le monde à enrayer le réchauffement climatique….

Disruptions technologiques, le cauchemar en marche (2017)

extraits : Le capitalisme contemporain a muté grâce au digital et à la stratégie de « silicolonisation » des start-ups devenues géants du web californiennes (les GAFA), devenant un capitalisme des plateformes, qui, grâce aux technologies, « disrupte » (bouleverse) les positions installées des firmes traditionnelles, les modèles de protection sociale et du travail qui furent créées autour d’elles mais également les rapports sociaux et la culture. l’automatisation et la robotisation à des niveaux qu’on ne pensait pas possibles en dehors de la science-fiction a des conséquences sur l’emploi, voitures autonomes, correction automatique des dissertations, dialogues via des chatbots, etc. Cette plateformisation n’est qu’une première étape, qui permet aux GAFA et autres start-ups d’accumuler des données sur nous et tout comme aucun Etat totalitaire n’a pu le faire, et en même temps beaucoup d’argent grâce à la publicité, pour la réinvestir dans l’Intelligence Artificielle, le machine learning et l’automatisation….

8 réflexions sur “Les diplômés ont vraiment très très peur de l’IA”

  1. esprit critique

    – « la première génération à avoir grandi avec l’IA réclame des règles que les adultes n’ont pas encore écrites. […] Selon ces mêmes jeunes, l’IA développée par des adultes ne répond pas à leurs attentes. » (Bientôt des lois sur l’IA ? Des jeunes de 19 pays mettent la pression sur le G7 ! journaldugeek.com/2026/06/17)

    Aller foutre la pression au G7, fallait oser. Gonflés ces jeunes ! Même que Papi Trump en est resté tout baba. Baba et gaga le maga ! Parmi tous leurs problèmes, les jeunes en ont un avec les adultes. Notamment les vieux. Combien de fois n’ai-je pas entendu que les vieux (leur) ont pourri la Planète, déglingué le Climat etc. etc. Salauds de vieux va ! Et là encore avec ces foutues règles que ces cons de vieux n’ont pas encore été foutus d’écrire, en pensant à eux. 🙂

    1. Michel C le vieux con

      Si ce n’est que ça qui les chagrine, à ces chers petits, alors je suis entièrement d’accord pour que ce soient eux qui les écrivent, LEURS règles. Et même d’accord pour qu’ils prennent les manettes ! Moi, le vieux con conciliant, je ne demande qu’à voir !

      Alors bien sûr, il y a du vrai dans tout ça. Un peu, beaucoup, passionnément etc.
      Sauf que, et je ne le chanterais jamais assez, le temps ne fait rien à l’affaire !
      En 1968, âgé de 13 ans, Bill Gates crée le Lakeside Programmers Group. Dans une autre catégorie, à 39 ans Macron devient le plus jeune président de la République.
      Et avec Bardella, qui n’a que 30 ans, alors là ça promet !

    2. Parti d’en rire

      En attendant, je n’en vois pas beaucoup, de nos jeunes «révoltés», dire merde aux gadgets (innovations), merde au Smarphone, merde au Progrès, merde à la Croissance, à la Compétition (Guerre) etc. etc. Merde à tout ça et en même temps !
      Comme je n’en connais pas beaucoup non plus qui connaissent Illich, Ellul, Charbonneau et Jean Passe. Mais après tout, là encore c’est sûrement la faute à ces salauds de vieux, qui ne leur ont appris que des conneries !

  2. le courrier des stratèges

    – « Dario Amodei, PDG d’Anthropic, prédit la suppression de 50 % des cols blancs d’ici cinq ans. […] Désormais, les prophètes de la tech vendent la « jobapocalypse » comme inéluctable.
    Faut-il les croire ? Faut-il juste y voir une stratégie commerciale ? […]
    La question qui se profile n’est plus « l’IA détruira-t-elle des emplois ? » mais « qui possédera les algorithmes qui décideront de votre utilité sociale ? ». Les géants américains comme OpenAI, Google, Anthropic concentrent aujourd’hui les modèles les plus puissants. L’Europe, sous-équipée, dépendante, regarde. La France, elle, débat encore de sa souveraineté numérique au rythme de rapports parlementaires que personne ne lit.
    Amodei a peut-être raison sur les faits. Mais laisser aux vendeurs d’IA le soin de définir l’agenda politique et social de la prochaine décennie, c’est confier la gestion de l’incendie aux marchands d’allumettes. »
    («Jobapocalypse» : Anthropic, OpenAI … prédisent la fin des cols blancs – lecourrierdesstrateges.fr)

  3. esprit critique

    – « La transition vers un retour à la simplicité va se faire par la révolte des jeunes élites désabusées et les blocages énergétiques »

    Par des blocages énergétiques, je veux bien. Par contre par la révolte des jeunes, alors là…
    ON peut toujours rêver mais j’en doute.
    Et que ce soit la crème de la crème comme celle du fond de la misère.
    Surtout si j’en crois les innombrables études et autres enquêtes (sondages) sur le sujet. En gros, ON nous dit que 82% de la génération Z la considère « utile ». Voire « très utile ».
    C’est d’ailleurs pour ça que les jeunes l’utilisent. Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ! Pour être plus « productifs » (toujours plus), pour lui demander des « conseils », sur tout et n’importe quoi, etc. 70% des jeunes trouvent les métiers de l’IA « attractifs ». etc. etc.
    Et en même temps… ON nous dit qu’ils ont peur. Dont certains très très peur.
    Alors va comprendre. (à suivre)

    1. (suite) Faut pas chercher à comprendre, c’est du grand n’importe quoi !
      Comme bon nombre de ces sondages (et études) qui nous « révèlent » qu’ON peut très bien être heureux et malheureux (inquiet, angoissé etc.) et en même temps… qu’ON peut très bien vouloir une chose et son contraire… et j’en passe !
      Pour ne parler que des jeunes, diplômés ou pas, ils auraient mille raisons de se révolter.
      Comparées à tout le reste, les conséquences de l’IA (sur leur santé mentale, leurs opportunités de carrière etc.) ne sont certainement pas la première de ces raisons.
      Or, force est de constater qu’ils sont finalement bien intégrés au Système.
      Alors pas TOUS, certes. Seulement combien pèsent-ils réellement, les vrais rebelles ?
      Et quel est leur pouvoir… de convaincre, de faire des émules etc. ?

      1. C'est grave Docteur ?

        – « Aussi fragmentée qu’elle puisse apparaître – sur le plan sociologique, identitaire, culturel, ethnique, religieux -, cette « cohorte » trouve son unité dans la « crise de la santé mentale » qu’elle traverse. La hausse des troubles a atteint chez les jeunes un tel niveau qu’il en est tragiquement devenu le marqueur le plus distinct de leur appartenance générationnelle. » (Pierre Valentin : « La crise psychologique de la génération Z est une crise culturelle et morale » – lefigaro.fr 19 mai 2026)

  4. à la folie !

    – IA : Dis-moi combien tu as peur, je te dirais qui tu es. Clique sur la réponse qui va bien :
    1. un peu
    2. beaucoup
    3. passionnément
    4. à la folie
    5. pas du tout !

    – Diplômé du parti d’en rire : M’sieur Msieur, moi c’est très très. Alors sur quoi je clique ?

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