Il n’y a pas que l’addiction à l’alcool. Il y a la cigarette, des drogues diverses et avariées, et maintenant les réseaux sociaux ! Selon la loi adoptée le 26 janvier 2026 à l’Assemblée nationale, la France se dirige vers une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’exécutif souhaite que les adolescents et les internautes du pays se soumettent, à partir de la rentrée de septembre 2026, à des procédures de vérification d’âge pour utiliser certaines plateformes grand public (TikTok, Instagram, Snap, Facebook, mais aussi certaines fonctionnalités de WhatsApp ou encore Roblox). La loi n’impose pas d’outil spécifique de vérification d’âge : la sécurité des données des utilisateurs dépendra des choix techniques de chacune des plateformes.
A l’été 2025, une enquête Odoxa menée auprès de 1 001 collégiens et lycéens établissait d’ailleurs que plus des deux tiers d’entre eux (67 %) étaient « favorables à l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans » et à une limitation de l’usage des plateformes « qui les rendent anxieux ».
Le point de vue des adolescent(e)s
« Pour moi, ça va être chaud. TikTok, Snap… j’y passe, je ne sais pas… deux heures par jour ? On ne pourra plus rien faire, on va retourner à la préhistoire »
« Si on veut faire un five [un match de football], on ne pourra pas s’organiser. On fera comment ? On devra envoyer des lettres ? »
« Les parents comparent beaucoup les réseaux sociaux aux drogues. Il y a une part de vérité, je pense. Ça me fatigue, mais je n’arrive pas à arrêter. »
« Tout ça, ce n’est pas notre faute ! Ce sont les parents qui ne mettent pas assez de limites. »
« Le seul problème, c’est qu’on ne peut pas faire de group chat »
« Tu mets un VPN [un réseau virtuel, qui permet de simuler une connexion à partir d’un autre pays et d’échapper aux restrictions locales], c’est fini. Même les petits maintenant, ils savent comment installer un VPN »
Le point de vue des écologistes débranchés
– Hannah Arendt disait avec clairvoyance » du l’adulte renonce à son autorité,c’est la tyrannie des enfants qui s’imposera »
– S’ils sont trop jeunes pour voter, ils sont trop jeunes pour qu’on considère leur opinion sur ce sujet.
– Amusant de faire le parallèle entre la rhétorique « On ne pourra plus rien faire, on va retourner à la préhistoire » et celle d’E. Macron lorsqu’il défend l’apport de la 5G par opposition au « modèle Amish » et au retour à la « lampe à huile ».
– La préhistoire se définit principalement par « ce qui s’est passé avant l’écriture ». Ce qu’on est censé savoir à 13 ans.
– « on retournera à la préhistoire ». Tu iras jouer au foot avec tes copains, tu vas voir c’est génial !
– Quelle chance, ils vont pouvoir apprendre à grimper aux arbres, faire des cabanes et aller à la chasse au Yéti.
– Pour ce qui est d’organiser leurs rencontres, ils peuvent toujours s’appeler, non ? Ils peuvent même organiser leurs activités en se voyant directement.
– Sinon il y a un truc que faisais à leur âge, dans les années 70, c’est… Ah bon sang… Comment s’appelle cet objet sans images… Ah oui c’est ça, lire un livre. Il paraît que ça éveille l’imagination et le sens critique
– Mais ce geste héroïque de lire nécessite de fréquenter une bibliothèque ou d’acheter du papier.
– Quant au nombre d’heures sur les réseaux, c’est minimum quatre heures par jour, y compris la nuit. J’ai vu bien des records à 80 heures par semaine (vérifié).
– Combien d’ados sans le vouloir, en raison des algorithmes toxiques pour eux pour leur proposer d’autres vidéos ou liens après leurs connexions initiales sont tombés, à prendre au sens propre aussi, sur des liens faisant l’apologie de l’anorexie, du suicide, de la prostitution, de la violence pure (décapitation, etc.), des automutilations, etc. Je le constate tous les jours dans les services recevant des ados.
– Pourquoi on interdit pas aux adultes également les réseaux sociaux où circulent théories du complot et désinformations ?

Attention contrôler l’age en pratique c’est contrôler l’identité, or l’anonymat est un rouage essentiel de la liberté (même sur Biosphère certains en sont bien conscients au point de le pratiquer systématiquement, même envers ceux avec qui ils discutent régulièrement).
Attention monsieur Barthès, il ne s’agit pas dans l’article de vérification d’identité, mais de vérification de l’âge quand il pourrait s’agir d’un mineur confronté à des choses qu’il ne devrait pas connaître ou qui provoquent une addiction.
Ne faudrait-il pas protéger les jeunes au nom d’une « liberté » toute théorique ?
L’anonymat c’est la liberté, c’est pour ça qu’il faut le cultiver. Même envers ceux avec qui ON discute régulièrement. Moi, par exemple, quand je vais au marché, je porte toujours des lunettes noires, un masque et un béret. Et puis je planque mes tatouages tribaux. Mes papiers d’identité, je ne les montre qu’aux Autorités. Et seulement quand j’y suis forcé.
– « Chaque mois, nos dilemmes moraux intimes sont passés au crible. A travers le choix de bannir ou non les protéines animales des assiettes à la maison, c’est la question du droit à déterminer le mode de vie de plus petit que soi qui se pose. […] Le dilemme se pose alors dans l’autre sens : doit-on convertir ses parents ? » ( Valentine Faure, Le MONDE : « Le dilemme » : peut-on imposer un régime végétarien à ses enfants ? – Biosphère hier )
Aujourd’hui au Menu ON n’a plus le choix entre carottes, lentilles et haricots… mais entre TikTok, Instagram, Snap et Face de Bouc. Les petits en raffolent, les vieux foutraient tout ça à la poubelle.
Le dilemme se pose alors dans l’autre sens : doit-on convertir ses parents ?